Six améliorations requises en 2021 dans les parcs municipaux du Canada

02 février 2021

Park People

Elle a mis en lumière la grande résilience des citoyens et la manière dont les parcs y contribuent largement en leur permettant de rester actifs, de se détendre et de garder des liens avec les autres (en toute sécurité). 

Mais nous avons également constaté que certaines améliorations étaient requises, notamment pour garantir un accès équitable aux parcs et mettre en œuvre des politiques et des programmes inclusifs offrant à chacun un sentiment d’appartenance et de sécurité.

Cette liste s’appuie sur les recherches que nous avons effectuées dans le cadre de notre Rapport sur les parcs urbains au Canada, des sondages relatifs à la COVID-19, ainsi que sur notre série de webinaires sur la COVID-19, les enseignements tirés de nos programmes de 2020 ainsi que les ressources et les travaux de tierces parties.

Voici donc les six points que nous aimerions voir améliorés en 2021 dans les parcs municipaux du Canada.

 

Plus d’équité

 

Crédit photo: Aboriginal Fridays au Square Cabot de Montréal, Lori Calman

 

Si l’année 2020 a au moins servi à quelque chose, c’est de tirer la sonnette d’alarme sur le problème des inégalités déjà présentes dans nos villes. Nous parlons souvent des parcs comme étant « accessibles à tous ». Toutefois, ceci ne tient pas compte du racisme, de l’application inéquitable de la loi, du manque d’investissement chronique, de l’accès inégal aux services et de la stigmatisation sociale qui empêchent de nombreuses personnes dans nos villes d’avoir accès à ces espaces, d’en profiter et d’en tirer avantages.

Comme l’ont fait remarquer les intervenants de notre webinaire intitulé « Passé, présent, futur : qui va écrire le prochain chapitre de l’urbanisme? », en 2021, nous devrons moins nous attacher à un « retour à la normale » et mettre davantage l’accent sur les mesures requises pour lutter contre la discrimination systémique, le déplacement des itinérants et le racisme anti-Noirs et anti-Autochtones dans nos parcs, nos politiques et nos organisations. Nous devons examiner qui est inclus dans les décisions et qui en est exclu. Pour ce faire, nous devons nous assurer que les initiatives de mobilisation et de consultation publiques permettent d’inclure et non d’exclure les citoyens afin de répondre à leurs besoins essentiels.

Ressources:

 

Améliorer les parcs municipaux

 

Un petit jardin pollénisateur à Toronto

 

L’année dernière, nous avons reçu la consigne de rester à la maison pour nous protéger de la COVID-19. Et cette année encore, le message demeure le même dans de nombreux endroits. Ceci ne fait que renforcer l’importance des parcs dans notre quartier qui représentent de véritables espaces de répit. Mais nous savons aussi que ces parcs ne sont pas répartis de manière égale, ce qui a de réelles répercussions sur la santé mentale et physique de la population. Nos recherches ont indiqué que les Canadiens, qui ne bénéficiaient pas d’un parc à moins de cinq minutes de marche de chez eux, étaient 5 fois plus susceptibles de ne pas se rendre du tout dans un parc entre mars et juin 2020. Pour pouvoir profiter des parcs, il faut d’abord en avoir un à proximité de chez soi.

En 2021, nous anticipons un regain d’intérêt pour les parcs municipaux. L’accès à des espaces verts de qualité et de proximité sera plus important que jamais. C’est pourquoi nous espérons que plus d’attention sera accordée à des infrastructures essentielles comme les toilettes, les fontaines à eau, les structures ombragées et suffisamment d’endroits pour s’asseoir. La fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, et demandera un entretien accru. Mais nous pouvons aller plus loin. En y intégrant des activités d’agriculture urbaine, voire des possibilités de développement économique au niveau local, comme des marchés vendant des produits locaux, ces parcs peuvent à terme devenir de véritables pôles de résilience. En concevant les parcs de nos quartiers à cette fin, nous pouvons faire en sorte qu’ils représentent une base solide pour la société en temps de crise, notamment en offrant des espaces et des services accessibles.

Ressources :

 

Accès accru aux espaces naturels de proximité

 

Crédit photo: un événement organisé par Hives for Humanity à Vancouver en 2018, les Amis des parcs

 

Alors que le niveau de stress a grimpé en flèche en 2020 et que la santé mentale des Canadiens en a souffert les conséquences, beaucoup ont cherché à passer plus de temps en plein air afin de se recentrer, souvent en cherchant un peu de répit dans la nature. Dans notre enquête de juin 2020, 80 % des Canadiens ont déclaré que les parcs étaient devenus plus importants pour leur santé mentale pendant la pandémie. Des recherches scientifiques ont montré depuis longtemps le lien entre le bien-être et le temps passé dans la nature. Mais tout le monde ne peut pas jouir de la nature de la même manière. Les actes racistes et les programmes et politiques d’exclusion peuvent décourager certains de se rendre dans ces espaces naturels de peur d’en être exclus ou de ne pas y être en sécurité.

En 2021, nous espérons qu’une plus grande attention sera accordée aux projets de végétalisation intégrant dans nos quartiers et près de chez nous des zones laissées à l’état sauvage, comme dans nos rues, nos cours, nos parcs, nos allées et nos écoles. Nous devons tirer parti de la prise de conscience collective du lien entre la santé mentale et la nature en mettant en place de nouveaux programmes et de nouvelles possibilités d’intendance, en dédiant des fonds spécifiques pour les pratiques d’intendance des territoires Autochtones et pour les projets communautaires dans les quartiers défavorisés. Les projets de végétalisation permettront également d’accroître la résilience climatique de nos villes, en atténuant les conséquences des dérèglements climatiques, notamment en contribuant à réduire les inondations et à refroidir l’air.

