De grands plans pour un grand parc à Montréal

Plutôt dans le mois, la mairesse de Montréal a fait une annonce importante qu’un activiste local a décrit comme « Noël en été » en révélant le souhait de créer le plus grand parc urbain du Canada : le Grand parc de l’Ouest.

Situé à l’ouest de l’Île de Montréal, le parc reliera entre eux des espaces verts existants et nouvellement créés pour former un espace vert connecté d’une surface de 3 000 hectares (dont 1 600 hectares de nouveaux parcs).

À titre de comparaison, c’est plus de 7 fois la taille du Parc Stanley à Vancouver, 18 fois la taille de High Park à Toronto, et 10 fois la taille du Mont Royal à Montréal.

L’idée a germé de nombreuses années de travail en coulisse de militants et d’écologistes locaux, dont Sue Stacho qui a expliqué à la Gazette de Montréal que le projet « crée un précédent en faveur de la protection des espaces naturels dans les environnements urbains dans le reste du Canada ».

Récemment, le gouvernement fédéral a généré un coup de pouce en annonçant $50 millions pour le financement de ce projet, expliquant ce support financier par la capacité du parc de limiter les inondations et les effets des conditions météorologiques extrêmes.

Il s’agit certainement d’une excellente nouvelle pour la deuxième plus grande ville du Canada, qui se trouve en bas de l’échelle en ce qui concerne le nombre de parcs pour 1000 habitants, comme indiqué dans notre Rapport sur les Parcs Urbains du Canada publié en juin dernier.

 

Hectares de terrains réservés aux parcs pour 1000 habitants, Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, 2019, Amis des parcs.

 

D’autres grandes villes canadiennes comme Vancouver ou Toronto luttent contre les mêmes défis. Trouver l’espace pour la création de nouveaux parcs est difficile dans des zones urbaines denses subissant la pression du développement immobilier.

Avec l’augmentation de la population, de plus en plus de personnes vivent dans les mêmes zones, ajoutant une pression supplémentaire sur les parcs existants. De fait, les employés municipaux de Montréal rappellent que la pression engendrée par la densité de population provoque une augmentation des coûts de maintenance des parcs de la ville encore plus importante que dans les autres villes du Canada.

Augmenter le nombre de terrains dédiés aux parcs urbains accessibles aux Montréalais, spécifiquement des espaces qui incluent des environnements naturels, aidera aussi les habitants à se connecter avec la nature sans avoir besoin de traverser les frontières de la ville.

Ce projet rappelle celui qui a été fait, et continue d’être fait, pour créer le premier parc urbain national du Canada, le Parc Rouge.

Géré par les Parcs Canada, le Parc Rouge de plus de 6 200 hectares est situé au sein des villes de Toronto, Pickering, et Markham, accessible en transport en commun pour les 6 millions d’habitants qui vivent dans la Grande Aire de Toronto et d’Hamilton. Il inclut plusieurs kilomètres de chemins de randonnés, de plages, et même un terrain de camping.

Pour ceux qui trouvent les parcs nationaux et provinciaux inaccessibles à cause de la distance, ces grands parcs naturels au cœur des villes sont essentiels.

De larges parcs naturels sont aussi la clef pour protéger la biodiversité urbaine et pour les services écologiques qu’ils fournissent, comme purifier l’air, l’eau, limiter les ilots de chaleur urbains qui sont de plus en plus importants avec l’augmentation des effets du réchauffement climatiques.

Le grand parc de l’Ouest est un exemple d’une tendance qui s’accélère dans la planification des parcs urbains : ne pas se concentrer uniquement sur les opportunités d’augmenter les espaces verts, mais mieux connecter ensemble des espaces existants, tout particulièrement dans les zones urbaines denses.

Connecter les parcs apporte une meilleure accessibilité aux espaces verts pour les personnes, mais peut aussi créer des couloirs nécessaires pour la vie sauvage qui protègent et améliorent d’importants habitats naturels qui ont été perdus au profit de l’urbanisation.

Nous avons dressé le profil de ces récents travaux dans notre rapport de 2015 intitulé Making Connections, et inclue une plongée dans le nouveau Green Network Plan de la ville d’Halifax dans notre Rapport sur les parcs urbains du Canada publié en 2019.

