La ville des forêts: Parcs Victoria et Doidge, London

Cette réflexion écrite par Mary Rowe fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale.


J’ai grandi à London, en Ontario, dans les années 1960-1970. À l’époque, la ville était surnommée la « ville des forêts ». Je présume que cela était dû aux quartiers anciens bien arborés de la ville où j’ai eu le privilège de vivre.

J’ai gardé beaucoup de souvenirs dans les parcs là-bas. À chaque mois de décembre, le parc Victoria situé dans le centre-ville était décoré de sapins parés de guirlandes lumineuses, et l’espace en face du kiosque à musique se transformait en patinoire. Chaque année, ma sœur et moi réclamions à notre père qu’il nous « emmène voir les illuminations ». Pendant une fin de semaine d’août, dans le même parc, se déroulait le Festival de musique folk avec des concerts de musique en plein air et une foire d’artisanat.

Le parc Springbank était un autre parc dans lequel nous nous rendions en famille. Il abritait le jardin Storybook, un modeste parc d’attractions pour les enfants (avec des animaux en captivité, une activité qui selon moi n’est plus autorisée). Il était aménagé avec une zone pour les pique-niques et les barbecues le long de la rivière Thames. C’était la sortie parfaite pour le dimanche.

À quelques pâtés de maisons de chez nous, le long d’un autre affluent de la Thames se trouvait le parc Gibbons avec la piscine la plus froide que je connaisse (mais au moins avec des vestiaires agréables!). Nous y organisions des pique-niques en famille.

Mais le parc que je préférais était de loin le Doidge, que tout le monde surnommait « the pit » [la carrière]. Non loin de notre maison, nichés dans une impasse se trouvaient une aire de jeu et un terrain de balle avec un foyer géré par la Commission des services publics. Couvrant la quasi-totalité d’un pâté de maisons, le parc Doidge était au même niveau que l’entrée principale, mais deux pentes très abruptes (au moins aux yeux d’une fillette de 11 ans) montaient jusqu’à la rue. C’était l’endroit parfait où faire de la luge ou se faire rouler jusqu’en bas en été.

À l’été 1969, Kristi, une camarade de classe plus âgée et aussi une amie proche, me parla du programme d’activités estivales qui allait avoir lieu au Pit. Nous nous y sommes donc rendues un matin. Dans le cadre de ce programme, la Ville finançait deux employés – un homme et une femme – pour superviser les activités de loisirs proposées aux enfants du quartier. Nous sommes immédiatement devenues accros. Marquée par ces expériences, (j’ai participé à ces activités trois années de suite), je me souviens encore de mon enthousiasme à apprendre de nouveaux sports, des moments de plaisir et de l’esprit d’équipe. C’était également le seul endroit pour moi où j’étais en contact avec des enfants qui n’étaient pas scolarisés dans le système protestant. J’y ai aussi appris le sens de l’amitié et acquis un sentiment d’appartenance et de triomphe! En tant qu’enfant vulnérable sur le plan affectif, j’y ai connu des personnes qui m’ont montré la voie et ont laissé une marque indélébile dans ma vie.

C’est une expérience que je n’ai jamais oubliée et que je n’oublierai jamais.

Jusqu’à aujourd’hui, je suis tellement reconnaissante que la municipalité ait investi dans cet endroit, dans ce programme et dans les personnes qui y travaillaient. C’est ça, pour moi, un parc!

 

À propos de Mary Rowe

Mary est une ardente défenseuse pour l’urbanisme qui a travaillé dans plusieurs des villes du Canada et des États-Unis. Mary est la présidente et PDG du CUI, après des années d’expérience et notamment en tant que Vice Présidente Éxecutive de la Municipal Art Society of New York (MASNYC). Mary a contribué à plusieurs fois à des programmes d’urbanisme nationaux et internationaux, notamment d’UN Habitat, et du World Urban Forum. 


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Cette réflexion écrite par Mary Rowe fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale.

Le Jardin d’Eden prend de nombreuses formes dans nos esprits et dans nos cœurs: Parc Assiniboine, Winnipeg

Cette réflexion écrite par Mary Wiens fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale.


Pour moi, le parc Assiniboine à Winnipeg représente l’un de ces jardins éternels. Ayant grandi dans une ferme au Manitoba, voir des espaces à perte de vue était tout aussi naturel pour moi que de respirer. Toutefois, ces paysages façonnés par la main de l’homme et constitués de champs labourés et cultivés s’apparentaient au monde du travail. Mais, à une heure de route en voiture de chez nous, le parc Assiniboine à Winnipeg, appartenait à un autre monde.

Avec ses vastes étendues de gazon bien tondu traversées par des sentiers légèrement sinueux, il s’apparentait davantage aux loisirs. Les sorties en famille dans le parc avec mon grand-père et une flopée de cousins, d’oncles et de tantes prenaient des airs de dignité et d’élégance. Mes tantes apportaient des couvertures et des paniers à pique-nique remplis de sandwiches garnis de salade aux œufs, ainsi que de carrés à la rhubarbe, de thermos de café et de limonade dans des pots Mason enroulés dans des chiffons pour les garder au frais. À une heure de route de chez nous, nos mères respectives devaient avoir planifié soigneusement cette sortie en ville après la messe du dimanche.

La mère de Mary Wiens dans le parc Assiniboine de Winnipeg

Mais je ne me souviens pas de ces préparatifs. Ce dont je me souviens, c’est la grande pelouse bien tondue qui s’étendait devant nous lorsque nous arrivions au parc et la vue sur le Pavillon au loin.Le Pavillon. Même ce mot était magique pour moi. Tous les autres pavillons n’étaient que de pâles copies du pavillon grandiose que j’admirais au parc Assiniboine.

