Les bénévoles des grands parcs urbains font un « travail d’ordre vital »

Afin de comprendre la signification nuancée du terme « gestion de la terre », j’ai été amenée à lire le livre d’Aldo Leopold « Almanach d’un comté des sables » écrit en 1949.

En voici un extrait : « Si nous considérons la terre comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons commencer à l’utiliser avec amour et respect. »

En 1949, Aldo Leopold disait déjà que « le confort à tout prix fait partie du dogme moderne ». Il était loin de se douter que bien des années après émergeraient les véhicules utilitaires de sport, les plats prêts à consommer et la mode éphémère. Alors que la culture de la facilité continue de régner en maître, les gens commencent à en constater le coût réel. De plus en plus de personnes souhaitent sortir de la « matrice » de ces dogmes modernes afin d’établir un lien profond avec la nature.

Le programme Parcs Cœur vital des Amis des parcs est le seul programme au Canada dont l’objectif est de maximiser les effets et les avantages des grands parcs urbains du pays. Il célèbre le travail des bénévoles qui se dévouent corps et âme en consacrant leur temps et leur énergie à bâtir un avenir meilleur et plus respectueux de l’environnement face aux changements climatiques.

 

Commencer la journée en sauvant une vie 

Pour les non-initiés, éliminer les espèces envahissantes dans un parc peut sembler un travail anodin, mais il n’en est rien. Dans un récent essai, Stephanie Foo*, journaliste et créatrice de balados, parle de son expérience dans le cadre d’un projet d’élimination des espèces envahissantes dans un parc de la Ville de New York. L’expérience, telle qu’elle la décrit, a joué un rôle clé pour l’aider à sortir d’une écoanxiété profonde qui la terrassait jusque-là.

« Il y a quelques années, j’ai fait une dépression nerveuse à cause, entre autres, de l’avenir sombre de notre planète », confie-t-elle simplement au début de son essai.

Stephanie Foo a pu reconstruire sa vie en développant un sentiment d’appartenance, notamment avec la nature.

En tant que superintendante à la Ville de New York, lorsqu’elle arrache des plantes envahissantes, voici ce qu’elle ressent : « Quand j’ai terminé, je me tourne vers l’arbre que j’ai libéré des lianes et je passe ma main sur les cicatrices qu’elles ont laissées sur son écorce. Je m’émerveille devant ses branches qui s’élancent vers le haut, là où elles doivent être, je touche son tronc et je lui dis : “De rien”. C’est plutôt agréable de commencer la journée en sauvant une vie. »

 

Légende: High Park Nature Centre, en mai 2017 des volontaires plantent des plantes indigénes 

 

En effet, le travail que réalisent les bénévoles dans les grands parcs urbains du Canada a vraiment un caractère vital.

Commençons par quelques faits :

Quant au travail d’ordre vital des bénévoles, il repose sur le fait de redonner vie à l’eau, aux sols, aux habitats, et bien plus encore. À Stanley Park, ce travail de restauration concret a engendré une augmentation de la population d’hirondelles rustiques et de grands hérons du Pacifique. Ceci constitue un très bon signe. Les grands hérons du Pacifique étant au sommet de la chaîne alimentaire, leur retour dans le parc est le signe d’un écosystème sain et performant.

 

Grands parcs, grands effets

 

Des recherches sur les grands parcs indiquent qu’en raison de leur taille et de la richesse de leur biodiversité, ils offrent plus d’avantages écologiques que les plus petits parcs. En bref, alors que la pelouse et quelques espèces d’arbres clés sont bien dans les parcs près de chez vous, les grands parcs, quant à eux, débordent de vie, allant du lombric au grand cervidé. Grâce à leur taille et leur biodiversité, les grands parcs séquestrent davantage de carbone, réduisent l’effet des îlots de chaleur et atténuent davantage le bruit des villes que les plus petits parcs.

 

Source: Les amis de la montagne, parc du Mont-Royal, Montréal 

 

Dans certains milieux, on appelle parfois « services écosystémiques » les services rendus par ces grands parcs. Cependant, une fois que l’on a attribué le terme « communauté » à la relation entre humains et nature, on se rend compte que ce terme n’est plus du tout adapté. 

Dans son essai, Stephanie Foo cite l’incroyable livre « Tresser les herbes sacrées » de Robin Wall Kimmerer, et ce qu’il lui a appris sur la création d’une nouvelle relation avec le monde naturel. Dans ce livre, l’auteure entremêle brillamment ses connaissances en tant que botaniste, mère et membre de la nation Potawatomi aux États-Unis, pour nous montrer tout ce que les plantes peuvent nous enseigner. Bien avant Aldo Leopold, les sources de connaissance Autochtones décrivaient la relation entre les humains et la nature comme une relation de réciprocité. 

Le savoir Autochtone tiré du livre « Tresser les herbes sacrées » et sa formation en tant que « superintendante » aux parcs de la Ville de New York ont eu un profond impact dans la vie de Stephanie Foo :

« J’ai été stupéfaite d’apprendre l’incidence réelle que nous pouvons avoir en protégeant les arbres. D’après cette carte sur les arbres de la Ville de New York, j’ai ainsi appris qu’un platane près de chez moi permettait, grâce à son ombre, d’économiser 2 500 kilowattheures d’énergie, de collecter 6 100 gallons [près de 23 000 L] d’eau de pluie (évitant que nos eaux usées se déversent dans les océans et les rivières) et d’éliminer 4 livres [env. 1,8 kg] d’émissions polluantes ainsi que 10 500 tonnes de dioxyde de carbone de l’air chaque année. Les personnes vivant dans des zones plus arborées présentent une santé mentale plus solide; des zones où le taux de criminalité est aussi plus faible et où la valeur de l’immobilier est plus élevée. Quant aux zones les moins arborées, elles présentent le taux le plus élevé de maladies respiratoires. Protéger les arbres ne relève donc pas de l’altruisme. C’est une façon de prendre soin de soi-même. »

L’idée simple, mais primordiale selon laquelle la gestion de la terre et la santé personnelle sont interconnectées constitue l’une des raisons pour lesquelles les Amis des parcs souhaitent veiller à ce que chaque personne vivant en milieu urbain au Canada dispose près de chez elle d’un parc Cœur vital présentant des avantages écologiques et sociaux. Comme nous l’a rappelé Aldo Leopold : « Aucun changement éthique important ne s’est jamais produit sans un remaniement intime de nos loyautés, de nos affections, de nos centres d’intérêt et de nos convictions intellectuelles. »

Les Amis des parcs, High Park Nature Centre, Stanley Park Ecology Society et Les amis de la montagne participent tous activement au programme « Parcs Cœur vital ». Nous sommes profondément reconnaissants pour le dévouement des bénévoles qui redéfinissent le concept de « communauté ».

Si vous souhaitez vous aussi vous investir près de chez vous, communiquez avec l’une de ces ONG chefs de file à Toronto, Montréal et Vancouver :

 

 


 

Made possible by the generous support of Rendu possible grâce au généreux soutien 

d’un bailleur de fonds anonyme

 

 

La petite maison dans le parc : Les chalets des parcs de Vancouver offrent aux riverains de participer à toutes sortes d’activités

Cette contribution de Christopher Cheung s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ». Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett.

Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

 


 

Si vous avez déjà fait une promenade dans le parc Elm pendant l’événement League, vous vous êtes peut-être demandé ce qui se passait. Ces gens font-ils vraiment de l’escrime avec des nouilles de piscine? Jouent-ils à la pétanque avec une boîte de soupe Campbell? S’attaquent-ils à un canapé avec des sacs de fèves?

Toutes les personnes qui vivent à Kerrisdale, dans l’ouest de Vancouver, connaissent le parc Elm. On y joue déjà au baseball, au soccer et au tennis. Mais d’où proviennent ces nouveaux sports étranges?

L’artiste Germaine Koh* est la maîtresse de ces jeux et s’est installée dans le parc pour créer ces nouvelles façons de jouer. L’humble chalet du parc, qui abritait autrefois un gardien, est devenu son studio.

En 2011, la commission des parcs de la Ville a trouvé une nouvelle façon d’utiliser ces anciens bâtiments au profit des communautés, en invitant des artistes à proposer des résidences en échange de l’utilisation gratuite de l’espace. La proposition de Germaine Koh était de travailler avec le public pour créer de nouveaux jeux et sports.

Germaine Koh, qui a joué au badminton de compétition, au volley-ball et au roller derby, a voulu explorer les similitudes entre l’art et le sport. Ses amis artistes affirmaient toujours ne pas être sportifs, tandis que ses amis sportifs disaient ne pas être créatifs. Germaine Koh n’aimait pas ce clivage.

« En sport, vous devez constamment pratiquer certaines techniques. Cela permet d’acquérir une plus grande maîtrise, mais aussi des compétences en matière d’improvisation, de stratégie et de négociation, explique Germaine Koh. Toutes ces capacités et compétences sont essentielles dans le processus créatif ».

La commission des parcs a approuvé sa résidence, qui s’est déroulée de 2012 à 2014. Le parc Elm présentait un défi, dit Germaine Koh, « car les gens étaient habitués aux loisirs organisés ». Mais les façons farfelues dont on utilisait les balles, les disques, les cordes, les planches et les arbres attiraient la curiosité des passants, et les jours les plus occupés, ils étaient quelques dizaines à s’arrêter pour participer.

 

 

Source photo : Chalet de parcs Sonic Pick-Up Sticks, Germaine Koh 

 

Les chalets des parcs sont par essence des lieux modestes. Ils n’ont qu’un seul étage, sont de couleur beige ou grise et sont souvent rattachées aux toilettes publiques des parcs. Mais pour les artistes comme Germaine Koh, ce sont  de précieux espaces au cœur d’une ville dispendieuse.

« L’intérieur était de couleur taupe, ce qui n’aurait pas été mon premier choix, dit Germaine Koh en rigolant. Mais je me sentais tellement privilégiée de pouvoir m’asseoir dans un parc et y travailler ».

 

« Les yeux et les oreilles »

 

Les chalets des parcs de Vancouver ont une longue histoire, mais Germaine Koh et d’autres personnes s’y sont installées, donnant une nouvelle vie à ces bâtiments.

La Ville a commencé à construire ces chalets dans les années 1920*. Environ 70 des 230 parcs de la ville en possèdent un. C’est là que vivaient les gardiens de parcs, les Hagrid et « les concierges Willies » de ce monde, qui s’occupaient d’entretenir les parcs et de les surveiller 24 heures sur 24. Vivre gratuitement au sein d’un parc était un avantage particulier de ce poste qu’aucune autre grande ville canadienne n’offrait. Les gardiens s’y installaient pour de longues périodes, généralement entre deux à quatre décennies.

Le couple de gardiens David et Normande Waine vivait dans le chalet de parc le plus prisé de tous, celuiqui se trouve dans l’immense parc Stanley de la ville, à quelques pas de l’océan. Pour l’obtenir, ils ont dû rester 14 ans sur une liste d’attente aussi épaisse que la Bible.

« Nous n’avons jamais rien regretté, a un jour déclaré David Waine au National Post*. C’est un privilège de demeurer ici. »

Mais 2005 allait marquer le début de la fin pour ceux que les Waine appellaient « les yeux et les oreilles » des parcs publics. La Ville a décidé qu’elle ne permettrait plus aux nouveaux gardiens de s’installer dans les chalets de parcs lorsque les précédents prendraient leur retraite. La Ville centralisait ses services et envisageait de nouvelles utilisations pour ces bâtiments, même s’il lui a fallu du temps pour déterminer quoi en faire.

Lorsque les gardiens sont partis, de nombreux chalets de parcs sont demeurés vides ou ont été utilisés à des fins peu imaginatives, comme pour l’entreposage d’équipements sportifs. Dans le cadre d’une expérience, le chalet  du parc Grandview, dans l’est de la ville, a été transformé en centre de police communautaire. La population résidente n’ayant pas apprécié cette surveillance accrue, la police a fini par déguerpir.

À Vancouver, une commission des parcs* composée de sept commissaires élus supervise et détermine l’orientation politique des parcs de la ville. En 2011, les commissaires ont demandé au personnel de proposer une nouvelle idée pour l’avenir des chalets dans les parcs.

 

 

Source photo : Chalet de parcs Bean Race, Germaine Koh

 

Le personnel est revenu avec une solution qui répondait également à un problème croissant à Vancouver. Les chalets de parcs étaient des biens immobiliers publics de valeur. En même temps, les personnes créatives étaient aux prises avec le coût des studios dans une ville dispendieuse. Pourquoi ne pas les inviter à s’y installer?

