4 façons dont les parcs aident à lutter contre le réchauffement climatique

26 septembre 2019

Jake Tobin Garrett

par Jake Tobin Garrett, Responsable des Politiques et de la Planification

Alors que l’équipe des Amis des parcs se prépare à participer à la Marche mondiale pour le climat du Vendredi 27 septembre à Toronto, Montréal et Vancouver, nous tournons notre attention sur le rôle que les parcs peuvent jouer dans ce combat.

En plus de leurs bénéfices sociaux, sanitaires et économiques, nos espaces verts partagés représentent des forces écologiques puissantes qui méritent une croissance des investissements en leur faveur.

Voici les 4 façons dont les parcs aident à lutter et à limiter les effets du réchauffement climatique.

Les parcs réduisent l’effet des ilots de chaleur urbains

L’an dernier, Montréal a souffert des effets dévastateurs d’une canicule qui a causé la mort de 66 personnes. Lorsque la ville a enquêté sur ces décès, elle s’est rendue compte que les personnes vivant dans des quartiers réputés pour leurs ilots de chaleur – où les températures sont bien plus élevées qu’ailleurs – avaient deux fois plus de risques de mourir.

Les zones urbaines peuvent ressentir une hausse des températures de plus de 12 degrés comparés aux zones rurales, notamment à cause de la chaussée, des pavés et du béton qui absorbent la chaleur du soleil. Un conseil municipal de la ville de Montréal a rappelé que les projets visant à rendre plus vertes les zones urbaines, comme la plantation d’arbres et les murs végétaux sont une manière de lutter contre cet effet, et peuvent aider à baisser les températures dans ces quartiers.

 

Comment ça marche? Il faut voir les espaces verts comme des conducteurs d’air naturels. L’augmentation des forêts urbaines augmentent les zones ombragées, qui font bouclier entre le soleil et les surfaces bétonnées et aident à limiter l’absorption des rayons du soleil, ce qui réduit la chaleur. Les arbres et autres végétaux aident aussi à rafraichir l’air autour d’eux via un processus appelé l’évapotranspiration, la transpiration des plantes. L’eau s’évapore dans l’air via les feuilles, rafraichissant ainsi la température tout autour.

Avec les températures qui continuent d’augmenter dans les villes tout autour du pays, les installations comme des rues bordées d’arbres, ou des parcs soigneusement entretenus afin de réduire les températures seront de plus en plus importantes.

Les parcs limitent les inondations dues aux conditions météorologiques extrêmes

Un autre effet dévastateur du réchauffement climatique est l’intensification de conditions météorologiques extrêmes comme les pluies diluviennes. Lors de ces événements, les systèmes d’évacuations des eaux peuvent être submergés par le trop plein d’eau tombant en une courte période, provoquant ainsi des inondations.

Comme documenté dans notre Rapport sur les Parcs Urbains du Canada, les inondations impactent les villes Canadiennes.

La fleuve Bow à Calgary est sorti de son cours suite à de fortes précipitations en 2013, causant des évacuations et de nombreux dommages sur les propriétés privées alentours. L’inondation a causé prés de 4 millions de dollars de dommage sur les quais de la ville d’Oakville en 2017 – la même année une crue des eaux et une inondation ont causé des millions de dollars de dommage à Toronto, et la fermeture du populaire parc des Iles de Toronto pendant l’été. Durant le printemps 2019, les fortes pluies ont provoqué des inondations dans de nombreuses communes de l’Ontario et du Québec. Cela ne s’arrête pas.

Ces tempêtes peuvent aussi provoquer une inondation des systèmes d’évacuation des eaux usées dans les rues. Cela est dû au fait que les villes ont été organisées qui combinent l’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie dans les mêmes réseaux. Lorsque ces réseaux sont submergés par quantité d’eaux lors de ces tempêtes, ils rejettent des eaux non traitées dans les lacs, fleuves et océans à proximité.

Cela impacte la qualité de l’eau. Des taux importants de contamination à E-Coli ont provoqué la fermeture de plusieurs plages à Vancouver pendant l’été, et le Commissaire Environnemental de l’Ontario a mis en évidence que les eaux usées ont contaminé les eaux ontariennes plus de 1,300 fois entre avril 2017 et mars 2018.

La quantité de surface pavé dans les villes ne fait qu’accentuer le problème en contribuant aux inondations et à la submersion des systèmes de vidanges des eaux pluviales, alors que les parcs, en tant que terrains naturels non pavés, sont capables d’absorber l’eau.

 

Comme indiqué dans notre rapport Resilient Parks, Resilient City, transformer nos rues, espaces publics, et parcs en éponges via des infrastructures vertes peut aider à combattre les inondations. Les infrastructures vertes incluent tous les éléments naturels – jardins de pluie, toits de verdure, étangs de rétention – spécifiquement conçus pour accumuler, aspirer, et traiter les eaux de pluie lorsqu’elles tombent, plutôt que de le rejeter directement dans les tuyaux souterrains.