Construit en 1930, le Pavillon sera le dernier édifice public de ce genre, la Grande Dépression mettant un terme à ce mouvement de générosité. Entre cottage de style Tudor et pavillon, cette demeure caractérisée par son toit à pignon fortement incliné, ses colombages et ses pergolas illustre le summum du raffinement du parc Assiniboine.

Le zoo situé dans le parc n’est pas non plus dépourvu d’attraits. Construit en 1904, il avait pour vocation de montrer certaines espèces animales endémiques. Au fil des années, il a bénéficié de plusieurs extensions. L’ayant visité enfant dans les années 1960, il comptait désormais un abri pour les singes, une maison tropicale et des dizaines d’enclos répartis sur plus de 32 hectares. Cependant les animaux qu’ils renfermaient, comme les canards, les porcs-épics, les gazelles, les buffles et les singes, ne constituaient que la première partie du spectacle qui nous attendait et mettait en vedette les véritables stars du parc : les ours polaires.L’enclos des ours polaires, endroit le plus prisé du parc, a été érigé en 1967.

Wyman Laliberte, Parc Assiniboine (1967)

Dévoilé à l’occasion du Centenaire du Canada, cet espace exhibait d’énormes ours polaires s’ébattant et plongeant dans des piscines stylées peintes d’un blanc immaculé. Mon imagination aurait-elle ajouté des nuances imaginaires de turquoise à ce tableau? Le pelage mouillé des ours scintillant sous le ciel bleu des prairies ainsi que les piscines turquoises nous donnaient l’impression que ces animaux, tout comme nous, arrivaient de contrées lointaines pour passer des vacances en banlieue. S’intégrant parfaitement dans le style Mid-century modern de leur environnement, le corps épuré de ces animaux se prolongeait subtilement par une petite tête et un museau effilé.

Pendant ces dimanches d’été ensoleillés, nous terminions la journée en nous rassemblant une dernière fois autour des paniers à pique-nique – les glaçons des pots Mason ayant fondu depuis longtemps – avant de nous regrouper dans les voitures de nos pères respectifs. Pour les fermiers que nous étions, la traite des vaches et les tâches agricoles nous obligeaient à nous lever à 6 h du matin. Nous reprenions donc la route en fin d’après-midi, le regard transperçant le pare-brise arrière de la voiture, en laissant s’éloigner le parc resplendissant encore sous les rayons du soleil.

À 17 ans, j’ai quitté la ferme pour commencer mon premier emploi à Winnipeg. J’ai vécu à Wolseley, un quartier où l’on pouvait trouver des appartements bon marché à louer au deuxième étage de petits immeubles à la peinture extérieure défraîchie. Après avoir passé les demeures imposantes et les arbres majestueux de Wellington Crescent, il ne me fallait que 20 minutes en vélo pour rejoindre le parc Assiniboine.

À Winnipeg, où rien n’est jamais trop beau ou trop ostentatoire, j’ai commencé à m’éveiller à la culture. Un soir d’été, je me souviens d’avoir assisté à mon premier ballet dans le parc Assiniboine. Le Pavillon servait de toile de fond aux spectacles donnés gratuitement par la compagnie de ballet de Winnipeg et auxquels assistaient des milliers de personnes chaque année.

Quarante ans plus tard, je continue d’aller voir le spectacle de ballet appelé Rodéo : une œuvre contemporaine et légère, créée par la chorégraphe Agnès de Mille, orchestrée par Aaron Copeland et avec des danseurs portant des bottes de cowboy et des vestes à franges. Dans le cadre d’une rétrospective célébrant la 80ème saison de la compagnie, Rodéo devait faire partie des spectacles programmés pour la saison 2020, mais il a malheureusement dû être annulé à cause de la pandémie.

Aujourd’hui, je vis à Toronto, à seulement quelques minutes à pied de High Park, dans l’ouest de la ville. Nous devons ce parc à John Howard, un architecte philanthrope de Toronto, qui en a fait jadis cadeau à la ville. Pendant ma vie, j’ai eu la chance de profiter de la verdure non pas d’un, mais de deux grands parcs. Toutefois, c’est le parc Assiniboine à Winnipeg qui m’a appris en premier – à moi et à bien d’autres générations d’enfants – à apprécier la magnificence, la générosité et la dignité qu’offrent les espaces publics financés par les municipalités, et à voir les pavillons d’été comme des miracles d’architecture.

 

À propos de Mary Wiens 

Mary Wiens est journaliste et productrice récompensée qui peut être écoutée tous les matins dans la matinale la plus écoutée de CBC Radio, Métro Morning, sur 99.1 FM à Toronto. 

Les travaux journalistiques de Mary vont d’une série avant-gardiste sur les transports comme ‘Joyless Commute’ (La Navette Joyeuse) sur la fatigue émotionnelle de la navette quotidienne, vers une une série explorant l’absence des pères intitulée “Fathering Change: Strengthening the role of Black fathers” (La paternité changeante: le renforcement du rôle des pères Noirs). 

Ses articles ont reçu de nombreuses récompenses régionales et nationales de la RTDNA Canada, l’Association des Journalistes Numériques, ou la récompense internationale Gabriel pour sa série de Métro Morning, “Stolen Children” (Les enfants volés), sur l’infâmes système des pensionnats. 

L’affection profonde que Mary porte à Toronto s’exprime dans son travail de volontaire communautaire. En tant que membre fondateur de Roncesvalles Renewed et RoncyWorks, elle a reçu la médaille Queen’s Diamond Jubilee qui récompense les projets locaux qui aident à construire le sens et l’engagement citoyen. 


