Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception décerné par World Urban Parks — l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public.
Pourquoi les événements dans les parcs sont-ils importants ? Comment les subventions s'intègrent-elles dans les objectifs plus larges des Ami·es des parcs pour susciter des changements dans les parcs urbains ?
Le volet émergent offre jusqu’à 5 000 $ aux associations locales et aux organismes enregistrés à travers le Canada qui connectent les citadin·es à la nature tout en favorisant l’intendance environnementale et la restauration des parcs et des espaces verts urbains.
Le volet croissance offre jusqu’à 20 000 $ aux organismes enregistrés à travers le Canada qui connectent les citadin·es à la nature tout en favorisant l’intendance environnementale et la restauration des parcs et des espaces verts urbains.
Une réflexion sur le rapport d'enquête BEING BLACK IN PUBLIC, qui explore comment les communautés noires vivent les parcs et les espaces publics, et ce qui nourrit la joie et le sentiment d’appartenance.
Explorez les principaux constats tirés de cinq années du Rapport sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière les tendances, les enjeux et les pratiques qui façonnent les espaces verts à travers le pays.
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Ami•es des parcs publie le deuxième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, mettant en avant les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs.
Alors que nous ébauchions les histoires que nous voulions partager sur la biodiversité, l’aménagement créatif de parcs, l’engagement communautaire et l’itinérance, notre monde changeait. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que loin d’avoir perdu leur pertinence, les sujets traités avaient gagné en urgence.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 27 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Comment la biodiversité urbaine soutient notre bien‑être, avec une importance accrue pendant la crise de la COVID‑19.
Comment approfondir la conversation sur la biodiversité tout en l’élargissant pour y faire participer plus de gens.
Pourquoi les corridors d’habitats sont importants pour la biodiversité urbaine et ce que font les villes pour s’assurer que les parcs, petits et grands, soient connectés
Comment les villes font face à la forte demande de parcs à chiens et à la grande controverse qui les entoure.
Comment les groupes communautaires créatifs et le soutien des villes permettent de créer des liens grâce à la nourriture dans les parcs.
Alors que les populations et le développement explosent dans de nombreuses villes, trouver de l’espace pour de nouveaux parcs pose des défis et stimule l’innovation.
Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.
Ami•es des parcs publie le troisième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Favoriser l’équité et la résilience : Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Partout au Canada, la fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, alors que la population se tournait massivement vers les espaces extérieurs pour pouvoir se rassembler en toute sécurité, se connecter à la nature et rester active. Les parcs ont ainsi pris une place encore plus importante dans le quotidien des Canadien·nes, mais les Villes ont dû composer avec de nouvelles pressions liées à la hausse de la fréquentation et aux exigences de santé publique.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 32 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :
Comment les changements climatiques affectent la planification, la conception et l’entretien des parcs.
Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs
Comment les considérations liées à la justice environnementale peuvent contribuer à favoriser la résilience aux changements climatiques et résoudre les inégalités dans les parcs.
Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs.
Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.
Comment les municipalités canadiennes peuvent-elles miser sur le soutien philanthropique pour leurs parcs et résoudre certaines des difficultés qui y sont liées?
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2022 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
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Alors que les camps de fortune se multiplient dans tout le pays, les services des parcs sont confrontés à un défi inédit : tandis que les parcs sont devenus des endroits illustrant très clairement la crise du logement, la capacité d’identifier des solutions de relogement permanentes se trouve en dehors de leur champ de compétence.
Cependant, en tant qu’organisateurs, intendants des terres et fournisseurs d’aménagements publics, les services des parcs peuvent tirer parti de leurs forces pour jouer un rôle positif face au problème de l’itinérance : que ce soit en fournissant des services basés sur les droits de la personne ou en approfondissant leur relation avec les personnes vivant dans des camps de fortune.
« Depuis le début de la pandémie, on assiste à une prolifération et à un élargissement des campements », explique Alexandra Flynn, professeure à l’Université de Colombie-Britannique, qui a étudié les mesures prises par les Villes face aux campements pendant la pandémie. « Ceci a mis davantage de pression sur les Villes canadiennes qui ont dû gérer ces campements ».
Dans notre sondage mené auprès des municipalités, 90 % d’entre elles ont déclaré que la question de l’itinérance dans les parcs représentait un défi, qui n’est d’ailleurs pas près de se résoudre.
Les spécialistes, y compris le personnel de première ligne, les personnes qui ont été en situation d’itinérance et les professionnels de la santé publique, alertent tous sur l’urgence de tenir compte de cette réalité dans la planification municipale.
« J’espère que ce problème va prendre fin, mais dans un avenir proche, j’anticipe que les gens doivent encore dormir dans les parcs. C’est triste, mais c’est une réalité à laquelle nous devons faire face », déclare Matthew Huxley, un militant qui a connu l’itinérance.