Les infrastructures vertes peuvent soulager la pression subie par les anciens réseaux de gestion des eaux de pluie, mais peuvent aussi contribuer à rendre les villes plus belles avec une meilleure biodiversité via la création de plus d’espaces verts.

Malgré cela, notre Rapport sur les Parcs Urbains du Canada a mis en évidence qu’alors que les villes Canadiennes expérimentent avec des infrastructures vertes de petites tailles, moins de la moitié de celles-ci ont des stratégies pour mettre en place ces infrastructures à l’échelle de leur ville.

Pourtant, il y a de superbes initiatives qui se réalisent actuellement tout autour du Canada.

Corktown Common à Toronto inclut un système de protection contre les inondations et un terrain humide qui aident à stopper et aspirer l’eau. La Rain City Strategy de Vancouver coordonne les projets d’établissement d’infrastructures vertes à travers la ville, dont une nouvelle place construite l’an dernier capable d’aspirer l’eau de pluie tombant sur 1,000 m2 de terrains avoisinants. Et, la ville de Calgary a fini la première phase du Parc West Eau Claire le long de la Rivière Bow, qui protège les riverains de futures inondations.

Les parcs nettoient l’air du dioxyde de carbone

Alors que les gouvernements et les compagnies pétrolières expérimentent avec la technologie pour capture le dioxyde de carbone de l’air pour le conserver sous terre, nous avons déjà un moyen naturel et qui a fait ses preuves pour le nettoyage de l’air et la conservation du dioxyde de carbone : les arbres.

Planter des arbres semble être un petit acte, pourtant la reforestation est le moyen le plus efficace pour retirer le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

Selon National Geographic, il y a suffisamment de terrains autour du monde pour planter de nouvelles forêts et retirer 25% du dioxyde de carbone de notre atmosphère. Cela aurait pour conséquence de supprimer « près de 100 ans d’émissions de dioxyde de carbone ». Apparemment, le Canada a 78 millions d’hectares susceptibles de créer une nouvelle forêt. Pas mal.

Les arbres, et autres végétaux, capturent le dioxyde de carbone de l’air via le processus de photosynthèse. Le dioxyde de carbone ne sera libéré dans l’atmosphère que si la plante est brulée, c’est pour cela que les récents incendies en Colombie-Britannique et en Alberta sont si inquiétants. Une tendance qui semble empirer avec le temps.

Les feux de forêt libèrent dans l’atmosphère tout le dioxyde de carbone stocké dans ces plantes. En fait, il a été prouvé que les feux de forêts qui ont eu lieu en Californie en 2018 ont libéré autant de dioxyde de carbone – 68 millions de tonnes – que l’État en produisant un an d’électricité.

Les villes autour du Canada ont des programmes de plantation d’arbres, avec des cibles chiffrées qui varient.

La ville de Mississauga est en cours d’un programme pluriannuel visant à la plantation d’1 million d’arbres en 2032, et en planté 340,000 à l’heure actuelle. Victoria s’est engagée pour le nombre, plus modeste mais effectif, de 5,000 arbres plantés en 2020 comme partie des United Nations Trees dans Cities Challenge.

Vancouver est sur le point d’atteindre son but de planter 150,000 arbres dans la ville en 2020. Et, en Ontario, le gouvernement provincial a décidé de ne pas supprimer le programme de plantation d’arbres après une protestation du public en 2018. Ce programme ambitionne de planter 50 millions d’arbres dans la province à l’horizon 2025 (la moitié est déjà plantée).

Donc, aimez les arbres. Ou mieux encore, plantez-en, plusieurs.

Les parcs nous donnent des espaces pour nous retrouver ensemble

Cet avantage n’a pas de lien direct avec la science de l’évapotranspiration ou l’ingénierie des infrastructures vertes, mais plutôt avec le capital social et le bon vieux principe « connaître nos voisins ».

Alors que le réchauffement climatique est une force immense et intangible dans nos vies qui peut provoquer des troubles de l’anxiété ou du stress, un sentiment d’impuissance, les bénéfices que les parcs peuvent nous apporter en tant qu’espace collectif où nous pouvons nous rassembler deviennent de plus en plus importants.

Prenez cet exemple récent de Dartmouth en Nouvelle-Écosse où après les ravages causés par l’ouragan Dorian, les membres de la communauté ont retroussé se sont retrouvés autour d’un four à pain pour fournir de la nourriture et un peu de chaleur aux familles qui n’avaient plus de courant. D’autres membres de groupes communautaires voués aux parcs ont contribué à un environnement plus propre en proposant des corvées de nettoyage, des plantations d’arbres, ou encore des pique-niques zéro déchet.

Une crise existentielle comme le réchauffement climatique peut nous éloigner les uns des autres ou peut être une force pour nous rassembler – et nos parcs et espaces publics, en tant que lieux de rencontres, peuvent devenir encore plus importants pour assurer que nous et nos communautés rejoignons cet appel à l’action.

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