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Une fête dans le parc: Parc Overbrook, Ottawa

Cette réflexion écrite par Marie-Caroline Badjeck fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Le parc Overbrook est une véritable extension de mon jardin. C’est là que mon fils joue avec ses amis, que les jeunes jouent au basketball pendant les chaudes soirées d’été et que se donnent des concerts en plein air. Le parc se trouve à côté de notre centre communautaire. C’est là qu’ont lieu les réunions de l’Association communautaire Overbrook (Overbrook Community Association – OCA), que l’on donne des livres gratuits aux enfants, et que les gens du quartier viennent faire de la musique et du sport ou participer à des programmes après l’école.

Mais en novembre 2018, notre communauté a été ébranlée par un événement grave : des tirs ont éclaté à 16 h à proximité du parc Overbrook. Cela m’a bouleversée. J’étais en colère que cela se produise à une heure où les enfants gambadent gaiement dans le parc et je me suis sentie impuissante face à cette violence armée qui se produisait si près de moi. Comment un quartier aussi accueillant pouvait-il être le théâtre d’un acte aussi insensé?

Avec d’autres membres d’OCA, nous avons voulu reprendre possession de notre parc et écrire notre propre histoire en faisant de ce quartier une communauté forte, diversifiée et fière de ses jeunes. En partenariat avec le Comité consultatif sur la jeunesse (CCJ) du Centre de ressources communautaires Rideau-Rockliffe, nous avons postulé pour recevoir une bourse du programme TD Amis des parcs afin d’organiser un événement pour les jeunes, avec les jeunes et pour célébrer les jeunes.

« Party in the park » a été le résultat de nombreuses réflexions et d’une rencontre fortuite au printemps 2019. Après avoir joué avec mon fils au parc, j’ai vu au centre communautaire un prospectus proposant des « cours de basketball gratuits pour les jeunes d’Overbrook. Contacter Manock. » J’ai décidé de le rencontrer. Avec le CCJ, nous avions envisagé d’organiser un tournoi de basketball, mais malgré mon enthousiasme pour l’équipe des Raptors de Toronto et mon poste de meneuse de jeu à l’école secondaire, je savais que nous aurions besoin d’aide. J’ai tout simplement décidé d’aller assister à l’un de ses entraînements de basketball, où nous avons commencé à parler. Au bout de cinq minutes, j’ai su que Manock était la personne que nous recherchions : sa passion pour ce sport, son engagement envers les enfants et le quartier d’Overbrook, et le fait qu’il n’ait même pas sourcillé lorsque mon fils, avec l’enthousiasme propre à un bambin de son âge, est venu perturber son cours.

Nous voilà désormais en septembre 2019. Plus d’une centaine de personnes ont assisté à « Party in the Park » et 40 joueurs ont participé au tournoi de basket qui, je l’espère, ne sera que le premier d’une longue série d’événements de ce type.

Et les liens qui se sont forgés dans la communauté grâce à cet événement perdurent encore aujourd’hui. Manock Lual, président de Prezdential Media, siège désormais au Comité chargé de la sécurité d’OCA. Lorsque OCA a été contrainte d’annuler tous ses événements à cause de la COVID-19 et de trouver de nouvelles manières de rester en contact avec les résidents, le Comité de la sécurité a organisé une collecte de fonds afin de fournir aux jeunes du quartier des sacs à dos contenant des fournitures scolaires, un masque réutilisable et un T-shirt. De plus, OCA continue de faire équipe avec le CCJ, notamment en peignant une fresque en plein cœur du quartier.

Les parcs nous permettent de nous reconnecter à la nature. Mais ils nous permettent aussi de nous reconnecter les uns aux autres en renforçant nos liens et le tissu social qui font partie intégrante de notre communauté, quelle que soit la situation.

 

 

 

 

À propos de Marie-Caroline Badjeck et d’Overbrook Community Association

Overbrook Community Association est un groupe de résidents motivés collaborant ensemble pour rendre la vie meilleure pour tous dans une dynamique communautaire dans l’est d’Ottawa. Au sein de l’OCA, Marie-Caroline coordonne les projets en lien avec la jeunesse et la protection de l’environnement. Depuis le début des mesures de confinement, OCA a dédié les volontaires à la livraison de repas aux personnes dans le besoin, a régulièrement vérifié comment vont leurs membres, a aidé à remplir des demandes d’aides financières et a connecté les riverains aux ressources à disposition de leur communauté.

Pour en savoir plus sur les activités de l’Association communautaire Overbrooke, de Prezdential Media et du Comité consultatif sur la jeunesse, suivez-les sur Instagram à @613HumansofOverbrook, @PrezdentialHoops, @ward13yac et sur Facebook.

Cet article a été édité par Marjolaine Provost de l’Association communautaire Overbrook.


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Un parc nommé Reine Elizabeth: Vancouver

Cette réflexion écrite par Naomi Steinberg fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Quand j’étais enfant, mes grands-parents, en visite de France, veillaient sur mes sœurs et moi pendant que nous explorions l’étang aux canards. Comme de nombreux enfants, j’ai testé les zones de confort et les capacités, dévalant une pente raide juste au-dessus de l’étang sur un traîneau par temps de neige. Ces jours-ci, dans mon innocence, je scrute les fleurs, et j’aime entendre des familles chanter ensemble.

Adolescente, je me souviens d’un bisou romantique assis sous les érables qui s’étalaient sur le versant nord, juste en dessous de ce même étang à canards. De nombreuses explorations des endroits semi-sauvages du parc ont eu lieu, des affleurements de basalte – vestiges volcaniques, avec des garnitures moussues fascinantes ont été trouvés. Ces jours-ci, dans ma passion, je pleure en voyant des sapins de plus de 150 ans, coupés, allongés sur le sol, de la sciure tout autour.