 

Des gardiens créatifs

 

Des artistes comme Germaine Koh ont été invités à proposer des résidences à la commission des parcs. Les personnes qui ont vu leur candidature approuvée ont pu utiliser les chalets des parcs comme espaces de studio sans payer de loyer pendant trois ans, avec la possibilité de renouveler leur demande (bien que, contrairement aux gardiens des parcs, les artistes ne vivaient pas dans les chalets des parcs). La commission des parcs a accueilli une première cohorte de huit résidents.

Mais il y avait une condition essentielle. Les artistes devaient réaliser 350 heures de programmation publique en échange de leur résidence.

« Nous ne voulions pas créer un atelier d’art fermé, dans lequel un bijoutier, par exemple, ne ferait que travailler sur sa pratique de joaillerie, explique Marie Lopes, qui s’occupe de la coordination des arts, de la culture et de l’engagement à la Ville. Il faut avoir un certain intérêt pour le travail communautaire ».

Le compositeur Mark Haney a saisi l’occasion pour raconter l’histoire du quartier en musique. Il a tenu une résidence au parc Falaise, au milieu du projet d’habitation pour les anciens combattants de Renfrew Heights, construit pour loger les soldats revenus de la Seconde Guerre mondiale. Mark Haney et un partenaire ont effectué des recherches sur la vie de 11 anciens combattants qui possédaient un lien avec la région en interrogeant leurs proches et en fouillant dans les archives. Le jour du Souvenir de 2014, il a présenté une pièce inspirée par les vétérans intitulée « 11 », avec des clins d’œil musicaux à leur vie. Elle a été interprétée par onze musiciens dans le parc à flanc de colline, chacun jouant d’un instrument de cuivre choisi en fonction de la personnalité de l’ancien combattant.

Depuis, la commission des parcs a élargi le programme pour accueillir des participants de diverses disciplines, soit des athlètes, des écologistes, des chefs, des groupes culturels et plus encore. Ce programme est actuellement en place dans 23 parcs et offre désormais des espaces de bureaux à des groupes à but non lucratif, en plus des studios.

Une résidence au parc Adanac apprend aux habitants comment lutter contre les « invasions » dans les parcs publics et les jardins privés: le chalet du parc  abrite l’Invasive Species Council of Metro Vancouver [le Conseil de Métro Vancouver sur les plantes envahissantes], qui lutte contre tout type d’espèces envahissantes, de la renouée jusqu’à la fourmi de feu européenne.

Mr. Fire-Man, au parc Maclean, apprend aux habitants à récolter du bois et à fabriquer leurs propres instruments de musique. Night Hoops, qui vient en aide aux jeunes à risque, propose un programme de basket-ball gratuit et met les jeunes en contact avec des mentors autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du terrain. L’Iris Film Collective au parc Burrard View partage l’amour du septième art. Si vous préférez une autre forme d’art visuel, il y a le Cloudscape Comics Collective au parc Memorial.

Lors de chaque cycle de résidences, la commission des parcs affiche les chalets de parcs disponibles ainsi que l’orientation recommandée pour chacun d’entre eux. Un chalet situé dans un parc à proximité d’un écosystème diversifié, par exemple, pourrait être utilisé à des fins de gérance de l’environnement. Les personnes et les organisations candidates peuvent indiquer le chalet de parcs qu’elles préfèrent, mais c’est la commission des parcs qui prend la décision finale. Par exemple, le chalet du parc Strathcona accueille une résidence du Working Group on Indigenous Food Sovereignty [Groupe de travail sur la souveraineté alimentaire Autochtone]. C’est un choix très à propos, car le parc se trouve à proximité du lieu de résidence de nombreux Autochtones et constitue un espace vert rare dans cette partie du centre-ville.

La commission des parcs apporte à chaque titulaire d’une résidence l’aide d’un agent ou d’une agente de liaison qui les met en relation avec le personnel et les programmes du centre communautaire le plus proche. De cette façon, les titulaires de résidences apprennent à connaître les habitants et habitantes des environs ainsi que leurs intérêts.

Certains chalets de parcs étaient prêts à être utilisés, d’autres avaient besoin d’être rénovés, mais la plupart « avaient juste besoin d’une couche de peinture, explique Marie Lopes. Avec un peu d’huile de coude, nous avons pu les transformer à nouveau en espaces actifs. »

 

Une ligue à part entière

 

Ce ne sont pas tous les artistes qui ont envie de passer 350 heures avec le public, même si le loyer est compris. Mais c’était parfait pour Germaine Koh, car la League, le nom donné à sa résidence, n’était pas un projet artistique qu’elle aurait pu réaliser seule. Elle avait besoin de joueurs pour essayer, peaufiner, voire inventer les jeux avec elle. Elle a pu sortir de cette résidence avec un lot de jeux testés par le public et créés en collaboration avec lui.

Germaine Koh était ravie de voir des personnes avec des capacités athlétiques variées participer à l’action, soit en jouant ou en dirigeant le jeu.

« C’est intéressant : certains jeux sont plus cérébraux alors que d’autres sont plus physiques », dit-elle.

Dans « Scrumble », les joueurs et joueuses portent des t-shirts avec une lettre sur le devant et une autre à l’arrière, et ils tentent d’épeler des mots en se réagençant. Dans « Petri », on marque des points en lançant des balles dans des « boîtes de Petri » de différentes tailles, qui sont en fait des cercles dessinés sur le terrain. Les balles ont chacune des qualités bactériennes différentes et peuvent permettre de multiplier les points, de sorte que la croissance exponentielle peut soudainement propulser quelqu’un à la première place. (Peut-être un bon jeu post-COVID? Germaine Koh se le demande à présent).

 

Source photo : Chalet de parcs Petri. Germaine Koh 

 

Les joueurs et joueuses ont également apprivoisé non seulement le terrain, mais le parc lui-même. Par exemple, des équipes ont rivalisé pour construire la meilleure structure pour faire pousser des haricots dans la cour du chalet. Jeu de patience et d’ingénierie, la course a duré tout l’été pour voir quels haricots pousseraient le plus haut. Germaine Koh décrit l’expérience comme une « lente course vers de nouveaux sommets ».

Un vieux canapé prêté au chalet ne passait pas par la porte. Il a donc été placé à l’extérieur pour les parties de « Couchie ». Ce jeu a été présenté à l’équipe de la League par deux amis qui l’avaient inventé lorsqu’ils étaient colocataires à l’université. Les joueurs lancent des sacs de fèves pour essayer de les loger entre les coussins du canapé et gagner ainsi des points. 

Certains jeux ont amené les gens à sortir des limites du parc. Le corridor Arbutus, à proximité du parc, était une voie désaffectée du Canadien Pacifique qui partait du fleuve Fraser vers le nord, traversait le quartier de Kerrisdale, où se trouve le parc, et remontait jusqu’à False Creek. Il sera finalement acheté par la Ville en 2016 et converti en une voie verte de 8,5 kilomètres nommée Arbutus Greenway et destinée à un usage récréatif.

Même lorsqu’il s’agissait d’une piste désaffectée, Germaine Koh voyait son potentiel. Comme les chalets de parcs, la piste était un espace urbain sous-utilisé qui n’attendait qu’à être réinventé. Elle a encouragé les joueurs et joueuses à marcher le long de la piste et à transformer l’expérience en une sorte de jeu. L’un d’eux a trouvé les feuillets perdus d’un livre et s’est mis à les lire en marchant. Germaine Koh a elle-même récupéré un verre d’eau dans la rivière et l’a porté jusqu’au ruisseau, où elle l’a déposé.

Germaine Koh réfléchit beaucoup à la question théorique de ce qu’est le jeu, mais son simple espoir pour les participants et participantes de la League était qu’ils apprennent à adopter une attitude ludique au quotidien. 

« L’une des intentions était d’élargir la notion du jeu et d’arrêter de penser que le jeu n’est qu’un truc pour les enfants ou quelque chose qui se déroule uniquement sur un terrain de sport, dit-elle. Le jeu est un moyen de développer des compétences utiles pour la résolution de problèmes et une attitude de créativité au quotidien. »

 

Une nouvelle vocation pour la terre

 

Avant que Fresh Roots ne s’installe dans son chalet de parc, l’association d’agriculture urbaine à but non lucratif faisait déjà preuve de créativité dans son usage de terrains urbains sous-utilisés. L’organisation a été fondée en 2009 et s’associe à des écoles pour transformer leurs cours en jardins comestibles et apprendre aux jeunes à cultiver des aliments frais.

Lorsque l’occasion s’est présentée d’occuper un chalet de parc, Fresh Roots a posé sa candidature et s’est installé dans celui du parc Norquay. Fresh Roots vient d’être approuvé pour un second mandat.

Le parc Norquay se trouve sur une artère très fréquentée de la ville, la Kingsway, et le chalet du parc est situé à côté de l’aire de jeux et du parc à jets d’eau. C’est un endroit toujours bondé de monde dans un parc très fréquenté. Fresh Roots a développé un jardin communautaire impossible à manquer, entretenu par le personnel et des bénévoles.

 

 

Source credit: Jardin partagé près du Chalet de parcs, Fresh Roots

 

« Cela exige beaucoup de travail, et les mauvaises herbes prennent le dessus! », soupire Caroline Manuel, responsable des communications et de l’engagement, qui travaille dans le bureau du chalet du parc. La baisse du nombre de volontaires due à la pandémie a rendu difficile l’entretien du jardin communautaire. Pourtant, la récolte est abondante cette année. Il y a des haricots verts, des feuilles de betterave, de la rhubarbe, des framboisiers, des groseilliers sanguins, de la sauge, du thym et bien plus encore. Le public est invité à prendre de tout.

Implantée dans cette partie du quartier est, Fresh Roots s’associe à d’autres groupes situés à proximité, tels que des camps d’été et des groupes de personnes âgées.

« Nous avons testé les eaux et beaucoup de gens veulent plonger les mains dans la terre et avoir un accès direct à un espace à entretenir », dit Mme Manuel.

Fresh Roots organise également des événements dénommés « Art in the Park ». L’art qu’ils pratiquaient dans les camps d’été, soit des bricolages comme des « bombes à semences », s’est avéré si populaire qu’ils l’ont proposé au public. 

Le chalet du parc a permis à l’association d’avoir une présence physique dans la communauté et de nouer des liens plus larges. Ce contact est particulièrement utile, car 40 % de la population du quartier de Renfrew-Collingwood ne parle pas anglais à la maison.

« Tout le monde n’est pas présent sur les médias sociaux, affirme Mme Manuel. Nous mettons des affiches dans autant de langues que nous le pouvons, nous discutons avec les gens qui passent, nous essayons simplement d’être là pour que les gens commencent à se sentir à l’aise de poser des questions. » 

 

Source photo : Le chalet du parc Norquay Park, Fresh Roots

 

Mme Lopes est heureuse que la commission des parcs puisse apporter son aide en plaçant les artistes et les groupes culturels au cœur des communautés qu’ils servent.

« Dans une ville où les loyers sont exorbitants, le programme soulage cette pression que vivent les artistes et les organismes à but non lucratif pour trouver un studio ou un bureau », dit-elle.

 

Votre sympathique chalet de parcs dans le quartier

 

Marie Lopes ne saurait trop insister sur le fait que c’est la « porte ouverte » qui est la clé du succès du programme.

En introduisant l’art et l’engagement dans les parcs de tous les jours, le programme Fieldhouse élimine certaines des barrières qui empêchent l’accès à l’art et à d’autres activités dans les musées ou les programmes officiels. Et cet engagement peut être aussi décontracté ou aussi collaboratif que le souhaitent les habitants et habitantes de la ville. Ils peuvent s’arrêter dans un parc voisin pendant une demi-heure pour profiter de la musique proposée par la résidence. Ou bien ils peuvent participer étroitement à la résidence pendant les trois années complètes.

Elle ajoute que la commission des parcs reçoit parfois des appels d’autres villes qui souhaitent en savoir plus sur les chalets de parcs, car elles sont devenues un programme phare.

Non loin de là, North Vancouver propose des résidences dans la Blue Cabin, un chalet flottant rénové dont la construction remonte à 1927. Richmond organise des résidences dans la maison patrimoniale Branscombe House, l’une des premières maisons de colons dans ce qui était autrefois le village de Steveston.

