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Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2021 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

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Un mur de soutènement constitue un élément d’infrastructure, mais qu’en est-il d’un parc au bord de l’eau?

Reconnaissant les avantages des espaces verts en matière de résilience climatique, comme la protection contre les inondations, de nombreuses Villes canadiennes se dirigent de plus en plus vers des solutions fondées sur la nature qui considèrent les parcs comme des éléments clés de l’infrastructure verte. 

Selon les chercheurs, les solutions fondées sur la nature* sont « des solutions inspirées de la nature, qui s’appuient sur la nature ou la copient » et qui comprennent « la valorisation, la restauration, la création et la conception de réseaux écologiques se caractérisant par la multifonctionnalité et la connectivité. »

En d’autres termes, au lieu de tuyaux et de murs en béton, nous pouvons construire des parcs qui imitent ou valorisent les processus naturels, comme un étang qui protège des inondations en retenant l’eau. Ces lieux offrent alors des avantages en matière de résilience climatique et créent des espaces de loisirs et des habitats naturels, ce qu’un tuyau ne peut pas faire.

Afin de présenter les espaces naturels urbains comme des infrastructures, certains chercheurs canadiens sont d’avis que nous devons d’abord comprendre comment ces espaces naturels permettent de créer une ville fonctionnelle et résiliente face aux changements climatiques. Ceci passe notamment par l’attribution d’une valeur financière aux services rendus par un espace vert, comme la quantité de carbone qu’il absorbe ou la manière dont il contribue à résorber les eaux de pluie.
Sans cette prise en compte, la préservation ou la valorisation des espaces verts pourraient pâtir d’un manque d’incitations économiques, des espaces qui seraient alors sous-évalués par rapport à d’autres utilisations foncières, comme les routes, affirment les auteurs d’une étude réalisée à Montréal*. Selon eux, pour « endiguer ce problème », nous pouvons « démontrer la contribution économique réelle du capital naturel en matière de bien-être et tenir compte du coût de la dégradation de ces infrastructures. »

Dépression pour retenir l’eau. Crédit : Jake Tobin Garrett

Comptabiliser les actifs naturels

C’est ce que certaines Villes canadiennes espèrent faire. Les nouveaux plans de lutte contre les changements climatiques de Calgary, Guelph et Edmonton envisagent des études d’évaluation des actifs naturels. Et l’Initiative des actifs naturels municipaux (MNAI), un organisme à but non lucratif dont la mission est d’« aider les municipalités à comptabiliser les actifs naturels », a lancé un nouveau projet* en collaboration avec 22 municipalités canadiennes, dont Charlottetown, Kelowna, Surrey, le Canton de Langley, Winnipeg, Mississauga et Halifax. 

Avec l’appui de ces Villes, ce projet prévoit de recenser les biens naturels en répertoriant leur localisation et leur état. Cette démarche peut aider les Villes à accroître leur résilience climatique en protégeant et en valorisant leurs actifs naturels, tels que les bois, ruisseaux et autres espaces naturels. Selon le MNAI : « Les actifs naturels peuvent fournir le même niveau de service que de nombreux actifs construits par l’homme, et souvent à un coût bien moindre au niveau financier et environnemental. »

Cette initiative a attiré l’attention des partisans de cette cause, comme Michael Polanyi, responsable des politiques de Nature Canada. Il voit dans ce travail une manière de mieux prendre en compte les services rendus par les espaces naturels dans les activités de planification. 

Le fait de montrer clairement « à quel point nous sommes dépendants des services intangibles que fournit la nature semble être l’élan dont nous avons besoin pour changer la façon dont nous prenons des décisions », dit Michael Polanyi. « Les conseillers municipaux et les décideurs sont tellement focalisés sur l’aspect économique des choses. Tant que les services rendus ne sont pas visibles, il est difficile de justifier pourquoi on devrait investir dans la protection. » 

Des études indépendantes ont tenté de mettre en lumière certains de ces services intangibles, du moins sur le plan financier. 

Un rapport des Services économiques TD de 2014* sur la valeur des forêts urbaines à Halifax, Montréal et Vancouver a montré que la qualité de l’air, la gestion des eaux pluviales, l’énergie (coûts de chauffage et de refroidissement) et la séquestration du carbone engendraient des économies financières. Le rapport a montré que, pour chaque dollar consacré à leur entretien, les arbres génèrent chaque année des bienfaits allant de 2 $ à Montréal jusqu’à 13 $ à Halifax. Un rapport similaire réalisé à Toronto a révélé que les bienfaits annuels procurés par les arbres se chiffraient à 80 millions de dollars pour les Torontoises et Torontois, soit environ 125 $ par résident. 


Pluie dans un parc. Crédit : Jake Tobin Garrett

Une évaluation difficile à réaliser

Les Villes entendent réaliser elles-mêmes ce type d’évaluation, en tenant compte dans leurs calculs non seulement des arbres, mais aussi de l’ensemble des espaces verts. 

Selon Leya Barry, superviseure des projets contre les changements climatiques à Mississauga, une étude réalisée en 2016 par le Bureau d’assurances du Canada sur les phénomènes climatiques a été un véritable « déclencheur » pour la Ville pour lutter contre les changements climatiques. « Cette étude a illustré clairement ce qu’il va se passer si nous ne commençons pas à être plus proactifs et à voir les choses dans leur globalité. »

Cette étude a révélé* que le coût d’une tempête de verglas extrême pourrait engendrer jusqu’à 38 millions de dollars de dégâts à Mississauga.

Face à cette réalité, la municipalité a commandé une évaluation des risques climatiques* pour trois de ses parcs. Alors que l’on utilise généralement ce processus pour évaluer les infrastructures matérielles, comme les ponts, la Ville souhaitait aussi examiner ses infrastructures naturelles afin de mieux comprendre le risque encouru pour ses espaces verts, explique Leya Barry. Selon cette étude, les menaces les plus importantes étaient liées aux inondations, aux tempêtes de verglas, à la chaleur et au vent, ce dernier facteur pouvant grandement endommager les arbres de la Ville, selon Leya Barry.

Cependant, le fait d’attribuer une valeur aux espaces naturels, comme les installations de traitement des eaux pluviales, les parcs et même les terrains de sport, peut s’avérer délicat. 

« Il est très difficile d’estimer les actifs naturels d’un point de vue strictement financier, car cette démarche ne tient pas compte de tous les autres avantages et services que ces actifs fournissent », dit Leya Barry. « Par exemple, si l’on a dépensé 400 $ pour un arbre et que l’on pense que le coût de remplacement sera de 400 $, ce serait vraiment simplifier les choses et cela pose certains problèmes. » 

D’après elle, la municipalité ne sait pas comment la valeur culturelle sera calculée, mais elle espère qu’elle le sera lorsque la Ville commencera le processus d’évaluation. 

D’autres villes sont également confrontées à la difficulté d’attribuer une valeur financière aux espaces verts. 

Comment évaluer les avantages sociaux des parcs et les liens qu’ils permettent de créer entre voisins? Qu’en est-il du plaisir esthétique de voir les rayons du soleil à travers les feuilles? Ou l’effet relaxant que nous ressentons quand nous marchons dans une forêt en ville? Est-il pertinent de considérer les parcs en termes financiers? Le fait de les réduire à des aspects économiques risque-t-il de faire disparaître leurs avantages plus intangibles, pourtant cruciaux?

À cet égard, la nouvelle Green Strategy* de Saskatoon, publiée en 2020 en même temps que l’étude Natural Capital Asset Valuation*, aborde la difficulté d’utiliser la terminologie financière pour décrire la valeur des biens naturels. Cette étude a été financée dans le cadre du programme Municipalités pour l’innovation climatique de la Fédération canadienne des municipalités. 

L’étude de Saskatoon décrit les services écosystémiques à évaluer, comme la séquestration du carbone, la pollinisation, la qualité de l’air et la régulation climatique, la production fourragère, ainsi que la santé mentale et physique. L’étude comprend également des évaluations de la vulnérabilité des écosystèmes clés, comme les zones humides, les prairies et les forêts. 

Si l’étude d’évaluation a également mis en évidence l’importance culturelle, patrimoniale et esthétique des parcs, ses conclusions ont montré qu’il était nécessaire de reconnaître davantage ces atouts et qu’il était difficile « de les quantifier sur le plan financier ». Les auteurs de cette étude ont également conclu qu’il était important d’inviter les parties prenantes à y exprimer des points de vue différents sur les services fournis par les écosystèmes, comme les services culturels.

D’après le personnel de la Ville, « la nature et les espaces culturels ne doivent pas uniquement être perçus d’un point de vue capitaliste. Selon leurs visions du monde, de nombreux Autochtones voient la terre comme sacrée et estiment que les humains ne devraient pas la considérer en termes économiques », ajoute-t-il. « Lorsque nous adoptons une approche de gestion des actifs, il ne faut pas perdre de vue la valeur intrinsèque de la nature. »

Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2021 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

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Alors que les changements climatiques engendrent davantage de sécheresses, d’inondations et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes, les Villes canadiennes se lancent dans une nouvelle phase de planification pour leurs parcs en les considérant comme des infrastructures écologiques. Pour ce faire, les espaces verts doivent être pensés de manière à améliorer les processus naturels, notamment en les transformant en véritables éponges pour absorber l’excès d’eau de pluie et réduire les risques d’inondation. 