Diana Chan McNally, du Toronto Drop-In Network, ajoute : « En dépit des bonnes intentions, les gens ont toujours la conviction qu’il faut déplacer les personnes sans logement des parcs. Nous devons abandonner cette idée une bonne fois pour toutes. Parce que dans les faits… les gens n’ont absolument nul autre endroit où aller. »
Les spécialistes de la santé publique partagent aussi cette idée. Ils appellent les Villes à tenir compte des camps de sans-abris dans leur planification afin d’améliorer la résilience des systèmes de parcs et de se préparer aux projections prévoyant une augmentation des personnes sans logement* en raison des changements climatiques*, ainsi qu’une hausse de la fréquentation des espaces verts* pendant les vagues de chaleur.
Comme nous l’avons écrit dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada de 2020, les approches encourageant le déplacement des personnes sans logement – que ce soit la conception défensive des parcs ou l’évacuation des campements – engendrent de nombreux préjudices. Chasser des parcs les personnes sans logement peut les obliger à se réfugier dans des endroits plus isolés où elles seront davantage exposées aux dangers. Ceci peut aussi compliquer la tâche du personnel de terrain pour maintenir un lien avec celles et ceux qu’il tente d’aider.
De plus, tandis que les Peuples Autochtones sont touchés de manière disproportionnée par la précarité du logement – et représentent entre 28 et 34 % des personnes sans abri* alors qu’ils ne constituent qu’un peu plus de 4 % de la population canadienne –, déplacer les personnes des parcs continue d’illustrer des pratiques coloniales basées sur la violence* et la spoliation des terres, minant tout effort de réconciliation.
Malgré le sentiment répandu selon lequel les campements empêchent les autres de profiter des parcs, notre sondage mené auprès de plus de 3 000 personnes vivant dans des villes du Canada suggère que la plupart ne sont pas de cet avis.
62 % des personnes interrogées ayant remarqué des campements dans leur parc ont déclaré que cela n’avait aucunement nui à leur fréquentation des parcs – preuve que les personnes qui se rendent dans les parcs sont ouvertes à l’idée de partager cet espace avec les personnes sans logement.
Les services des parcs abordent généralement les camps des sans-abris d’un point de vue opérationnel, en se préoccupant surtout de l’entretien des parcs. Bien que ce travail soit important, il est insuffisant pour répondre aux besoins complexes des personnes qui ont trouvé refuge dans les parcs.
Pour répondre à la situation, la Ville de Vancouver a créé un nouveau poste au sein de sa Commission des parcs* afin d’assurer la direction des relations urbaines. Ce poste, le premier du genre au Canada, se concentrera sur l’établissement de relations avec les personnes vivant dans les campements et les partenaires sociaux.
D’après Donnie Rosa, responsable de la direction générale de la Commission des parcs, ce nouveau poste transmet un message clair : « cet aspect s’inscrit dans le domaine d’activité des professionnels des parcs de la Ville ». La mise en place d’une équipe spécialisée et dotée de l’expertise adéquate allégera la charge qui pèse sur les effectifs responsables de l’exploitation des parcs, qui doivent souvent répondre aux problèmes de l’itinérance.
Ce nouveau poste a été créé après le lancement d’un processus* par la Commission des parcs en partenariat avec la Ville de Vancouver et BC Housing afin de déplacer les personnes vivant dans un grand campement au parc Strathcona vers des hébergements intérieurs au printemps 2021. Toutefois, les nouveaux camps qui ont vu le jour depuis lors soulignent la nécessité de poursuivre ce travail.
Lors de l’établissement d’un dialogue avec les sans-abris installés au parc Strathcona, la Commission des parcs s’est appuyée sur quatre principes directeurs : la réduction des risques, une intervention tenant compte des traumatismes, la réconciliation et la collaboration. Dans les faits, le processus s’est basé sur le soutien du personnel des services sociaux plutôt que celui de la police, sur la participation des effectifs de la Commission des parcs à une cérémonie du feu dirigée par des Aînés Autochtones avant d’entrer dans le camp des sans-abris, et sur la nécessité de veiller au langage utilisé, notamment en respectant les biens personnels des gens dans le parc plutôt qu’en les considérant comme des déchets.
Donnie Rosa reconnaît que se conformer à ces principes n’était pas chose facile au vu des systèmes coloniaux existants. Certains jours, les rencontres avec les personnes vivant dans les campements pouvaient durer plusieurs heures, car celles-ci avaient des choses importantes à communiquer au personnel des parcs.