Désormais adulte, la luxuriance formelle du jardin, cultivée sur les restes d’une carrière, me plaît et m’apaise autant que les peuplements de cèdres et de fougères qui poussent toujours, foyer pour écureuils et coyotes sauvages. Le conservatoire de plantes tropicales du parc est perché, buckyballish, au-dessus, brillant, comme un extra-terrestre bienvenu. Ces jours-ci, dans mon inspiration, je peux imaginer un dragon, descendu de l’ancien volcan escarpé, ici pour exercer notre plaisir et nourrir la bonne action.

Depuis quatre ans, j’ai la chance de vivre près du parc, cet endroit où je peux bouger mon corps, trouver du confort et du répit au rythme de la ville, gagner en santé et en bien-être. Pourtant, quand je considère les condominiums qui envahissent la vue, la nécessité de protéger, d’entretenir et d’améliorer les espaces verts et les parcs en milieu urbain semble évidente. La question d’accès à un logement équitable et adéquat se pose, ainsi que le désir de respecter les protocoles du peuple Salish. Je me demande ce qui pourrait émerger d’un processus communautaire engagé à décoloniser le nom du parc. Ces jours-ci, dans mon désir de tisser des relations interculturelles et intergénérationnelles, j’ai posé une question: que signifient lieu, maison, appartenance et indigénéïté?

Faisant appel à mon expérience en tant qu’artiste qui travaille dans le domaine communautaire, et me concentrant sur une approche du parc, Dragon Walk a inauguré un sanctuaire éphémère où le Cambie Heritage Boulevard (en direction du Sud – Nord) traverse la piste cyclable de la 29e avenue (s’étendant Est – Ouest). Cet endroit fait partie du seul et unique paysage classé au patrimoine de la ville. Le boulevard est une extension du parc et sa fonction prévue d’arboretum et de ligne de vue festive sur les montagnes a été bien décrite par l’Office des Parcs. Invitant à la contemplation et à la conversation, le sanctuaire utilise la métaphore du dragon pour honorer l’histoire géologique du parc, faire appel à toutes les cultures et faire appel au feu intérieur de chaque personne.

C’est grâce à notre capacité innée de chaleur et de créativité que nous pouvons forger des communautés résilientes et bienveillantes. Je sens des forces fortes tisser ensemble un flux irrésistible. De nos jours, est-ce l’innocence, la passion, l’inspiration ou le désir d’être appelés à jouer? Avec le rugissement d’un dragon, nous pouvons peut-être dire: l’engagement civique, encouragé par le plaisir, des activités pertinentes est la base d’une société saine et responsable. J’adore le parc et je célèbre combien les plantes, les animaux, la terre, l’air, l’eau et le feu mont donnée.

Nous sommes reconnaissants du programme de bourses TD Amis des parcs et du soutien des Amis des parcs et de TD pour la Dragon Walk.

 

 

À propos de Naomi Steinberg

Naomi Steinberg est un artiste et conteuse de renommée internationale. Elle a donné vie à des histoires folkloriques traditionnelles, à des contes de fées, et à des projets artistiques communautaires dans des pays du monde entier depuis 2001. En 2014, Naomi a fait le tour de la Terre sans prendre l’avion. Elle a raconté son histoire, Goosefeather, où qu’elle aille, et a depuis publié un livre sur l’expérience. www.goosefeather.ca

Les projets récents incluent Dragon Walk, une occasion de participer à une célébration joyeuse de la diversité écologique de Little Mountain. Reconnaissant la nécessité de favoriser la résilience et le voisinage, au cours de l’été 2019, six activités d’engagement communautaire axées sur les arts ont abouti à un défilé. La celebration continue. Dans le cadre de ce projet, Naomi espère que vous vous sentirez invité dans l’espace contemplatif situé au 29 ave. piste cyclable et le Cambie Heritage Boulevard à Vancouver, Coast Salish, terre surnaturelle.


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Qu’est-ce qu’un parc? Parc Dawson, Edmonton

Cette réflexion écrite par Raquel ‘Rocky’ Feroe fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Maintenant que je suis plus âgée, je commence toujours ma journée de la même façon : en allant me promener au parc Dawson à Edmonton avec mes compagnons à deux jambes et à quatre pattes. Lorsque les gens me demandent si ce n’est pas ennuyant d’aller au même parc tous les jours, je leur réponds : Est-ce que la vie peut être plus belle de jour en jour? Est-ce que les relations humaines peuvent se développer avec le temps?

Comme d’habitude, à la fin de notre promenade, mon mari a soigneusement choisi l’endroit où notre chienne « fera ses besoins ». Elle se soulage donc dans les broussailles. Contrairement aux coyotes qui préfèrent déféquer en plein milieu du chemin, notre chienne est plus discrète. Par respect et par sens du civisme, je ramasse ses crottes, mais laisse celles des coyotes tranquilles. Parfois, j’ai des sentiments contradictoires lorsque je dois déposer ces « présents » dans la poubelle.

Lorsqu’à mon tour, je dois aussi me rendre « au petit coin », je tombe sur deux personnes incroyablement sympathiques et accueillantes. « Est-ce que nous pouvons vous aider? », me demandent-elles? Elles m’expliquent qu’elles ont été embauchées par une entreprise sociale pour assurer la propreté des toilettes pendant la pandémie. « Merci de rendre le parc encore plus agréable », leur dis-je.

Cela fait toujours plaisir d’être salué (j’ai appris cela de ma chienne).