Marie Lopes donne ce conseil aux villes qui souhaitent lancer des programmes similaires, que ce soit dans des chalets de parcs ou d’autres bâtiments inutilisés.

« Examinez attentivement vos actifs, dit-elle. Arrêtez de considérer vos espaces inutilisés comme problématiques. Ce sont plutôt des occasions à saisir. Recherchez des collaborations dont tout le monde ressort gagnant. Le bénéfice pour la communauté est tout simplement illimité ».

 

 

 

 

À propos de Christopher Cheung

Christopher Cheung est un journaliste basé à Vancouver. Il s’sintéresse au pouvoir et aux politiques liés au changement urbain et à comment les différentes disaporas présentes à Vancouver font en sorte de se créer un foyer dans une ville aux géritages coloniaux. Il est employé pour The Tyee. 

 


 

Rendu possible grâce au généreux soutien de :

 


 

Cette contribution de Christopher Cheung s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ».

Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett. Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

À la découverte des amis des parcs de Montréal

Les parcs et espaces verts couvrent 11% de la superficie de la ville de Montréal (2,8 hectares de parcs pour 1000 personnes). Cette superficie est composée de 20 grands parcs gérés par le service des grands parcs de la ville de Montréal et de plus de 1200 parcs de quartiers relevant des 19 arrondissements. Ces parcs publics sont fréquentés annuellement par des millions de personnes.

Depuis 2018, notre organisation, les Amis des parcs, soutient et active les groupes d’amis des parcs parcs de Montréal grâce à un soutien financier via le programme de Bourses TD Amis des parcs, et en leur offrant des opportunités de réseautage et d’apprentissage sur mesure.

Aujourd’hui, nous comptons plus de 72 groupes amis de parc à Montréal au sein de notre réseau national. Mais nous savons qu’il en existe bien plus. Ensemble, ces groupes contribuent activement à la préservation, l’entretien, l’amélioration et l’animation des parcs de Montréal.

 

Source: Matias Garabedian, Montréal, Canada, 2017

 

En 2018, nous avions déjà produit plusieurs études de cas sur les groupes amis de parc de Montréal (Les Amis de la Montagne et Sauvons la Falaise) ainsi que de la ville de Québec (La Société de la rivière St-Charles).

Cette année, en plein contexte de pandémie, nous avons eu l’opportunité de rencontrer cinq groupes montréalais inspirants afin d’en apprendre davantage sur leurs aspirations, leurs défis et leurs besoins actuels. Ce que nous avons appris nous a aidés à peindre le portrait unique des “amis des parcs” de Montréal.

Nous sommes fiers de vous présenter le produit de ce travail: 5 études de cas présentant le travail: des Amis du parc Lalancette, Racine Mtl-Nord, CAP Jarry, des AmiEs du parc des gorilles et des AmiEs du courant Sainte-Marie.

Ces 5 études de cas illustrent la définition changeante de ce qu’est un parc urbain à Montréal, ce qui motive les montréalais à s’impliquer et comment les groupes montréalais se mobilisent pour accroître le mouvement en faveur des parcs de la Ville.

Voici ce que nous avons appris:

 

Des parcs et des groupes à géométrie variable

 

Ce que les gens considèrent être un “parc” à Montréal est très variable, imprécis et parfois surprenant !

Les groupes que nous avons rencontrés, nous ont permis d’explorer une lecture inédite de la variété de types de parc. De la friche ferroviaire, à un grand parc métropolitain en passant par des cours bétonnées de logements sociaux et l’accès public au fleuve, toutes les formes de parcs semblent avoir le pouvoir d’intéresser la population montréalaise à s’y impliquer. La formation des groupes peut donc être nourrie par un large éventail d’enjeux, de dynamiques, de motivations et d’aspirations.

Nos collaborateurs du CÉRSÉ ont d’ailleurs procédé à un inventaire exhaustif de la littérature municipale montréalaise à cet égard. Les deux sources principales concernant les parcs et espaces verts : le Plan directeur du sport et du plein air urbains de Montréal (Ville de Montréal, 2018) et la base de données ouvertes Grands parcs, parcs d’arrondissements et espaces publics (Ville de Montréal, 2020) les abordent différemment, n’étant pas catégorisés de la même façon dans les deux cas.

 

Prendre soin d’un parc pour améliorer sa qualité de vie

 

À Montréal, comme ailleurs au pays, les riverains cherchent souvent à améliorer le parc de proximité. Ce travail de mobilisation et cet engagement citoyen contribue à un sentiment de communauté et d’appartenance à un espace de vie commun.

Et, encore et toujours, nous constatons comment les groupes d’amis des parcs bénéficient de cette mobilisation citoyenne. C’est comme cela que les Amis du parc Lalancette voient leurs enfants et leurs familles jouer ensemble. Les citoyens de Racine MTL-Nord travaillent ensemble pour embellir leur espace commun et en faire un vrai lieu de convivialité et de cohabitation.

 

Source: RACINE-Mtl Nord

Un autre bénéfice de cette mobilisation citoyenne est d’avoir un meilleur accès à la nature en ville. Ce lien renforcé avec la nature est d’autant plus important qu’ils apportent des bienfaits sur la santé mentale et physique des personnes, la biodiversité étant essentielle au bien-être des citadins. En se mobilisant pour leur parc, les amis des parcs de Montréal rendent la pareille à la nature urbaine qui en a besoin. Ainsi, CAP Jarry diversifie et bonifie les espèces d’arbres du parc Jarry, les AmiEs du parc des gorille reverdie une forêt urbaine qui a été détruite dans le passé, les AmiEs du courant Sainte-Marie concentre son travail sur la connexion avec le fleuve Saint-Laurent, et Racine Mtl-Nord apprend à ses membres à produire des écosystèmes sains et à en prendre soin.

 

Comment les amis des parcs de Montréal se mobilisent pour activer le pouvoir de leurs parcs urbains

 

Notre étude des groupes d’amis des parcs de Montréal révèle comment la mobilisation citoyenne pour un parc urbain conduit à une meilleure cohésion sociale.

Pour les amis du parc Lalancette, cette cohésion est le résultat d’un travail de groupe pour améliorer ensemble leur milieu de vie commun.

 

Source: les Amis du Parc Lalancette 

 

D’autres groupes préfèrent prioriser des actions concrètes à court terme pour générer chez leurs bénévoles un sentiment d’accomplissement rapide. Les AmiEs du parc des Gorilles organisent plutôt des petits événements culturels et festifs, alors que Racine MTL-Nord se concentre sur une intervention de proximité avec des équipements minimaux.

Pour tous, un consensus reste: pour activer le pouvoir des parcs urbains, il est indispensable de travailler avec les bons partenaires.

Le premier de ces partenaires stratégiques est la Ville de Montréal. Les AmiEs du parc des gorilles travaille avec la Ville et ses équipes pour établir un partenariat tel que celui signé en 2017 par la Ville et un autre groupe Les amis du champ des possibles. Pour CAP Jarry, travailler avec la Ville a permis de comprendre les relations entre l’arrondissement St Michel Parc-Extension et la ville centre dans le cas de grands parcs métropolitains et de réussir à mettre en place un bel évènement bien soutenu: la Forêt éphémère d’arbres de Noël.

 

Source: Marie-Hélène Roch

La vie communautaire montréalaise peut aussi offrir aux amis des parcs le soutien dont ils ont besoin. C’est ainsi que les AmiEs du courant Sainte-Marie a initié la mise en place du Village au pied du courant grâce à une collaboration inspirante avec l’organisme La Pépinière. Ce type de programmation événementielle dans un parc rayonne au-delà de la métropole et est reconnu à l’international, se plaçant en chef de file des pratiques urbaines d’appropriation des lieux publics. Quant à Racine MTL-Nord, le groupe est soutenu financièrement par Paroles d’excluEs, un organisme à but non lucratif (OBNL) montréalais qui lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale à travers la prise de parole, la mobilisation et l’accompagnement de démarches citoyennes pour développer des actions collectives et transformatrices visant à améliorer les conditions de vie.

Parmi les autres partenaires locaux pouvant offrir du soutien, , nous retrouvons La Coalition Montréalais des Tables de Quartiers (CMTQ), Le Regroupement des Éco Quartiers de Montréal, Le Centre d’écologie urbaine de montréal, Les maisons de la culture de Montréal, the municipal libraries, Sports et loisirs de l’île de Montréal, le Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE), et Les amis de la montagne.

 

Source: RACINE-Mtl Nord

Nous sommes sûres que la lecture de nos 5 études de cas vous inspirera autant que nous.

Alors que nous mettons en lumière plus de projets liés aux parcs de Montréal, nous nous engageons à faire en sorte que toute la population montréalaise ait un accès équitable à des parcs de proximité qui répondent à leurs besoins sociaux et environnementaux.

Nos travaux récents démontrent d’ailleurs que la distribution des parcs urbains à Montréal est inégale entre les différents arrondissements (c’est aussi le cas pour d’autres aménagements urbains comme les piscines municipales). Nous sommes déterminés à changer cela.

Si vous aussi vous souhaitez activer le pouvoir de votre parc urbain préféré à Montréal, n’hésitez pas à rejoindre notre Réseau et à suivre nos partenaires (Les amis de la montagne, le Centre d’écologie urbaine de Montréal, et le Conseil régional environnemental de Montréal), pour connaître nos activités à venir!

Nous sommes là pour vous aider!

 

   

 

En collaboration avec

 

 

Grâce au généreux soutien de 

 

Ce que les groupes d’amis des parcs nous ont appris sur cette année de pandémie dans les parcs urbains

Depuis l’an dernier, nous avons appris beaucoup de choses sur notre Réseau national. En effet, les quelque 1000 groupes citoyens mobilisés pour un parc qui le composent, et dont la mission porte entièrement ou en partie sur les parcs, se sont démenés pour aider leurs bénéficiaires de manières vitales et innovantes. Nous sommes vraiment fiers d’eux.

Voici ce que notre sondage annuel mené auprès de ces groupes nous a appris sur les personnes incroyables qui composent le Réseau national des Amis des parcs.

 

Une diversité semblable à celle des parcs eux-mêmes

 

Chaque parc est unique. Et il en va de même pour celles et ceux qui y sont actifs. Il n’est donc pas surprenant que les groupes qui se consacrent à dynamiser les parcs prennent plusieurs formes. En effet, à travers le Canada, les groupes citoyens mobilisés pour un parc sont à la fois composés d’organismes sans but lucratif, d’associations de quartier, de membres d’un jardin collectif, de groupes de résidents et bien plus encore. Leur point commun : la grande majorité, soit 80 % de ces groupes, sont dirigés et gérés par des bénévoles.

 

Plus de la moitié des groupes qui réalisent des idées inspirantes dans les parcs sont actifs depuis au moins 10 ans. En d’autres termes, la moitié des groupes qui composent notre réseau constituent une véritable infrastructure locale avec une présence bien établie auprès de leurs bénéficiaires respectifs. À cet égard, nos ressources et apprentissages tirés de l’expérience de longue date acquise par ces groupes nous permettent de soutenir les groupes plus récents qui en sont encore à leurs débuts dans l’activation de leurs parcs.

Quelle que soit la durée d’existence de ces groupes, tous nous ont indiqué que la collecte de fonds représentait leur plus grand défi. Cette année, 66 % des personnes ayant répondu à notre sondage ont déclaré que financer leur travail constituait un défi important. Alors que le travail réalisé par ces groupes n’a jamais été autant capital, les municipalités sont, quant à elles, confrontées à d’importants déficits financiers. Nous savons d’ores et déjà qu’il s’agira d’un problème essentiel qu’il faudra résoudre à l’avenir.

 

Les groupes citoyens mobilisés pour un parc se démènent pendant la pandémie

Les groupes citoyens mobilisés pour un parc se sont démenés pour leurs bénéficiaires pendant la pandémie. Même si les rassemblements dans les parcs ont été interdits à travers le Canada, plus d’un tiers des groupes interrogés ont déclaré avoir adopté de nouvelles façons d’offrir leurs services.

