Transformer les routes en rues piétonnes pour donner de l’espace et faciliter la distanciation sociale: un regard sur ce qui se passe au Canada et ailleurs

Même pendant les mesures de distances sociales, les experts sanitaires recommandent aux gens de sortir faire de l’exercice. Mais sortir pour marcher, courir ou faire du vélo tout en respectant les mesures de distances sociales peut représenter un défi monumental dans les villes à haute densité urbaine.

C’est pourquoi un mouvement est né pour désigner certaines rues comme piétonnes dans plusieurs quartiers à haute densité urbaine du globe.

Des programmes promouvant des zones sans-voiture ne sont bien entendu pas une nouveauté. À Toronto, par exemple, le marché de Kensington est sans-voiture tous les dimanches depuis 16 and (lien en anglais). L’été dernier, Montréal a ouvert 4 nouvelles rues piétonnes (lien en anglais). 

Bogota est la première ville du monde à avoir agi après l’arrivée sur son territoire de la COVID-19 en désignant plusieurs rues comme piétonnes permettant à ses habitants de sortir dehors en respectant les mesures de distance sociale. Cela n’est pas une surprise puisque Bogota est une ville pionnière pour la piétonnisation de ses rues. La ville a un programme de dimanche sans-voiture appelé Ciclovia (Voie Vélo) depuis 1974 qui ouvre 70 miles de rues aux piétons et aux vélos. À ce jour, ce programme fonctionne sans discontinuer tous les jours de la semaine.

 

Photograph by Juan Cristobal Cobo, National Geographic

Plusieurs villes américains ont suivi l’exemple de Bogota. Dans le District de Washington, des groupes d’opinion appellent à la piétonisation de certaines rues proches des pistes qui existent déjà pour avoir un réseau de transport actif cohérent. La ville de New York a désigné des rues piétonnes dans plusieurs de ces arrondissements, mais peu de temps après le programme a été abandonné.

Un porte-parole pour les services municipaux (lien en anglais) a indiqué qu’il n’y a pas eu “ suffisamment de new yorkais profitant de ce programme pour pouvoir justifier sa prolongation en ce moment”.

Une autre explication possible réside dans le fait que de trop nombreux membres des forces de l’ordre sont tombés malades pour pouvoir assurer un respect efficace des mesures de distance sociale dans la ville.

Au Canada, Calgary a ouvert la voie en lançant un projet pilote pour désigner des rues comme piétonnes et ouvertes aux cyclistes (lien en anglais) pour promouvoir les règles de distance sociale. Le département de la voirie de Calgary, en coordination avec l’Agence en charge de la gestion des services d’urgence, a identifié des routes dont les voies peuvent être réduites et ouvertes aux piétons et aux cyclistes pour leur donner plus d’espace.

La semaine dernière, la ville de Winnipeg a annoncé sa décision d’ouvrir 4 routes aux piétons et aux cyclistes jusqu’au 3 mai. Selon Jason Shaw, en charge du centre des opération d’urgence de la ville, “Winnipeg essaie de trouver l’équilibre entre laisser les gens sortir pendant l’épidémie et s’assurer que les gens respectent les deux mètres de distance avec autrui.”

Le Bureau des parcs de Vancouver a annoncé que les routes du parc Stanley seront désormais interdites aux voitures à partir du 8 avril pour permettre aux piétons de marcher sur les routes du parc.

“Nous faisons cela pour réduire la masse de personnes dans le parc, et offrir de l’espace sur les routes du parc et réduire le trafic sur les digues adjacentes au parc au profit des cyclistes et des piétons” a expliqué le Directeur Général du Bureau des parcs de Vancouver, Malcolm Bromley (lien en anglais).  

London a fermé le pont Blackfriars aux voitures (lien en anglais).Le plus vieux pont de la ville, un monument historique, est désormais uniquement accessible à pied ou à vélo. La ville a aussi organisé un sens de circulation pour ses trottoirs, ponts et tunnels.

Conseillers municipaux et groupes d’opinion à Toronto et à Vancouver demandent désormais à ce que des routes soient assignés aux piétons (lien en anglais) dans les quartiers à haute-densité urbaine.

