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Ami·es des parcs
30 juin, 2022 National - Canada Vancouver, Colombie-Britannique
En préparation de la Conférence d’Ami·es des parcs, qui se tiendra du 21 au 23 septembre 2022, Ami·es des parcs a rencontré Betty Lepps, la nouvelle directrice des relations urbaines de la Commission des parcs de Vancouver. Dans son précédent poste au BC Housing, Betty a participé à la réinstallation de plus de 280 personnes vivant au parc Strathcona. Elle a également contribué à la création du premier tribunal autochtone de justice réparatrice à Calgary. Formée en leadership dans le domaine de l’enfance et en sciences sociales, elle a travaillé sur les changements systémiques auprès des populations vulnérables, un engagement très apprécié aux niveaux local, municipal, ministériel et national.
Betty Lepps : Toute personne vivant dans une ville est considérée comme un·e résident·e. Et en tant que résident·e, chaque personne a des droits fondamentaux, et a droit au bien-être et à la dignité. La Ville fournit des aménagements intérieurs et extérieurs afin de favoriser le bien-être de ses résidentes et résidents. Cela vaut pour tout le monde, y compris pour les personnes qui vivent dans les parcs.
Pour ce faire, nous devons prendre en compte les notions d’équité et d’égalité. Nous ne pouvons pas donner à chaque usager et usagère des parcs ce dont il ou elle a besoin. Mais en termes d’égalité, tout le monde doit pouvoir ressentir les effets bénéfiques des parcs sur leur bien-être. Les parcs fournissent des services favorisant le bien-être des humains. Nous devons veiller à ce que toute personne vivant dans une ville dispose d’un accès universel à ces services.
C’est ça l’égalité et cela doit s’appliquer à tous les usagers et usagères des parcs : qu’ils soient à pied, qu’ils utilisent une poussette, qu’ils se déplacent en fauteuil roulant, qu’ils fassent du vélo ou qu’ils vivent dans le parc.
Mais je tiens à souligner que la responsabilité de veiller au bien-être des résidentes et résidents d’une ville ne relève pas uniquement des autorités municipales. Cette responsabilité appartient aussi à chaque personne vivant dans cette ville. Les personnes qui vivent dans les parcs font partie du tissu social d’une ville, c’est pourquoi il incombe à chaque personne qui y vit de veiller au respect de leurs droits et à leur bien-être.
BL : Ceci doit passer par quatre choses : la communication, la compréhension, le respect et la collaboration.
Tout le monde a un passé. Pour établir des relations, nous devons tenir compte du passé des gens afin de lutter contre la stigmatisation, la honte et les fausses représentations.
Dans mon poste de directrice des relations urbaines*, le premier du genre dans le pays, je me vois comme un intermédiaire entre des gens très différents afin de mettre en lumière leur passé respectif.
En 35 ans de carrière dans le développement communautaire, j’ai appris qu’il faut beaucoup de temps pour susciter un changement systémique. Mais c’est en maintenant le dialogue que l’on peut y parvenir.
Sans communication et sans compréhension, les gens se créent leurs propres représentations des autres. Ils se dissocient alors profondément d’eux et commencent à croire à ces fausses représentations. Certains peuvent se dire : « ces gens ne sont pas comme moi » ou « ces gens n’inspirent pas confiance » ou « voilà ce dont ces gens ont besoin ». Nos habitudes coloniales nous empêchent souvent d’être à l’écoute des autres et de chercher à les comprendre.
Le problème des personnes sans logement qui vivent dans les parcs ne relève pas d’un seul système. Cette question concerne autant la Commission des parcs de Vancouver, que les sapeurs-pompiers, les services de santé, la Ville, la province, les services du logement, et les résidents du quartier. Ceci concerne un grand nombre de parties prenantes. Et ceci constitue une occasion incroyable de créer un changement systémique. Si nous misons sur la collaboration, la communication, la compréhension et le respect, nous pouvons continuer d’avancer sur cette voie.
BL : Nous devons avant tout transformer notre culture. Pour que les services des parcs et loisirs soient au service des personnes qu’ils sont censés servir, nous devons être à l’écoute des gens et de leur passé respectif.
C’est la seule façon de changer nos perceptions internes et de transformer notre culture.
Pour l’instant, nous pensons que la responsabilité de « régler ce problème » incombe à d’autres ou relève de la compétence d’autrui. Certes, nous devons mettre en place des règlements et instaurer des limites, mais comment le faire sans avoir recours à la répression? Sans avoir recours aux amendes? Qu’en est-il du dialogue? Pourrait-on commencer par établir un dialogue?
Il n’existe pas de solution miracle pour « régler ce problème ». La seule manière de « régler ce problème » est de créer un changement systémique, et ceci passe par une écoute active. Ce n’est qu’à ce moment-là que des personnes de tous les horizons pourront profiter des parcs pour combler leurs besoins spirituels, physiques et émotionnels. Ce n’est qu’à ce moment-là que les parcs deviendront des endroits où chacun se sent en sécurité et bienvenu, et où les gens ont plaisir à se créer des souvenirs, comme il se doit.
Gérer la situation des personnes qui vivent dans nos parcs est une question d’équité et une responsabilité humanitaire, et c’est la voie que nous devons prendre pour y parvenir.
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