Ces parcs remplissent une triple fonction : atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes, renforcer la biodiversité en augmentant la surface d’habitat naturel et offrir des lieux de rencontre et de loisirs. Toutes ces initiatives bénéficient d’ailleurs de l’appui de la population. En effet, 92 % des quelque 3500 personnes interrogées en avril 2021 dans le cadre de notre sondage pancanadien ont dit vouloir que les parcs intègrent des infrastructures résilientes aux changements climatiques.

Qu’il s’agisse de transformer des rues en oasis de verdure, de concevoir des parcs autour du thème de l’eau ou de ramener à leur état naturel l’embouchure de certaines rivières, les huit projets suivants nous permettent d’imaginer des villes plus résilientes face aux changements climatiques.

Processus de planification

Plan directeur pour l’aménagement des terrains vacants dans les districts de Pointe-Gatineau et du lac Beauchamp, Gatineau

À la suite des importantes inondations survenues en 2017 et 2019 dans les districts de Pointe-Gatineau et du lac Beauchamp, les propriétés lourdement touchées ont été cédées à la Ville et les résidents relogés. Un processus de plan directeur pour aménager ces lots vacants a été lancé en 2020, sous la direction du Conseil régional de l’environnement et du développement de l’Outaouais, avec un comité de travail auquel Ami·es des parcs a également participé.

Par ce plan directeur, la Ville souhaitait, avec l’apport de la communauté, repenser les secteurs longeant la rivière Gatineau afin d’améliorer la protection contre les inondations. Plutôt que de proposer des transformations d’envergure, le plan met de l’avant une approche sous forme de boîte à outils à l’échelle du lot, avec un ensemble d’actions pouvant être mises en place selon le contexte local, soit par la Ville, soit par des groupes communautaires. Cette boîte à outils comprend 25 typologies réparties en cinq catégories :

  • Terrains nature : Terrains aménagés pour laisser la nature s’épanouir. Options : lots pollinisateurs, prairies, zones boisées.
  • Terrains nourriciers : Terrains qui bénéficient à la fois aux résident·e·s et à la nature. Options : arbres fruitiers, agriculture urbaine, serres.
  • Terrains rassembleurs : Terrains offrant des lieux de rencontre sociale. Options : tables communautaires, espaces de jeu (terrains de basketball), amphithéâtre, art communautaire, parcs canins.
  • Terrains riverains : Terrains intégrant l’eau et la terre. Options : terrasses riveraines, bassins de drainage, passerelles.
  • Lots éponges : Terrains offrant des fonctions écologiques. Options : plantations d’hydrophytes.

« L’un des objectifs principaux du projet était de susciter un élan et d’inspirer les gens à passer à l’action, » souligne Manon Otto, du studio Mandaworks*, urbaniste du projet. « Nous devions canaliser leur énergie et leur intérêt en proposant une boîte à outils entièrement démocratique. »

Pour une analyse plus approfondie de ce projet, consultez l’étude de cas d’Ami·es des parcs réalisée grâce au soutien du Centre Intact d’adaptation au climat.


Typologies de lots dans le plan directeur de Gatineau. Credit: CREDDO

Retour à l’état naturel de l’embouchure de la rivière Don et protection de la zone portuaire contre les inondations, à Toronto

Sur les rives du lac Ontario à Toronto, un immense parc et un nouveau quartier sont en train de voir le jour. 

Mené par l’organisation Waterfront Toronto en collaboration avec la municipalité, le projet visant à rétablir l’état naturel de l’embouchure de la rivière Don et à protéger la zone portuaire des inondations permettra de créer de nouveaux parcs et habitats naturels. En redonnant à l’embouchure de la Don son caractère naturel et en créant un nouveau quartier insulaire, il garantira également une protection contre les inondations.

Selon Shannon Baker, directrice du projet « Parks and Public Realm » de Waterfront Toronto, le projet vise à créer un rempart contre une éventuelle inondation à l’échelle régionale, mais aussi contre toute fluctuation du niveau du lac. Michael van Valkenburgh Associates, une société d’architectes paysagistes, a étudié l’embouchure des rivières, ainsi que les zones humides au bord du lac Ontario, afin de définir l’approche conceptuelle de ce projet. 

L’objectif n’est pas de retenir l’eau ou de l’empêcher de monter et de descendre, mais « de l’accepter et de renforcer notre résilience, comme le ferait un système naturel », dit Shannon Baker. Pour ce faire, les experts ont soigneusement choisi des espèces végétales « capables de se plier et de fléchir en permettant à l’eau de passer. »

Le réaménagement de l’embouchure de la rivière demande de tenir compte de l’interdépendance des différents écosystèmes. D’après Pina Mallozzi, directrice du projet de Waterfront Toronto, il est important d’accorder une attention particulière aux espèces de plantes utilisées dans les zones humides. En raison des sédiments et d’autres détritus amenés par la rivière dans les zones humides adjacentes, il a fallu choisir les plantes avec soin pour s’assurer qu’elles puissent résister à ces conditions. 

« Il s’agit d’un projet très complexe, mais lorsqu’il sera terminé, on aura l’impression d’être dans un grand parc naturel et vert, et c’est ce qui en fera toute la réussite », dit Pina Mallozzi.

Carte d'un parc
Renaturalisation de l’embouchure de la rivière Don à Toronto. Crédit : Waterfront Toronto

Sustainable Neighbourhood Action Program, à Brampton

Selon le personnel de la Ville de Brampton, le Sustainable Neighbourhood Action Program* (SNAP) repose sur un « modèle de collaboration avec les quartiers en faveur de la rénovation urbaine durable et de la lutte contre les changements climatiques ». SNAP « vise à responsabiliser les résidents en les incitant à trouver des solutions adaptées à leur quartier et à créer des lieux de convivialité ».

Le programme s’appuie sur divers partenariats, notamment avec la Ville de Brampton, l’Office de protection de la nature de la région de Toronto, la Credit Valley Conservation Authority, la région de Peel, ainsi que des organisations citoyennes et des entreprises. Grâce à ces partenariats, SNAP tient compte à la fois des besoins de la population et des priorités de la Ville en matière de résilience pour créer un plan d’action personnalisé à travers différents projets, tels que la modernisation des espaces existants. 

En 2020, le projet SNAP County Court* a lancé l’initiative « Upper Nine Pond » dans le quartier County Court de Brampton. L’objectif était de répondre aux besoins en matière de résilience et d’espace public de la population en réaménageant le bassin de traitement des eaux pluviales afin d’améliorer la qualité de l’eau et créer « un espace public attrayant comprenant un sentier, des bancs et des éléments naturels », explique le personnel. 

People sitting around a table over a map
Atelier Climate Ready County Court. Crédit : Office de protection de la nature de la région de Toronto

Développement du parc

RBJ Schlegel Park, à Kitchener

Achevé en 2020, ce parc de 17 hectares permet de gérer sur place la totalité des eaux pluviales. Il a également la capacité de retenir davantage d’eau que celle produite par une crue à récurrence de 200 ans. Les éléments d’infrastructures écologiques du parc, comprenant 9000 mètres carrés de jardins pluviaux, ont bénéficié d’une subvention de 750 000 $ du programme « Municipalités pour l’innovation climatique » de la Fédération canadienne des municipalités, financée par le Gouvernement fédéral.

D’après le personnel de la Ville, l’aire de jeux d’eau dans le parc dispose aussi du premier système d’eau à double usage de l’Ontario. Ce système recueille et traite l’eau sur place et la réutilise pour l’irrigation, réduisant ainsi la quantité d’eau utilisée dans le parc.

Parc RBJ Schlegel à Kitchener. Crédit : Ville de Kitchener

Saigon Park, à Mississauga

Ouvert en 2019, Saigon Park*, d’une superficie de 3,5 hectares, est doté d’un important centre de traitement des eaux pluviales créé à partir d’un bassin central conçu pour protéger les quartiers voisins d’une crue à récurrence de 100 ans. Le bassin ainsi que les espèces végétales qui y ont été plantées améliorent l’habitat aquatique et la qualité de l’eau. 

En outre, le parc comprend un circuit pédestre d’un kilomètre doté d’équipements de conditionnement physique. Des installations artistiques publiques viennent aussi valoriser l’environnement, comme l’œuvre intitulée « A Year in Weather » de l’artiste Ferruccio Sardella. 

Sur le site dédié à sa collection d’art public*, la Ville indique que « cette œuvre vise à honorer le projet de traitement des eaux pluviales de Saigon Park. Elle symbolise l’équilibre entre les phénomènes météorologiques, les systèmes naturels et l’environnement bâti. »

Sculpture du parc Saigon à Mississauga. Crédit : Ce Lavie

Dale Hodges Park, à Calgary

Lauréat en 2021 du Prix d’excellence du jury de l’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) pour ses paysages publics à grande échelle, Dale Hodges Park à Calgary a transformé une ancienne carrière de gravier au bord de la rivière Bow en un parc de 40 hectares. Il dispose aussi d’un centre de traitement des eaux pluviales capable de résorber les eaux de ruissellement de plus de 1700 hectares alentour. 

