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Alors que Dave Harvey prend sa retraite de son poste de co-dirigeant chez Ami·es des parcs, il revient sur le chemin parcouru depuis la fondation de l'organisation en 2011.
Désireuse de changer les choses, Geneviève a réfléchi à la manière de répondre durablement au problème de la faim dans son quartier et a décidé de créer un écosystème agricole vivant et pédagogique composé de trois jardins urbains.
Avec le soutien d'Ami·es des parcs, VUFF a imaginé une forêt nourricière comme un refuge pour les communautés autochtones urbaines et les résident·es à faible revenu.
Le parc Jarry à Montréal, le secteur riverain de Toronto, le parc CRAB à Vancouver… De nombreuses personnes se mobilisent pour protéger les lieux qu’elles aiment.
Découvrez cette pratique en plein essor qui encourage les personnes à renouer avec la nature et les autres afin de favoriser leur bien-être mental, physique et social.
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Natalie Brown
Ami·es des parcs
21 septembre, 2026 National - Canada
En août dernier, plus d’un millier de personnes à Montréal ont manifesté pour l’avenir du parc Jarry, brandissant des pancartes exprimant leur attachement à ce lieu. Celles-ci protestaient contre la construction d’un nouveau stade de 15 000 places par Tennis Canada, une organisation qui gère des tournois professionnels et occupe actuellement environ 25 % de la superficie du parc. Si ce projet aboutissait, le stade empiéterait sur davantage d’espaces verts, y compris un terrain de baseball public.
L’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension s’est mobilisé en masse. Le parc Jarry est particulièrement crucial pour le bien-être des habitant·es du quartier Parc-Extension. Celui-ci est marqué par une forte précarité économique, un accès limité aux espaces verts et une vulnérabilité accrue aux vagues de chaleur en raison d’une surabondance de surfaces asphaltées.
La marche pour le parc Jarry a eu lieu seulement deux semaines après que le gouvernement fédéral a annoncé qu’il ne donnerait pas suite à l’expansion de l’aéroport Billy Bishop situé au bord du lac Ontario à Toronto. Ce projet d’extension, porté par le gouvernement de l’Ontario, avait suscité une forte opposition publique, notamment en raison de ses répercussions sur les îles de Toronto et le parc Little Norway. Organisée par le collectif NoJetsTO, une manifestation prévue s’est finalement transformée en célébration.
« Cette victoire contre l’expansion de cet aéroport ainsi que le parc [Biidaasige] illustrent une vision collective : d’un côté, elle démontre la conviction commune que se mobiliser auprès du gouvernement vaut encore la peine, même à une époque empreinte de cynisme. De l’autre, elle montre que la détermination acharnée des citoyennes et des citoyens en faveur d’une ville meilleure peut avoir des effets véritablement transformateurs. »
S’exprime John Lorinc, éditeur principal du magazine Spacing, au sujet de Toronto, mais cela s’applique tout aussi bien à Montréal. Le Front commun pour la protection du parc Jarry, une coalition regroupant divers activistes, ne se contente pas de s’opposer à ce qu’il ne veut pas : il porte aussi une vision ambitieuse de ce qui pourrait être possible à la place. Leurs revendications comprennent une demande faite à la Ville de Montréal de créer un conseil public composé d’usagères et d’usagers du parc Jarry et doté de véritables pouvoirs décisionnels. Si la planification et la mise en œuvre de ce projet se déroulaient comme escompté, celui-ci pourrait représenter une structure de gouvernance innovante. Et permettrait d’aller au-delà des consultations publiques ponctuelles pour s’orienter vers une collaboration à long terme, au niveau du pouvoir décisionnel, entre la municipalité et les citoyen·nes.
Que peut-on retenir de l’attachement à leurs parcs démontré cet été par les habitant·es de Toronto et de Montréal?
Patrick Corrigan pour le Toronto Star:
Il ne suffit plus de dire « faites-nous confiance ». Si les gouvernements veulent obtenir le soutien du public pour un projet ayant une incidence majeure sur le paysage urbain, ils doivent présenter leurs arguments de manière transparente. Évoquer des études de faisabilité secrètes, qu’il s’agisse d’un stade de tennis ou d’un aéroport, ne passera plus. Et plus cela se produira, plus les citoyen·nes perdront confiance dans la démocratie. Heureusement…
Des recherches* montrent que les grands mouvements de protestation, comme celui de la place Tahrir en Égypte en 2011, ne sont plus aussi efficaces qu’avant pour provoquer des changements. Les réseaux sociaux permettent aux organisateurs de mobiliser un grand nombre de personnes sans avoir à établir au préalable l’infrastructure militante (relations, réunions, collectes de fonds, etc.) qui était autrefois nécessaire. Les liens qui unissent ces activistes sont par conséquent peu solides.