« Ce n’est pas comme ça que nous travaillons. Nous enchaînons généralement les réunions », explique-t-elle, mais ces moments ont été d’une importance capitale pour toute l’équipe. « En tant que colons, mais aussi représentants des institutions pour lesquelles nous travaillons, nous devions entendre tout cela et y consacrer le temps nécessaire. »
Donnie Rosa souligne que, pour mener ce travail consciencieusement, il faut faire preuve de souplesse vis-à-vis des structures et des délais en place. « Nous devons nous soutenir mutuellement en nous disant que nous adoptons la bonne approche, celle de faire passer le bien-être d’une personne avant une échéance. »
De nombreuses Villes commencent à adopter une approche fondée sur les droits de la personne pour aborder la question de l’itinérance*, dont l’objectif est de veiller à ce que les personnes sans logement aient accès à des aménagements et des services essentiels dans les parcs. Par exemple :
Souvent formé dans des domaines tels que les loisirs, la gestion des ressources naturelles ou l’architecture paysagère plutôt que dans les sciences sociales ou le développement communautaire, le personnel des parcs, peut se sentir mal équipé pour répondre au problème des personnes sans logement, explique Donnie Rosa.
En effet, dans le cadre de notre sondage réalisé auprès de 30 municipalités, 56 % ont identifié comme obstacle le manque de connaissances ou de formation de leur personnel des parcs sur la question de l’itinérance. Certaines Villes, comme Gatineau et Toronto, ont fait état des initiatives récentes visant à sensibiliser et former leur personnel des parcs sur la question de l’itinérance.
Cependant, Donnie Rosa encourage les membres du personnel des parcs à reconnaître aussi leurs forces actuelles : « Nous favorisons le développement communautaire et les liens sociaux, et nous devons utiliser cela dans ces situations pour rassembler les gens et leur ménager un espace de parole. »
Le fait d’encourager une culture basée sur l’humilité, le dialogue et l’apprentissage collectif a joué un rôle crucial dans la capacité de la Commission des parcs à respecter ces principes directeurs. « J’ai appris beaucoup plus… au cours de ce processus que je n’aurais jamais pu apprendre en suivant n’importe quel cours ou formation », relate Donnie Rosa. « Et cela, grâce au simple fait de mettre en pratique ces principes et de faire des erreurs… et puis de tenir compte de ces erreurs et de nous demander : comment pouvons-nous faire mieux? »
Donnie Rosa explique que l’une des erreurs commises par la Commission des parcs après le départ des itinérants du camp du parc Strathcona a été que son personnel a évacué les tentes et les articles personnels laissés sur place, pensant que ceux-ci avaient été abandonnés. Avec le recul, Donnie Rosa aurait aimé accorder plus de temps aux sans-abris pour s’assurer que le personnel ne retire que les objets dont ils étaient prêts à se séparer.
Saisir l’opportunité de faire participer les personnes en situation d’itinérance au processus de réhabilitation du parc en utilisant un modèle d’emploi entre pairs est un enseignement que le personnel retiendra pour la prochaine fois. En effet, les personnes déplacées du camp voulaient participer à la remise en état du parc après leur départ, explique Donnie Rosa.
Un récent rapport de l’Université York* indique que les Villes disposent de deux types de pouvoirs pour aborder la gestion des camps de fortune : un pouvoir juridique formel, via les règlements par exemple, et un pouvoir informel, via des messages qui façonnent l’opinion publique sur ces campements.
Les services des parcs sont bien placés pour tirer parti de ce pouvoir informel afin de changer le discours sur les campements. Et cette démarche a toute son importance étant donné que 70 % des Villes déclarent rencontrer des difficultés dans la gestion des personnes sans logement en raison des plaintes du public. En faisant des parcs des lieux propices à la conscientisation de la population, les Villes peuvent non seulement sensibiliser le public au partage de l’espace et le mettre à l’aise à cet égard, mais aussi contribuer à réduire les plaintes et alléger la charge qui pèse sur les effectifs des parcs.
Dans son plan d’action sur l’itinérance publié récemment, la Ville de Gatineau cite comme orientation stratégique le fait d’« améliorer le vivre-ensemble et faciliter la cohabitation dans l’espace public ». Pour ce faire, le personnel municipal a jusqu’à présent mis en place des « comités de cohabitation » dans les quartiers pour chercher, avec les parties prenantes, comme les organismes de services sociaux, le public et les entreprises, à conscientiser le public sur l’itinérance.
« Ce qu’on fait au comité de cohabitation, c’est de la déstigmatisation », explique Julie Sénéchal, coordonnatrice du développement des communautés à la Ville de Gatineau. Cette orientation a été proposée par des personnes sans logement participant au comité qui ont identifié « la question des préjugés et comment eux le vivent » comme une priorité importante, explique Julie Sénéchal.
Le premier comité a été formé dans le quartier de l’Île de Hull où un espace vert cogéré par la Commission de la capitale nationale, le ministère des Transports du Québec et la Ville de Gatineau sert de camping pour les sans-abris. Située à côté de cet espace vert, une école secondaire faisait partie des principaux partenaires du comité. À cette fin, les élèves ont interrogé leurs camarades pour comprendre leurs questions et leurs préoccupations sur l’itinérance. En se basant sur les commentaires des élèves, le comité de cohabitation élabore actuellement des vidéos d’information pour sensibiliser les gens du quartier afin qu’ils soient plus à l’aise de partager leur espace.