Par la suite, j’ai appris qu’une entreprise sociale avait recruté ces personnes pour s’occuper de l’entretien des toilettes. Il s’agit généralement de personnes qui ont des difficultés à trouver un emploi à cause d’anciens problèmes de toxicomanie, de démêlés avec la justice, etc. Après les avoir remerciées pour le travail qu’elles faisaient dans le parc, nous avons discuté longuement ensemble. J’ai expliqué que j’avais plutôt l’habitude de voir les agents municipaux équipés d’engins pétaradant et polluant l’air livrer une lutte sans merci contre les mauvaises herbes. L’agent d’entretien m’a alors répondu : « L’homme blanc sème les mauvaises herbes, puis essaie de les détruire. Bonne chance! »

 

Les parcs permettent de nouer des liens, et cela n’a rien de compliqué. Voici quelques leçons que j’ai retirées de mes promenades avec mes compagnons à deux jambes et à quatre pattes :

Les parcs sont des lieux d’accueil pour les gens. Il est possible d’être en bons termes avec la nature et d’apprendre à être en meilleurs termes avec ses semblables en étant simplement présents et en observant les choses.

Je me demande si les parcs municipaux pourraient nous servir d’inspiration pour créer un nouveau modèle de prospérité pour notre société. Ce modèle pourrait s’appuyer sur les idées suivantes :

En attendant, je continuerai à réfléchir à cette possibilité et à sa concrétisation potentielle. Et je continuerai à me demander : « Qu’est-ce qu’un parc? ».

Photo credit: Marcia O’Connor, Flickr Creative Commons

 

 

À propos de Raquel Feroe

Rocky est diplomée d’un Baccalauréat en Arts (BA) spécialisé en Économies, avant d’avoir fait ses études de médecine dans la Dartmouth Medical School à Hanovre, NE. Elle a pratiqué la médecine en Alberta. Rocky est heureuse d’avoir pris sa retraite en mai 2018 pour se concentrer sur SPICE et d’autres projets sur le développement durable. 

 


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Dévaler les collines et regarder le soleil se lever au Nouvel An : Parc Uhuru, Nairobi

Cette réflexion écrite par Minaz Asani Kanji fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Qui n’a pas dévalé une colline quand il était enfant? Pour moi, le meilleur endroit pour le faire était au parc Uhuru à Nairobi. Ma mère nous y emmenait en autobus ma sœur et moi. Nous grimpions alors jusqu’en haut de la colline et nous laissions ensuite rouler jusqu’en bas en gloussant de bonheur. En prenant assez de vitesse, il était possible d’arriver jusqu’en bas en un seul tonneau. Sinon, il fallait s’y reprendre à plusieurs fois. En tout cas, nous aimions tellement ça qu’aussitôt arrivées en bas, nous nous précipitions au sommet de la colline pour recommencer.

Au milieu du parc se trouvait aussi un étang sur lequel on pouvait faire du bateau. Nous nous asseyions dans l’herbe et regardions naviguer les gens avec envie. Mais je crois que ma mère n’avait qu’une crainte; celle de devoir nous repêcher si nous tombions à l’eau.

À chaque fois que nous sortions pour jouer ou lorsque de la famille ou des amis venaient nous rendre visite, c’est au parc Uhuru que nous allions pour leur montrer la vue magnifique sur la ville. Nous, les enfants, aimions grimper sur les arches l’une après l’autre : il y en avait une petite, une moyenne et une grande. Nous essayions toujours d’escalader la plus grande, car une fois en haut, la sensation était totalement grisante.

Il y avait aussi des photographes professionnels en poste à différents endroits dans le parc. Ils montraient des albums-photos avec des gens prenant la pose dans le parc. Le premier jour de notre rentrée à l’école primaire, ma mère nous avait fait prendre en photo dans le parc, habillées de notre uniforme scolaire flambant neuf.

Le parc a été construit après l’indépendance du Kenya du Royaume-Uni et a été nommé Uhuru, ce qui signifie liberté. La fête de l’indépendance avait toujours lieu dans le parc, et nous regardions les parades, les danses traditionnelles kényanes et les discours des politiciens à la télévision. Je me souviens d’avoir regardé le premier président du Kenya, Jomo Kenyatta, faire son discours. À la fin, il a lancé son cri de ralliement emblématique « Harambee », qui est devenu la devise du Kenya et veut dire « Travaillons ensemble ». Faisant tourner son chasse-mousse au-dessus de sa tête, il a répété cette devise trois fois, et les milliers de personnes rassemblées devant lui répondaient à chaque fois « Hey ».

L’un de mes derniers souvenirs du parc Uhuru était le jour du Nouvel An de 1987 lorsque j’ai regardé le soleil se lever à 6 h du matin. Avec une amie, nous avions décidé de descendre en courant les marches de la colline que ma sœur et moi dévalions pendant notre enfance. Nous avons donc laissé nos chaussures dans la voiture en haut de la colline et avons couru jusqu’en bas. Mais avant que nous ayons eu le temps de regagner la voiture, quelqu’un nous avait cambriolés et volé nos chaussures. Cette année-là, nous avons accueilli la nouvelle année pieds nus.

Photo Credit:  Carlos Fernandez

 

 

À propos de Minaz Asani-Kanji

Minaz Asani-Kanji est responsable des relations communautaires des Amis des parcs. Elle a grandi au Kenya et est environnementaliste. Elle gère le programme « Susciter le changement ». Elle a fait équipe avec 90 groupes locaux qui œuvrent auprès des communautés défavorisées de Toronto pour dynamiser leurs parcs et améliorer leur quartier.