Kristyn Wong-Tam, conseillère municipale à Toronto, qui a été décisive dans la piétonisation de l’axe Bloor/Yonge l’été dernier, explique (lien en anglais) “les milliers de résidents qui vivent autour et dans la rue Yonge ont besoin de pouvoir sortir, faire des courses essentiels et de prendre soin de leur santé physique et mentale sans être les uns sur les autres sur des trottoirs étroits”.

À Montréal, huit arrondissements ont ouvert des corridors sanitaires devant les commerces. La ville a décidé de créer des dizaines d’espaces piétonniers, répartis dans neuf arrondissements, pour faciliter l’accès aux commerces et aux services créant des corridors de 4,5 mètres de large.

Cette nouvelle demande pour des rues piétonnes, au Canada et tout autour de la planète, nous montre encore une fois, que maintenant plus que jamais, nous comprenons le besoin crucial pour des espaces ouverts et publics et le rôle que ces espaces jouent pour la qualité de vie dans nos villes.

Les gens cherchent de la place pour bouger, et nos rues peuvent ouvrir la voie en offrant de nouvelles avenues dédiés aux piétons et aux cyclistes.

 

Grâce au généreux soutien de: 

 

Encourager les activités physiques dans les parcs à tout âge

Face à une population Canadienne qui se fait de plus en plus vieillissante, les parcs doivent s’adapter et répondre aux besoins des personnes âgées. C’est une problématique que nous avons aussi abordée dans notre nouveau Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, qui décrit les nouvelles pratiques adoptées dans les parcs de 23 villes canadiennes.

S’adapter aux personnes âgées signifie qu’il faut concevoir des parcs qui soient accessibles à tous, mais aussi penser aux différents équipements et programmes nécessaires à nos aînés. Et, en tant que lieux de loisirs, il est essentiel de comprendre comment soutenir et encourager l’activité physique à tous les âges.

Par exemple, Toronto vient d’ouvrir un nouveau centre d’activité physique destiné aux personnes âgées dans le parc Godstone, à North York. Le projet est financé par un budget participatif pilote qui permet aux résidents de voter directement pour des améliorations au sein de leurs communautés, prouvant ainsi que les équipements mis en place pour les personnes âgées n’est pas uniquement une priorité pour les urbanistes, mais aussi pour les résidents.

De plus, une étude récente menée sur les parcs de quartiers aux Etats-Unis montre en quoi il est si important de donner la priorité aux équipements et programmes destinés aux personnes âgées. En effet, alors que ces dernières constituaient 20% des habitants, elles ne représentaient que 4% des utilisateurs de parcs. Quand on tend vers un futur où l’âge moyen de la population ne cesse d’augmenter, nous devons nous demander en quoi nous pouvons améliorer cette situation.

Voici quelques enseignements clés que nous pouvons tirer du Rapport sur les Parcs Urbains du Canada à propos des différentes manières de développer les activité physiques et les loisirs chez les personnes âgées.

Nouer des liens

La création d’espaces à la fois sécuritaires et récréatifs pour faire du sport était une préoccupation majeure dans les villes canadiennes. Mais créer un environnement social à la fois ludique et inclusif est également un élément clé à prendre en compte lors de la création d’espaces pour les personnes qui prennent de l’âge.

Cet élément social est d’autant plus important que de plus en plus de personnes vivent seules, y compris les personnes âgées, ce qui suscite des inquiétudes quant à la vague de solitude qui envahit le Canada et aux risques grandissants pour la santé provoqués par l’isolement social.

La solution? Rendre les activités physiques plus sociales.

Une étude récente menée par l’Université de la Colombie-Britannique publiée dans le Journal Health Psychology indique que, chez les personnes âgées, faire de l’exercice avec des personnes du même âge augmente la probabilité de faire de l’exercice plus régulièrement et favorise un sentiment d’appartenance à une communauté.

Mais nous pouvons aussi créer des opportunités de connexion sociale entre des personnes d’âges différents.

Par exemple, comme nous le soulignons dans le rapport, Calgary a installé l’une de ses salles de sport éphémères à côté d’une aire de jeux, ce qui la rend plus accessible à tous et permet aux parents et aux grands-parents de s’entraîner pendant que leurs enfants jouent.

