Un parc nommé Reine Elizabeth: Vancouver

Cette réflexion écrite par Naomi Steinberg fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Quand j’étais enfant, mes grands-parents, en visite de France, veillaient sur mes sœurs et moi pendant que nous explorions l’étang aux canards. Comme de nombreux enfants, j’ai testé les zones de confort et les capacités, dévalant une pente raide juste au-dessus de l’étang sur un traîneau par temps de neige. Ces jours-ci, dans mon innocence, je scrute les fleurs, et j’aime entendre des familles chanter ensemble.

Adolescente, je me souviens d’un bisou romantique assis sous les érables qui s’étalaient sur le versant nord, juste en dessous de ce même étang à canards. De nombreuses explorations des endroits semi-sauvages du parc ont eu lieu, des affleurements de basalte – vestiges volcaniques, avec des garnitures moussues fascinantes ont été trouvés. Ces jours-ci, dans ma passion, je pleure en voyant des sapins de plus de 150 ans, coupés, allongés sur le sol, de la sciure tout autour.

Désormais adulte, la luxuriance formelle du jardin, cultivée sur les restes d’une carrière, me plaît et m’apaise autant que les peuplements de cèdres et de fougères qui poussent toujours, foyer pour écureuils et coyotes sauvages. Le conservatoire de plantes tropicales du parc est perché, buckyballish, au-dessus, brillant, comme un extra-terrestre bienvenu. Ces jours-ci, dans mon inspiration, je peux imaginer un dragon, descendu de l’ancien volcan escarpé, ici pour exercer notre plaisir et nourrir la bonne action.

Depuis quatre ans, j’ai la chance de vivre près du parc, cet endroit où je peux bouger mon corps, trouver du confort et du répit au rythme de la ville, gagner en santé et en bien-être. Pourtant, quand je considère les condominiums qui envahissent la vue, la nécessité de protéger, d’entretenir et d’améliorer les espaces verts et les parcs en milieu urbain semble évidente. La question d’accès à un logement équitable et adéquat se pose, ainsi que le désir de respecter les protocoles du peuple Salish. Je me demande ce qui pourrait émerger d’un processus communautaire engagé à décoloniser le nom du parc. Ces jours-ci, dans mon désir de tisser des relations interculturelles et intergénérationnelles, j’ai posé une question: que signifient lieu, maison, appartenance et indigénéïté?

Faisant appel à mon expérience en tant qu’artiste qui travaille dans le domaine communautaire, et me concentrant sur une approche du parc, Dragon Walk a inauguré un sanctuaire éphémère où le Cambie Heritage Boulevard (en direction du Sud – Nord) traverse la piste cyclable de la 29e avenue (s’étendant Est – Ouest). Cet endroit fait partie du seul et unique paysage classé au patrimoine de la ville. Le boulevard est une extension du parc et sa fonction prévue d’arboretum et de ligne de vue festive sur les montagnes a été bien décrite par l’Office des Parcs. Invitant à la contemplation et à la conversation, le sanctuaire utilise la métaphore du dragon pour honorer l’histoire géologique du parc, faire appel à toutes les cultures et faire appel au feu intérieur de chaque personne.

C’est grâce à notre capacité innée de chaleur et de créativité que nous pouvons forger des communautés résilientes et bienveillantes. Je sens des forces fortes tisser ensemble un flux irrésistible. De nos jours, est-ce l’innocence, la passion, l’inspiration ou le désir d’être appelés à jouer? Avec le rugissement d’un dragon, nous pouvons peut-être dire: l’engagement civique, encouragé par le plaisir, des activités pertinentes est la base d’une société saine et responsable. J’adore le parc et je célèbre combien les plantes, les animaux, la terre, l’air, l’eau et le feu mont donnée.

Nous sommes reconnaissants du programme de bourses TD Amis des parcs et du soutien des Amis des parcs et de TD pour la Dragon Walk.

 

 

À propos de Naomi Steinberg

Naomi Steinberg est un artiste et conteuse de renommée internationale. Elle a donné vie à des histoires folkloriques traditionnelles, à des contes de fées, et à des projets artistiques communautaires dans des pays du monde entier depuis 2001. En 2014, Naomi a fait le tour de la Terre sans prendre l’avion. Elle a raconté son histoire, Goosefeather, où qu’elle aille, et a depuis publié un livre sur l’expérience. www.goosefeather.ca

Les projets récents incluent Dragon Walk, une occasion de participer à une célébration joyeuse de la diversité écologique de Little Mountain. Reconnaissant la nécessité de favoriser la résilience et le voisinage, au cours de l’été 2019, six activités d’engagement communautaire axées sur les arts ont abouti à un défilé. La celebration continue. Dans le cadre de ce projet, Naomi espère que vous vous sentirez invité dans l’espace contemplatif situé au 29 ave. piste cyclable et le Cambie Heritage Boulevard à Vancouver, Coast Salish, terre surnaturelle.