Les programmes mis en place dans l’espace public contribuent également à favoriser l’inclusion. À cet égard, la Ville organise des activités de nettoyage de quartier en partenariat avec des organisations locales et les personnes vivant dans les camps. Elle entend aussi lancer un programme d’agriculture urbaine qui embaucherait comme jardiniers des personnes sans logement en partenariat avec un organisme de services local.
Ce projet n’en est encore qu’aux premiers stades de sa mise en œuvre, mais Julie Sénéchal indique que la concertation régulière et de qualité des personnes sans logement sera cruciale pour sa réussite.
« Il faut aller à la rencontre des gens, c’est ma méthode de travail », explique Julie Sénéchal. Elle a bon espoir que ce projet contribuera à établir les bases d’une collaboration plus forte avec les personnes sans logement. Et d’ajouter que le plan d’action « nous permet de mettre en place des outils qui favoriseront une réelle participation et d’inclure les personnes en situation d’itinérance dans les processus de planification ».
« [Les personnes sans logement] connaissent la ville sous un autre angle que nous », dit-elle. « Il y a du monde qui a des choses à dire et on veut s’assurer de les entendre. »
À Montréal, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal va dans le même sens avec son nouveau Plan de cohabitation sociale et de partage de l’espace public. Le plan comprend une fiche d’information qui décrit la réalité des personnes en situation d’itinérance et encourage la population à établir des relations amicales avec celles-ci dans leur voisinage en leur disant bonjour ou en partageant un café.
Les programmes citoyens peuvent également contribuer à changer les idées reçues. Dans le parc Martin-Luther-King de Montréal, l’organisme Exeko a organisé une exposition de photos présentant des portraits de sans-abris afin de conscientiser les personnes visitant le parc.
Les programmes menés dans les parcs peuvent être particulièrement utiles pour aborder les questions controversées liées aux camps de fortune. Des initiatives comme l’événement dédié à la réduction de la stigmatisation*, organisé en l’honneur de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses dans le parc Kaministiquia River Heritage de Thunder Bay, peuvent aider le public à faire preuve de plus de compassion lorsqu’il voit des seringues usagées dans les parcs, par exemple.
Des programmes comme ceux-ci constituent une source d’inspiration pour envisager un avenir dans lequel les parcs, et les services des parcs, sont considérés comme faisant partie de la solution à la question de l’itinérance. Pour Donnie Rosa, le défi à relever est de réfléchir à « comment faire de ce [parc] un lieu agréable et pas seulement un lieu de répit? Comment peut-on faire en sorte que votre séjour, votre visite ou votre vie ici se passe le mieux possible? »gagent à mieux travailler ensemble, les parcs s’en trouvent doublement gagnants.
Ami•es des parcs publie le quatrième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Entretenir les relations et la réciprocité : Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Le rapport de cette année s’éloigne peu à peu des répercussions de la pandémie pour explorer comment les apprentissages des deux dernières années peuvent ouvrir la voie à des approches plus équitables et plus créatives en matière de planification, d’aménagement et d’animation des parcs.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 30 municipalités et de plus de 3 000 résident·es de villes canadiennes.
Comment des chef·fes de file à travers le pays utilisent diverses méthodes pour encourager les gens à se rapprocher de la nature en allant à leur rencontre.
Comment dépasser les simples consultations ponctuelles en investissant dans l’établissement de relations de confiance à long terme peut permettre de renouer le dialogue, de redistribuer le pouvoir et de réimaginer les parcs
Comment renforcer notre sentiment de connexion avec la nature grâce à la prise de conscience, la réciprocité et la gratitude – et pourquoi est-ce important.
À la découverte des efforts menés par des Villes des Prairies pour décoloniser les parcs et honorer les histoires des peuples Autochtones des terres sur lesquelles ces villes sont construites.
Comment la concertation publique sur les parcs peut favoriser l’établissement de relations durables une fois le processus de consultation terminé.
Comment les approches de financement collaboratif et les investissements des différents niveaux de gouvernement permettent d’envisager de nouvelles façons de subventionner les parcs.
Les répercussions de la pandémie sur les budgets des parcs et l’importance des investissements fondés sur l’équité.
Une occasion unique pour les services des parcs de jouer un rôle positif dans la question de l’itinérance
Le personnel des parcs municipaux gère des actifs publics parmi les plus essentiels et pourtant sous-estimés : les parcs urbains et espaces verts. Bien plus que de simples terrains gazonnés, ces lieux sont de véritables lieux de sociabilisation pour les citadin·es, qui offrent une infrastructure environnementale cruciale et des ressources essentielles en matière de santé publique.
Le Rapport sur les parcs urbains du Canada (RPUC) fournit des données et des témoignages démontrant l’importance des parcs au personnel des parcs municipaux, aux groupes citoyens, aux associations à but non lucratif et au grand public. Publié annuellement entre 2019 et 2024, le rapport a mis en lumière les tendances, les défis et les occasions qui façonnent la planification, la gestion et l’expérience des espaces verts publics. Au cours de cette période, 46 municipalités y ont participé, représentant collectivement 48 % de la population canadienne.