Qualifié de « nouveau type d’espace public à haute performance » sur le site de l’AAPC, Dale Hodges Park représente « le parcours des eaux pluviales à travers une série d’expériences conçues en collaboration avec les services des parcs, des ressources en eau et de l’art public de la Ville, en mettant l’accent sur la manière dont circule l’eau dans le paysage ».

People walking in a park
Parc Dale Hodges à Calgary. Crédit : 02 Planning + Design

Transformation en allée verte


Avenue McGill, Montréal

Grâce à un projet de conception sélectionné suite à un concours ouvert, Montréal veut faire passer l’avenue McGill en plein cœur du centre-ville d’une rue bitumée à un paysage naturalisé. Le lauréat du concours de design est celui qui a le mieux répondu aux objectifs de la Ville : élargir les espaces verts, réduire l’effet des îlots de chaleur urbains dû aux surfaces bitumées et augmenter la résilience et la biodiversité grâce à un choix de plantes riche et diversifié.

L’équipe qui a remporté le concours entend réinventer l’Avenue, en la transformant en une série de petits « salons naturels » et conviviaux, reliés par un long banc-bordure et une rigole de drainage. Ce nouvel espace offrira aux usagers du centre-ville une immersion quotidienne dans la nature, qui contraste avec la densité et le niveau de développement du quartier environnant.

Augmenter les espaces verts et la couverture forestière dans un environnement urbain dense en réaménageant une rue afin qu’elle ressemble davantage à un parc permettra à la ville de s’adapter aux effets des changements climatiques, explique Noémie Bélanger, conseillère en aménagement pour le Projet Sainte-Catherine Ouest et McGill College. Cependant, transformer une rue en un environnement plus naturel peut s’avérer difficile en raison des installations de services publics souterrains pouvant entraver les projets horticoles en surface.

Implanter une jeune forêt en plein milieu d’un centre-ville de manière à ce qu’elle favorise la biodiversité au niveau fonctionnel requiert la participation d’experts capables d’anticiper la croissance des strates végétales et leur entretien. La Ville a d’ailleurs vu ce projet comme une possibilité de faire participer la population, ainsi que des chercheurs universitaires. Selon Noémie Bélanger, bien que les pratiques de planification aient tendance à adopter des approches plus écologiques et que les Villes intègrent davantage ces critères dans leurs exigences de conception, elles doivent en faire plus pour élaborer des instruments en mesure de surveiller l’évolution des changements climatique dans les parcs urbains et d’évaluer les risques.

Réaménagement de l’avenue McGill. Crédit : SNC-Lavalin, civiliti, Mandaworks

St George Rainway, à Vancouver

Le projet St George Rainway montre le potentiel de faire renaître d’anciens cours d’eau, en les faisant ressortir de terre et illustre toute l’importance des revendications citoyennes pour faire émerger de nouvelles idées. Né il y a plus de 10 ans à partir de l’idée ambitieuse des résidents de restaurer un cours d’eau disparu dans le quartier de Mt Pleasant à Vancouver, ce projet s’apprête à passer au stade de la consultation publique organisée par la Ville. 

« La rue St George était autrefois traversée par le ruisseau te Statlew, aussi connu sous le nom de St George Creek », indique le site de la Ville dédié au projet. « Au début du 20e siècle, ce ruisseau historique a été enseveli pour y construire à la place des rues et des habitations. Le projet St George Rainway entend réimaginer cette voie d’eau historique en créant des infrastructures écologiques pour capter et filtrer les eaux de pluie venant des rues et des trottoirs adjacents ».

« Ce projet fournira non seulement des services essentiels, comme la gestion des eaux de pluie, mais il constituera aussi une trame bleue et verte unique qui améliorera l’espace public et les rues, et apportera plus de verdure et de biodiversité dans le quartier », indique la Ville.
Ce projet fait suite à d’autres initiatives visant à faire renaître les cours d’eau de Vancouver, notamment à Tatlow Park et Volunteer Park, que nous avions mentionnés dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada de 2020.

Idées de l’atelier St George Rainway. Crédit : Ville de Vancouver et Erica Bota

Tout grand projet de parc public commence par une grande idée, et souvent un petit coup de pouce financier pour la concrétiser. 

Si votre groupe œuvrant pour un parc rêve de créer un nouveau jardin pour pollinisateurs, d’organiser un festival artistique ou même d’embaucher une nouvelle personne pour gérer l’organisation, obtenir une bourse peut être d’un grand soutien pour réaliser et soutenir vos ambitions.

Toutefois, remplir une demande de bourse peut sembler un peu intimidant. Voilà pourquoi nous avons élaboré ce guide afin de vous accompagner à travers les différentes étapes, et de vous fournir des conseils utiles et des ressources qui vous faciliteront la tâche. 

Faisons en sorte que votre projet reçoive le soutien qu’il mérite !

Qui octroie des bourses ?

Plusieurs types d’organismes offrent un soutien financier aux groupes citoyens œuvrant pour un parc :

  • Fondations privées : elles disposent d’une réserve d’argent dédiée aux projets caritatifs (souvent spécifiques).
  • Organismes gouvernementaux aux niveaux municipal, provincial et fédéral : ils disposent de services ou de ministères spécifiques (immigration, culture ou environnement) offrant des programmes de bourses.
  • Grandes entreprises : elles possèdent souvent des programmes de bourses liés à leurs objectifs en matière de relations avec le public ou de marketing. 

Voici comment identifier les offres les plus pertinentes pour votre groupe : 

  • Commencez par lire notre ressource sur les programmes de bourses disponibles dans différentes villes*.
  • Renseignez-vous sur les groupes œuvrant dans votre secteur d’activité et situés dans la même région que vous pour savoir qui finance leurs activités. Consultez leur site web, lisez leurs rapports annuels ou appelez-les tout simplement !
  • Demandez à votre entourage si une personne a de l’expérience dans la collecte de fonds et est prête à rechercher des bourses pertinentes pour vous. Beaucoup de spécialistes de la collecte de fonds ont accès à des bases de données recensant des programmes de bourses qu’il n’est pas toujours possible de trouver en faisant une simple recherche sur Internet.

Choisir une bourse

Rédiger une demande de bourse prend du temps et de l’énergie, alors soyez stratégique sur celles auxquelles vous voulez postuler. Examinez attentivement les critères de chaque bourse pour veiller à ce que votre groupe ait une chance d’être sélectionné (ou même de voir si vous avez le droit de poser votre candidature). Vérifiez les informations suivantes :

  • Montant de la bourse : En règle générale, plus la bourse est élevée, plus la procédure de demande est complexe et plus la concurrence est forte. Votre groupe pourrait commencer par une bourse d’un montant plus faible pour se familiariser avec la rédaction d’une demande de subvention avant de chercher à obtenir un financement plus important.
  • Calendrier de la bourse : Regardez les dates indiquées. Aurez-vous le temps de constituer un dossier de candidature complet avant la date de clôture ? Si votre demande est acceptée, les fonds seront-ils disponibles à temps pour réaliser votre projet ?
  • Exigences organisationnelles : De nombreuses subventions exigent que vous disposiez de certains systèmes ou statuts préalablement établis. Par exemple, on pourrait exiger que votre groupe soit une organisation caritative enregistrée, avec un conseil d’administration, pour être éligible. 
  • Cible géographique : Est-ce que vous œuvrez dans la zone couverte par le bailleur de fonds ?
  • Caractère unique de votre projet : Bien que les bailleurs de fonds soutiennent souvent de nombreux groupes travaillant sur une problématique similaire, si votre demande est trop semblable à une initiative financée récemment, ils pourraient la considérer comme redondante. Consultez leur site web pour trouver la liste des projets qu’ils ont financés. Mieux encore, contactez un membre de leur équipe pour demander si votre projet pourrait les intéresser.

Établir votre budget

Tout organisme subventionnaire souhaite savoir si vous disposez d’un budget réaliste et détaillé pour votre projet. Votre budget doit :

  • Dressez la liste de toutes vos dépenses potentielles, en les classant par catégorie. Faites preuve d’exactitude et de réalisme autant que possible 
  • Indiquez la valeur monétaire de ce dont vous disposez déjà, comme les dons, le temps des bénévoles, l’espace nécessaire à l’organisation de l’événement, les services ou les biens.
  • Additionnez ensuite toutes les catégories pour obtenir le montant total nécessaire et la valeur de ce que vous possédez déjà. Si la bourse que vous visez ne suffit pas à couvrir toutes vos dépenses, rédigez un résumé expliquant comment vous comblerez la différence.