 


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Il faut tout un parc: Parcs Sainte Marie et Amberlea, Toronto

Cette réflexion écrite par Janelle Richards fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant, et que l’apprentissage et l’amour qu’un enfant reçoit de son entourage sont formateurs. Mais ce qu’on entend rarement dire, c’est que pour élever un enfant, les parcs sont aussi importants pour les nouveaux parents. Respirer l’air frais nous apaise, entendre le vent dans les feuilles procure un sentiment de calme, tandis que le soleil apporte bonne humeur au bébé et aux parents et invite à la découverte. C’est ce que j’ai moi-même découvert depuis quelques mois.

Lorsque je suis devenue maman à l’automne dernier, cela n’a pas été une mince affaire pour moi. Pendant l’hiver, saison où les gens restent généralement plus chez eux, j’ai eu du mal à me faire à mon nouveau rôle de mère, à rencontrer de nouveaux parents et à me déplacer aussi facilement que j’en avais l’habitude auparavant. Si l’on ajoute à cela une pandémie, les choses ne se sont pas passées comme elles le devaient. Je n’avais pas de village sur lequel compter et j’en ressentais grandement les effets. Puis, je me suis rendue compte que les seuls moments où je pouvais reprendre mon souffle était lorsque je passais du temps dehors et c’était aussi le seul moment où mon bébé dormait paisiblement! J’ai donc pris l’habitude d’aller marcher.

La poussette creusait des sillons dans les sentiers enneigés, faisant rebondir mon bébé emmitouflé pendant qu’elle s’endormait. Puis, j’ai appris à la mettre dans un porte-bébé ce qui m’a permis d’aller marcher dans le corridor hydroélectrique et de suivre les traces des chevreuils en testant mes connaissances de pisteuse d’animaux. Au printemps, nous sommes allées au parc St Mary sur le terrain de sport inutilisé où ma fille et moi marchions à quatre pattes dans l’herbe fraîche à la recherche de pissenlits pour en faire de la gelée. Ou bien, à mesure que la glace fondait, nous observions l’étang près de la forêt d’Altona se transformer et se remplir de têtards. Les terrains de jeu et les bancs étant fermés au public, nous étendions une couverture dans le parc Amberlea et regardions les gens passer. Cela lui avait beaucoup manqué de voir des gens. Lorsque nous avons enfin pu revoir notre entourage, c’est dans les parcs que nous nous sommes retrouvés en toute sécurité avec les bébés de mes amies!

La période qui suit l’accouchement est le moment le plus difficile et le plus exigeant dans la vie d’une nouvelle maman. Pour beaucoup, les mesures de distanciation physique liées à la COVID-19 ont encore plus compliqué les choses. Malgré les moments magiques que j’ai passés avec ma fille, j’étais aussi consciente de la chance que j’avais. J’avais la chance d’avoir trouvé une manière de profiter du plein air avec mon bébé et de surmonter les obstacles physiques en travers de mon chemin. J’avais la chance d’avoir accès à des espaces verts près de chez moi où je pouvais me rendre seule en toute sécurité. J’avais la chance de connaître les propriétés salutaires des parcs et me suis efforcée d’en tirer profit. Sans les parcs pour m’aider à prendre soin de ma fille, je sais que cette période de ma vie aurait été bien différente pour moi. Je suis convaincue que le fait d’avoir accès à des espaces à l’air libre et sûrs contribue au bien-être des parents et des enfants et leur permet d’être en pleine santé.

 

 

Bien que ma première année en tant que parent ait été très différente de ce à quoi je m’attendais, les parcs m’ont apporté bien plus que ce que j’imaginais : un lieu de rencontre, de réconfort et de développement pour moi et mon bébé pendant cette période sans précédent.

 

 

À propos de Janelle Richards

Janelle est éducatrice environnementale et maman à Pickering, en Ontario. Sa passion : créer des liens entre les gens et la nature. Son expérience professionnelle comprend : conscientiser des groupes scolaires et des groupes communautaires, et plaider en faveur des enjeux environnementaux. Formée grâce à des études sur la faune sauvage, elle adore les insectes et fait part de son intérêt pour les pollinisateurs et les espèces végétales à tous ceux qui veulent bien l’écouter. De plus, elle s’intéresse désormais à la manière dont nos chers bambins interagissent avec la nature et en tirent des leçons.

 


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Cette réflexion écrite par Janelle Richards fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale. 

Des premières photos: Parc de la Reine Elizabeth, Vancouver

Cette réflexion écrite par Zahra Ebrahim fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Je n’ai que très peu de photos de nos premières années au Canada.

Arrivés de Nairobi, nous nous sommes installés à Vancouver lorsque j’avais huit mois. Alors âgés de la vingtaine, mes parents ont dû faire face à une période de transition. Arrivés au Canada avec leurs rêves et deux enfants de moins de trois ans, ils ont dû réfléchir à la manière de combler tous leurs besoins dans leur nouvelle vie.

Au Kenya, mes grands-parents vendaient des pellicules et des appareils-photos dans leur magasin, et chaque moment, voire chaque instant important dans la famille était capturé. Dans notre nouvelle réalité, dans laquelle nous manquions de temps et de ressources, nous prenions et développions nos photos moins fréquemment qu’auparavant. Mais dernièrement, lorsque j’ai pris le temps d’observer ces quelques photos, j’ai remarqué qu’elles avaient toujours été prises dans des parcs publics.