Ce rapport synthèse rassemble les principaux constats des RPUC au cours de ces années charnières. Il propose un index thématique et soigneusement structuré des données et des récits recueillis au fil des années, accompagné d’analyses sur les tendances observées.
1 – Enjeu de santé : Les parcs sont un investissement dans la santé publique
L’une des tendances les plus fréquentes issues des données de nos rapports concerne la fréquentation grandissante des parcs urbains et leur reconnaissance en tant que lieux publics essentiels. Cette évolution a été largement accélérée par la pandémie de COVID-19. Ce que l’on considérait précédemment comme de simples aménagements publics sont désormais perçus comme des lieux indispensables à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des citadin·es.
2 – Manque de financement : Ressources et capacités limitées
Malgré les données indiquant une fréquentation et une appréciation accrues du public pour les parcs, les municipalités déclarent faire face à des contraintes en termes de budget et de personnel. Ceci limite leur capacité à entretenir et à améliorer leur réseau de parcs.
3 – Fonction écologique : Adaptation climatique et biodiversité
Les parcs urbains assument des fonctions écologiques, notamment en matière d’adaptation climatique et de soutien à la biodiversité en milieu urbain. En raison de l’intensification des effets des changements climatiques, ces fonctions font l’objet d’une attention grandissante.
4 – Équité et accès : S’attaquer aux obstacles systémiques
À partir de 2021, les municipalités participantes ont fait état d’initiatives visant à promouvoir l’équité, l’inclusion et la réconciliation dans leurs activités de planification et de gestion des parcs. Ceci reflète une prise de conscience sociétale plus large des obstacles systémiques à l’accès aux parcs et à leurs bienfaits.
5 – Évolution des pratiques : Mobilisation du public et opérations plus complexes
La gestion des parcs comprend désormais des dimensions sociales complexes qui dépassent leur simple entretien traditionnel. Ceci implique de mettre en place des stratégies de mobilisation du public et de prendre en charge des problématiques urbaines liées à l’espace public.
Comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.
Comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables.
Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Explorez les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs urbains.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2020 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
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Si les projets de biodiversité à petite échelle sont essentiels, il n’en demeure pas moins que la taille a de l’importance quand il est question de nature : les vastes espaces peuvent accueillir une plus grande diversité de plantes qui, à leur tour, peuvent soutenir une plus grande diversité et un plus grand nombre d’espèces. Les vastes espaces naturels fournissent aussi des services écologiques critiques en purifiant l’air, en contribuant à la gestion des eaux pluviales et en réduisant la chaleur urbaine, des enjeux qui gagnent d’ailleurs en importance à mesure que les changements climatiques accroissent le stress environnemental.
Les villes utilisent différents outils stratégiques et de planification pour protéger les écosystèmes urbains sensibles ou les liens d’habitats importants. Leur désignation en tant que zones écologiquement vulnérables est parmi ces outils. Par exemple, Toronto a désigné 68 nouvelles ZEV, Montréal a mis en place un programme de gestion des écosystèmes pour ses grands parcs et Fredericton a lancé deux nouveaux plans de gestion des grands parcs.
Toutefois, si 52 % des villes ont des plans environnementaux comprenant des objectifs en matière de biodiversité, seulement 19 % ont indiqué avoir des stratégies de biodiversité municipales. Une planification municipale plus englobante qui tient compte des espèces clés, comprend des plans d’éducation et d’intendance et identifie les corridors d’habitats est donc nécessaire.
Les parcelles d’habitats, aussi grandes soient-elles, ne suffiront pas si elles sont isolées.
Qu’il s’agisse d’un paysage urbain ou d’une aire naturelle intacte, vous devez relier les réseaux pour favoriser des écosystèmes qui fonctionnent efficacement, explique Pamela Zevit, planificatrice de la conservation de la biodiversité de Surrey.
La connectivité garantit que la faune n’est pas confinée dans ce que Mme Zevit appelle des « îlots d’habitat ». Ceux-ci se dégradent facilement à cause de la pollution, de la maladie ou de perturbations, ne laissant aux animaux aucun endroit où aller.
C’est pourquoi Surrey a investi autant d’énergie dans la planification de son réseau d’infrastructures vertes : une série de corridors d’habitats éparpillés dans toute la ville et qui relient de plus grands centres d’habitats. Si la planification à l’échelle municipale est importante, il faut aussi établir des liens au sein de réseaux régionaux. Après tout, les animaux ne s’arrêtent pas aux frontières des villes. Surrey s’est donc assurée que son réseau est relié aux systèmes naturels des villes avoisinantes.
