Vous avez sûrement un parc urbain préféré.

Le mien, qui est peuplé d’arbres à maturité, est doté d’un magnifique couvert forestier, d’un terrain de bocce où se rencontrent les voisins de tous âges et d’une cuisine communautaire aménagée dans un ancien édifice municipal; les gens s’y détendent ou y bavardent installés sur les bancs ou la pelouse. Le vôtre ressemble peut-être davantage au vieux peuplement que constitue le Odell Park de Fredericton, ou aux promenades urbaines de Calgary, le RiverWalk.

Imaginez combien il faut de personnes pour rendre ces parcs si beaux. Le personnel municipal, les architectes paysagers, les forestiers urbains, les jardiniers, les bénévoles de la collectivité et les organismes à but non lucratif, tous contribuent à la santé optimale des parcs.

En mars dernier, à Calgary, nous avons rassemblé 100 de ces personnes à la Conférence Heart of the City. Les participants, venus de 36 villes canadiennes, étaient des experts dans divers domaines, dont les programmes communautaires, la gérance, la conception, l’exploitation et la stratégie relative aux parcs. L’un des principaux objectifs de la conférence était de connaître les défis auxquels ces personnes font face dans leur travail, de façon que nous puissions concevoir un réseau national pour répondre à leurs besoins. Voici certaines des leçons que nous avons apprises :

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Photo Credit: Gary, Odell Park

Imagine all of the people it takes to make these parks great. Park staff, landscape architects, urban foresters, gardeners, community volunteers and non-profits, all playing their roles in ensuring parks thrive.

In Calgary this past March, we brought together 100 of these people at the Heart of the City conference. Hailing from 36 Canadian cities, they were a diverse group with expertise in community programming, stewardship, design, operations and park strategy. One of the main goals of the conference was to learn about the challenges they face in their work so that we can design a national network that meets their needs.

Here are a few of the key things we learned:

Nous sommes beaucoup plus forts lorsque nous travaillons ensemble (mais c’est plus facile à dire qu’à faire!) :

 Il faut toute une variété de gens pour créer de très beaux parcs, ce qui exige beaucoup de travail en partenariat, avec toutes les difficultés et les complications qui en découlent. Les participants nous ont dit qu’il faut des pratiques exemplaires dans le secteur des parcs pour établir des partenariats solides et pertinents dans le contexte canadien.

Ces pratiques doivent tenir compte des capacités et de la contribution que peuvent apporter les bénévoles des collectivités, le personnel des organismes à but non lucratif et celui des municipalités ainsi que les autres partenaires lorsqu’on leur fournit les structures et le soutien appropriés. En ce qui concerne les rôles et responsabilités, nous devrions nous concentrer sur les besoins des bénévoles des collectivités, qui peuvent contribuer grandement à l’animation et à l’amélioration des parcs urbains, mais qui peuvent aussi être tiraillés dans bien des sens, avec le danger qu’ils s’épuisent, ce qui menacerait la durabilité des projets.

Pendant que certains se démènent pour répondre à l’énorme demande de parcs, d’autres s’efforcent d’attirer plus d’usagers dans les parcs :

 

À mesure que nos villes croissent, il devient de plus en plus difficile de trouver un équilibre entre les nombreux usages et usagers des parcs. Chaque année, à Montréal, le Mont-Royal accueille plus de cinq millions de visiteurs, et il est devenu vraiment difficile de préserver les écosystèmes du parc et d’équilibrer les demandes concurrentes de la part de divers usagers qui réclament de l’espace. L’utilisation de l’espace devient une source de conflits dans de nombreux parcs urbains du Canada situés dans des quartiers populeux, en particulier lorsque le problème social plus large de l’itinérance s’y manifeste. Comme le démontrent les expériences au parc Dundonald d’Ottawa et au parc Dawson d’Edmonton, il est possible de trouver des solutions, mais on peut aussi prévoir que la croissance et la densification de nos villes mèneront à l’augmentation des situations conflictuelles quant à l’usage des parcs.