L’association de quartier Glenelm, à Winnipeg, a indiqué qu’elle jouait un rôle essentiel pour aider ses bénéficiaires à briser l’isolement social : « Nous avons été en mesure de nous adapter et de proposer des programmes et des initiatives pour créer du lien social afin de lutter contre la solitude, la peur, l’incertitude et l’ennui qui règnent à l’heure actuelle. »

Ce groupe n’est d’ailleurs pas le seul à favoriser la cohésion sociale et la résilience des résidents en cette période de crise. En effet, 79 % des groupes citoyens mobilisés pour un parc que nous avons interrogés ont confirmé que, malgré l’année difficile, leur travail dans les parcs et auprès de leurs bénéficiaires avait contribué à créer un plus grand sentiment d’appartenance. À cet égard, citons par exemple des activités de ramassage des déchets respectant les règles de sécurité*, un programme visant à donner une seconde vie à des arbres de Noël dans un parc de Montréal, ou la création d’un programme indispensable de sécurité alimentaire et d’extension des services géré par des bénévoles destiné aux aînés vivant seuls.

 

 

Les Amis des parcs et nos partenaires dans les parcs

 

C’est avec beaucoup de fierté que notre organisation soutient son Réseau national composé de 1000 groupes citoyens, se caractérisant par leur diversité, leur esprit d’innovation et leur présence locale, et qui réalisent des idées inspirantes dans les parcs urbains du Canada.

À cet égard, plus de 50 % des groupes ayant répondu à notre sondage pancanadien ont déclaré que leurs efforts se concentraient sur les parcs situés dans des quartiers défavorisés ou marginalisés. Cette année, nous avons continué à aider ces groupes non seulement en leur offrant un soutien financier grâce à des programmes comme les Bourses TD Amis des parcs et InTO The Ravines*, mais aussi grâce à des ressources et des webinaires en réponse à la pandémie, à notre Rapport sur les parcs urbains du Canada de 2020, ainsi que grâce à des programmes comme Parcs Cœur vital et Susciter le changement

 

 

Par ailleurs, nous avons été ravis d’apprendre que 91 % des groupes citoyens mobilisés pour un parc ont déclaré que le travail des Amis des parcs leur était utile.

À cet égard, le Groupe Éthé-Vert Saint-Léonard de Montréal nous a remerciés en disant : « Nous tenons à vous remercier en particulier pour votre aide pratique et financière. Sans cela, nous n’aurions pas été en mesure d’aider les résidents à profiter de leurs espaces verts uniques. » 

À une époque où l’incertitude financière représente une préoccupation générale, nous sommes heureux de savoir que nous avons pu soutenir ces groupes en les aidant à collecter des fonds (76 %), à rester motivés pour accomplir leur travail dans les parcs (76 %), et en renforçant leurs connaissances et leurs compétences (71 %) pour améliorer leurs activités dans les parcs.

Alors que les journées continuent de s’allonger et que la pression commence à retomber lentement, les parcs et les lieux publics continueront d’apporter une lueur d’espoir dans nos villes et nos vies. Nous le devons en grande partie au travail réalisé par les groupes mobilisés pour un parc qui composent notre Réseau national, ainsi qu’aux personnes qui se sont démenées pour aider leurs bénéficiaires à faire face à cette crise. C’est grâce aux efforts collectifs de ces personnes que nos parcs peuvent continuer à égayer nos vies et nos quartiers. Du fond du cœur, merci. 

 


 

Rendu possible grâce au généreux soutien de :

 

Publication du troisième Rapport annuel sur les parcs urbains du Canada

Nous lançons aujourd’hui notre troisième Rapport annuel sur les parcs urbains du Canada.

Dans ce rapport, nous étudions la façon dont les parcs peuvent contribuer à créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.

Pendant la pandémie, la fréquentation des parcs a connu un pic dans tout le pays. La population a afflué dans les lieux de plein air, cherchant des manières de se réunir en toute sécurité, d’être au contact de la nature et de faire de l’exercice. Les parcs occupent désormais une place plus importante dans la vie des gens. Cependant, en raison d’une demande croissante et des considérations de santé publique, les municipalités sont également confrontées à de nouveaux défis.

Le Rapport sur les parcs urbains du Canada rend compte de ces tendances et de ces défis en s’appuyant sur des données clés et des pratiques exemplaires recueillies aux quatre coins du pays. Que vous soyez membre du personnel municipal, bénévole, bailleur de fonds, membre d’une organisation sans but lucratif, spécialiste des parcs ou une personne amoureuse des parcs urbains, nous espérons que les données et les articles présentés dans ce rapport vous serviront d’inspiration et vous inciteront à repousser les limites.

Dans ce rapport, vous trouverez les résultats de notre sondage d’avril 2021 sur les parcs et la COVID-19 mené auprès de quelque 3 500 personnes, des entretiens auprès de spécialistes, ainsi que de nouvelles données et pratiques issues de 32 Villes canadiennes participantes. Les témoignages et les données sont classés par thème : nature, inclusion, croissance, collaboration et mobilisation. Vous trouverez les données spécifiques à chaque Ville dans leurs profils.

Vous y trouverez, entre autres, des articles et des pistes d’action sur la manière dont les Villes peuvent participer à la lutte contre les changements climatiques grâce à leurs parcs. Nous verrons comment le leadership des personnes Noires et Autochtones peut permettre de repenser les notions de gestion environnementale pour les parcs. Enfin, nous examinerons comment approfondir les points de convergence entre la santé publique et les parcs en tenant compte de différentes expériences culturelles.

Vous trouverez également un chapitre inédit intitulé : Leçons d’une année de pandémie. Ce chapitre analyse en profondeur les répercussions, tant positives que négatives, de la pandémie sur les systèmes de parcs et l’utilisation des parcs depuis l’an dernier, et les manières d’aller de l’avant ensemble.

 

Principales conclusions

 
Les parcs ont vu bondir leur fréquentation et ont démontré leur forte valeur ajoutée.

 

Les nouveaux défis ont engendré des façons originales d’utiliser les parcs.

 

Les parcs ont été reconnus comme des infrastructures de santé publique essentielles.
 
La pandémie a souligné les inégalités existantes.

 

Lutter contre les changements climatiques via les parcs est une priorité grandissante.

Ce rapport peut être consulté de deux manières : sur un site web interactif et sur un document PDF téléchargeable. Vous trouverez les leçons de la pandémie, les indicateurs clés, les enseignements et les données sur les municipalités sur notre site web ainsi que dans un document PDF téléchargeable. Les articles, qui s’appuient sur des entretiens avec des membres du personnel municipal, des chercheurs et des responsables communautaires et sur leurs pratiques exemplaires, sont uniquement disponibles sur le site : https://ccpr.parkpeople.ca/2021/fr.

 


 

Inscrivez-vous à notre webinaire spécial organisé le jeudi 8 juillet prochain qui va explorer en détails les principales conclusions du rapport et de notre enquête nationale sur l’utilisation des parcs face à la COVID. Veuillez noter que ce webinaire se tiendra en langue anglaise avec une interprétation simultanée en français. 

 


 

Nous tenons à remercier du fond du cœur la Fondation de la famille Weston de son soutien fondamental à la création et au lancement de ce rapport.

 

 

Nous souhaitons également remercier la Fondation RBC, la Toronto Foundation, Maglin Mobilier urbain, ainsi qu’un donateur anonyme pour leur soutien

 

 


 

Un rapport de cette ampleur repose sur un travail d’équipe. Tout d’abord, un grand merci aux dizaines d’employés qui ont collaboré avec nous pour rassembler des données sur leur Ville, et ont répondu à nos questions et demandes d’entretiens. Nous sommes conscients de l’énorme quantité de travail que ceci vous a demandé, et ce rapport n’aurait pas vu le jour sans vous. 

Enfin, et surtout, merci à toute l’équipe des Amis des parcs pour leur soutien et leur contribution. 

Source photo de couverture: le parc Frankel Lambert à Toronto, Adri Stark

Retour sur le premier Forum des amis des parcs de Montréal

Le premier Forum des amis des parcs de Montréal, Organisé en collaboration avec Les amis de la montagne, et en partenariat avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal et le Conseil régional en environnement de Montréal, a rassemblé près de 150 participants.

Citoyens passionnés, représentants d’organisations communautaires, employés municipaux et professionnels de l’aménagement se sont réunis autour du vaste thème du “Pouvoir des parcs urbains” ! Bien que virtuel, ce premier rassemblement nous a prouvé l’intérêt des montréalais pour leurs parcs !

Rien d’étonnant quand on sait que plus de 60% des montréalais n’ont pas accès à une cour arrière et que Montréal compte déjà plus de 70 initiatives de types amis de parc à travers ses 19 arrondissements. Ensemble, nous avons posé les premières pierres du nouveau Réseau des amis des parcs de Montréal.

Ce Réseau nous permettra d’être collectivement mieux outillés pour activer le pouvoir de nos parcs urbains. Afin de perpétuer nos apprentissages, nous avons le plaisir de vous faire revivre l’expérience du Forum avec un court bilan et la rediffusion de la conférence d’honneur et du panel!

 

“Bravo! Il s’agit d’une démarche nécessaire et pertinente! La dynamique entre les associations et regroupements sera un point à maintenir pour assurer la vitalité du réseau.” Citation des participants

 

À la découverte des passionnés des parcs de Montréal

 

Ce premier rendez-vous du forum a rassemblé une vingtaine de passionnés des parcs de Montréal autour de quelques tables virtuelles dans lesquelles ils ont pu partager les vertus et enjeux de leur parc préféré. Nous avons ainsi pu découvrir la richesse de nos parcs urbains d’Est en Ouest de l’île de Montréal.

 

Les parcs urbains préférés des participants au déjeuner des Lève-Tôt

 

Pour les participants, il est sans équivoque que les parcs urbains apportent au quotidien du bonheur, de la paix, un contact avec la nature et de l’équilibre. Des bénéfices fort précieux particulièrement suite aux défis que la pandémie nous a tous fait vivre.

 

 

Lors des discussions de groupe, les participants ont d’abord pu faire connaissance, puis ont ensuite identifié les enjeux prioritaires du réseau : la conservation de la biodiversité et des milieux naturels, l’équilibre entre fréquentation et protection, les besoins d’infrastructures adaptées, le civisme et l’usage des aménagements, la connectivité entre les parcs et des enjeux de gestion et de financement.

Ces enjeux complexes mais incontournables ont alimenté les réflexions tout au long du Forum!

 

Un lancement d’honneur du Réseau des amis des parcs de Montréal

 

 

La conférence d’honneur marquait le lancement officiel du Réseau des amis des parcs de Montréal.

Après des allocutions motivantes de tous les partenaires et un chaleureux mot d’appui de la Mairesse de Montréal, madame Valérie Plante, Adrian Benepe et Nathalie Boucher nous ont transporté de Montréal à New York en passant par Madrid, Sydney et Shanghai pour une présentation porteuse de réflexions sur le pouvoir des parcs urbains et leurs activations.

Adrian Benepe, Président et chef de la direction au Brooklyn Botanic Garden, nous a donné un cours de maître sur l’actuel âge d’or des parcs urbains à travers le monde et tout particulièrement aux États-Unis.

Se basant sur sa vaste expérience, notamment en tant que 14e commissionnaire des parcs de la ville de New York de 2002 à 2012, il a partagé les bonnes pratiques de gestion et de financements de parcs urbains, les solutions novatrices pour l’essor et l’autonomisation des parcs urbains partout dans le monde ainsi que les modèles de collaboration impliquant les organismes de conservation.

 

Extraits de la présentation visuelle d’Adrian Benepe 

 

“Les partenariats sont absolument essentiels non seulement pour créer des parcs mais aussi pour maintenir leur pérennité et s’assurer qu’on ne s’engage pas dans un déclin. Il existe toute une gamme de systèmes de collaboration entre le public et le privé, et ils ont tous leurs valeurs. Les partenariats permettent de fournir certaines ressources que la ville ne pourrait pas fournir seule. Pendant la pandémie, au moment où nous avions le plus besoin des parcs, les budgets ont également baissé et cela a eu des conséquences importantes.” Adrien Benepe

 

Nathalie Boucher, anthropologue et directrice de l’organisme Respire, nous a ramené à Montréal avec ses lunettes d’anthropologue pour une présentation sur la culture des parcs urbains. « Les parcs sont de magnifiques fenêtres sur la culture’’, nous a-t-elle partagé.

‘‘Aux yeux d’une anthropologue de la ville, c’est là que réside leur pouvoir”.

En décortiquant le concept de culture, sous quatre dimensions (sociabilité, représentation, appropriation et disruption) qu’elle a mises à jour depuis bientôt 20 ans de recherche, Nathalie nous a offert un puissant plaidoyer pour démontrer que le pouvoir des parcs est d’abord culturel et que cela implique des actions adaptées pour l’activer.