Connecter les parcs au sein d’un réseau uni, plutôt que de les concevoir que comme des tampons d’espaces verts, est une idée qui remonte aux premiers instants de ce qui est aujourd’hui considéré comme la construction moderne des parcs urbains.

C’est quand l’architecte paysagiste Frederick Law Olmsted a conçu au XIXe siècle des systèmes de parcs se concentrant sur les espaces verts, grands et petits, connectés à travers un réseau de parcs alignés.

De grands exemples de cette forme de conception de systèmes de parcs peut encore être trouvés dans des villes comme Boston, où le Collier d’Émeraude conçu par Olmsted connecte 450 hectares de terrains de parcs à travers la ville. Olmsted a aussi conçu le Parc du Mont Royal à Montréal (ainsi que, bien sûr, le Parc Central de New York).

Il y a encore de nombreux obstacles avec que le Grand parc de l’Ouest puisse être mis en place, dont le fait que de larges portions des espaces verts proposés sont la propriété de promoteurs immobiliers.

La Mairesse de Montréal, Valérie Plante, est confiante que la mairie puisse racheter ces terrains pour garantir leur transformation en espace vert.

 

Encourager les activités physiques dans les parcs à tout âge

Face à une population Canadienne qui se fait de plus en plus vieillissante, les parcs doivent s’adapter et répondre aux besoins des personnes âgées. C’est une problématique que nous avons aussi abordée dans notre nouveau Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, qui décrit les nouvelles pratiques adoptées dans les parcs de 23 villes canadiennes.

S’adapter aux personnes âgées signifie qu’il faut concevoir des parcs qui soient accessibles à tous, mais aussi penser aux différents équipements et programmes nécessaires à nos aînés. Et, en tant que lieux de loisirs, il est essentiel de comprendre comment soutenir et encourager l’activité physique à tous les âges.

Par exemple, Toronto vient d’ouvrir un nouveau centre d’activité physique destiné aux personnes âgées dans le parc Godstone, à North York. Le projet est financé par un budget participatif pilote qui permet aux résidents de voter directement pour des améliorations au sein de leurs communautés, prouvant ainsi que les équipements mis en place pour les personnes âgées n’est pas uniquement une priorité pour les urbanistes, mais aussi pour les résidents.

De plus, une étude récente menée sur les parcs de quartiers aux Etats-Unis montre en quoi il est si important de donner la priorité aux équipements et programmes destinés aux personnes âgées. En effet, alors que ces dernières constituaient 20% des habitants, elles ne représentaient que 4% des utilisateurs de parcs. Quand on tend vers un futur où l’âge moyen de la population ne cesse d’augmenter, nous devons nous demander en quoi nous pouvons améliorer cette situation.

Voici quelques enseignements clés que nous pouvons tirer du Rapport sur les Parcs Urbains du Canada à propos des différentes manières de développer les activité physiques et les loisirs chez les personnes âgées.

Nouer des liens

La création d’espaces à la fois sécuritaires et récréatifs pour faire du sport était une préoccupation majeure dans les villes canadiennes. Mais créer un environnement social à la fois ludique et inclusif est également un élément clé à prendre en compte lors de la création d’espaces pour les personnes qui prennent de l’âge.

Cet élément social est d’autant plus important que de plus en plus de personnes vivent seules, y compris les personnes âgées, ce qui suscite des inquiétudes quant à la vague de solitude qui envahit le Canada et aux risques grandissants pour la santé provoqués par l’isolement social.

La solution? Rendre les activités physiques plus sociales.

Une étude récente menée par l’Université de la Colombie-Britannique publiée dans le Journal Health Psychology indique que, chez les personnes âgées, faire de l’exercice avec des personnes du même âge augmente la probabilité de faire de l’exercice plus régulièrement et favorise un sentiment d’appartenance à une communauté.

Mais nous pouvons aussi créer des opportunités de connexion sociale entre des personnes d’âges différents.