Ces difficultés doivent nous stimuler encore plus à veiller à la réalisation du plein potentiel des parcs par une conception et une programmation judicieuses et à saisir les occasions de créer de nouveaux parcs lorsque nous le pouvons, comme le Champ des Possibles à Montréal ou le Green Line à Toronto. Les bénévoles de la collectivité qui voient le potentiel d’un espace vert sous‑utilisé et sous-développé, comme le groupe Friends of the Pipeline Trail à Hamilton, sont souvent le moteur de la transformation de tels espaces urbains en nouveaux parcs. Nous pouvons les soutenir en défendant leur travail et en les mettant en communication les uns avec les autres afin qu’ils s’offrent du soutien et des conseils mutuels.

Par ailleurs, certains participants ont parlé des difficultés qu’ils éprouvent à attirer plus de gens dans leurs parcs, en particulier dans les plus petites municipalités où il y a beaucoup d’espaces verts. Bien des personnes font preuve de créativité en organisant divers festivals et activités visant à attirer de nouveaux usagers dans les parcs. Quoi qu’il en soit, tous les groupes travaillent à la réalisation du potentiel des parcs urbains afin qu’ils procurent une valeur optimale à nos villes et quartiers.

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Photo Credit: Mount Royal, Guilhem Vellut 

Nous pouvons (et devons) défendre avec plus de vigueur l’investissement dans les parcs.

Si vous lisez le présent billet de blogue, vous croyez sans doute déjà à l’importance de disposer de parcs animés, conçus et programmés pour satisfaire les besoins des collectivités. Cependant, comme le maire Naheed Nenshi l’a dit aux participants à la conférence à Calgary, nombre de politiciens considèrent les parcs comme du superflu, ce qui les désavantage par rapport à d’autres priorités sur le plan du financement public.

Mais comme le souligne Beverley Sandalack, placer les parcs dans la liste des « choses non indispensables » c’est faire preuve d’une incompréhension fondamentale de leur valeur pour les villes.

Les parcs, qui font partie des couches les plus profondes de notre infrastructure urbaine, accroissent la résilience de nos villes à l’égard des événements météorologiques extrêmes attribuables au changement climatique, tout en procurant aux citoyens une multitude d’avantages sociaux et sanitaires [lien à Pourquoi les parcs urbains sont importants]. Et les parcs ont besoin de plus que l’investissement en capital. Il leur faut aussi du financement pour la programmation et l’entretien, afin que les citoyens en viennent à considérer nos parcs comme des lieux accueillants et chaleureux.

Nous devons renforcer nos alliances avec la classe politique et lui fournir les faits et l’appui dont elle a besoin pour défendre les parcs urbains.

Certains réussissent fort bien à le faire comme le démontrent certains exemples de leadership citoyen à Halifax, à Winnipeg et à Montréal cités lors de la conférence. À l’avenir, nous espérons réunir les leçons tirées de ces expériences et les diffuser parmi nous dans l’ensemble du pays.

 

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Les défenseurs des parcs au Canada sont vraiment chanceux. Nos villes sont dotées de magnifiques parcs et espaces verts qui peuvent compter sur le dévouement de spécialistes talentueux, d’organismes à but non lucratif et de bénévoles des collectivités pour leur animation et leur amélioration. Outre les résultats ci-dessus, la conférence a aussi permis la création inattendue de liens, d’amitiés et de partenariats entre les participants.

Depuis la fin de la conférence, ils ont participé aux activités et aux programmes des uns et des autres, établi des partenariats pour les demandes de subvention, visité mutuellement leurs villes respectives et collaboré pour de nouveaux projets. Ce sont des histoires merveilleuses à connaître parce qu’elles sont la preuve que nous sommes sur la bonne voie. La Conférence Heart of the City ne marquait que le début des efforts entrepris par Park People pour rassembler les Canadiens en vue de renforcer leur travail dans les parcs urbains.

 

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