Par ailleurs, à Toronto, notre programme Walk in the Park (« Marche dans ton parc ») forme les personnes âgées à créer et à diriger des clubs de marche dans les parcs de leur propre quartier. Cela fournit aux personnes un espace sûr et accueillant pour l’activité physique et l’exploration de parcs et de sentiers de leur quartier, mais a également permis de créer de nouvelles amitiés et un plus grand sentiment d’appartenance à un groupe.

En fait, le nombre de personnes ayant déclaré ressentir un lien étroit avec leur communauté locale a plus que doublé depuis le début du programme.

Préparez vos raquettes

Quel est d’après vous LE nouveau sport à la mode? Non, ce n’est pas le baseball. C’est un jeu appelé “pickleball” qui fait sensation au sud de la frontière et ici au Canada.

Le jeu, qui se pratique avec une balle et des raquettes, est un sport qui nécessite peu d’efforts et qui privilégie la souplesse à la vitesse et à la puissance, ce qui en fait un sport particulièrement intéressant pour les personnes âgées.

C’est en ceci que, d’après Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, le pickleball est devenu l’un des loisirs sportifs les plus pratiqués. La demande est devenue si forte qu’une planification rapide de la part des villes pour soutenir ce nouveau sport est devenue nécessaire. Certaines, comme Waterloo, envisagent même de convertir des courts de tennis existants en terrains de pickleball.

Et d’ailleurs, pourquoi ce nom de « Pickleball »? Il vient d’un chien nommé Pickles, qui volait sans arrêt la balle de la première personne à avoir joué au jeu en 1965.

Réduire les barrières à l’apprentissage

Mettre du matériel de gymnastique en plein air dans un parc ne signifie pas systématiquement que les gens vont venir l’utiliser. Parfois, juste l’idée de devoir apprendre des règles ou une nouvelle technique peut être suffisante pour décourager les personnes à essayer quelque chose de nouveau.

Certaines villes, comme Prince George, aident à surmonter ce problème en créant un environnement social favorable par le biais d’un programme de mise en forme «try-it» (« essaie-donc »). Ce programme encourage les gens à essayer différentes activités récréatives dans un cadre exempt de tous jugements, comme le tai-chi, apprendre à courir et, effectivement, le pickleball.

Calgary utilise une piste similaire avec ses salles de sport éphémères, qui proposent des équipements de plein air dans différents parcs de la ville et qui s’adressent aux personnes âgées de plus de 65 ans. Le programme comprend des cours de fitness gratuits pour aider les gens à utiliser leurs équipements en toute confiance et pour promouvoir l’activité sociale.

Et à Saskatoon, le circuit de remise en forme en plein air River Landing, qui offre une vue imprenable sur la rivière Saskatchewan Sud, comprend du matériel sportif accessible pour personnes en fauteuil roulant et des plaques d’instructions pour encourager tout le monde à participer, peu importe leur handicap ou leur niveau.

Rester simple

Malgré tout, vous n’avez pas nécessairement besoin d’équipements sophistiqués pour amener les gens à se déplacer à l’extérieur.

Une étude menée la Corporation RAND a révélé qu’un indicateur important de l’activité physique dans un parc était la présence ou non d’une boucle piétonnière. L’étude a révélé que les parcs avec boucles de marche comptaient 80% de plus d’utilisateurs et que les personnes observées pratiquant au moins un exercice modéré étaient 90% plus élevées que dans les parcs sans boucles de marche.

Cela concorde avec ce que nous avons constaté dans notre Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, dans lequel des villes de tout le pays ont déclaré que les sentiers de promenade constituaient l’un des aménagements les plus fréquemment demandés par les résidents des parcs.

Si vous avez trouvé cet article utile, trouvez encore plus d’inspiration à travers le pays sur les thèmes de la croissance, de la nature, de l’activation, de la collaboration et de l’inclusion en lisant le Rapport sur les Parcs Urbains du Canada.

Restez au fait des possibilités de financement, des programmes et des événements offerts par les Amis des parcs

Inscrivez-vous à l’infolettre de Amis des parcs