Par exemple, comme nous le soulignons dans le rapport, Calgary a installé l’une de ses salles de sport éphémères à côté d’une aire de jeux, ce qui la rend plus accessible à tous et permet aux parents et aux grands-parents de s’entraîner pendant que leurs enfants jouent.

Par ailleurs, à Toronto, notre programme Walk in the Park (« Marche dans ton parc ») forme les personnes âgées à créer et à diriger des clubs de marche dans les parcs de leur propre quartier. Cela fournit aux personnes un espace sûr et accueillant pour l’activité physique et l’exploration de parcs et de sentiers de leur quartier, mais a également permis de créer de nouvelles amitiés et un plus grand sentiment d’appartenance à un groupe.

En fait, le nombre de personnes ayant déclaré ressentir un lien étroit avec leur communauté locale a plus que doublé depuis le début du programme.

Préparez vos raquettes

Quel est d’après vous LE nouveau sport à la mode? Non, ce n’est pas le baseball. C’est un jeu appelé “pickleball” qui fait sensation au sud de la frontière et ici au Canada.

Le jeu, qui se pratique avec une balle et des raquettes, est un sport qui nécessite peu d’efforts et qui privilégie la souplesse à la vitesse et à la puissance, ce qui en fait un sport particulièrement intéressant pour les personnes âgées.

C’est en ceci que, d’après Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, le pickleball est devenu l’un des loisirs sportifs les plus pratiqués. La demande est devenue si forte qu’une planification rapide de la part des villes pour soutenir ce nouveau sport est devenue nécessaire. Certaines, comme Waterloo, envisagent même de convertir des courts de tennis existants en terrains de pickleball.

Et d’ailleurs, pourquoi ce nom de « Pickleball »? Il vient d’un chien nommé Pickles, qui volait sans arrêt la balle de la première personne à avoir joué au jeu en 1965.

Réduire les barrières à l’apprentissage

Mettre du matériel de gymnastique en plein air dans un parc ne signifie pas systématiquement que les gens vont venir l’utiliser. Parfois, juste l’idée de devoir apprendre des règles ou une nouvelle technique peut être suffisante pour décourager les personnes à essayer quelque chose de nouveau.

Certaines villes, comme Prince George, aident à surmonter ce problème en créant un environnement social favorable par le biais d’un programme de mise en forme «try-it» (« essaie-donc »). Ce programme encourage les gens à essayer différentes activités récréatives dans un cadre exempt de tous jugements, comme le tai-chi, apprendre à courir et, effectivement, le pickleball.

Calgary utilise une piste similaire avec ses salles de sport éphémères, qui proposent des équipements de plein air dans différents parcs de la ville et qui s’adressent aux personnes âgées de plus de 65 ans. Le programme comprend des cours de fitness gratuits pour aider les gens à utiliser leurs équipements en toute confiance et pour promouvoir l’activité sociale.

Et à Saskatoon, le circuit de remise en forme en plein air River Landing, qui offre une vue imprenable sur la rivière Saskatchewan Sud, comprend du matériel sportif accessible pour personnes en fauteuil roulant et des plaques d’instructions pour encourager tout le monde à participer, peu importe leur handicap ou leur niveau.

Rester simple

Malgré tout, vous n’avez pas nécessairement besoin d’équipements sophistiqués pour amener les gens à se déplacer à l’extérieur.

Une étude menée la Corporation RAND a révélé qu’un indicateur important de l’activité physique dans un parc était la présence ou non d’une boucle piétonnière. L’étude a révélé que les parcs avec boucles de marche comptaient 80% de plus d’utilisateurs et que les personnes observées pratiquant au moins un exercice modéré étaient 90% plus élevées que dans les parcs sans boucles de marche.

Cela concorde avec ce que nous avons constaté dans notre Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, dans lequel des villes de tout le pays ont déclaré que les sentiers de promenade constituaient l’un des aménagements les plus fréquemment demandés par les résidents des parcs.

Si vous avez trouvé cet article utile, trouvez encore plus d’inspiration à travers le pays sur les thèmes de la croissance, de la nature, de l’activation, de la collaboration et de l’inclusion en lisant le Rapport sur les Parcs Urbains du Canada.

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