What Ping-Pong can tell us about city parks

En 2012, Dianne Moore, bénévole de longue date du Rotary Club, s’est retrouvée assise aux côtés de David Harvey, directeur général de Park People, à une réunion communautaire. C’est à cette occasion qu’elle lui a fait part de son idée : « Et si on installait des tables de ping-pong extérieur dans les parcs de Toronto? ». Inspirée par sa passion du ping-pong, qu’elle entretenait enfant en jouant chaque jour avec son père à Windsor, Dianne faisait mûrir cette idée dans sa tête depuis quelque temps. Le conseil de David était simple. Il a dit : « Vas-y .» Dianne l’a donc fait. Et avec du goût.

Aux dernières nouvelles, le modèle des tables de ping-pong extérieur de Dianne a été adopté dans 106 parcs, la plupart à Toronto. Un article récent (en anglais seulement) qui fait état de la montée en force du ping-pong à Vancouver souligne que

« le jeu est maintenant la nouvelle tendance urbaine à Vancouver. Finalement. »

La popularité du ping-pong extérieur et notre conversation avec Dianne nous ont amenés à réfléchir à ce qui se cache derrière cette tendance. Peut-on apprendre quelque chose du ping-pong que l’on peut appliquer à tous les parcs municipaux du Canada afin qu’ils attirent plus de gens grâce à des commodités et à des programmes? Voici ce que nous avons découvert.

Rendez le tout joyeux et peu coûteux : 

Vous n’avez pas besoin de leçons ni de vous joindre à une ligue pour jouer au ping-pong, et ce sport ne requiert pas de matériel onéreux, ce qui le rend résolument plus attrayant. En fait, un rapport récent de Statistique Canada montre que la croissance fulgurante du ping-pong se constate dans tout le pays :

« Les Canadiens tendent à délaisser les sports organisés pour s’adonner davantage aux activités sportives informelles dans leurs moments de loisir. »

Certains experts supposent que les coûts croissants des sports organisés et la compétition intense peuvent décourager les gens des sports de compétition traditionnels comme le soccer. Les activités comme la marche et le jogging sont aussi de plus en plus à la mode. Pour répondre à ce changement bien réel en matière de comportements et d’intérêts, les villes peuvent faciliter la tâche aux gens qui souhaitent améliorer leur santé et leur bien-être. Des investissements tels que les tables de ping-pong et les sentiers pédestres permettent aux gens de s’adonner à des activités plaisantes et saines quand ils veulent, où ils veulent et pratiquement sans dépenser.

Ce qui compte réellement, c’est la vie sociale :

Dianne croit que la densité croissante d’appartements et de condominiums fait en sorte que les gens doivent trouver d’autres façons de se rencontrer face à face. Vivant elle-même dans un immeuble de plusieurs étages, Dianne affirme :

« Il y a tant de gens géniaux que je n’aurais jamais rencontrés si je n’avais pas joué au ping-pong. Il n’y a vraiment rien de plus agréable. »

Comme nous l’avons mentionné dans un article précédent portant sur l’incidence des parcs sur l’isolement social (en anglais seulement), de plus en plus de gens vivent seuls et les études soulignent qu’il s’agit là d’une situation catastrophique. Plutôt que de convaincre les gens de vivre ensemble, le journaliste Erik Kleinberg nous suggère « d’accepter le fait de vivre seul comme étant la nouvelle norme et de faire tout notre possible pour que ce soit une expérience plus sécuritaire, plus saine et plus sociale. »

Les expériences médiatisées comme le ping-pong aident les gens à socialiser sans devoir se plier à une expérience embarrassante comme dans un coquetel. D’une certaine façon, la balle et le filet entre deux personnes créent un espace sécuritaire et partagé qui facilite la conversation entre des gens qui ne seraient pas portés à discuter ensemble normalement.

Peu de barrières :

Presque tout le monde peut jouer au ping-pong. Peu importe votre âge, ce sport est fait partie de nombreuses cultures et convient aux gens qui ont des habiletés différentes. Dianne a vu des gens quitter leur bureau pendant l’heure du dîner pour jouer une partie de ping-pong, ainsi que des enfants et des adultes qui jouent ensemble comme elle le faisait avec son père.

« Vous n’avez même pas besoin de parler la même langue pour jouer ensemble », affirme-t-elle.

Dianne a fourni les croquis de ses tables de ping-pong extérieur en béton à un visiteur pakistanais qui les a vues à Toronto et en a ensuite installé trois dans des parcs de son pays. Le Rotary Club de Dianne a aussi donné deux tables à la Première Nation de Cross Lake au Manitoba en guise d’amitié et de soutien. On sait que les installations de qualité attirent les gens au parc. Une étude récente sur les parcs aux États-Unis (en anglais seulement) révèle que la plupart des parcs s’adressent davantage aux jeunes qu’aux adultes. La popularité des tables de ping-pong extérieur montre que les adultes, tout comme les enfants, veulent s’amuser dans les parcs de façon concrète afin de bâtir l’infrastructure sociale nécessaire pour rendre les gens en meilleure santé et plus heureux.

Alors, encore plus de ping-pong?

Plus de ping-pong, bien sûr! Cependant, le phénomène nous prouve qu’il faut s’assurer que les parcs favorisent les connexions sociales et le plaisir, l’activité physique pour les personnes de tous les âges, de toutes les compétences et quels que soient leurs revenus. De nos jours, la structure de jeu typique que l’on voit dans les parcs du Canada ne vise que les enfants. Nous n’avons plus l’occasion d’attirer les adultes dans nos parcs et ultimement, de les garder en meilleure santé physiquement et mentalement.

De plus, l’histoire de Dianne nous rappelle le succès qu’ont eu certaines personnes en concrétisant leurs idées dans les parcs. Lorsque l’on est tenace et novateur, on peut tout faire dans un parc.

Il y a quatre ans, nous avons tourné une excellente vidéo pour célébrer l’arrivée de la première table de ping-pong au carré Mel-Lastman. Cette vidéo aborde bon nombre des thèmes, et même Dianne Moore y figure!

 

c