« Surrey désire fortement devenir un chef de file, affirme Mme Zevit. Nous avons déployé ces efforts très tôt pour relier beaucoup de points, et nous pourrons participer aux futurs projets qui seront mis sur pied à l’échelle régionale, quels qu’ils soient. »
À l’intérieur de ses propres frontières, la Ville travaille également à l’approbation de ses premières lignes directrices en matière de conception axée sur la biodiversité. Ces lignes directrices couvriront non seulement les aires naturelles, mais aussi les lieux qui constituent, dans les mots de Mme Zevit, la « matrice urbaine ». Il s’agit de tous ces lieux à l’extérieur des parcs et des aires naturelles qui ont une incidence sur la biodiversité.
« Elles [les lignes directrices] constituent une approche exhaustive et depuis longtemps attendue qui relie tous les guides de conception et les documents de construction existants et tous ces outils dont nous disposons pour nous indiquer comment intégrer des objectifs en matière de biodiversité dans toutes les activités de la ville », explique Mme Zevit.
Calgary a elle aussi approuvé une stratégie de la biodiversité en 2015 et elle travaille fort à sa mise en œuvre afin de restaurer les espaces naturels et de garantir la connectivité.
Depuis deux ans, la Ville a identifié et évalué les composantes de son réseau écologique afin de pouvoir déterminer quels projets de restauration et de mise en valeur sont prioritaires. Elle a même produit un guide sur la naturalisation des parcs existants.
Avant que ce travail d’évaluation soit entrepris, Calgary n’avait pas de « mécanisme pour l’établissement de priorités municipales en matière de conservation de la biodiversité ou de restauration des habitats », explique Vanessa Carney, superviseure de l’analyse des paysages. Les mesures prises répondaient plutôt à des besoins ponctuels. Elle ajoute qu’à Calgary, comme dans de nombreuses autres villes canadiennes, le développement urbain s’est opéré un quartier à la fois, et la planification urbaine s’est faite principalement à l’échelle locale plutôt que globalement, dans toute la ville ou dans toute la région.
« Bien que cette approche aide à garder publiques des parcelles de terres riches en biodiversité et très variées sur le plan des paysages, il nous manquait ce pilier écologique qui nous permet d’examiner comment le développement des quartiers contribue ou nuit à la connectivité à l’échelle de la ville ou de la région », déclare Mme Carney.
Pour effectuer son évaluation, la Ville a examiné la perméabilité des paysages pour les déplacements de la faune, la taille des zones d’habitat et les usages des terres adjacentes. Elle a aussi déterminé dans quelle mesure l’espace était essentiel au fonctionnement du réseau écologique dans son ensemble.
Même si on adopte une approche globale dans toute la ville, Mme Carney affirme que les parcs de petite taille jouent un rôle dans la connectivité au même titre que les espaces plus vastes. Les parcs de grande taille servent de « réservoirs de la biodiversité » tandis que les plus petits, qu’ils soient naturels ou entretenus, fournissent des habitats pour les petites espèces, servent de « relais » et permettent aux gens de côtoyer la nature au quotidien.
Pour ces espaces plus petits, les villes peuvent se tourner vers des politiques de développement afin de préserver et d’améliorer la connectivité. Par exemple, par ses politiques de zonage des corridors verts, le District de Langley soutient la biodiversité en s’assurant qu’il y a des corridors verts et des zones tampons dans chacune de ses communautés. Red Deer, quant à elle, dresse le profil écologique de chaque nouveau lotissement afin de garantir que ses caractéristiques naturelles sont protégées.
Les secteurs riverains (les habitats le long des cours d’eau) sont des zones particulièrement riches pour la biodiversité, et ils constituent d’importants liens d’habitats. Ils jouent également un rôle essentiel dans l’atténuation des risques liés aux changements climatiques puisqu’ils assurent une protection contre les inondations et préviennent les dommages occasionnés par des événements météorologiques extrêmes.
Le projet du Nicomekl River Park restaurera et mettra en valeur des zones écologiques riveraines uniques en les transformant en parc linéaire de 3 km alliant nature, art, patrimoine, loisirs et espaces sociaux. La Ville a publié un plan patrimonial et une stratégie d’art public, auxquels s’ajoute un plan d’aménagement. Celui-ci souligne les occasions de reconnaître l’histoire et les pratiques autochtones ainsi que les plantes indigènes au moyen d’une programmation, d’affiches et de dénominations.
Sous l’égide de l’organisation Waterfront Toronto, la Ville de Toronto entreprend elle aussi un projet de restauration majeur impliquant la naturalisation de l’embouchure de la rivière Don, qui se jette dans le lac Ontario. Le projet, qui suppose aussi la création de parcs-rues axés sur la biodiversité dans les nouveaux quartiers de cette région, fournira une protection contre les inondations et restaurera des paysages perdus.
À plus petite échelle, Vancouver s’apprête à déterrer un ruisseau qui traverse les parcs Tatlow et Volunteer, restaurant ainsi un cours d’eau qui se jetait jadis dans la baie English. Comme beaucoup d’autres ruisseaux, celui visé par ce projet a été enterré au fil du développement de Vancouver, une pratique adoptée par de nombreuses villes dans le cadre de l’urbanisation.