« Il faut reconnaître la valeur ou les services ethnoculturels, « l’ethno-diversité » des parcs, qui ont autant d’importance que les services écosystémiques, que la biodiversité. Aller dans un parc nous permet d’apprendre à reconnaître les autres, ce qu’ils représentent, les mythes qui les entourent, à s’associer ou non à ces étranger⋅ères. Il faut comprendre les valeurs, croyances, mythes, connaissances partagées par les citoyen⋅nes localement et plus largement, (…) et cesser de miser sur le parc qui peut tout accueillir en tout temps. »

Il faut aménager des parcs partout, dans toutes les variétés possibles. Il faut diversifier (en genre et en nombre) les aménagements, les mobiliers, les accès ­». Nathalie Boucher.

 

Des conversations inspirantes sur équité territoriale et environnementale des parcs de Montréal

 

 

Le panel de discussion sur l’équité territoriale et environnementale dans les parcs de Montréal animé par Karel Mayrand, président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal et vice-président du conseil d’administration de la Société du Parc Jean-Drapeau, présentait des experts locaux animés par la volonté d’activer le pouvoir des parcs de Montréal.

Pour cette occasion, Monsieur Robert Beaudry, responsable de la gestion et de la planification immobilière, de l’habitation, des grands parcs et du parc Jean-Drapeau, a souligné l’annonce récente du Plan nature et sports de la Ville de Montréal qui prévoit des investissements de 1,8 $ milliards pour les dix prochaines années afin de développer un réseau de parcs.

Il a rappelé l’importance des parcs devant la crise environnementale et la pandémie ainsi que l’importance de contribuer collectivement à leur pérennisation et amélioration.

Nos quatre panélistes ont partagé, selon leur perspective, les enjeux des parcs actuels et leur vision pour la réalisation et l’aménagement de parcs plus en phase avec les principes fondamentaux relevant de l’équité territoriale et environnementale. Accessibilité, biodiversité, éducation, entretien, justice sociale et environnementale, intersectionnalité, lucidité économique, résilience, santé publique, ont, entre autres, été des thèmes abordés durant les riches échanges entre les panélistes et le public.

Le panel en 4 citations :

« Les impacts globaux des changements climatiques se traduisent à l’échelle locale, jusque dans les parcs, et il sera nécessaire d’aménager ces derniers en conséquence. » – Jérôme Dupras, professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique

 

« Les parcs ne sont pas simplement des dépenses que l’on amortit dans les budgets municipaux. Ce sont des investissements qui rapportent de nombreux bénéfices sanitaires quantifiables, notamment sur la santé physique et mentale. » – Anne Pelletier, Agente de planification programmation recherche, Service Environnement urbain et Saines habitudes de vie, Direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre Sud de Montréal

 

« La conception des parcs devrait être abordée comme une opportunité de réparation, qui permettrait aux communautés marginalisées de regagner leur autonomie. » – Lourdenie Jean, Fondatrice de L’environnement, c’est intersectionnel

 

« Les parcs sont des espaces conviviaux et accueillants grandement fréquentés où se réunissent des personnes de toutes les générations et de toute origine. Ce sont de véritables outils d’intégration. » – Michel Lafleur, Président de la Coalition des amis du parc Jarry

 

À votre tour d’activer le pouvoir des parcs urbains!

 

Dans une ambiance décontractée, cette activité clôturait la première édition du Forum des amis des parcs de Montréal. En présence de la ministre déléguée au transport et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, madame Chantal Rouleau, les participants ont célébré les investissements de 223 100,00$ qui ont permis la création du Réseau des amis des parcs de Montréal.

Un verre à la main, les participants ont d’abord échangé en sous groupes thématiques animés (parc vert, parc social, parc avenir) sur les enjeux à considérer et les actions à mettre en œuvre pour activer le pouvoir des parcs montréalais. Les éléments clés discutés ont ensuite été partagés en grand groupe.

L’accessibilité, l’inclusivité, l’aménagement des parcs en concordance avec la valeur des milieux naturels reconnues et les quartiers environnants ainsi que l’éducation citoyenne ont été soulevés parmi les enjeux importants. Alors que, l’appui à la formation de regroupements de citoyens dans les parcs, à la mise en place de programmes d’intendance environnementale, à l’élaboration d’un plan directeur pour les parcs ou encore à la création de nouveaux espaces verts ainsi que de corridors écologiques font partie des actions prioritaires identifiées par les participants.

Selon les participants, ces actions devront être mises en œuvre en priorisant la collaboration, notamment, avec les citoyens au cœur des démarches, mais aussi avec les arrondissements, la ville centre, les organisations de la société civile et la santé publique. La pertinence de la création d’un réseau prend ici tout son sens !

 

Au cours des 4 activités du Forum, nous avons pu sentir l’engouement des montréalais pour leur parcs. Plusieurs enjeux, besoins, actions et nouvelles perspectives ont été identifiés et seront fort intéressants à creuser. Ceux-ci guideront les partenaires porteurs du Réseau des amis des parcs de Montréal dans l’élaboration de la programmation pour soutenir le développement du Réseau.
Au nom de toute l’équipe, merci d’avoir été des nôtres et restez à l’affût de nos prochaines activités !

Le Forum des amis des parcs de Montréal se veut un rassemblement annuel, nous vous donnons donc rendez vous l’année prochaine pour la 2e édition !

 

 


 

   

 

Le Forum des amis des parcs de Montréal est organisé en collaboration avec Les amis de la montagne et en collaboration avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal et le Conseil régional en environnement de Montréal

 

 

Le Forum des amis des parcs de Montréal est financé par le Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et soutenu par le Groupe Banque TD.

 

Comment l’activisme citoyen et un objectif ambitieux ont permis de créer le Grand parc de l’Ouest de Montréal

Cette contribution de Christopher Dewolf s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ». Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett.

Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

 


 

La parcelle formée d’anciennes terres agricoles à côté du parc naturel de l’Anse-à-l’Orme, dans l’ouest de Montréal, est fascinante à bien des égards. D’une part, elle abrite 270 espèces végétales et animales vivant dans des habitats variés comme les zones humides, les bois et les prairies. Elle occupe une superficie de 365 hectares, ce qui en fait l’une des plus grandes étendues non développées, et jusqu’à récemment non protégées, d’espace naturel sur cette île qui compte plus de deux millions d’habitants. Mais ce qui est peut-être le plus surprenant, c’est que peu de gens semblent connaître son existence. 

« Lorsque nous avons frappé à leur porte, beaucoup de résidents nous ont répondu qu’ils ignoraient l’existence juste à côté de chez eux de cet immense espace formé d’anciennes terres agricoles en cours de régénération », explique Sue Stacho, cofondatrice de l’organisation Sauvons L’Anse-à-L’Orme. En 2015, lorsqu’un énorme projet de construction résidentielle appelé Cap Nature a été annoncé pour cette parcelle de terrain, elle a décidé de créer un groupe de défense. 

« Nous avons travaillé d’arrache-pied et avons fait beaucoup de sacrifices », dit-elle. « Nous avons dû expliquer sans relâche pourquoi des endroits comme celui-ci sont si importants. » Ils sont allés frapper aux portes et ont organisé des événements comme des promenades dans les bois pour la Fête des mères et des promenades nocturnes pour aller écouter les grenouilles : « toutes les manières possibles et imaginables de sensibiliser les gens sur cet endroit ».

 

 

Et cela a marché. En 2019, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé la création du Grand parc de l’Ouest, qui protégera la zone entourant l’Anse-à-l’Orme du développement immobilier. Mais ce n’est pas tout : cet espace vert représentera le plus grand parc municipal du Canada, avec une superficie de 3000 hectares. Il comprendra des terres agricoles en exploitation, l’Arboretum Morgan de l’Université McGill, des parcs naturels existants et des zones naturelles auparavant non protégées du développement immobilier.

Ce succès démontre à quel point l’activisme citoyen peut permettre d’accomplir des résultats tangibles. Cette initiative permettra aussi d’augmenter la quantité d’espaces verts à Montréal, qui ne compte que 24 mètres carrés de parc par personne, soit l’un des taux les plus bas parmi les villes canadiennes. Mais le Grand parc de l’Ouest représente aussi un projet d’une ampleur, d’une complexité et d’une ambition sans commune mesure. Non seulement il s’étend sur une superficie 15 fois plus grande que le parc du Mont-Royal, l’espace vert urbain le plus important et le plus emblématique de Montréal, mais il s’agit aussi d’un méli-mélo d’environnements différents traversés par des routes, des voies ferrées et des cours d’eau. De plus, il s’étend sur deux arrondissements de Montréal et trois villes indépendantes, et englobe cinq parcs naturels existants et des terrains appartenant à l’Université McGill.

 

Immense ampleur, immense potentiel

 

Le Grand parc de l’Ouest rappelle d’autres grands parcs en périphérie des grandes villes, comme le parc urbain national de la Rouge près de Toronto, le parc provincial Fish Creek à Calgary et le Blue Mountain Wilderness Connector à Halifax. Comme eux, le Grand parc de l’Ouest a la double mission de protéger la biodiversité tout en permettant aux citadins d’être au contact de la nature. Toutefois, ces objectifs ne sont pas toujours faciles à concilier. En 2019, Parcs Canada a élaboré un plan de gestion détaillé pour le parc de la Rouge dans le but d’équilibrer les besoins en matière d’agriculture, de loisirs et de conservation. Le Nova Scotia Nature Trust, un organisme de bienfaisance gérant des terres dans toute la province, a adopté une approche similaire pour la gestion du parc Blue Mountain.

Pour le Grand parc de l’Ouest, le défi devient particulièrement évident lorsque l’on regarde son emplacement sur une carte. L’autoroute 40, l’une des routes les plus fréquentées du Canada, traverse le parc. En 2023, le Réseau express métropolitain (REM) ouvrira une station à l’Anse-à-l’Orme, avec des trains arrivant du centre-ville de Montréal toutes les 10 minutes. Bien que cet ajout facilitera grandement l’accès au parc, la fréquentation humaine risque aussi de nuire aux zones naturelles sensibles. Pour couronner le tout, le Grand parc de l’Ouest sera géré non pas par Parcs Canada ou une autorité provinciale, mais par la Ville de Montréal, qui possède une expérience plus limitée dans la gestion des espaces naturels.

Ces multiples éléments laissent envisager un potentiel extraordinaire pour ce parc, mais aussi une quantité d’obstacles à surmonter.

« Voilà longtemps que nous n’avions pas vu à Montréal cette volonté de prendre de grandes décisions », dit Jonathan Cha, architecte paysagiste, urbaniste et consultant en patrimoine. « La difficulté sera d’unifier l’ensemble de ces espaces naturels très différents. Ce projet demandera aussi beaucoup de temps et d’argent, et sera sur le très long terme. Toutefois, il s’agit d’un objectif ambitieux. L’île de Montréal n’ayant quasiment plus d’espaces disponibles, cette mesure permettra de préserver cet endroit dans l’intérêt et pour le bien-être de la population. »

 

Le fruit de l’activisme citoyen

 

Le fait que cet espace naturel soit resté intact dans l’une des villes les plus grandes et les plus densément peuplées du Canada est le résultat de 50 années de militantisme de la part des écologistes et des citoyens. Comme d’autres parties de Montréal, le tiers ouest de l’île, une bande de terre se détachant entre le lac Saint-Louis, le lac des Deux-Montagnes et la rivière des Prairies, était autrefois une luxuriante forêt de feuillus fréquentée par les peuples des nations Haudenosaunee qui habitaient la région. Après l’arrivée des Français au milieu du XVIIe siècle, l’administration coloniale a confié le contrôle des terres aux prêtres de l’ordre des Sulpiciens, qui les ont divisées en parcelles destinées à être exploitées par les colons.

À l’exception d’une poignée de villages et des premières banlieues ferroviaires, l’Ouest-de-l’Île est quasiment resté rural jusqu’après la Seconde Guerre mondiale.