Rédaction percutante


De nombreuses organisations méritantes se disputent les bourses proposées. Pour sortir du lot, racontez l’histoire de votre groupe d’une manière convaincante afin de capter l’attention des bailleurs de fonds. Voici nos principaux conseils pour rédiger des textes persuasifs :

  • Adopter le même ton. Commencez par lire attentivement le site web du bailleur de fonds en question pour voir comment celui-ci décrit son travail et son impact. Par exemple, s’il adopte un ton formel et axé sur les données, évitez un langage trop fleuri ou vague dans votre candidature. Ou bien, s’il publie souvent des récits personnels de ses bénéficiaires, envisagez d’adopter une approche plus narrative dans votre demande.
  • Contribuer à ses objectifs. Quel est l’objectif du bailleur de fonds ? Imaginons que vous souhaitez organiser un atelier dirigé par des personnes autochtones visant à identifier les plantes sauvages. Si l’objectif du bailleur de fonds est la durabilité écologique, vous pouvez souligner comment cet atelier permettra aux personnes participantes d’apprécier et de respecter leur environnement. Si son objectif est de renforcer la cohésion sociale et l’engagement civique, expliquez comment l’atelier contribuera à rassembler les gens et à améliorer leur sensibilité culturelle. 
  • Commencer à partir du début. Partez du principe que la personne qui lira votre demande de bourse ne connaît ni votre organisation ni votre projet. Décrivez brièvement l’histoire de votre groupe, son fonctionnement, l’impact qu’il a eu, le contexte social dans lequel vous opérez et l’importance de votre travail.
  • Faire preuve de clarté, de simplicité et de concision. Cherchez à faire passer votre message en utilisant le minimum de mots – et des mots simples. Faites des phrases courtes et pensez à utiliser un vérificateur de lisibilité pour garantir que votre texte soit compréhensible pour tous les niveaux de lecture.
  • Se baser sur des données probantes. Dans la mesure du possible, citez des exemples concrets de ce que votre groupe a déjà réalisé afin de renforcer la confiance dans votre projet. Évitez de parler de ce que vous souhaiteriez voir se produire ou de ce que vous pourriez faire à l’avenir.
  • Démontrer votre engagement en faveur de l’inclusion. Les bailleurs de fonds souhaitent soutenir des projets qui s’adressent à leur public de manière significative. Démontrez comment le travail de votre groupe favorise l’équité, notamment en proposant des programmes qui reflètent la diversité de votre quartier (âge, ethnicité, capacité physique, langue, etc.).
  • Montrer les effets durables. De nombreux bailleurs de fonds voient leurs dons comme des investissements. Ils espèrent que les projets qu’ils financent auront un impact durable après l’octroi des fonds initiaux. Expliquez comment leurs fonds seront utilisés pour renforcer les capacités de votre groupe, par exemple en engageant de nouveaux bénévoles pour soutenir votre travail.
  • Relire, et relire encore. Quel que soit le nombre de fois où vous relisez votre demande de bourse, il est fort probable que des petites erreurs vous échapperont. Avant de transmettre votre demande, demandez à une autre personne de relire ou de corriger votre travail. Demandez-lui de vérifier que la terminologie utilisée est cohérente, et que vous suivez bien les instructions requises par le bailleur de fonds et répondez directement aux questions. Il faut aussi veiller à ce que toutes les pièces jointes et tous les documents requis soient fournis exactement comme demandé.

Bien gérer le refus

Vous avez envoyé votre demande et avez reçu la mauvaise nouvelle : votre projet n’a pas été retenu pour la bourse. C’est décevant, certes, mais n’oubliez pas qu’un « non » peut souvent dire « pas encore ». Si votre demande a été rejetée, contactez le bailleur de fonds pour lui demander de vous faire part de ses commentaires sur sa décision. Il se peut que votre projet réponde mieux aux critères d’une autre bourse, ou bien qu’il manquait un élément que vous pourrez ajouter lors du prochain cycle d’octroi de bourses. 

Célébrer le succès


Hourra, votre candidature a été retenue ! Est-ce qu’on peut sortir le champagne ? Pas tout à fait. Tout d’abord, commencez par :

  • Envoyer un message de remerciement au bailleur de fonds
  • Confirmer comment et quand vous recevrez les fonds
  • Demander si le bailleur de fonds requiert des documents supplémentaires
  • Préciser comment il souhaite être reconnu par votre groupe (en affichant leur logo, etc.)
  • Vérifier les exigences en matière d’établissement de rapports et instaurer un système pour le suivi financier et pour les autres résultats.
  • Sauvegarder tous les documents liés à votre demande de bourse. Cela vous servira de modèle de ce qui a fonctionné et pour votre prochaine demande de subvention.

Maintenant vous pouvez aller fêter ça !

Vous êtes responsable d’un groupe voué aux parcs ou vous cherchez à en créer un et vous vous interrogez sur la meilleure structure de gouvernance? Le modèle d’équipe est une approche efficace pour travailler ensemble vers des objectifs communs. Ce modèle peut varier selon la nature de votre groupe et votre style de leadership. Voici un aperçu concret de son application au sein de deux groupes citoyens.

Sans surprise, l’organisation des groupes voués aux parcs est différente de celle des organismes sans but lucratif comptant des employés rémunérés. Pour beaucoup de bénévoles, la participation à la valorisation des parcs est une « activité bénévole » qui se greffe à leurs nombreuses responsabilités professionnelles et familiales.

Grassroots Growth, un projet de Volunteer Toronto, présente les divers modèles de gouvernance communs aux petits organismes comme la plupart des groupes communautaires voués aux parcs. Nous verrons le modèle d’équipe et les différences dans son application dans deux groupes voués aux parcs.

Pour cela, nous nous sommes entretenus avec Louise O’Neill, responsable de l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park* (FCTMP) à Scarborough en Ontario, qui est récemment passé d’un modèle à un seul leader fort à un modèle de leadership d’équipe. Nous avons également parlé à Ana Cuciureanu de Friends of Parkway Forest Park* (FPFP), un organisme de Toronto qui a adopté une version hybride du modèle d’équipe, et qui trouve cette formule efficace.

Par modèle d’équipe, on entend que « tous les bénévoles travaillent ensemble pour prendre les décisions ». Il est logique d’adopter un modèle d’équipe pour un petit groupe : vous cherchez des moyens d’inclure les autres dans la prise de décisions et d’éviter que le responsable ne s’épuise à la tâche en portant tout le fardeau. Vos idées et vos solutions peuvent s’avérer plus créatives et il peut être gratifiant pour les membres de l’équipe de partager le fardeau.

Faire équipe pour en faire plus


Au début, l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park appliquait un modèle à un seul leader fort. Autrement dit, Louise s’occupait de tout. Un jour, elle s’est rendu compte que le groupe ne pouvait se diversifier et accroître sa présence qu’en favorisant la participation d’un plus grand nombre de personnes. Par ailleurs, le partage du leadership entraînait l’intégration de la planification de la relève dans sa vision du groupe. Le passage au modèle d’équipe a été facilité par le fait que les activités du groupe attiraient continuellement de nouvelles personnes intéressées à s’engager davantage. Louise compte maintenant un noyau de 10 membres clés et un groupe de 60 personnes, dont beaucoup prêtent main-forte à l’occasion.


Selon Louise, les postes les plus importants au sein d’une équipe sont ceux de trésorier/teneur de comptes, qui gère les fonds et s’occupe de la bonne tenue des comptes, et de responsable qui fixe les réunions, administre la liste des participants, établit les programmes et voit à la bonne marche générale du groupe. Louise affirme qu’un troisième membre clé de l’équipe serait la personne chargée du marketing, principalement parce qu’elle attire continuellement de nouveaux participants. Chacun des membres de l’équipe a des fonctions particulières et l’équipe doit parvenir à un consensus pour prendre les décisions importantes.


À l’inverse, Friends of Parkway Forest Park a augmenté ses effectifs et a appliqué le modèle d’équipe dès le départ. Jusqu’à maintenant, le groupe a réussi à fonctionner sans adopter une structure trop formaliste. Bien qu’Ana soit techniquement la meneuse du groupe, elle ne veut pas être reconnue comme la « leader », même si elle est heureuse d’assurer la cohésion du groupe. « Je ne veux pas être un leader. Je veux que chacun s’approprie le groupe, mais je sais aussi qu’à titre de fondatrice, on me considère comme tel. J’essaie très fort d’y résister parce que ce n’est pas mon style et je ne crois pas que ce soit ce qui est le mieux pour ce groupe en particulier. »

S’assurer que les équipes s’organisent selon les intérêts et les capacités

Les membres clés de l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park choisissent les fonctions qu’ils veulent remplir. Par exemple, un membre est comptable et il a offert de s’occuper de la tenue de livres de FCTMP et de faire le suivi de la participation. Un autre communique avec les entreprises locales pour demander des dons, tandis qu’un autre, paysagiste professionnel, mène les projets d’embellissement du parc. Louise continue de superviser les tâches administratives du groupe.


D’autres membres de FCTMP assument des fonctions liées aux programmes : il y a un coordonnateur des randonnées à vélo, un coordonnateur des activités de plein air et même un amateur de tricot qui s’occupe des démarches pour inscrire le groupe à la Journée mondiale du tricot en public. Chaque coordonnateur travaille de façon autonome, mais prend les décisions en consultant le noyau du groupe. La structure du groupe est relativement souple et permet d’accueillir ceux qui veulent participer à des projets spéciaux ou prêter main-forte, selon le cas.


Au sein de Parkway Forest, les membres du groupe contribuent également selon leurs points forts. Toutefois, la participation fluctue considérablement selon la disponibilité des bénévoles. En fait, beaucoup de membres ont d’autres engagements et responsabilités. On sait très bien qu’ils ne seront pas toujours disponibles pour aider. « Nous sommes tous des bénévoles avec des vies bien remplies et des responsabilités qui nous appellent ailleurs. Nous ne pouvons tout simplement pas nous attendre à ce que tout le monde réponde toujours présent et nous avons donc créé une structure qui en tient compte. » Forts de leur collaboration à plusieurs projets, les membres se connaissent bien et savent intuitivement ce que chacun peut apporter à des tâches comme la préparation de demandes de subventions, l’organisation d’événements, l’établissement de la documentation et les programmes d’information. Ana reconnaît que cette approche pourrait manquer d’efficacité quand de nouveaux membres s’ajouteront, mais pour l’instant, elle fonctionne.