 

Zahra Ebrahim 

 

Comme beaucoup de familles immigrées, les parcs constituaient notre arrière-cour. En fin de semaine, nous nous y rendions pour faire du barbecue, nous amuser dans les modules de jeux et nous y retrouver. C’est là que nous rencontrions nos amis et le premier endroit où nous emmenions les membres de notre famille élargie qui venaient d’arriver en ville. Nous étions toujours au parc. Prise au parc Queen Elizabeth, un espace immense et luxuriant dans le centre-ville de Vancouver, cette photo fait partie des premières que mes parents ont prises et ont fait développer. À chaque fois que je la regarde, je me sens remplie d’une joie profonde. La joie qui se lit sur mon visage sur cette photo est la même que j’éprouve aujourd’hui encore lorsque je me trouve dans un parc. Je sais que c’est parce que nous avions fait des parcs une véritable annexe de notre foyer qu’aujourd’hui je ressens ce sentiment d’appartenance et que j’ai le sentiment de devoir protéger les espaces publics. Enfant, je voyais les parcs comme un endroit rempli de possibilités : un terrain de jeu et un espace de rassemblement, de réflexion, de célébration et de créativité. Si vous me voyez dans un parc aujourd’hui, je ne suis pas bien différente de la personne sur cette photo : pieds nus dans l’herbe et le sourire aux lèvres.

Les parcs reflètent un service essentiel pour tant de personnes et de familles à l’heure actuelle. Bien que les modules de jeu aient été fermés en raison des risques sanitaires qu’ils pouvaient poser – une mesure compréhensible étant donné l’incertitude qui entoure actuellement la pandémie – et bien que nous devions rappeler aux gens ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, nous devons aussi les encourager à faire ce qu’ils ont le droit de faire.

Pour nous relever de l’épreuve que nous traversons avec la COVID-19, nous devrons adopter une stratégie misant sur le pouvoir des parcs et exploiter leur plein potentiel : celui de nous connecter les uns aux autres et de nous offrir un espace où nous constituer des souvenirs.

 

 

À propos de Zahra Ebrahim

Zahra Ebrahim est la cofondatrice de Monumental, un organisme qui se consacre aux questions de justice, d’équité et d’impartialité dans les institutions privées et publiques au Canada. Twitter : @zahraeb

 


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Des petites aux grandes villes, nous avons tous besoin de nature: Toronto

Cette réflexion écrite par Carolyn Scotchmer fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Voilà maintenant 20 ans que j’habite à Toronto, et j’ai vu l’effet transformateur que les parcs et les espaces verts peuvent avoir sur une ville et ses habitants. Avec le rythme effréné auquel nous vivons, il peut arriver que nous oublions à quel point nous apprécions ces endroits et que, de manière volontaire ou involontaire, nous ne prenions pas le temps dans notre vie quotidienne de nous y rendre. Que ce soit une allée d’arbres sur le chemin de la maison, un square dans son quartier qui nous permet de prendre un instant pour nous reconnecter à la nature, ou un jardin communautaire qui rassemble les gens, tous ces espaces recèlent quelque chose de bénéfique pour chacun d’entre nous et illustrent la manière dont ils peuvent complètement transformer une ville.

 

La route de la Vallée Rosedale. 

 

J’ai grandi dans une petite ville, et à l’époque, je ne ressentais pas le même besoin de me rendre régulièrement dans des parcs, tout simplement parce que nous avions suffisamment d’espace autour de nous. Dans les villes de plus petite taille et à la campagne, les possibilités de se connecter à la nature ne manquent généralement pas. Quand j’étais enfant, je passais des heures à observer les arbres, les plantes et les insectes qui se trouvaient dans notre jardin et dans ceux de nos voisins. Mais lorsque l’on est en ville, ces possibilités se font plus rares, et la nature ne fait pas autant partie de notre vie. Lorsque je me suis installée à Toronto, j’ai eu du mal à gérer cet aspect. Je me sentais déconnectée du monde de la nature et j’avais l’impression, à tort, que je devais quitter la ville pour être à nouveau en contact avec celui-ci. Le jour où j’ai trouvé un emploi me permettant de passer du temps dans les espaces naturels de la ville, j’ai réalisé que je pourrais peut-être finalement m’habituer à cette ville. Hormis, les parcs les plus célèbres de la ville, comme High Park et les îles de Toronto, la ville compte de nombreux autres espaces naturels moins connus. La prochaine fois que vous vous promènerez en ville, prenez le temps de remarquer les espaces verts autour de vous auxquels vous n’aviez peut-être pas fait attention jusque-là, quelle que soit leur taille. Qu’il s’agisse des ravins ou des jardins privés, nombreux sont les espaces en ville auxquels on ne pense pas nécessairement mais qui offrent des possibilités de se sentir plus proche de la nature.

 

Le parc Grange.

Pour ceux qui habitent dans les zones urbaines du Canada, avoir accès à des espaces dans lesquels renouer avec la nature et avec les autres permet de se ressourcer d’une vie souvent stressante. Alors que ces jours-ci, les possibilités de se regrouper à l’intérieur sont grandement limitées, la situation actuelle nous rappelle d’autant plus la nécessité de préserver, réhabiliter et défendre les espaces verts à Toronto. Le manque d’espaces naturels n’est pas seulement un problème affectant les écosystèmes locaux et l’urbanisme, il touche aussi les citoyens. Nous avons besoin d’espaces dans lesquels recharger nos batteries. Et pour ceux qui ne peuvent pas se rendre dans des endroits moins fréquentés ou des espaces à ciel ouvert plus larges, il est essentiel que nous ayons accès à des espaces sécuritaires à proximité. Pour garantir cela, nous devons veiller à ce que les municipalités intègrent des espaces verts dans leurs plans d’urbanisme et améliorent les endroits existants.

 

Le jardin Greenest Citys Hope du parc Masaryk en 2011.

Les parcs et jardins contribuent à rendre des villes comme Toronto plus durables et inclusives. Ces espaces agissent aussi sur le bien-être individuel et collectif des gens. La prochaine fois que vous passerez du temps dans la nature, pensez aux effets qu’elle vous procure à vous et à votre communauté. Les parcs font toute la différence dans les villes et permettent à leurs habitants de s’épanouir.