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Cette réflexion écrite par Naomi Steinberg fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale

La vie est un pique-nique: Les falaises de Scarborough, Toronto

Cette réflexion écrite par Wayne Roberts fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


C’est exactement comme je l’avais imaginée, il y a de ça bientôt 60 ans, quand mon professeur de classe de 5em avait demandé à toute la classe de nommer l’une des 7 merveilles du monde. Après avoir levé la main et sans attendre l’approbation de mon enseignant, j’avais répondu haut et fort “les falaises de Scarborough” (Scarborough bluffs).

Il y a une dizaine d’années, mon épouse Lori et ma bonne amie Harriet ont entamé ce qui est maintenant une tradition annuelle: célébrer la fête du Canada en pique-niquant dans le territoire de mes souvenirs et de mon enfance. Ces falaises sont toujours autant magnifiques, les chemins et escarpements secrets surplombant la plage sont toujours autant envahis par la nature sauvage. Les trèfles et les raisins gardent leurs odeurs habituels, et le bleu clair du lac Ontario nous invite à descendre, peu importe le sumac vénéneux, les éraflures et les cicatrices.

 

En contrebas, je pouvais contempler ce que j’avais fait au nom du progrès pendant ma vingtaine, alors étudiant à l’Université et éboueur l’été. Avec une équipe de quatres éboueurs, nous remplissions notre camion à ordures deux fois par jour, et nous le ramenions dans un des dépôts de la vallée en contrebas, pour qu’elle soit vidée et aplanie pour créer une route et une plage, au nom du progrès, avec un quai, une vraie plage, des chemins de randonnées et des terrains de pique-nique.

En y regardant de plus près depuis la falaise encore sauvage, je pouvais voir les places de stationnement, les pelouses bien entretenues, les toilettes publiques, les abris pour la pluie, les barbecues, des tables de pique-nique à profusion, tout comme des bateaux et leurs hangars le long de la marina. Tout cela ne ressemblait pas “au progrès” que nous avions en tête lorsque nous imaginions un parc magnifique facilement accessible en remplissant notre camion à ordures pour nous rendre à la décharge.

Je suis heureux qu’il y ait encore des espaces sauvages et des lieux où nous pouvons profiter de vues superbes assis dans l’herbe en profitant d’un pique-nique entourés de buissons sauvages et d’un grand ciel bleu. Les fleurs et les bougies qui nous servent de décorations pour ce repas si spécial pourraient tant aussi bien faire parties d’un rituel honorant d’anciens souvenirs d’un temps où nous pique-niquions dehors entourés de senteurs de fleurs sauvages dans la journée, et réchauffés par un feu de camp une fois la nuit tombée.

Après notre pique-nique, nous faisions une promenade digestive à travers le parc Bluffers. L’entrée était gratuite, comme c’est le cas des parcs urbains. L’entrée était aussi gratuite du temps de mon enfance, quand nous payions d’entrée de cette plage indisciplinée en éruptions cutanées de sumac vénéneux et des piqûres de moustiques.

La foule de personnes profitant du parc pour de grands pique-niques ne me rendait pas triste. Voir ces familles profiter de leur Nature faisait de moi un heureux vagabond.

C’est maintenant un lieu de bonheur et de rêves pour des milliers de nouveaux arrivants et leurs familles qui pique-niquent ici chaque fin de semaine l’été. Grâce à l’entrée gratuite, les personnes ayant des revenus limités peuvent profiter du soleil, de l’air pur, d’une plage immense avec vue sur des falaises indisciplinées qui empêchent encore et toujours le développement urbain, et de l’eau tonifiante de l’un des lacs les plus grands de la planète. C’est le parfait endroit pour une sortie en famille alliant de la nourriture, des jeux et une imagination d’enfants.

J’adore voir mon ancien terrain de jeux être utilisé de cette façon. Profiter d’un simple pique-nique entouré de l’eau, des falaises, de la plage et des arbres, c’est ce qui se rapproche le plus du paradis.

Maintenant érigé comme un temple du multiculturalisme, le parc est bien l’une des Merveilles du Monde.

 

 

À propos de Wayne Roberts

Le Dr. Wayne Roberts gère le Toronto Food Policy Council depuis une décennie, gagnant ainsi une réputation de champion des approches ‘solutionary’ qui lient la sécurité alimentaire aux bienfaits sanitaires, économiques, environnementaux et de justice. 

Depuis 2010, Wayne travaille comme conférencier, écvrivain et consultant pour aider les villes à établir des conseils de politiques alimentaires qui promeuvent “des politiques alimentaires centrés sur les personnes”. Il rédige une infolettre hebdomadaire gratuite pour renforcer les compétence de tous les partisans du mouvement ‘Good Food for All’. Il est membre du bureau de Farm to Cafeteria Canada, du bureau international de la branche ontarienne de l’UNESCO se concentrant sur l’alimentation, la biodiversité et le développement durable. Il est aussi rédacteur adjoint du magazine Landscape Architecture.

 


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