Titre: Établir des règles d’engagement pour l’adhésion


Le noyau du groupe Friends of Parkway Forest Park s’est formé grâce à des partenariats avec les organismes de services sociaux et d’autres groupes de bénévoles. Quand une personne avec des compétences et des intérêts qui recoupent ceux du groupe manifeste son désir de participer, les membres existants discutent entre eux pour décider s’ils l’ajoutent au noyau. Il n’y a pas de distinction entre les membres faisant partie du noyau du groupe et les autres. Une très grande prudence est exercée relativement à l’ajout de nouveaux membres pour protéger la dynamique du groupe.


Les membres clés de Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park ont le dernier mot sur l’orientation du groupe et les activités qu’il organise. La décision d’ajouter un membre au noyau du groupe est fondée sur les critères suivants : présence à plusieurs réunions et participation à quelques activités. Autrement, il est toujours possible d’assister à des réunions, mais vous n’aurez pas voix au chapitre. Le groupe a adopté cette approche pour régler le problème des personnes qui se servent principalement du groupe pour faire avancer leurs propres intérêts. Par exemple, Louise se souvient d’un organisme qui voulait organiser une activité musicale par l’entremise de Friends of Cedarbrook Park, espérant ainsi éviter les frais de permis et d’assurance. « Nous nous sommes rendu compte que les membres doivent s’engager jusqu’à un certain point, raconte-t-elle. Nous devons nous assurer qu’ils sont vraiment intéressés par notre mandat fondamental qui consiste à améliorer le parc. »

Améliorer la résilience au sein de l’équipe


Que se passe-t-il quand un chef d’équipe ou un membre clé part? Louise et Ana ont toutes deux longuement réfléchi à cette question.


Pour Louise, le modèle d’équipe améliore la résilience et favorise la continuité au sein de son groupe. Par exemple, elle a déjà confié à un membre qui a un intérêt pour les médias sociaux la gestion des comptes du groupe. Louise croit que deux ou trois personnes pourraient se partager les responsabilités qu’elle assume actuellement. « Mais il faut toujours qu’une personne soit responsable, dit-elle. Quelqu’un doit veiller à la cohésion du groupe. »


Comme Louise, Ana reconnaît qu’elle est la figure de proue du groupe. Toutefois, elle croit fermement qu’une approche agile du leadership de son équipe permettra à beaucoup d’acquérir de l’expérience à différents postes, ce qui favorisera la résilience du groupe si elle doit se retirer pour une raison ou une autre. « J’essaie de former beaucoup de mini-moi, dit-elle, pour que chacun puisse diriger un projet avec confiance. Nous y parviendrons certainement à mesure que les gens acquièrent de l’expérience dans différents domaines. »


Si vous êtes en train de mettre sur pied votre groupe et espérez organiser plus de deux activités par année, pensez à adopter le modèle de gouvernance d’équipe. Un plus grand nombre de personnes peuvent mettre la main à la pâte et ce modèle vous aide à en faire plus, grâce au groupe, que si vous étiez seul.

L’approche de la Ville d’Edmonton pour rendre les toilettes publiques sûres et inclusives

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Dans le cadre du programme d’intendance de ses toilettes publiques, la Ville d’Edmonton embauche des personnes ayant des difficultés d’insertion professionnelle au sein d’une entreprise sociale locale qui veille à la propreté et à la maintenance des toilettes publiques.
  • Les bénéfices du programme d’intendance comprennent une amélioration de la sécurité et de la propreté, une baisse des dépenses de réparation des toilettes, une diminution des cas de surdose et la création de nouvelles opportunités d’emploi.
  • En 2023, la ville d’Edmonton a mis en place un nouveau programme de subventions à l’intention des organismes à but non lucratif et des entreprises en vue d’élargir l’accès aux toilettes dans les parcs, en donnant la priorité aux zones où la porgrammation des parcs est importante.

Les toilettes publiques sont une nécessité dans les parcs. Effectivement, selon notre enquête d’opinion, les toilettes publiques accessibles tout au long de l’année ont été identifiées comme le principal équipement que les personnes sondées aimeraient voir davantage dans les parcs. Elles font également partie intégrante d’une conception des parcs urbains basée sur les droits humains*, une perspective de plus en plus importante alors que de nombreuses villes continuent de lutter contre la crise du logement.

Toutefois, s’assurer que les toilettes soient accessibles, sûres et bien entretenues constitue un défi pour de nombreuses villes.

Pancarte « Hors service » sur la porte d'une toilette
Crédit : Rebecca Pinkus.

Toutefois, s’assurer que les toilettes soient accessibles, sûres et bien entretenues constitue un défi pour de nombreuses villes.

La Ville d’Edmonton s’attaque de front à ces défis en expérimentant des approches créatives pour améliorer la mise à disposition, la sécurité et l’entretien des toilettes.

Parmi les initiatives les plus réussies de la Ville, on trouve le programme d’intendance de toilettes publiques, qui emploie du personnel pour surveiller et entretenir les toilettes dans des endroits où la sécurité s’avère une préoccupation majeure. Les personnes sont embauchées en collaboration avec Hiregood*, une entreprise sociale locale qui crée des opportunités d’emploi pour toute personne ayant une expérience vécue d’itinérance et de pauvreté et pouvant rencontrer des difficultés sur le marché de l’emploi.

Mis en place pour la première fois en décembre 2019 sous la forme d’un projet pilote de trois mois, le programme s’est étendu depuis lors, passant de 3 à 12 sites et permet l’emploi d’environ 100 personnes à temps plein et à temps partiel. Alors que les premiers emplacements se trouvaient dans des parcs et des espaces publics, le programme d’intendance s’est maintenant élargi dans certaines bibliothèques et stations de transport en commun d’Edmonton.

« Nous avions des toilettes que vous auriez eu peur d’utiliser. Mais maintenant, parce que vous avez des gens qui surveillent et supervisent les toilettes, il y a une amélioration remarquable en termes de sécurité et de propreté. »

Samson Awopeju, Gestionnaire du programme de la stratégie des toilettes publiques à la Ville d’Edmonton

En plus de l’entretien des toilettes, les préposé·es sont formé·es à la désescalade et disposent de matériel de réduction des risques. Il y a eu moins de surdoses sur les sites avec des préposé·es, note Samson. À certains endroits, l’amélioration globale de la sécurité a été si marquée qu’il y a eu une réduction de la présence policière.

Un autre effet positif inattendu du programme a été qu’Edmonton a réussi à maintenir l’accès à ses toilettes publiques en début de pandémie, alors que de nombreuses villes les ont fermées.

Ces avantages ont motivé la Ville de Calgary à inaugurer sa propre version* du programme en phase pilote, inspirée du modèle d’Edmonton, avec des préposé·es surveillant les toilettes publiques dans deux parcs du centre-ville.

En plus de rendre les toilettes existantes plus accueillantes grâce au programme d’intendance, la Ville teste également des approches créatives pour élargir l’accès aux toilettes dans toute la ville.

Cette année, Edmonton a lancé un nouveau programme de subventions pour les organismes à but non lucratif et les entreprises afin d’élargir l’accès aux toilettes. Les subventions de 5 000 $, dont bon nombre ont été octroyées aux ligues communautaires qui supervisent les activités dans les parcs, peuvent être utilisées pour installer des toilettes mobiles ou compenser les coûts d’entretien supplémentaires pour les entreprises qui, en plus de la clientèle payante, ouvrent leurs toilettes au public en général.

« Sur le plan financier, il n’est tout simplement pas possible d’installer des toilettes partout. Et c’est précisément dans ces lieux que nous souhaitons inciter les entreprises ou les organisations communautaires à contribuer »

Samson Awopeju, Gestionnaire du programme de la stratégie des toilettes publiques à la Ville d’Edmonton

Toutes ces initiatives contribuent à l’élaboration de la future Stratégie des toilettes publics* de la Ville, qui devrait être dévoilée début 2024. La stratégie comprendra une cartographie démographique pour aider à identifier les zones de la ville où investir dans les toilettes publiques devraient être prioritaires.

L’objectif, comme le dit Samson, est de « s’assurer que tout le monde a accès aux toilettes, peu importe de qui il s’agit ».

Recommendations

  • Embaucher des préposé·es aux toilettes publiques, idéalement en partenariat avec une entreprise sociale locale, afin d’améliorer la sécurité et l’entretien des toilettes tout en offrant des possibilités d’emploi à des groupes méritant l’équité.
  • Élaborer une stratégie de toilettes publiques à l’échelle de la ville qui intègre la cartographie démographique pour prendre des décisions éclairées sur l’endroit où investir en priorité dans les installations sanitaires et le personnel.
  • Envisager un programme de subventions pour les organismes communautaires et les entreprises afin de combler les lacunes stratégiques du réseau de toilettes publiques de la Ville, en particulier dans les zones où les activités dans les parcs sont nombreuses.