« Même la délimitation des propriétés seigneuriales bordées d’arbres existait encore », se souvient l’historien George Vassiadis, qui a déménagé dans l’Ouest-de-l’Île en 1968 lorsqu’il était enfant. Mais, avec l’expansion démographique d’après-guerre dans les banlieues de Montréal, cette zone s’est rapidement transformée. « Les premières années où nous avons vécu dans notre nouveau duplex de la rue Spring Garden, nous faisions face à des champs qui venaient tout juste de cesser d’être cultivés », explique George Vassiadis dans la revue d’art Montréal Serai. « Au milieu des années 1970, les maisons ont remplacé les champs. »

Tandis que les maisons de plain-pied et les rues commerçantes grignotaient rapidement les terres agricoles, les promoteurs immobiliers commençaient à s’intéresser aux dernières parcelles de forêt du secteur. En 1977, la municipalité a décidé de raser le Bois-de-Saraguay, une zone forestière riche en biodiversité située à proximité d’un vieux village, et d’y construire des immeubles d’habitations, des maisons individuelles, deux centres commerciaux et une marina. Le combat des résidents contre ce projet a porté ses fruits et a conduit à la création du premier parc naturel de Montréal. En 1979, le gouvernement du Québec a donné au conseil régional, la Communauté urbaine de Montréal, l’autorisation de développer tout un réseau de parcs naturels, dont plusieurs qui feront désormais partie du Grand parc de l’Ouest : Rapides-du-Cheval-Blanc, Bois-de-l’Île-Bizard, Cap-Saint-Jacques et l’Anse-à-l’Orme.

La conservation est mise à l’honneur dans chacun de ces parcs, mais les résidents du Grand Montréal peuvent également les apprécier en tant qu’espaces de loisirs. Le Cap-Saint-Jacques, qui est le plus grand, attire des milliers de personnes chaque fin de semaine. La plupart arrivent en voiture, mais cela pourrait changer lorsque le REM offrira un accès rapide en transports en commun. En hiver, les visiteurs peuvent louer des vélos à pneus surdimensionnés ou des raquettes pour explorer les bois. Au printemps, ils peuvent déguster des oreilles de crisse (couennes de porc croustillantes) arrosées de sirop d’érable à la cabane à sucre du parc. Et en été, ils peuvent se prélasser sur une vaste plage de sable au bord du lac des Deux-Montagnes.

Bien que ces parcs naturels couvrent déjà une superficie importante, ils ont été morcelés par des propriétés privées longtemps convoitées par les promoteurs. Pendant des dizaines d’années, une grande partie de ces terres ont été protégées par un zonage agricole spécifique, mais lorsque ce zonage a été aboli en 1991, l’augmentation des impôts qui en a résulté a contraint de nombreux agriculteurs à cesser leurs activités. Au fil des ans, les terres désormais abandonnées ont progressivement retrouvé un état plus naturel. « Toutes sortes d’espèces sauvages sont revenues sur ces terres laissées en jachère dans l’attente d’un projet de développement », explique David Fletcher, cofondateur en 1988 de la Coalition verte, un organisme de surveillance environnementale de l’Ouest-de-l’Île. « Tous ces animaux emblématiques de l’est du Canada, comme le pékan [appartenant à la famille de la belette] et le cerf de Virginie, revenaient peu à peu à Montréal. »

Apportant son concours à la Coalition verte depuis le début des années 2000, Sue Stacho a découvert par hasard les terres agricoles abandonnées près de l’Anse-à-l’Orme alors qu’elle faisait du vélo.

« C’est un endroit incroyable. Naturel », dit-elle. « Il ne disposait d’aucun sentier ni de banc de parc comme on en voit partout. Il y a des piscines thermales au printemps. Il y a des zones humides. À chaque fois que j’y allais, en le découvrant d’une nouvelle manière, je trouvais quelque chose de nouveau à apprendre. Si vous connaissez bien les lieux, vous pouvez y passer toute la journée. »

Cependant, en 2015, une proposition de développement immobilier a été annoncée. Connu sous le nom de « Cap Nature » et présenté par son promoteur comme « un quartier respectueux de l’environnement », le projet aurait préservé 180 hectares d’anciennes terres agricoles, mais les 185 hectares restants auraient été remplacés par 5500 logements. Sue Stacho et d’autres membres de la Coalition verte ont décidé de s’opposer à ce projet. Ayant formé un groupe de pression appelé « Sauvons l’Anse-à-l’Orme », ils sont parvenus à rallier à leur cause une foule d’autres organisations écologiques, comme la Fondation Suzuki, SNAP Québec et Sierra Club Québec.

 

 

Le soutien de la population a aussi joué un rôle déterminant dans leur combat et a attiré l’attention de Projet Montréal, un parti politique municipal axé sur le développement durable. « À partir du moment où ils ont eu connaissance de cet endroit et où ils ont réalisé qu’un mouvement s’était créé en faveur de sa protection, ils ont toujours été à nos côtés », explique Sue Stacho. Lorsqu’à la surprise générale, Projet Montréal a remporté les élections municipales de 2017, c’est là que tout s’est mis en marche pour le Grand parc de l’Ouest. 

 

Un nouveau parc, et ensuite?

 

L’annonce de la création du parc en septembre 2019 a été accueillie avec des menaces de poursuites judiciaires de la part des propriétaires fonciers, dont les promoteurs de Cap Nature. Toutefois, à la fin de 2019, la Ville est parvenue à négocier l’achat de la plupart des terrains privés en question. « Entre 40 et 45 hectares environ sont encore détenus par des propriétaires privés, mais il n’y a aucune chance qu’un projet viable ne voit le jour », explique David Fletcher. Il considère le parc comme une victoire. « Cela a été un travail de longue haleine. Trente années plutôt tumultueuses. Pendant tout ce temps, nous sommes restés sur le qui-vive en surveillant ces terres. »

David Fletcher attribue cette victoire à Sue Stacho, dont la capacité à sensibiliser le public sur l’importance des anciennes terres agricoles a ouvert la voie à la création du parc.

« C’est une femme très énergique, et son équipe a fait un travail remarquable pour mener à bien ce projet », dit-il. Alors qu’une page se tourne, un nouveau chapitre va s’ouvrir avec le processus de développement du Grand parc de l’Ouest.

Les consultations publiques ont débuté l’an dernier, la plupart des activités se déroulant en ligne en raison de la pandémie. La difficulté sera désormais de trouver un équilibre entre les différentes aspirations pour l’avenir du parc. Sue Stacho désire que l’accent soit mis sur la conservation. Cependant, des résidents de l’Ouest-de-l’Île souhaitent davantage d’activités de loisirs, certains ayant même évoqué, lors d’une récente table ronde en ligne, la possibilité d’aménager des pistes de motocross. Par ailleurs, cette zone est également utilisée pour la chasse au cerf et le piégeage des castors, des activités que la province a récemment refusé d’interdire malgré la pression exercée par la municipalité de Montréal. « Pendant que je me promenais, j’ai vu des traces de ces activités par terre, comme des cartouches de fusil de chasse et de carabine », dit David Fletcher. « Les pièges qu’ils utilisent sont des collets métalliques, une méthode vraiment cruelle. Absolument horrible. »

Jonathan Cha rappelle qu’en plus de ses espaces naturels, le Grand parc de l’Ouest se caractérise aussi par un important patrimoine bâti, comme des murs de pierre et des maisons de l’époque coloniale française. « Il faut avoir une connaissance précise du territoire pour formuler un plan adapté », dit-il. Il faudra aussi aborder la question des terres agricoles en activité, qui représentent une part importante du nouveau parc. « Qui va gérer ces terres? » demande Jonathan Cha. « Les propriétaires-exploitants agricoles? Les coopératives? La Ville va devoir créer un nouveau modèle de gestion pour un parc de ce genre. Elle devra faire appel à de nouvelles expertises en plus de celles auxquelles elle a déjà recours. »

 

 

Il s’agira d’un processus sur plusieurs générations, dit-il. « Les personnes qui participeront au projet devront être là sur le long terme. Il doit y avoir une continuité dans le processus. Ce projet présente de nombreux défis avec une large portée, et le territoire en question est tellement vaste et complexe qu’il faudra bien plus qu’une seule personne pour saisir toute l’ampleur du projet. »

Quant à Sue Stacho, ce qu’elle a appris lors de son combat pour sauver l’Anse-à-l’Orme, c’est que les parcs ont besoin des gens. C’est grâce à la mobilisation des résidents pour protéger ces terres du développement, et c’est grâce à l’action collective de nombreuses personnes que le Grand parc de l’Ouest a été créé. Aujourd’hui, ces mêmes personnes, et bien d’autres, joueront un rôle crucial pour façonner, pérenniser et entretenir le parc pour les décennies à venir.

 

 

 

 

À propos de Christopher Dewolf

 

Travaillant désormais à Montréal, le journaliste Christopher DeWolf s’intéresse particulièrement aux sujets des villes et de la culture. Lorsqu’il vivait à Hong Kong, il était rédacteur en chef de Zolima CityMag et a régulièrement écrit pour le South China Morning Post, Eater et d’autres publications. Son livre Borrowed Spaces: Life Between the Cracks of Modern Hong Kong, il aborde les divergences de points de vue entre les citoyens et les autorités en matière de vie urbaine. 

 


 

Rendu possible grâce au généreux soutien de :

 


 

Cette contribution de Christopher Dewolf s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ».

Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett. Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

Le Forum de Montréal en focus: Les parcs urbains, puissants théâtres de bien-être physique, mental, et social

Prenez un instant pour penser à ce qui vous a apporté le plus de bonheur, de paix, et d’évasion lors de cette dernière année de pandémie. Votre parc urbain local vous vient-il à l’esprit? Votre marche quotidienne sous l’ombrage des grands arbres de Montréal? Apercevoir vos voisins, votre communauté, et vos proches profiter du soleil par une chaude journée d’été tout comme lors d’une journée glaciale d’hiver? Ou peut-être de voir des chiens courir après un frisbee, inconscients de la crise mondiale, ou entendre des enfants rire sur le terrain de jeu, imperturbés par celle-ci?

 

Les parcs urbains ont toujours été au cœur de nos communautés, de nos quartiers et de notre vie quotidienne bien avant le début de la pandémie. Cependant, cette dernière année a démontré à quel point ils sont également essentiels à notre bien-être.

 

 

Le Forum des amis des parcs de Montréal

 

C’est dans ce contexte que nous lançons le tout premier Forum des amis des parcs de Montréal, le premier événement du nouveau Réseau des amis des parcs de Montréal – une collaboration Montréalaise entre Les amis de la montagne, le Centre d’Écologie Urbaine de Montréal, le Conseil Régional de l’Environnement et les Amis des parcs – soutenu par le Fonds d’initiative et de rayonnement de la métropole (FIRM) et La promesse TD Prêts à agir, sponsors fondateurs du Réseau National des Amis des parcs.

 

Au Forum de Montréal, nous invitons tous les passionnés de parcs, les groupes de parcs communautaires, les professionnels de l’urbanisme et des parcs et les organismes à but non lucratif dédiés aux parcs de la ville à se rassembler pour promouvoir, protéger et activer le pouvoir des superbes espaces verts de Montréal.

 

À l’agenda:

 

Le Forum offrira une conférence d’honneur par Adrian Benepe et Nathalie Boucher sur le pouvoir des parcs urbains. Vous pouvez également assister à un panel de discussion entre perspectives locales et plurielles sur l’équité environnementale des parcs de Montréal. Finalement, profitez des activités sociales du déjeuner causerie et du 5 à 7 engagé afin de pouvoir partager vos intérêts, enjeux et solutions pour les parcs urbains qui vous importent.

 

Le panel de discussion sera notamment l’occasion de pousser la discussion d’équité dans les parcs urbains, tant environnementale que sociale. En tête d’affiche, vous retrouverez Anne Pelletier de la Santé Publique du Québec, Jérôme Dupras, Directeur du Laboratoire d’Économie Écologique à l’Institut des Sciences de la Forêt Tempérée, Michel Lafleur, Président du groupe citoyen Les Amis du CAP Jarry, et Lourdenie Jean, fondatrice de «L’environnement, c’est intersectionnel».

 

Lourdenie Jean, fondatrice de «L’environnement, c’est intersectionnel»

 

Lourdenie Jean est une leader et défenseure de l’intersectionnalité dans le domaine de la justice environnementale depuis des années. Il y a deux ans, elle créait l’initiative “L’environnement, c’est intersectionnel” (ECI) afin d’approfondir et éduquer notre vision et discours sur la cause environnementale en dénonçant les obstacles particuliers vécus par différentes communautés marginalisées afin d’éviter de reproduire des logiques problématiques.

