Kayla Greenberg, athlète de l’Université de Toronto et stagiaire à Park People, nous explique comment elle utilise les parcs comme lieu d’entraînement.

Nous commençons la fin de semaine sous le soleil, à respirer l’air frais. Nous formons une cacophonie de 40 voix qui attendent toutes avec impatience le début de l’entraînement.

Nos pieds frappent le sol et nous propulsent tout au long de l’échauffement qui consiste à monter la colline et à la redescendre. Ensemble, nous affrontons cette quasi-montagne. Nous visons le sommet, non pas pour publier une photo de la vue sur Instagram; mais pour pouvoir enfin respirer une fois parvenus au but. À bout de souffle en train de zigzaguer jusqu’au bas de la colline, nous devons faire attention de ne pas trébucher et débouler. Enfin arrivés en bas, nous commençons à reprendre notre souffle, mais c’est déjà le moment de repartir.

Chaque samedi matin depuis six ans, je commence la fin de semaine au Riverdale Park East avec mes coéquipiers de la ligue de l’Université de Toronto. La grande colline du parc est probablement la plus belle découverte de notre entraîneur. Rien au monde ne lui plaît plus que de nous regarder monter la côte, et ce, si vite que parfois nous vomissons par la suite.

14753305_10206583123367750_3602452682882025281_o

Pourtant, bien qu’ils soient difficiles, les entraînements sont une forme de thérapie pour nous. Ils nous permettent de nous changer les idées, peu importe ce qui se passe dans nos vies personnelles. Au parc, grâce au calme apaisant de la nature, nos problèmes personnels ne nous atteignent plus. Nous nous concentrons sur le mouvement de nos pieds et sur le gazon sur lequel nous courons. Ce grand espace vert extérieur nous change de notre habituelle piste de course de 400 mètres plate, monotone et austère, entourée de condominiums au centre-ville de Toronto.

Voilà donc comment nous utilisons les parcs de la ville pour nous entraîner pendant la saison chaude. Mais n’oublions pas qu’à l’arrivée de la neige, mes coéquipiers et moi retournerons volontiers à la colline Riverdale, qui est aussi l’endroit idéal à Toronto pour faire du traîneau.

Chaque année pendant les semaines de relâche scolaire, notre entraîneur nous emmène à un camp d’entraînement et ajoute la randonnée pédestre à notre entraînement habituel. Comme à la colline de torture Riverdale, il attend avec impatience notre retour pour nous entendre parler de nos douleurs.

Screen Shot 2017-11-28 at 3.52.57 PM

Parmi les souvenirs les plus mémorables, on trouve le camp d’entraînement de l’année dernière en Arizona. Notre entraîneur nous a déposés au bas d’une immense colline et a dit qu’il reviendrait nous chercher quelques heures plus tard. Il nous a juré que la montée serait facile et qu’elle nous permettrait de « nous donner un petit coup de pouce » pour mettre nos jambes en marche.

Certes, cette montée en plein désert s’est avérée agréable, mais elle n’était certainement pas facile. C’était plus que difficile et j’ai transpiré à profusion. Quand nous sommes redescendus, nous avons vu une pancarte nous indiquant la difficulté de la montée. Il s’agissait en fait du niveau le plus élevé et le plus difficile : un double diamant noir.

Faire de la randonnée ou s’entraîner dans les parcs est une belle façon de faire travailler son cœur, et ce, autrement qu’en exécutant de simples tours de piste. Plutôt que de parler du nombre de séries et de répétitions qu’il nous reste, ou du nombre de secondes qu’il faut pour courir 150 mètres, nous nous entraînons dans les parcs pour profiter de la beauté de ce qui nous entoure, tirer parti des défis que nous envoie la nature et qui nous poussent à nous dépasser et enfin, pour effectuer l’entraînement exigeant qu’il nous faut pour atteindre nos objectifs. Et même lorsque nous ne sommes pas en train de nous entraîner, passer du temps dans nos merveilleux parcs est la meilleure façon de nous libérer des pressions du quotidien.

 

c