Les travaux de naturalisation de l’embouchure de la rivière Don à Toronto

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Dans de nombreuses villes au Canada, des réseaux entiers de cours d’eau ont été enterrés ou canalisés dans le cadre de projets d’aménagement urbain considérant la nature comme un élément à dompter.
  • En raison des changements climatiques, des municipalités ont lancé des projets visant à « exhumer » les cours d’eau enfouis afin de rétablir la biodiversité et l’équilibre des bassins hydrographiques, et gérer les inondations.
  • Le projet de naturalisation de l’embouchure de la rivière Don à Toronto est le plus grand projet de ce type au pays. Il fait appel à des techniques qui s’adaptent au débit de l’eau plutôt que de les contrer.

La rivière Don, qui traverse Toronto du nord au sud et se jette dans le lac Ontario, a une histoire longue et complexe. Comme le souligne un article du Globe and Mail*, la rivière a servi pendant longtemps de moyen de transport et de source d’alimentation aux peuples Autochtones. Elle a été une bénédiction pour les apiculteurs, mais a aussi été utilisée comme décharge industrielle et comme égout à ciel ouvert. Elle a été parfumée à l’occasion d’une visite royale, a pris feu à deux reprises, a finalement été partiellement comblée, tandis que ses méandres ont été redressés à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

Selon Jennifer Bonnell, professeure à l’Université York et auteure du livre Reclaiming the Don*, la Don a été la « rivière la plus maltraitée* » du Canada.

Toronto n’est pas la seule à avoir maltraité ses cours d’eau. De nombreuses villes canadiennes se sont lancées dans une croisade similaire en enterrant, canalisant ou comblant les ruisseaux, rivières et marais dans le cadre de leurs plans d’urbanisation. On a souvent considéré la nature comme un élément à dompter, plutôt qu’une force qu’il est possible de comprendre et de respecter.

Lorsque nous avons sondé les Villes, 17 % d’entre elles ont déclaré avoir mis en œuvre des projets (programmés ou achevés) visant à « exhumer » les rivières enfouies en les ramenant à la surface, comme le projet de restauration des cours d’eau des parcs Tatlow et Volunteer* de Vancouver. D’autres projets redonnent vie à des cours d’eau disparus grâce à des œuvres d’art publiques, comme pour le ruisseau Garrison à Toronto, illustré par une fresque murale célébrant l’importance de l’eau pour les peuples Autochtones*.

Actuellement, Toronto mène un projet de plusieurs années et d’un budget d’un milliard de dollars visant à corriger les erreurs du passé pour la rivière Don. Dirigé par l’organisation Waterfront Toronto en collaboration avec la municipalité, le projet appelé Don Mouth Naturalization and Port Lands Flood Protection entend recréer des habitats naturels tout en protégeant des inondations les zones adjacentes de la Don.

Une femme tenant une feuille explicative avec une carte sur un chantier de construction.
Projet de renaturalisation du fleuve Don, Waterfront Toronto, 2023. Crédit : Sean Brathwaite, Ami·es des parcs.

Dans le cadre du projet de naturalisation de l’embouchure de la rivière Don, Waterfront Toronto entend travailler avec les forces de la nature plutôt que d’aller à leur encontre. Recréer les méandres de la rivière avant son embouchure doit permettre de ralentir le débit de l’eau. Quant aux nouvelles berges conçues spécifiquement pour résister aux inondations, elles permettront de protéger les nouveaux quartiers construits à proximité. En cas de forte tempête – dont la fréquence augmente en raison des changements climatiques – la rivière Don pourrait voir son volume atteindre « une quantité d’eau équivalente aux deux tiers des chutes du Niagara* ».

Shannon Baker, directrice de projet pour les parcs et le domaine public de Waterfront Toronto, a déclaré lors d’un entretien avec les Ami·es des parcs en 2021 que l’objectif n’était pas de retenir l’eau ni de l’empêcher de monter et de descendre, mais « de l’accepter et de renforcer notre résilience, comme le ferait tout système naturel ». Pour ce faire, l’équipe a soigneusement choisi des espèces végétales « capables de se plier et de fléchir en permettant à l’eau de passer. » Les berges ont été divisées en différentes sections* : forêt des hautes terres en haut des berges, et marais submergé (aquatique) en bas des berges, chacune possédant sa propre palette de plantes.

Chantier de construction avec des tracteurs.
Projet de renaturalisation du fleuve Don, Waterfront Toronto, 2023. Crédit : Sean Brathwaite, Ami·es des parcs.

La tâche est gargantuesque : il s’agit du plus grand projet d’aménagement urbain du pays. Il a fallu déplacer et nettoyer des tonnes de terre, façonner et stabiliser les berges à l’aide de techniques telles que des ancrages en bois et des roches de schiste, et planter des espèces végétales favorisant de nouveaux habitats et un nouvel écosystème pour le cours d’eau. Enfin, des espaces verts seront aménagés sur les berges avec diverses infrastructures, comme de nouveaux sentiers, des plages et des rampes de mise à l’eau pour permettre au public de mieux profiter du lac.

En remettant l’embouchure de la rivière à son état naturel, l’objectif est de faire en sorte que les stigmates de ces travaux d’ingénierie deviennent invisibles pour celles et ceux qui profiteront de ces nouveaux espaces. Malgré l’ampleur énorme de ce projet, ses responsables espèrent que d’autres Villes cherchant à renaturaliser et à faire renaître leurs cours d’eau autrefois enterrés ou canalisés pourront en tirer des enseignements précieux et ainsi repenser leur relation à l’eau en passant d’un rapport de domination à un rapport de respect mutuel.

Recommendations

  • Sensibiliser le public sur les rivières urbaines enterrées et les cours d’eau canalisés via la publication de cartes, en s’associant à des organisations offrant des promenades guidées et en faisant réaliser des œuvres d’art publiques.
  • Étudier les possibilités, dans les projets de parc ou les parcs existants, d’exhumer certaines parties des cours d’eau urbains enterrés afin de répondre aux objectifs de résilience face aux changements climatiques (protection contre les inondations, infiltration de l’eau, augmentation de la biodiversité, par ex.) et de proposer des activités de loisirs (interaction avec l’eau, détente dans la nature, par ex.).
  • Adopter les enseignements issus des travaux utilisant l’eau comme alliée plutôt que comme ennemie dans les projets de parc de moindre ampleur, en créant des infrastructures vertes comme un jardin pluvial, des fossés végétalisés et le pavage perméable à l’eau là où cela est possible.

Comment les villes équilibrent les risques et les avantages de ces espaces grâce à des politiques innovantes.

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Avec la densification des villes, les espaces publics privés (POPS en anglais) prolifèrent et offrent des lieux en plein air sans que les municipalités aient à supporter la charge financière de l’acquisition et de l’entretien des terrains.
  • Le personnel chargé de la planification des parcs reste prudent à l’égard de ces espaces, arguant que leur existence, bien qu’utile, ne peut se substituer à celle des parcs publics. Cependant, dans leurs exigences d’affectation de terrains à la création de parcs, certaines municipalités acceptent désormais de prendre en compte partiellement ou totalement les POPS aménagés par les promoteurs.
  • Les municipalités élaborent des politiques et des directives afin d’encadrer notamment la conception, la gestion ainsi que les programmes publics des POPS.

Les municipalités du Canada se trouvent sous pression pour répondre à la demande en parcs. Suite à des années de restrictions dans leurs budgets de fonctionnement, les services des parcs sont aujourd’hui forcés d’étirer leurs fonds déjà maigres tout en faisant face à des pressions croissantes liées à la fréquentation accrue des parcs. D’ailleurs, l’acquisition de terrains est devenue beaucoup plus coûteuse – quand il est encore possible de trouver une parcelle adéquate.

Face à ces défis, les espaces publics privés (ou POPS pour privately-owned public spaces en anglais) constituent une solution tentante pour les Villes. Construits par des promoteurs immobiliers privés, ces espaces restent détenus et gérés par ces entités privées, et semblent représenter une solution gagnante pour les municipalités qui ont bien du mal à fournir des espaces publics à leurs concitoyen·nes et à en financer l’entretien.

Un homme aux cheveux longs et gris étudiant un panneau d'information sur le soin communautaire à Wexford Heights.
Wexford Bloom, 2023. Crédit : Kat Rizza, 2023.

Depuis des années, les promoteurs font pression sur les municipalités pour qu’elles acceptent les POPS dans le cadre de leurs exigences d’affectation de terrains à la création de parcs, une politique à laquelle certaines municipalités ont résisté jusqu’à présent.

Une personne en charge de la planification des parcs a souligné que si les POPS permettent en partie de répondre à la demande d’espaces en plein air, ils ne remplacent pas les parcs publics pour autant. C’est pourquoi les Villes doivent continuer à inciter les promoteurs à céder des terrains afin de créer des parcs publics.