 

“L’environnement est intersectionnel: lorsqu’il y a crise écologique, on peut identifier des liens directs avec une perte d’autonomie des communautés marginalisées”, explique-t-elle. En effet, elle note par exemple que la crise écologique ne touche pas toutes les communautés de la même façon. Les personnes vivant dans des lotissements urbains plus marginalisés et moins bien desservis, avec moins d’espaces verts, sont plus susceptibles d’être confrontées à d’autres problèmes connexes: “Je parle de la façon dont les quartiers racialisés, où les constructions sont très bétonisées, sont des espaces où les personnes racialisées sont beaucoup plus susceptibles de subir la brutalité policière et la violence domestique”.

 

Anne Pelletier, agente de planification programmation et recherche à la direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud de Montréal, abonde en ce sens. “Les espaces verts urbains contribuent à augmenter la résilience en temps de crise”, nous apprend-elle. En effet, il a été prouvé qu’en plus d’être bénéfiques pour la santé mentale, les parcs urbains ont des effets fédérateurs sur la cohésion sociale dans les quartiers.

 

 

Des liens étroits ont également été établis entre le manque d’espaces verts et les changements climatiques et la santé. Dans les villes, la perte de canopée, les îlots de chaleur et l’augmentation de la pollution peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur la santé comme une augmentation des problèmes respiratoires, cardiaques et psychologiques, explique Anne Pelletier.

 

“La pandémie nous a permis de faire des liens, d’approfondir notre approche au concept de résilience en temps de crise, et d’étudier comment les populations vulnérables sont particulièrement touchées. Surtout, ça nous a prouvé l’importance des parcs urbains.”.

 

En tant que Montréalais, nous sommes fiers de nos espaces verts. Nous nous identifions à nos parcs locaux, des plus petits aux plus majestueux. Ces espaces de rassemblement, d’exercice, d’escapade, et de paix tout comme de communion avec la nature, nous accompagnent dans notre quotidien, de notre promenade matinale jusqu’à notre dernière escapade nocturne. Mais plus que de simples espaces de partage, les parcs urbains sont de véritables facteurs de cohésion, d’équité et de bien-être social.

 

Venez découvrir, célébrer et activer le pouvoir de ces espaces verts avec nous, lors du premier Forum des amis des parcs de Montréal le 26 et 27 Mai.

 

Inscrivez-vous dès maintenant

 

 

   

 

Le Forum des amis des parcs de Montréal est organisé en collaboration avec Les amis de la montagne et en collaboration avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal et le Conseil régional en environnement de Montréal

 

 

Le Forum des amis des parcs de Montréal est financé par le Secrétariat à la région métropolitaine du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et soutenu par le Groupe Banque TD.

 

Le parc Flyover : susciter des vocations en urbanisme pour la nouvelle génération à Calgary

Cette contribution de Ximena González s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains »

Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett. Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

 


 

À Calgary, en ce jour particulièrement printanier, le parc Flyover bourdonne d’activités et de rires enjoués. Entourés d’amis, deux adolescents se balancent sur une balançoire face à face, tandis que des préadolescents progressent dans une « jungle de bambous » (une structure d’escalade en trois dimensions, pour ceux qui ont le cœur bien accroché). Abritée sous le couvert d’un viaduc, une famille s’affronte dans une partie de ping-pong acharnée tandis que, derrière eux, une mère aide le plus jeune de ses enfants à grimper sur l’aire de jeux. On entend des conversations dans plusieurs langues : anglais, français, espagnol.

Dans ce contexte, il est difficile de croire qu’il y a à peine trois ans, cet espace n’était qu’un terrain en graviers à l’allure morose. « C’était plein de détritus, de graffitis, de seringues, de vêtements déchirés; on ne s’y sentait pas en sécurité », explique Ali McMillan, directrice de la planification à la Bridgeland-Riverside Community Association (BRCA).

Construit en 2020 grâce aux financements de l’organisation Parks Foundation de Calgary, un organisme à but non lucratif dont le mandat est de participer à la création de nouveaux parcs en faveur des résidents, le parc Flyover concrétise l’idée avant-gardiste d’un groupe de résidents engagés qui souhaitaient remettre en état un terrain vague plein de potentiel.

«Nous ne savions pas vraiment quelle direction prendre », explique Ali à propos de l’idée initiale de son groupe. « Nous souhaitions adopter une méthode issue de l’urbanisme tactique pour inciter les gens à voir cet endroit différemment », dit-elle.

Lancée initialement par les résidents, cette petite intervention allait par la suite transformer le quartier de manière durable, et constituer le premier projet de ce genre en Alberta.

 

Mâts d’escalade en « bambou ». Photo de Ximena Gonzalez.

 

Les résidents se réapproprient une « friche industrielle »

 

Situé à l’extrémité sud du quartier Bridgeland, entre le quartier lui-même et la rivière Bow, le parc Flyover se trouve sous un pont à étagement appelé « Viaduc de la 4e Avenue ». Il fait partie d’un échangeur complexe de routes et de ponts qui relie le nord-est de Calgary, de l’autre côté de la rivière, au centre-ville et à East Village.

Le site sur lequel se trouve aujourd’hui le parc Flyover est resté vacant pendant près de 20 ans. « Beaucoup d’entre nous ne savions même pas que le viaduc existait », explique Miles Bazay, un élève de l’école Langevin, située à 300 mètres au nord du site.

Année après année, des milliers de résidents de Bridgeland-Riverside sont passés en voiture, à pied ou à vélo devant cet endroit abandonné.

« C’était la première chose que les gens voyaient lorsqu’ils arrivaient dans notre quartier du centre-ville. Cela donnait une mauvaise impression car cela ressemblait à un terrain vague », dit Ali. Cependant, cet accueil inesthétique ne reflétait pas le caractère unique du quartier.

Caractérisé par ses maisons d’avant les années 1960, ses logements collectifs modernes ainsi que ses boutiques et restaurants indépendants, Bridgeland-Riverside représente l’une des quartiers les plus dynamiques du centre-ville de Calgary. Et ce sont ces atouts qui ont attiré une population jeune et diversifiée dans le quartier.

Remettre en état cet espace négligé sous le viaduc voulait dire relier les parcs, les jardins communautaires, les terrains de sport et les pistes cyclables du quartier au Bow River Pathway de Calgary, un réseau de 48 km de sentiers à usages multiples. Près d’un quart des résidents du quartier se rendent au travail à pied ou à vélo, et beaucoup d’entre eux empruntent ce réseau.

Malgré le potentiel de cet endroit, la Ville de Calgary n’avait aucune intention de redonner vie à cet espace. Toutefois, en 2016, inspirée par les travaux de Jason Roberts et de sa Better Block Foundation, Ali a décidé de lancer sa propre intervention d’urbanisme tactique.

« [L’urbanisme tactique] nous ouvre les yeux sur la façon dont nous percevons notre quartier et nous montre que notre opinion compte », dit-elle.

 

L’impact des petites interventions

L’urbanisme tactique est un mouvement citoyen qui a pris de l’ampleur dans les années 2010. Il encourage les résidents à tester des idées pour se réapproprier et transformer un lieu public oublié en un carrefour dynamique pour la population, et ce, d’une intervention temporaire à une autre.

Pour ce faire, l’installation de parcs éphémères dans des endroits négligés est une tactique courante, et un grand nombre de ces projets aboutissent souvent à des améliorations permanentes. À cet égard, le parc Flyover a été la première intervention tactique de Calgary à se transformer en un espace permanent.

Afin d’améliorer cet endroit, la BRCA, sous la direction d’Ali, a créé un groupe de travail afin d’ébaucher un plan d’action.

L’objectif était de « concevoir un lieu public agréable » et de « créer une porte d’entrée vers le quartier de Bridgeland-Riverside ».

Pour ce faire, ce document approfondi a décrit les étapes de conception ainsi que l’esthétique qui devaient guider le projet jusqu’à sa réalisation.

Pour améliorer ce lieu public, le groupe de travail s’est inspiré de projets réalisés aux quatre coins du monde, tels que le parc Superkilen à Copenhague et le parc Drapers Field à Londres.

Mais malgré les précédentes réussites, la mise en œuvre de ce projet n’a pas été une mince affaire.

« Il s’agit d’un projet vraiment unique, car nous n’avions jamais créé de parc urbain dans une “friche industrielle” en Alberta auparavant », explique Ali, soulignant le scepticisme initial d’un certain nombre d’intervenants, y compris des résidents eux-mêmes. « Beaucoup de gens n’étaient pas en mesure de voir au-delà de l’état actuel de cet endroit… Nous avons donc dû nous battre contre cette perception et essayer de leur montrer comment nous pouvions le transformer. »

En 2017, Ali et le groupe de travail ont effectué la première intervention tactique dans cet endroit.

« La première chose que nous avons faite a été de créer un jardin de moulins à vent. Nous avons installé une vingtaine de moulins à vent, en les plantant simplement dans le sol au beau milieu de l’hiver », se souvient Ali. Cela a permis d’attirer l’attention de nos futurs partenaires.

En l’espace d’un an, ces petites interventions ont conduit la BRCA à établir un partenariat avec la Ville de Calgary, avec les élèves de 6e année de l’école Langevin dans le quartier de Bridgeland et avec l’École d’architecture, d’urbanisme et d’aménagement paysager de l’université de Calgary. Le fait d’inclure des élèves de 6e année a joué un rôle primordial dans le développement du projet qui s’est montré très instructif non seulement pour les enfants, mais aussi pour toutes les personnes investies dans ce projet.

 

Illustration conceptuelle initiale basée sur les idées des élèves. Avec l’aimable autorisation de la ville de Calgary.

 

Une expérience d’apprentissage globale

En 2017, le service des Transports de la Ville de Calgary venait tout juste de terminer d’élaborer sa Stratégie de piétonnisation. Toutefois, bien que le conseil municipal n’ait alors pas encore alloué de fonds pour cette stratégie, le service des Transports était prêt à soutenir une initiative citoyenne à petit budget.

Lorsque Jen Malzer, ingénieure des transports à la Ville de Calgary, a entendu parler des activités de la BRCA visant à transformer l’espace sous le viaduc de la 4e Avenue et relier le quartier Bridgeland au sentier au bord de la rivière, elle et son équipe ont sauté sur l’occasion.

« Nous n’avions pas les fonds nécessaires pour engager des consultants, ce que nous faisons généralement avant d’entamer tout projet », explique Jen. Avec les élèves de 6e année de l’école Langevin et les étudiants en Maîtrise d’architecture paysagère de l’université de Calgary, l’équipe de Jen a adopté une approche différente. « Nous avons décidé de laisser les élèves imaginer les différentes parties du projet et leur avons apporté notre expertise quand nous le pouvions », explique-t-elle à propos de ce rôle inhabituel pour le personnel municipal.

Habitués aux multiples allers et retours pendant les séances de mobilisation citoyenne, Jen et son équipe ont donc dû apprendre à « lâcher les rênes » dans ce projet.

En outre, dans le cadre de sa stratégie de piétonnisation, la municipalité était en train de mettre sur pied un programme d’urbanisme tactique. En participant au projet du parc Flyover, le personnel municipal a ainsi pu acquérir une meilleure compréhension du processus.

« Cela nous a donnés un bon aperçu de ce que devrait être le rôle de la Ville lorsque nous travaillons avec la population », explique Jen. « Nous avons été témoins des possibilités lorsque nous laissons différentes opinions s’exprimer. »

Et dans ce cas, ce sont les élèves de 6e année qui se sont exprimés. Jen rappelle que les enfants sont toujours les bienvenus dans les activités de mobilisation citoyenne organisées par la municipalité, mais ils le font rarement. Ces élèves allaient par la suite jouer un rôle central dans le projet.« C’était une expérience vraiment super. Je n’aurais jamais imaginé que nous puissions faire quelque chose comme ça », dit Miles, qui comptait parmi les participants.

 

 

Grâce à la clairvoyance de leurs enseignants, 60 élèves de 6e année de l’école Langevin ont ainsi pu participer à ce projet. « [Ali] cherchait des élèves pour collaborer avec la Ville et parler des zones de Bridgeland qui sont un peu négligées », se souvient Kate Logan, l’une des enseignantes. Avec sa collègue Elaine Hordo, elles ont sauté sur l’occasion. « Nous cherchions un moyen de faire participer les enfants à un projet de mobilisation, quelque chose qui fasse bouger le quartier », ajoute Kate.