Ressources :

 

Dépasser la limite des parcs

 

Crédit photo: une illustration de PlazaPOPS, 2018

En 2020, pour répondre au besoin accru de distanciation physique et d’espace de leurs citoyens, de nombreuses villes ont rapidement « trouvé » et à mis à disposition de la population de nouveaux espaces à ciel ouvert, que ce soit dans les rues ou dans d’autres lieux publics. Cela a permis d’accroître l’espace pour faire du vélo, courir, faire du patin à roulettes et marcher. Nos recherches ont montré que les gens étaient favorables à l’augmentation de ce type d’interventions. Toutefois, un grand nombre de ces interventions étaient davantage axées sur les quartiers du centre-ville.

En 2021, nous devons continuer à repenser l’espace dans nos villes de manière créative pour qu’il soit favorable aux citoyens. Toutefois, nous devons aussi appliquer ces initiatives dans davantage de quartiers afin qu’eux aussi puissent bénéficier de rues plus calmes, d’espaces publics plus vastes et de parcours plus sûrs pour pratiquer la marche et le vélo. Des projets comme plazaPOPS peuvent nous apprendre beaucoup de choses. Ce projet a permis d’installer des espaces verts publics devant des zones commerciales en banlieue, et de lancer des projets animant les espaces verts au pied de tours résidentielles. Nous devons également chercher à adapter les lieux publics en hiver pour encourager les gens à sortir.

Ressources:

 

Soutenir les programmes des groupes citoyens 

 

Crédit photo: Des femmes habitant à Jamestown plantent des fleures indigènes dans un centre communautaire pour enfants à Toronto 

Le travail des Amis des parcs s’est toujours appuyé sur celui des groupes œuvrant pour les parcs. En 2020, beaucoup de groupes œuvrant dans les parcs ont eu de nombreux défis à relever en raison des mesures de lutte contre la COVID-19 qui ont restreint l’accès aux parcs, et de l’obligation de suivre des directives de santé publique fluctuantes concernant les rassemblements publics. Malgré ces obstacles, plus de 40 % des groupes œuvrant pour les parcs interrogés en juin 2020 ont déclaré avoir fourni un soutien aux personnes en difficulté dans leur quartier pendant la pandémie. Certains ont même adapté leurs activités, notamment en fabriquant et en distribuant des masques.

En 2021, dans le cadre des mesures de rétablissement consécutives à la COVID-19, nous espérons que les programmes essentiels mis en œuvre dans les parcs bénéficieront d’un plus grand soutien. Les groupes œuvrant dans les parcs nous ont indiqués que leurs deux principaux besoins sont d’ordre financier et aussi de trouver une manière de remobiliser les citoyens pour qu’ils participent à nouveau aux rassemblements dans les parcs. Pour faciliter la tâche à ces groupes et les aider à lancer davantage de projets avec moins de démarches administratives et de frais, le personnel municipal peut faire équipe avec les citoyens et les organisations partenaires pour leur fournir des fonds et mettre en place des politiques simplifiant la demande de permis. Travailler avec les personnes influentes et les associations au niveau local peut permettre d’informer la population sur la manière de se réunir en toute sécurité, et de mettre en œuvre des programmes permettant aux gens de profiter à nouveau des parcs ensemble. 

Ressources :

 

Célébrer l’hiver

 

Crédit photo: Un parc de Montréal sous la neige, les Amis des parcs

 

On dit souvent que le Canada est un pays d’hiver, et c’est la réalité : pendant de nombreux mois de l’année, nous avons un temps humide et froid. Toutefois cet hiver, les gens continuent de fréquenter les parcs et les sentiers pour profiter du plein air, rester actifs et atténuer les effets de la dépression hivernale. Certaines villes canadiennes font beaucoup mieux que d’autres pour favoriser l’accès à leurs parcs pendant l’hiver (comme Calgary, Edmonton et Montréal). Tandis que beaucoup d’autres ne disposent pas de l’infrastructure adéquate ni de pratiques d’entretien adaptées pour faire face à la réalité hivernale, par exemple avec des toilettes non aménagées pour l’hiver et des sentiers qui ne sont pas déneigés régulièrement. 

En 2021, nous devons faire en sorte que les parcs et les sentiers soient accessibles pendant l’hiver à un plus grand nombre, notamment en laissant les toilettes ouvertes et en déblayant la neige et la glace pour que les usagers puissent les utiliser en toute sécurité. Et pour aider les citoyens à maintenir des liens sociaux et à rester actifs, davantage de soutien doit être apporté aux associations locales pour qu’elles puissent fournir des programmes sûrs et engageants pendant l’hiver. Ces projets n’ont pas besoin d’être onéreux ou compliqués : il suffit par exemple d’amener votre sapin de Noël dans votre parc pour que les autres puissent en profiter.

Lectures complémentaires :

 

Quel genre d’améliorations aimeriez-vous voir dans vos parcs en 2021? Dites-le-nous sur Twitter en indiquant : @park_people.

 

 

Rendu possible grâce à

 

 

 

Crédit photo de couverture: la bouche de la rivière Don naturalisée, Waterfront Toronto

 

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