Pour mieux orienter le rôle des POPS, la Ville de Toronto a recensé plus de 170* lieux et créé des directives pour la conception des POPS ainsi qu’une stratégie de signalisation* pour veiller à ce que ces espaces soient accueillants et clairement identifiés comme des lieux publics. Vancouver a également recensé les emplacements des POPS* dans sa liste de places et de parcs publics en centre-ville, dans le cadre de sa stratégie pour l’espace public en centre-ville [Downtown Public Space Strategy*]. Cette stratégie contient des mesures à prendre comme l’élaboration d’un cadre décisionnel pour l’acquisition de nouveaux POPS et l’assurance que « la conception et les programmes de ces espaces soient accessibles au public et ouverts à tou·tes les usager·es. »

Certaines Villes comme Newmarket, Brampton et Vaughan acceptent de prendre en compte les POPS à divers niveaux dans leurs exigences d’affectation de terrains à la création de parcs. La Ville de Vaughan, qui vient de finir une étude sur les politiques d’affectation des parcs, a finalement approuvé la modification d’un règlement* afin de prendre en compte les POPS à 100 % dans ses exigences, sous réserve de l’approbation du conseil municipal.

Les gestionnaires de parcs restent toutefois prudents vis-à-vis des POPS. Comme l’a affirmé un gestionnaire de parc, si l’espace public repose sur la création de lieux accessibles, démocratiques et ouverts, privatiser l’espace semble contradictoire avec cette idée, car ces sites s’accompagnent de « restrictions tangibles ou intangibles », telles que des limitations d’utilisation, une surveillance active et des intentions commerciales probables. Selon lui, ces espaces peuvent être utiles et essentiels pour créer des accès piétonniers à travers des projets de construction privés ou bien en complément – et non en remplacement – du réseau d’espaces publics en plein air.

À Brampton, la Ville accorde aux promoteurs un crédit de 50 % pour les POPS. Jaskiran Kaur Bajwa, superviseur de la planification des parcs à Brampton, a déclaré que

« Dans les zones denses, où il sera difficile de créer un parc public ou de quartier, il faudra adopter une approche plus collaborative avec les propriétaires des terrains et la Ville. »

Jaskiran Kaur Bajwa, Superviseur de la planification des parcs à Brampton

Toutefois, la municipalité reste prudente quant à leur utilisation et élabore à l’heure actuelle des directives sur les POPS. « Les POP doivent répondre aux besoins des collectivités », a déclaré Werner Kuemmling, ancien gestionnaire de la planification et du développement des parcs de Brampton.

« Ils ne peuvent pas être simplement un espace en plein air ou une voie de passage. Ils doivent offrir un usage fonctionnel. » Les POPS que proposent certains promoteurs sont souvent des restes de terrain situés dans leurs projets d’aménagement, « et cela n’est pas acceptable. »

Werner Kuemmling, Ancien gestionnaire de la planification et du développement des parcs de Brampton

Recommendations

  • Dans tous les projets d’aménagement où il existe des possibilités de construire un parc sur place, faire pression sur les promoteurs pour qu’ils cèdent des terrains pour la création d’un parc public.
  • Élaborer des directives stipulant non seulement les exigences et les normes relatives à la conception et à l’entretien des POPS, mais aussi orientant les programmes et la participation du public afin de favoriser une expérience agréable et la pleine utilisation de ces espaces.
  • Publier une carte des POPS pour permettre au public de les connaître et encourager leur utilisation, mais aussi dans un but de planification en les comparant aux places et parcs existants afin de déterminer les endroits où les POPS permettraient de connecter certains espaces entre eux ou de combler un vide dans le réseau des espaces publics.

Une approche collaborative pour résoudre les conflits liés aux parcs à chiens sans laisse

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • La municipalité de Saanich a approuvé sa nouvelle stratégie en matière de parcs à chiens en juin 2023, à l’issue d’un solide processus de participation des citoyen·nes.
  • La demande en faveur de cette nouvelle stratégie est née de l’évolution des besoins, des préoccupations environnementales et des préférences diverses des habitant·es pour favoriser la compréhension entre les groupes d’utilisateurs·rices et trouver un terrain d’entente.
  • La stratégie repose sur six valeurs communes issues du processus de consultation, établissant de manière transparente un lien entre les recommandations et les objectifs définis par les citoyen•nes.

En juin 2023, la municipalité de Saanich a mis en place une nouvelle stratégie en matière de parcs à chiens, redéfinissant la manière dont les espaces publics seront partagés entre les personnes et les animaux de compagnie.

L’élaboration de la stratégie a débuté en 2021, sous l’impulsion de l’évolution des besoins d’une municipalité en plein essor. La croissance démographique de Saanich s’est accompagnée d’une intensification des conflits entre les personnes visitant les parcs, en raison de divergences d’opinions sur la manière dont les espaces devraient être utilisés.

Une femme qui jette les excréments de son chien dans une poubelle faite pour cet usage.
Conteneur à déchets pour chiens. Crédit : Ville de North Vancouver.

Face à la nature clivante de la question, l’implication citoyenne est devenue l’élément central de la stratégie pour les parcs à chiens, en mobilisant une multitude d’intervenant·es et de citoyen•nes. À travers les activités d’implication, le personnel de la Ville de Saanich a tenté de déceler des valeurs et des défis communs dépassant les positions individuelles des diverses parties prenantes.

La démarche de mobilisation a été lancée à l’aide de sondages publics conçus pour comprendre les divers points de vue au sein du public. Ces sondages ont été renforcés par des méthodes plus approfondies, telles que des apparitions spontanées dans les parcs et des séances de dialogue citoyen, offrant aux habitant•es une plateforme pour exprimer leurs inquiétudes, partager leurs points de vue et se lier avec d’autres membres de la communauté. Un objectif essentiel de ces séances était de promouvoir l’empathie et la compréhension entre les participant·es, contribuant ainsi à trouver un terrain d’entente.

Les journées portes ouvertes ont servi de forum de collaboration. Des habitant•es, des propriétaires d’animaux de compagnie, des défenseur·es de la faune et des écologistes se sont réuni·es pour discuter de leur vision des parcs de Saanich. En échangeant mutuellement, ces parties prenantes diverses ont commencé à identifier des valeurs communes malgré leurs points de vue divergents.

Une passion commune pour l’environnement naturel de la municipalité, l’appréciation des espaces publics et le désir de parcs accessibles, sécurisés et agréables ont été identifiés comme étant des éléments unificateurs. Ces échanges ont permis de rediriger l’attention ailleurs, passant d’intérêts divergents à l’objectif commun de favoriser une communauté dynamique et durable qui répond aux besoins de tout le monde.

Les échanges ont également mis en évidence des enjeux communs. Les habitant•es ont collectivement reconnu la nécessité de préserver l’environnement, de garantir la sécurité et le bien-être des animaux de compagnie et des personnes ainsi que de répondre à la demande croissante d’espaces publics dans la plus grande municipalité de l’île de Vancouver, à mesure que la population de Saanich continue de croître.

C’est à partir de ces enseignements que la stratégie sur les Personnes, les animaux de compagnie et les parcs People, Pets and Parks Strategy* a vu le jour, avec comme base six valeurs citoyennes communes. Ces valeurs ont été identifiées lors de consultations et chaque recommandation de la stratégie est associée à une ou plusieurs de ces valeurs, établissant de manière transparente le fondement de chaque action selon les objectifs définis par le public. La Ville a renforcé son engagement en faveur de la transparence envers les habitant•es en mettant en ligne une page FAQ* détaillée* expliquant la motivation derrière chaque décision

Des personnes promenant leurs chiens en laisse dans un parc, et une femme marchant avec son bébé dans une poussette.

La stratégie s’accompagne d’un engagement en faveur de la création de nouveaux parcs clôturés et dédiés pour les chiens. Ces emplacements ont été choisis stratégiquement pour concilier les exigences des propriétaires d’animaux de compagnie et des autres utilisateurs·rices. Cette approche illustre l’engagement à créer des parcs qui sont sûrs, agréables et écologiquement durables, tout en prenant les valeurs partagées et les enjeux communs en compte.

Recommendations

  • Concevoir des stratégies de mobilisation citoyenne qui serviront de passerelle entre les diverses parties prenantes en accordant la priorité à des activités qui, non seulement informent sur le projet en cours, mais également aident les habitant•es à trouver des points communs et à résoudre les conflits sous-jacents.
  • Identifier les valeurs, les objectifs et les défis partagés par les différentes parties prenantes afin de faire avancer la conversation et d’identifier des solutions qui répondent aux besoins divergents de tout le monde.
  • Favoriser la transparence dans l’explication des motifs de prise de décision sur des questions litigieuses en mettant en œuvre des stratégies comme la publication de résumés de participation, en liant les décisions aux valeurs définies par le public et en créant une page FAQ complète afin d’instaurer la confiance et de permettre au public de mieux comprendre la situation.

Pour en savoir plus sur ce sujet :

Une incursion dans les rouages de la gouvernance collaborative dans un grand parc urbain

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Meewasin Valley Authority est un organisme à but non lucratif créé en 1979 visant à faciliter la collaboration entre l’Université de la Saskatchewan, la Ville de Saskatoon et la province de Saskatchewan pour cogérer les berges de la rivière Saskatchewan Sud.
  • La répartition des rôles et des responsabilités est orchestrée au moyen de protocoles d’entente et chaque organisation partenaire dispose de quatre représentant·es au sein du Conseil d’administration de Meewasin pour orienter la direction stratégique du parc.
  • La transformation graduelle du modèle de financement du parc pour élargir les sources de revenus a joué un rôle central dans la réussite de Meewasin.