 

 

À propos de Carolyn Scotchmer

Carolyn Scotchmer est la directrice exécutive de la Fondation TD des amis de l’environnement  (TD FEF), où elle gére les opérations de la Fondation et manége une équipe de responsables régionaux en chage d’aider des initiatives locales à travers le Canada. Elle est aussi responsable du portefeuille canadien de dons en faveur de la protection de l’environnement du groupe bancaire TD dans le cadre de La promesse TD Prêts à agir, la plateforme d’entreprise citoyenne de la Banque.

Carolyn a rejoint TD en 2012 pour gérer la Fondation en Ontario et dans les provinces atlantiques et pour aider à mieux faire connaître les programmes en faveur de l’environnement du groupe bancaire TD. Avant cela, elle a passé plus de 10 ans dans le secteur charitatif à Toronto et à Calgary, développant et gérant des programmes se concentrant sur le développement communautaire à travers l’urbanisme vert et les jardins communautaires.

 


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La nature près de nous: Vancouver

Cette réflexion écrite par John Lee fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Des dents de scie du Parc territorial Tombstone dans le Yukon, aux rives brouillardeuses du Loch Lomond, en passant par les bois sauvages du parc national Abel Tasman en Nouvelle-Zélande, j’ai visité de nombreuses attractions extraordinaires en plein air au cours des années. Mais ces mois derniers, j’ai découvert que des paysages naturels bien moins célèbres peuvent être tout autant gratifiant.

Enfant, j’ai grandi dans une ville en Angleterre, là où les parcs servent pour jouer au football, et courir après mes amis. Mais maintenant que nous vivons dans cette ère imprévue où nous devons rester près de chez, ma femme et moi visitons tous les espaces verts que nous ignorions jusqu’à maintenant dans notre quartier du sud de Vancouver.

C’est une bonne chose que Maggie soit une experte en ornithologie qui sait exactement où trouver tous les oiseaux résidants dans les parcs avoisinants. Nous avons vu des parulines jaunes chantant puissamment dans les cimes des arbres, de fougueux colibris fondrent comme des avions de chasse, des mouettes hurlantes et des corbeaux s’unissant pour chasser des aigles chauves pilleurs de nids.

 

Un bébé corbeau. Crédit photo: John Lee.

Nos promenades ont commencé au printemps, nous avons vu une nouvelle vie se déployer tout autour de nous à la vitesse d’une série télévisée. Nous avons vu des des coquilles vidées de leurs bébés rouge-gorges, les premiers envols hésitants de mésanges volontaires, et une flanquée de 10 minuscules oisillons à la bouche ouverte devant des parents attentifs (et probablement épuisés).

Je suis rapidement tombé amoureux de ces oisillons, particulièrement une fois que nous les avons trouvé leur nid en forme de larme pendre le long d’une branche.

 

Un nid d’oiseaux en forme de larme. Crédit photo: John Lee.

Je n’avais jamais vu une de ces boules en mousse avant, et je ne pouvais pas croire qu’elle avait été construite par de si petits oiseaux, et qu’elle était seulement à quelques centimètres de la tête des passants. Le nid était caché à la vue de tous, tout comme toute cette nature urbaine que nous commencions à découvrir.

Nous ne visitions pas les parcs que pour les oiseaux. Nous avons espionné de près des abeilles en plein travail, chacune restant moins d’une seconde les fleurs des lavandes et des fuchsias, sans jamais visité la même fleur deux fois. Les papillons battaient leurs ailes aussi, notamment d’immenses papilio rutulus jaunes et noirs. Quand nous en remarquons un, nous nous arrêtons et chuchotons comme si nous contemplons une oeuvre d’art rare dans un musée.

 

Un immense papilio rutulus jaune et noir. Photo crédit: John Lee.

Nous visitons aussi le monde fascinant des plantes lors de nos randonnées lentes dans la nature. D’une boîte de couleurs dignes d’un Pollock aux innombrables coquiquelots, aux clochers vacillants des digitales pourpres, en passant par de mystérieuses plantes grasses qui s’étendent comme des extra-terrestres à travers le sol pour exploser avec de surprenantes fleurs jaunes ou violettes.

Faire l’acquisition d’un livre pour identifier les arbres à ajouter une activité supplémentaire à nos randonnées dans les parcs. Alors qu’auparavant nous ne regardions à peine nos nobles voisins, nous cherchons maintenant les éléments distinctifs pour connaître leurs histoires. Nous adorons découvrir des bourgeons semblables à ceux des roses sur des branches d’aubépine, les branches d’arbres noueuses de vieux chênes de Garry, et la fraîcheur fournie par les feuillages massifs et touffus des châtaigniers pendant les chauds jours d’été.

Ce n’est pas surprenant que nos marches à pied prennent plus de temps qu’avant. Et maintenant, nous remarquons des vancouvérois surpris qui nous observent interloqués alors que nous nous rapprochons des denses buissons et des sombres branches d’arbres. J’avais ce même regard, avant, sur les gens dans les parcs qui semblaient avoir trop de temps devant eux. Maintenant je sais enfin ce que je ratais.

 

 

À propos de John Lee

Basé à Vancouver John Lee est un écrivain à succès depuis plus de 20 ans. Auteur de plus de 25 guides Lonely Planet, notamment ceux consacrés aux villes de Vancouver et Victoria, ses récits ont été publiés dans plus de 150 publications à travers la planète dont The Globle and Mail, le Los Angeles Times, le Guardian, et BBC Travel. Ayant reçu plus de 15 récompenses canadiennes et internations, son compte Twitter (@johnleetwitter) est toujours actif et plusieurs de ses récits sont accessibles en ligne sur www.johnleewriter.com.

 


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