Des premières photos: Parc de la Reine Elizabeth, Vancouver

26 aout 2020

Park People

Cette réflexion écrite par Zahra Ebrahim fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale


Je n’ai que très peu de photos de nos premières années au Canada.

Arrivés de Nairobi, nous nous sommes installés à Vancouver lorsque j’avais huit mois. Alors âgés de la vingtaine, mes parents ont dû faire face à une période de transition. Arrivés au Canada avec leurs rêves et deux enfants de moins de trois ans, ils ont dû réfléchir à la manière de combler tous leurs besoins dans leur nouvelle vie.

Au Kenya, mes grands-parents vendaient des pellicules et des appareils-photos dans leur magasin, et chaque moment, voire chaque instant important dans la famille était capturé. Dans notre nouvelle réalité, dans laquelle nous manquions de temps et de ressources, nous prenions et développions nos photos moins fréquemment qu’auparavant. Mais dernièrement, lorsque j’ai pris le temps d’observer ces quelques photos, j’ai remarqué qu’elles avaient toujours été prises dans des parcs publics.

 

Zahra Ebrahim 

 

Comme beaucoup de familles immigrées, les parcs constituaient notre arrière-cour. En fin de semaine, nous nous y rendions pour faire du barbecue, nous amuser dans les modules de jeux et nous y retrouver. C’est là que nous rencontrions nos amis et le premier endroit où nous emmenions les membres de notre famille élargie qui venaient d’arriver en ville. Nous étions toujours au parc. Prise au parc Queen Elizabeth, un espace immense et luxuriant dans le centre-ville de Vancouver, cette photo fait partie des premières que mes parents ont prises et ont fait développer. À chaque fois que je la regarde, je me sens remplie d’une joie profonde. La joie qui se lit sur mon visage sur cette photo est la même que j’éprouve aujourd’hui encore lorsque je me trouve dans un parc. Je sais que c’est parce que nous avions fait des parcs une véritable annexe de notre foyer qu’aujourd’hui je ressens ce sentiment d’appartenance et que j’ai le sentiment de devoir protéger les espaces publics. Enfant, je voyais les parcs comme un endroit rempli de possibilités : un terrain de jeu et un espace de rassemblement, de réflexion, de célébration et de créativité. Si vous me voyez dans un parc aujourd’hui, je ne suis pas bien différente de la personne sur cette photo : pieds nus dans l’herbe et le sourire aux lèvres.

Les parcs reflètent un service essentiel pour tant de personnes et de familles à l’heure actuelle. Bien que les modules de jeu aient été fermés en raison des risques sanitaires qu’ils pouvaient poser – une mesure compréhensible étant donné l’incertitude qui entoure actuellement la pandémie – et bien que nous devions rappeler aux gens ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, nous devons aussi les encourager à faire ce qu’ils ont le droit de faire.

Pour nous relever de l’épreuve que nous traversons avec la COVID-19, nous devrons adopter une stratégie misant sur le pouvoir des parcs et exploiter leur plein potentiel : celui de nous connecter les uns aux autres et de nous offrir un espace où nous constituer des souvenirs.

 

 

À propos de Zahra Ebrahim

Zahra Ebrahim est la cofondatrice de Monumental, un organisme qui se consacre aux questions de justice, d’équité et d’impartialité dans les institutions privées et publiques au Canada. Twitter : @zahraeb

 


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Cette réflexion écrite par Zahra Ebrahim fait partie de notre série en ligne ‘Un jour au parc’, qui explore comment les parcs nous façonnent. N’hésitez pas à découvrir tous les épisodes de notre série estivale. 

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