Le projet donne suite aux priorités établies dans le nouveau plan directeur pour les parcs de Vancouver, VanPlay, qui visent à restaurer les espaces sauvages et à accroître la connectivité. En ramenant le ruisseau à la surface, on créera un nouvel habitat pour les espèces aquatiques, les oiseaux et les pollinisateurs. Le ruisseau contribuera aussi à la gestion des eaux pluviales et à l’amélioration de la qualité de l’eau.
Les étendues souvent vastes de pelouses tondues dans les couloirs hydroélectriques qui traversent les villes sur des kilomètres sont de plus en plus reconnues comme des zones potentielles d’habitats reliés.
Prenons l’exemple du Meadoway, un projet mené par l’Office de protection de la nature de Toronto en partenariat avec la Ville, Hydro One et la Fondation W.-Garfield-Weston, un bailleur de fonds philanthropique.
Le plan, dont la mise en œuvre est déjà amorcée, vise à naturaliser un couloir hydroélectrique de 16 km qui traverse Scarborough, reliant deux grandes aires naturelles à chaque extrémité : le parc urbain national de la Rouge et le ravin de la vallée de Don. Lorsqu’il sera terminé, le Meadoway comportera des centaines d’acres de prés servant d’habitats ainsi que des zones de terres humides restaurées, un long sentier et des espaces pour les rassemblements sociaux. Une trousse de visualisation en ligne démontre le potentiel du projet, qui devrait être terminé d’ici 2024.
Montréal a elle aussi annoncé des plans pour un corridor de la biodiversité dans un couloir hydroélectrique de l’arrondissement Saint-Laurent. « Les changements climatiques nous obligent à agir vite en adoptant des solutions innovatrices », a expliqué le maire de l’arrondissement Alan DeSousa. Il a décrit le projet de « laboratoire » qui permettra aux autres d’apprendre. La construction du projet se fera sur 450 hectares de terrain et donnera lieu à des habitats naturels, à des sentiers et à des toits verts installés sur les immeubles avoisinants.
Voici ce que font d’autres villes canadiennes pour créer et mettre en valeur leurs vastes parcs nature et améliorer la connectivité des habitats :
À Vancouver, un exemple fascinant d’intendance environnementale en milieu urbain a pris racine dans le quartier de Champlain Heights.
Everett Crowley Park Committee (ECPC)* et Free the Fern Stewardship Society* sont deux associations environnementales. Elles travaillent en étroite collaboration pour protéger et revitaliser les écosystèmes de certaines forêts indigènes encore présentes dans l’est de Vancouver.
Leurs équipes, pour la plupart constituées de bénévoles, ont organisé des centaines d’événements d’éducation et d’intendance environnementales à succès. Leur travail repose sur des valeurs communes comme la réciprocité, la réconciliation et un profond engagement envers la terre.
Nous avons interrogé Damian Assadi et Evie Osborn d’ECPC, ainsi que Grace Nombrado de Free the Fern pour en savoir plus sur comment ils œuvrent à la fois pour les espaces naturels et les liens communautaires.
Damian : En fait, je suis né dans ce quartier. Il y a un espace vert qui s’appelle le parc Sparwood. J’allais y jouer tous les matins, et c’est là que j’ai appris les principes de l’intendance environnementale. J’adorais m’amuser sous les cèdres, autour des ronces remarquables et des arbustes à baies de cèdre. Un jour, je me suis rendu compte qu’une plante étrange poussait au pied d’une ronce remarquable. Dix ans plus tard, j’ai réalisé que cette dernière avait été tuée par une espèce envahissante appelée ronce d’Arménie. Déterminé à faire quelque chose, j’ai contacté ECPC et j’ai proposé mon aide en tant que bénévole.
Evie : On dit toujours pour blaguer que le parc Everett Crowley, c’est un peu comme le jardin de Damian. Si vous le cherchez, il est probablement dans le parc. Je suis originaire du Royaume-Uni. Quand je suis arrivée ici il y a quelques années, je me suis rapidement investie dans l’intendance environnementale. Pour moi, c’est une façon de m’ancrer dans un lieu que de le découvrir à travers ses milieux naturels, ses espèces et ses habitats. Je suis venue pour la première fois au parc Everett Crowley pour un événement visant à planter des espèces végétales. Tout le monde a été tellement accueillant et chaleureux. Je me souviens d’avoir discuté avec Damian qui m’a grandement encouragée à participer aux activités. Cela fait plus d’un an maintenant que je travaille avec le comité. Je suis impressionnée par la chaleur humaine et l’enthousiasme de tout le monde.