Emballée par le potentiel de cet endroit et les possibilités d’apprentissage pour les élèves, Jen a contribué à coordonner des visites éducatives auprès de différents services de la Ville. Ceci a ainsi permis aux élèves d’acquérir de bonnes bases afin de réfléchir à la transformation de ce lieu. « J’ai fait appel à différents experts, comme des sylviculteurs urbains, des urbanistes, des ingénieurs hydrauliques, afin de leur donner une idée de ce dont ils devaient tenir compte », explique Jen.

Cette expérience a permis aux enfants de réfléchir aux possibilités qu’offrait cet espace. « Nous avons passé beaucoup de temps sur le site, à observer autour de nous », dit Logan. Ils ont également visité d’autres quartiers de la ville et découvert différentes manières d’utiliser un espace vacant en vue de lui redonner vie et créer un esprit de communauté.

« Notre classe a décidé de faire quelque chose de cet endroit », explique Miles. « C’était un très bon emplacement mais il n’était pas utilisé de la bonne façon. »

Au printemps 2017, lorsque les étudiants diplômés de l’université de Calgary se sont lancés dans un atelier de conception, les enfants étaient plus que prêts à apporter leurs contributions. Lors de la première réunion de conception, Ben Hettinga, qui faisait alors partie des étudiants de l’université de Calgary, se souvient avoir été impressionné par les idées des élèves de 6e année. « Parmi leurs idées, il y avait des choses auxquelles on s’attend de la part d’enfants, comme des aires de jeux et des éléments ludiques. Mais il semble qu’ils se soient aussi attachés à en faire un espace sûr et accueillant pour tout le monde. » Jen partage aussi ce sentiment : « les élèves souhaitaient que le projet réponde aux besoins de tous en matière de divertissement, et pas seulement à ceux des enfants ».

Intégrant les connaissances et les idées de tous les élèves, les étudiants en architecture paysagère ont obtenu la mention honorable pour leur projet de conception lors de la cérémonie de remise des prix d’urbanisme du maire de Calgary et ont remporté un Prix national d’urbanisme. « Nous nous sommes amusés à imaginer comment égayer cet endroit », déclare humblement Miles. « Nous n’aurions jamais pensé que cela puisse devenir une réalité. Toutefois, nous avons obtenu un financement ce qui a réjoui toute la classe. »

 

 

Grâce à cette expérience, les élèves de 6e année ont appris beaucoup de choses en matière d’urbanisme, une possibilité dont bénéficient peu de Calgariens à un si jeune âge.

Selon Kate Logan, ce projet a montré à ses élèves l’importance de l’engagement civique : « en tant que citoyens, nous sommes responsables de nous-mêmes et des autres, et chaque décision que nous prenons a des répercussions sur les autres. »

Selon Ali, la participation de l’école Langevin a également contribué au succès du projet, et ce, en obtenant un financement initial de la part de la Calgary Foundation. « Avec ces fonds, nous avons repeint la route et acheté des chaises et des tables de pique-nique; nous avons aussi construit des jardinières et ce genre de choses », explique-t-elle.

Et leur contribution a été déterminante, car elle a permis de tester leurs idées et de montrer l’intérêt d’un tel projet pour le quartier. Le succès rencontré suite aux améliorations temporaires de l’été 2017 a solidifié le partenariat avec la Parks Foundation et conduit à d’autres améliorations, telles que la création d’une fresque murale et l’installation d’une table de ping-pong.

 

Peindre la route en tant qu’intervention tactique, 2017. Avec l’aimable autorisation d’Ali.

 

Concrétiser le rêve du quartier

Au printemps 2019, la Parks Foundation de Calgary a annoncé la construction d’un parc urbain permanent grâce à un don du gouvernement de l’Alberta.

« Je n’aurais jamais pensé que nous puissions avoir un tel impact dans notre quartier », déclare Miles.

Bien que la conception de cet espace ait fait l’objet de modifications successives et qu’un certain nombre d’éléments aient été abandonnés au stade de la construction, le parc Flyover traduit bien l’esprit des jeunes qui ont contribué à sa réalisation.

« Il ne s’agit pas d’une aire de jeu ordinaire. Nous avons essayé de concevoir un endroit pour tous, notamment pour celles et ceux qui n’avaient pas de lieu adapté pour eux », explique Ali.

Outre les équipements ludiques pour tous les âges, le plan d’aménagement comprend une esplanade pour accueillir les camions de restauration et des événements en plein air, offrant ainsi des possibilités de loisirs aux petits comme aux grands et reflétant l’esprit d’inclusion dont font preuve les élèves de l’école Langevin.

L’approche tactique du projet a également permis d’avancer rapidement. À cet égard, le corridor Bow to Bluff dans le quartier Sunnyside, un projet similaire dans le centre-ville de Calgary et également mené par des résidents mais adoptant une approche plus conventionnelle, a mis près de 10 ans à se concrétiser.

Ces interventions tactiques ont également incité la municipalité à mener d’autres améliorations dans les rues principales du quartier, telles que le Plan directeur du paysage urbain de la 1st Avenue NE qui vise à améliorer l’expérience des piétons et des cyclistes et à relier les infrastructures de Bridgeland, notamment le parc Flyover, au sentier de la rivière Bow.

Mais en définitive, la BRCA a fait plus que transformer un terrain vague en un carrefour dynamique pour la population. Les efforts des résidents ont également contribué à susciter des vocations en urbanisme pour la nouvelle génération.

« Je pense que nous avons beaucoup appris sur ce que nous pouvons réellement faire pour transformer nos quartiers », déclare Miles. « Et si davantage d’élèves pouvaient participer à des projets comme celui-ci, je pense que ce serait très bénéfique pour leur quartier. »

 

 

À propos de Ximena González

Ximena González est une autrice indépendante basée à Calgary. Son travail a été publié dans The Sprawl, The Tyee et The Globe and Mail.

 


 

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Cette contribution de Ximena González s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains »

Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid et est illustrée grâce aux croquis de notre collègue Jake Tobin Garrett. Ne manquez pas de suivre toutes les contributions publiées tout au long de l’année.

 

Les Amis des parcs créent un réseau inédit pour les grands parcs urbains du Canada

Les amis de la montagne, Stanley Park Ecology Society et High Park Nature Centre, trois des organisations à but non lucratif œuvrant pour les parcs les plus réputées et les plus anciennes du Canada, faisaient partie des 100 délégués présents lors du lancement du Réseau national des Amis des parcs pendant la conférence « Cœur de la ville » à Calgary en 2017.

Au cours de l’expansion des programmes nationaux des Amis des parcs et du lancement de son premier Rapport sur les parcs urbains du Canada, nous avons constaté les énormes retombées qu’avaient ces groupes. Par exemple, si quatre millions de personnes visitent chaque année le parc national de Banff, plus de huit millions visitent le Mont Royal, soit 30 000 fois plus de visiteurs par acre de parc. Combinés, ces trois grands parcs urbains accueillent plus de 17 millions de visiteurs chaque année.

Pendant la pandémie, les Amis des parcs ont commencé à organiser une série de rencontres virtuelles du type « cinq à sept » avec de grandes organisations de parcs urbains afin de déterminer la meilleure manière de les soutenir. Le but était de les aider à trouver les meilleures solutions pour rendre nos villes plus vertes et plus résilientes face aux changements climatiques. Nous avons ainsi appris que ces grands parcs urbains devaient être reconnus pour leur immense contribution face aux changements climatiques et en termes de résilience communautaire et recevoir les financements adéquats.

Pendant la pandémie, le Mont Royal, Stanley Park et High Park ont vu affluer un nombre de visiteurs sans précédent. L’enquête des Amis des parcs a montré que près des trois quarts (70 %) de la population estimait que leur appréciation des parcs et des espaces verts s’était accrue pendant la pandémie. Même si les vaccins permettent d’envisager la fin de la pandémie, ces parcs avec leurs écosystèmes uniques continueront de subir une pression considérable.

 

 

Photo crédit: Les amis de la montagne, Camp de jour, Freddy Arciniegas, 2019

Aujourd’hui, les Amis des parcs ont le plaisir de lancer le programme « Parcs Cœur vital », une collaboration nationale inédite visant à revitaliser l’infrastructure verte des plus grands parcs urbains du pays, tout en démontrant leur valeur incomparable pour le bien-être de la population. Le nom « Parcs Cœur vital » illustre leur importance cruciale dans nos villes. 

 

Un « Parc Cœur vital » est un large espace vert urbain qui contribue à la biodiversité, aux services écosystémiques et qui permet à la population d’en faire de multiples usages. Dans ces parcs, le personnel municipal, les ONG locales et celles œuvrant dans les parcs, ainsi que les responsables communautaires coordonnent les activités axées sur l’éducation et la gestion environnementales, afin d’inciter des personnes d’origines diverses à établir des liens avec la nature et les autres. Les « Parcs Cœur vital » procurent des avantages environnementaux et sociaux inestimables aux villes en les rendant plus vertes et plus résilientes face aux changements climatiques. 

 

Durant la première année, les Amis des parcs collaboreront avec ces trois groupes en soutenant leurs activités de revitalisation des écosystèmes. À High Park à Toronto, notre programme de financement permettra d’améliorer l’état des zones humides et de restaurer la savane de chênes noirs, un habitat rare dans le monde, en éliminant les espèces envahissantes. Les activités réalisées au Mont-Royal seront également bénéfiques pour les forêts et les zones humides du parc. Grâce aux travaux de plantation et à la gestion environnementale, le marais restauré sera en mesure de mieux absorber les eaux de pluie, ce qui améliorera la qualité des eaux souterraines et l’habitat des diverses espèces. Cela permettra aussi de réduire l’érosion et le ruissellement des eaux de surface qui dégradent la forêt. À Stanley Park, la plantation de 500 arbres et arbustes indigènes et l’élimination de 10 000 mètres carrés d’espèces envahissantes permettront d’améliorer l’état de cette forêt pluviale tempérée côtière, qui constitue un puits de carbone efficace et un habitat faunique dans le centre-ville de Vancouver. 

 

« Aujourd’hui, nous comprenons le rôle régénérant que joue la nature dans notre sentiment de bien-être. Nous devons approfondir cette notion et envisager plus largement la manière dont la restauration de la nature contribue à rendre nos villes plus résilientes face aux effets des changements climatiques », déclare Sara Street, directrice générale du High Park Nature Centre.

 

En plus de soutenir les travaux de restauration essentiels, le programme servira de pilier pour ces grandes organisations de parcs urbains qui pourront ainsi échanger leurs connaissances et partager leurs pratiques exemplaires. Le programme « Parcs Cœur vital » s’appuiera sur une évaluation d’impact rigoureuse afin de mesurer et d’amplifier les conclusions liées à l’importance des grands parcs urbains pour le bien-être de la population et celui des écosystèmes.

 

 

Photo crédit: Stanley Park Ecology Society

 

« En travaillant en groupe, nous pouvons multiplier notre impact, intensifier notre travail et devenir de véritables porte-voix, d’une manière qu’aucun de nous ne peut le faire seul », déclare Dylan Rawlyk, directeur général de la Stanley Park Ecology Society.

 

Hélène Panaïoti, directrice générale des amis de la montagne, fait écho à ce sentiment :

« Le programme Parcs Cœur vital s’appuie sur le fait que nous avons beaucoup de choses à partager avec les autres ONG œuvrant pour un parc dans le pays, et tant à apprendre d’elles. Les Amis des parcs font prendre conscience de l’importance de ces espaces verts et nous fournissent le cadre nécessaire pour revitaliser les écosystèmes. »

 

L’objectif à long terme du programme est de faire en sorte que chaque citadin au Canada ait facilement accès à un Parc Cœur vital qui présente à la fois des avantages écologiques et sociaux.

 

Natalie Brown, directrice des programmes aux Amis des parcs, déclare : “Les grands parcs urbains revêtent une grande importance pour les villes. Les Amis des parcs servent de pilier pour renforcer leur travail et pour obtenir davantage de soutien en leur faveur. Il est clair que nous disposons d’importants milieux naturels à la fois précieux et capables de répondre aux effets des changements climatiques et aux objectifs de nos villes. C’est pourquoi, nous nous réjouissons grandement à l’idée de contribuer à cette réalisation.”

Grâce à son Réseau national, les Amis des parcs sélectionneront d’autres grands parcs à travers le Canada afin qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’investissements et du réseau de l’organisation pour offrir à leur tour un maximum d’avantages écologiques et sociaux. 

 

 


 

Made possible by the generous support of Rendu possible grâce au généreux soutien 

d’un bailleur de fonds anonyme

 

 

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