Quand la ruelle fait œuvre utile: un projet financé par une Bourse TD Amis des parcs

23 octobre 2020

Marie-Hélène Roch

Plus que jamais, l’accès à la nature en ville est essentiel. Pendant qu’à l’échelle des villes canadiennes, on observe une augmentation marquée de la fréquentation des parcs depuis le début de la pandémie, la métropole montréalaise ne fait pas exception, mais nous assistons aussi à un engouement grandissant pour les projets de ruelles vertes. En plus d’offrir un espace collectif sécuritaire, les ruelles vertes luttent contre les îlots de chaleur, apaisent en partie la circulation automobile et favorisent souvent le verdissement et l’agriculture urbaine.

Tisser le lien social une ruelle à la fois

À l’abri des incertitudes de la crise vécue depuis mars dernier, ces oasis ont continué à être animées, devenant des espaces clés de socialisation pour les enfants, pour les personnes en congé forcé, les gens en télétravail, ou des espaces de déambulation pour de simple passants. L’esprit de communauté encore plus fort a permis de renforcer le tissu social dans plusieurs quartiers de Montréal.

Les citoyens derrière l’initiative Le carré et sa ruelle se mobilisent depuis 2016 autour du projet de verdissement de la ruelle verte Saint-Dominique-Casgrain, entre les rues Bellechasse et Beaubien, et celui du carré Casgrain. Durant la première année, plusieurs personnes ont adopté une plate-bande, animé la ruelle d’une manière ou d’une autre, et participé à l’appropriation du carré Casgrain, le terrain du bout, le long de Bellechasse.

« Cette année, la réalisation de nos activités n’auraient pas pu se faire sans la bourse. »

Quand le groupe a appris qu’il était parmi les récipiendaires de l’édition 2020 du programme de Bourses TD Amis des parcs, une vague instantanée de motivation s’est fait sentir, déclare Camille Lasselin, membre du comité de résident.e.s des rues Casgrain et Saint-Dominique.

Loin d’être en manque d’idées, le groupe a fait preuve d’une grande créativité depuis le début de la pandémie et inspire par sa résilience constante. En juin dernier, tout en respectant les mesures sanitaires, ils se sont retrouvés avec leurs outils et ont mis les mains dans la terre lors d’un événement de construction de bacs et de plantation. En plus de maintenir le lien entre le carré Casgrain et la ruelle dans leurs activités, les membres veulent aussi inciter les gens à prendre le temps d’observer le milieu de vie qu’ils façonnent tous ensemble tranquillement.

 

Dimanche 27 septembre 2020, après-midi ensoleillé d’automne, rendez-vous dans Le carré et sa ruelle. Des membres du comité de résident.e.s des rues Casgrain et Saint-Dominique, dans le quartier La Petite-Patrie à Montréal, installent des tables, des chaises et du matériel d’artiste en vue de l’événement Atelier de peinture botanique rendu possible grâce au soutien des Bourses TD Amis des parcs.

Le défi d’organiser un événement en personne en temps de pandémie

Hélène Lefranc, membre du comité de résident.e.s, explique que la stratégie initiale de promotion de l’événement était à la fois de mobiliser le voisinage en distribuant des brochures, mais aussi de créer un événement Facebook permettant de rejoindre des gens de l’extérieur. Toutefois, devant l’évolution de la pandémie et les changements en matière de santé publique, le groupe a concentré ses efforts sur la participation des riverains seulement. Finalement, l’événement a réuni en alternance une trentaine de participants, ce qui représente une belle réussite dans ces circonstances.

« Avec la pandémie, les défis pour les organisateurs se sont surtout présentés avant l’événement, par exemple au niveau de la gestion du nombre de participants et des questions de logistique pour la désinfection. » En ce sens, le groupe a décidé de communiquer clairement ces informations :

Capture d’écran de l’événement Facebook du Carré et sa Ruelle. 

Malgré la deuxième vague de la pandémie qui planait, le groupe a décidé de maintenir l’événement Atelier de peinture botanique, comme il était toujours possible de se rassembler à distance et que l’activité pouvait facilement s’adapter aux recommandations et mesures sanitaires du moment.

 

 

Regarder la flore urbaine autrement

C’est par l’entremise de l’artiste multidisciplinaire Andrea Williamson que les participants ont pu être initiés à certaines techniques de la peinture botanique. L’intention derrière l’atelier était de se rapprocher du travail des botanistes en utilisant une technique de dessin qui favorise l’observation lente, et qu’on appelle le « contour aveugle ».

Voici comment l’artiste décrit l’atelier : « Cette technique propose d’imaginer que nos stylos tracent chaque fluctuations de forme comme une fourmi suivant les contours d’une feuille, d’une tige ou d’un pétale. Les participants apprennent comment laisser l’aquarelle s’exprimer d’elle-même sur le papier en appliquant la peinture mouillée sur du papier mouillée. Ils observent ainsi la fluidité et le mélange spontanés des couleurs. Ils apprennent aussi comment mélanger plusieurs teintes sans perdre la vivacité et la fraîcheur des couleurs. »

Pinceaux à la main, jeunes et moins jeunes se sont réunis dans une bulle d’expression collective pour célébrer la flore qui les entoure : géranium, pétunia, vigne vierge, propolis, arbres variés, etc. Dans ce moment méditatif empreint de contemplation et de gratitude, la biodiversité à la fois végétale et humaine de cette communauté s’est révélée.

 

Nous remercions Le carré et sa ruelle et Andrea Williamson pour les photos.

 

Rendu possible grâce au généreux soutien de 

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