Selon notre sondage, 60 % des Villes ont indiqué que le développement de partenariats avec des organismes à but non lucratif pour la cogestion des parcs est une priorité élevée ou moyenne pour l’année à venir. Cet engouement marqué n’est pas si surprenant étant donné les avantages qu’offrent les modèles de gouvernance collaborative, allant du renforcement de l’engagement communautaire à l’amélioration de la gestion, à une époque où les ressources municipales d’entretien sont limitées.

Néanmoins, les rouages de ces dispositifs demeurent souvent mystérieux. Les rôles et responsabilités, les sources de financement, les processus décisionnels et les structures de participation communautaire ne sont que quelques-unes des variables qui définissent les différentes manières dont ces partenariats se concrétisent.

Des personnes tenant de petites plantes et riant lors d'une visite guidée dans une forêt
Crédit: Meewasin Valley Authority

À Saskatoon, Meewasin Valley Authority* offre un exemple de la façon dont la gouvernance collaborative peut être mise en œuvre dans un grand parc urbain. S’étendant sur environ 6 700 hectares, la vallée de Meewasin est un trésor au sein de Saskatoon qui comprend des terres des deux côtés de la rivière Saskatchewan Sud, 60 kilomètres de réseaux de sentiers et une vaste biodiversité.

Il s’agit là d’une exception, non seulement en raison de sa taille, mais aussi de la structure unique de son mode de gouvernance. La vallée de Meewasin est gérée par trois partenaires principaux : la Ville de Saskatoon, l’Université de la Saskatchewan et la province de la Saskatchewan.

Meewasin Valley Authority, un organisme à but non lucratif, constitue l’organe qui permet aux trois partenaires de travailler de concert dans la gestion du parc. L’organisme a été créé en 1979 à la suite de l’élaboration d’un plan conceptuel sur 100 ans, qui définissait une vision de gouvernance collaborative pour permettre un processus de prise de décisions intégré. Cela revêt une importance cruciale étant donné la complexité du paysage du parc, composé de terrains détenus par des propriétaires privé·es, des universités, des Premières Nations, le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial ainsi que de nombreuses municipalités.

De nos jours, l’organisme à but non lucratif dispose d’une équipe de personnel chargée de la gestion quotidienne du parc, de la programmation du parc, de l’engagement communautaire et de la préservation du parc, ainsi que d’un conseil d’administration composé de quatre représentant·es de chaque partenaire. Le Conseil met l’accent sur sa politique à travers cinq comités : le Comité du développement [Development Review], le Comité de conservation [Conservation Advisory], le Comité de conception [Design Advisory], le Comité de formation [Education Advisory] et le Comité du fonds de développement [Fund Development].

L’établissement de rôles et de responsabilités clairement définis au moyen de protocoles d’entente a été la clé du succès de Meewasin, tout comme le perfectionnement des éléments du partenariat au fil du temps. Le modèle de financement, par exemple, a évolué au cours de l’histoire de Meewasin pour refléter la réalité des demandes accrues de fonds publics. En complément du financement de base, Meewasin a diversifié ses sources de revenus grâce aux collectes de fonds, aux subventions, aux contrats dans le cadre de ses domaines de compétence, à un fonds de dotation, à la programmation payante et aux campagnes de financement pour des projets de grande envergure.

Trois personnes marchant dans une plaine à l'arrière-plan, avec un panneau d'accueil de parc au premier plan
Crédit: Meewasin Valley Authority

En se projetant vers l’avenir, Meewasin étend sa collaboration avec des partenaires à travers le pays et approfondit ses relations avec les Premières Nations. Meewasin participe présentement à une étude de préfaisabilité avec Parcs Canada pour explorer son potentiel en tant que parc urbain national. Il fait également partie du réseau Parcs Cœur vital des Ami·es des parcs, une communauté d’expertise nationale qui permet aux représentant·es de grands parcs urbains dotés de structures de gouvernance complexes d’échanger sur les défis et les apprentissages et de s’engager dans la résolution collaborative de problèmes.

Recommendations

  • S’assurer qu’il existe une documentation claire définissant les rôles, les responsabilités et le pouvoir décisionnel de chaque partenaire au moment de mettre en place un modèle de cogouvernance.
  • Collaborer avec les propriétaires fonciers adjacent·es pour décloisonner les parcelles de terrain et favoriser une conservation plus globale et intégrée.
  • Réviser régulièrement les ententes entre les partenaires pour cerner les points à améliorer et peaufiner les processus.

Pour en savoir plus sur ce sujet :

La cogestion du Corridor écologique Darlington à Montréal

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Le Corridor écologique Darlington a été créé sur une ancienne voie ferrée afin d’établir un lien vital entre espaces urbains et espaces naturels, en donnant la priorité à la restauration écologique et au bien-être des habitant·es.
  • Cette initiative repose sur une structure de cogestion innovante, répartissant les responsabilités entre divers partenaires via des accords de gestion.
  • Initialement destiné à offrir des solutions écologiques, ce projet a vu son champ d’action s’élargir afin de répondre à des problématiques sociales pressantes en établissant des partenariats fructueux fondés sur un modèle de gouvernance partagée efficace.

Alors que de nombreuses Villes s’efforcent d’implanter de « nouveaux » parcs dans des zones urbaines denses, une initiative montréalaise met en évidence le potentiel du partenariat pour tirer parti de ce qui existe déjà.

Situé dans l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, le Corridor écologique Darlington a vu le jour grâce à Alexandre Beaudoin, conseiller en biodiversité à l’Université de Montréal. L’objectif du projet était de créer un bras de verdure entre le Mont-Royal et l’environnement urbain, en fournissant de nouvelles voies de passage pour la faune et les habitant·es de la ville.

En reliant ensemble une mosaïque d’espaces situés le long d’une ancienne voie ferrée, le projet permet de créer un couloir vert cohérent à partir de terrains fragmentés par des propriétés privées, tout en se basant sur la collaboration.

Carte du Corridor écologique Darlington
Carte du corridor, Corridor écologique de Darlington

Le Corridor écologique Darlington utilise un modèle de cogestion innovant impliquant diverses parties prenantes. En réunissant des établissements universitaires, des organisations de la société civile, des organismes sans but lucratif, des expert·es et des habitant·es du quartier, le projet répond à plusieurs priorités au sein d’un même projet qui profitera à la population et à la nature.

Le concept de cogestion repose sur la collaboration avec un réseau de partenaires dont les rôles et les responsabilités ont été définis dans le cadre d’accords de gestion. Selon ce modèle, Éco-pivot joue le rôle de fiduciaire et fournit un soutien administratif et une supervision. L’Université de Montréal apporte son savoir académique, avec actuellement 19 étudiant·es de maîtrise se consacrant au projet et façonnant son évolution. L’arrondissement joue un rôle central en mettant à disposition une personne dédiée pour que le projet s’inscrive dans le cadre institutionnel de l’arrondissement. Cet engagement tangible de la municipalité légitime l’importance du projet auprès des habitant·es et veille à ce qu’il réponde à des objectifs plus larges.

Plusieurs personnes assises et discutant avec une carte du Corridor écologique Darlington sur la table
Atelier de co-gestion, Corridor écologique de Darlington, Ami·es des parcs, Vincent Fréchette, Montréal, 2022

Le modèle de gouvernance du Corridor écologique Darlington se distingue par sa capacité d’adaptation. Au fil du temps, grâce à la participation de la population et des partenaires, le projet a élargi sa mission et assumé un rôle plus important pour répondre aux défis sociaux du quartier. Le partenariat avec Multi-Caf, une organisation locale axée sur la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le quartier, illustre cette évolution. L’organisation a créé un potager aménagé en partenariat avec le YMCA afin d’initier les jeunes à l’agriculture urbaine et au jardinage. Cette collaboration met en évidence la manière dont le corridor est passé d’une initiative axée sur des enjeux écologiques à un projet polyvalent répondant aux problématiques sociales urgentes des habitant·es.

Le Corridor écologique de Darlington a inspiré la création d’autres corridors écologiques dans d’autres quartiers de la ville, conduisant à une initiative similaire dans l’arrondissement du Sud-Ouest. À la suite du tout premier budget participatif de l’arrondissement, l’un des projets retenus a été un corridor écologique reliant l’arrondissement du Sud-Ouest à celui de Lasalle.

Le succès du modèle de Darlington montre la corrélation qui existe entre la mise en relation de divers partenaires et la connexion des espaces verts, offrant ainsi aux Villes une nouvelle voie pour créer des parcs sans dépendre uniquement d’une stratégie d’acquisition de terrains.

Recommendations

  • Explorer des structures de cogestion à titre de nouvelle stratégie pour créer des réseaux d’espaces publics cohérents dans les zones où des espaces en plein air adjacents sont détenus/gérés par divers propriétaires fonciers.
  • Inviter les organisations locales à participer à la prise de décision en tant que partenaires clés afin que le projet soit bien accepté au niveau local et réponde aux besoins des habitant·es, même si cela requiert de changer la portée du projet.
  • Maximiser l’effet environnemental et social des corridors écologiques, non seulement en concevant des projets favorisant la biodiversité, mais aussi en créant des possibilités pour la population d’y participer tout en répondant aux besoins sociaux des habitant·es.

Pour en savoir plus sur ce sujet :