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Ami·es des parcs
26 janvier, 2021 Montréal, Québec
On dit souvent que toutes bonnes choses ont une fin. Mais parfois, avec un peu de chance, cette fin peut être le début de quelque chose d’encore plus spécial. C’est exactement ce qu’il s’est passé au Parc Jarry dans l’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc-Extension à Montréal : le groupe citoyen Coalition des amis du Parc Jarry (CAP Jarry), bénéficiaire de la bourse TD Ami·es des parcs, y a fait renaître des cendres du temps des fêtes une Forêt Éphémère d’arbres de Noël recyclés, de rêves et d’espoirs.
Chaque Janvier, lorsque le temps des fêtes tire à sa fin, les sapins de Noël dénudés s’amoncellent sur les trottoirs, attendant lugubrement le service de ramassage de la ville. Au Canada, environ 6 millions de sapins se retrouvent à la décharge chaque année. S’ils ne sont pas recyclés correctement et simplement jetés, chaque arbre peut créer environ 16 kg de dioxyde de carbone. Non seulement cela représente une empreinte écologique importante, mais cela perd également une excellente opportunité de donner aux arbres une seconde vie plus percutante.
Le CAP Jarry, dirigé par Michel Lafleur, s’est engagé à relever ce défi cette année. Au lieu de la traditionnelle décharge, ils ont invité les résidents de Montréal à apporter leurs sapins de Noël dégarnis au Parc Jarry, à les planter dans des pots en bois construits pour l’occasion, et ainsi créer une Forêt Éphémère magique. Les familles et amis ont pu se promener librement entre plus de 250 arbres, tout en respectant les mesures de santé publique et de distanciation physique. Au bout des deux semaines d’installation, un service spécialisé en réaffectation du bois s’est chargé de ramasser et recycler les arbres adéquatement.
Pour ajouter à l’esprit magique de l’événement, les participants étaient invités à écrire leurs vœux pour la nouvelle année ainsi que leurs souhaits pour des nouveaux aménagements urbains dans leurs parcs et à les attacher à leur sapin. Cela a donné à chaque arbre une touche personnelle et a donné aux gens une chance d’exprimer leur vision de l’avenir. À une époque où les interactions sociales sont rares et où nous aspirons à interagir avec les autres, lire les souhaits personnels sur chaque arbre ressemblait à un échange intime avec les anciens propriétaires de l’arbre de Noël – leurs idées, leurs espoirs et leurs rêves pour l’avenir.
La forêt a créé un sentiment de connexion humaine à un moment où les gens en ont le plus besoin. Marcher à travers les centaines d’arbres au milieu du vaste parc Jarry fut une expérience inspirante, joyeuse et franchement magique.
“Tout le monde était souriant”, se rappelle Mme. Fumagalli, la maire de l’arrondissement VIlleray-St-Michel-Parc-Extension.
“Il y avait beaucoup de curiosité, une forme d’entraide, surtout une telle synergie… Le projet a eu d’énormes retombées positives”.
Ce qui a surtout marqué la maire Fumagalli, qui a eu un rôle facilitateur dans la planification de l’événement, c’est la manière extraordinaire dont les citoyens se sont appropriés et impliqués dans leurs parcs cet hiver. De la Forêt Éphémère aux hordes de Montréalais qui ont construit des bonhommes de neige dans les parcs de la ville après une tempête de neige, elle dit que nous voyons clairement «la nécessité pendant l’hiver d’avoir une sorte d’animation, surtout avec le contexte COVID actuel».
Une autre clé de la réussite de cet événement se trouve dans sa simplicité : l’idée est facilement transférable d’un parc à un autre, mais aussi d’une ville à une autre.
“Je suis certaine que c’est une idée qui fera boule de neige”, assure la maire Fumagalli. “Il y a tant de potentiel, autant pour les terrains vagues que les petits parcs. Le côté reproductible à petite échelle, facilement duplicable et demandant peu de ressources, ça rend cette initiative idéale”.
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