Mais quand on se bat pour un lieu proche de chez soi, surtout un endroit que l’on fréquente quotidiennement, l’activisme devient alors beaucoup plus concret. Il repose sur les relations locales et les lieux où l’on se rassemble. On peut même le voir depuis sa fenêtre. Des interventions visuelles fortes, comme les projections lumineuses et les bannières sur les balcons du Front commun, tirent parti de ce lien direct avec le lieu et encouragent encore davantage de personnes à se sentir partie prenante du mouvement.
Les combats pour le parc Jarry et pour les bords du lac Ontario à Toronto ne sont pas encore gagnés. Mais la tendance semble s’inverser dans les deux cas. Si l’on imagine le jour où les activistes célébreront leur victoire, que pourrait-il se passer ensuite?
De nombreux mouvements de défense des parcs stimulent ou renouvellent l’implication et les initiatives portées par la population, qui perdurent pendant des années. Parmi mes exemples préférés, j’aimerais mentionner le parc CRAB à Vancouver. La lutte des résident·es pour favoriser l’accès public à l’eau a conduit à la création d’un parc unique au sein du port de Vancouver. CRAB qui signifie « Create a Real Available Beach » [Créer une vraie plage accessible] a été le cri de ralliement des personnes qui se sont battues pour la création de ce parc. Bien qu’il ait été inauguré sous le nom de parc Portside en 1987, la Commission des parcs de Vancouver a reconnu en 2004 qu’il était désormais, et pour toujours, le parc CRAB, et lui a rendu son nom d’origine.
À Toronto, la création du groupe de travail Bring Back the Don pour la revitalisation de la rivière Don est née du travail de plaidoyer des citoyen·nes* qui organisèrent en 1969 de fausses funérailles de la rivière Don afin d’attirer l’attention du public. Par la suite, des projets visionnaires de renaturalisation, comme le parc Biidaasige*, verront le jour. Même si beaucoup refuseraient encore de boire un verre d’eau de la rivière Don, la population aussi bien que la faune rétablissent aujourd’hui leur lien avec ce cours d’eau d’une manière qui suscite une immense joie partout à Toronto. Grâce à l’ingéniosité des étudiant·es à l’origine de cette mobilisation, et à bien d’autres personnes depuis.
Chez Ami·es des parcs, nous observons souvent dans notre travail des groupes évoluer de la mobilisation pour les espaces verts vers la préservation environnementale de ces lieux. Ce nouveau rôle s’appuie sur les apprentissages et les relations développés au cours de leur mobilisation, mais les amène aussi à acquérir de nouvelles compétences et à développer de nouvelles idées. Libérés de la nécessité de s’organiser autour d’un adversaire commun, les groupes qui se mobilisent pour les parcs sont à la fois mis au défi et encouragés à porter une vision résolument positive pour leur espace, en transformant leur attachement à celui-ci en un engagement à long terme pour le protéger et permettre à d’autres d’en profiter.
« En bref, on peut comprendre cette période étrange comme une confrontation épique entre un avenir imaginé et un présent rendu réel par des milliers d’actes individuels d’imagination »,
John Lorinc encore une fois.* « Un présent rendu réel par des milliers d’actes individuels d’imagination » : voilà qui ressemble à une revitalisation de la sphère civique, prenant racine dans les possibilités plutôt que dans la peur. Et tout commence dans les parcs.
In 2026, 34 organizations across the country are receiving the Park People Nature Connect Fund. Through nature-based activities, hands-on ecological stewardship and restoration and other forms of landcare, they will help people and nature thrive together.
In 2026, 72 community groups and organizations across the country are receiving TD Park People Grants. They’ll be bringing people together in parks and green spaces through creative, inclusive, and environmentally focused events.
Découvrez les projets des Champion·nes des parcs urbains de Montréal qui transforment des espaces sous-utilisés en lieux verdoyants favorisant la biodiversité, la résilience climatique et la vie de quartier.