Grace : Mon travail avec Free the Fern s’est fait de manière très spontanée. Après une tempête au début de l’année 2021, je me promenais sur un des sentiers du quartier Champlain Heights. J’étais en train de déblayer des branches tombées par terre quand j’ai remarqué que du lierre envahissait le secteur. Ayant déjà travaillé comme bénévole au parc Everett Crowley, j’étais consciente des dégâts que cela pouvait causer, alors j’ai commencé à enlever le lierre avec un voisin. Des résident·es qui passaient par là nous ont demandé ce que nous faisions et s’ils pouvaient nous aider. C’est ainsi que Free the Fern est née. En taillant des ronces, j’ai dégagé une fougère dissimulée en dessous et me suis écriée « Free the fern ! » [Libérons la fougère !]. Le nom est resté. Ce qui avait commencé comme une initiative spontanée de défrichage a complètement réorienté ma carrière. Aujourd’hui, nous sommes une organisation sans but lucratif.
Damian : Le parc Everett Crowley était autrefois utilisé comme décharge municipale. Avant cela, il y avait à cet endroit une forêt ancienne gérée par les peuples salish de la côte et située à proximité d’un ancien village appelé Tsukhulehmulth. C’est un contexte clé dans l’histoire de l’intendance du lieu qui s’est perpétuée au fil du temps. Quand la décharge a été fermée en 1967, une proposition a été émise d’agrandir le terrain de golf adjacent de 19 trous à 27 trous, ou de construire un réseau ferroviaire miniature. Toutefois, des résident·es ainsi que des amoureux et amoureuses de la nature ont fait campagne auprès de la commission des parcs pour en faire un espace naturel. C’est ainsi qu’a vu le jour ECPC, en tant que sous-comité de la Champlain Heights Community Association, sa mission étant d’en faire une réserve naturelle urbaine.
Grace : Jusque dans les années 1970, la zone à l’est du parc Everett Crowley était encore une forêt dense. Heureusement, pendant les plans de réaménagement du quartier de Champlain Heights, la municipalité a décidé de conserver une bande de cette forêt ancienne pour en faire un sentier pédestre. Les activités d’intendance aux abords de ces sentiers sont cruciales, car on y trouve de nombreuses espèces de plantes indigènes utilisées traditionnellement comme nourriture et remèdes. Ils servent aussi d’habitats aux aigles, chouettes, chauves-souris, grands pics et à bien d’autres animaux ! Toutefois, beaucoup d’espèces de plantes envahissantes menacent de coloniser ces sentiers. Voilà pourquoi nous avons besoin d’un programme d’intendance environnementale comme celui de Free the Fern.
Damian : Nous sommes le seul quartier de l’est de Vancouver avec 30 % de couverture arborée. En général, la couverture arborée reflète le niveau de revenu du quartier en question. Toutefois, notre quartier déroge à la norme, car nous disposons d’une bonne quantité d’arbres, mais aussi de logements sociaux et destinés aux personnes à faibles revenus. Contrairement à la majeure partie de la ville, la forêt a été préservée pendant le développement urbain des années 1970. Aujourd’hui, il ne reste que 4 % de forêt dans toute la ville de Vancouver et nous en faisons partie. Cette oasis verte incite les gens à en prendre soin parce que c’est un endroit unique.
Grace : Notre quartier ressemble à un grand parc. Le parc Everett Crowley et les sentiers de Champlain Heights sont uniquement séparés par une route.
Je dis toujours « les oiseaux ne connaissent pas de frontières ». Ainsi, ce qui est bon pour le parc ou le réseau de sentiers est bon pour nous.
Grace, Free the Fern
Par exemple, quand nous cherchons des subventions, nous faisons aussi passer le message autour de nous. Même si une seule organisation parmi nous se voit attribuer une subvention, c’est tout le quartier qui en profitera. Se faire concurrence ne sert à rien, car nous partageons les mêmes ambitions et les mêmes valeurs.
Damian : Je considère ECPC et Free the Fern comme des organisations cousines, faisant partie d’une grande communauté ou d’une grande famille. Notre quartier est unique, car deux organisations environnementales locales y ont vu le jour. Je pense que ce n’est pas une coïncidence. Cela reflète la corrélation qui existe entre nos programmes et nos activités d’intendance.
Grace : Je voulais d’ailleurs citer le festival des lanternes Light up the Night à Champlain Heights. Free the Fern organise l’événement depuis quatre ans, mais l’hiver dernier, nous avons collaboré avec ECPC pour la première fois. Son équipe nous a aidés pour la mise en place et aussi en soutenant les artistes fabriquant les lanternes. C’était l’un de nos festivals les plus réussis, et ce, grâce à ce partenariat.
Damian : Nous prenons le temps de créer des liens avec les gens.
Nous pensons que chaque personne qui assiste à nos événements a quelque chose à apprendre, et chaque personne nous apprend aussi des choses.
Damian, Everett Crowley Park Committee
Grâce au soutien d’Ami·es des parcs et d’autres organismes, nous pouvons nous développer en mettant en œuvre ces ambitions collectives. Nous disposons de multiples sous-comités qui correspondent aux intérêts de nos membres. Nous nous sommes organisé·es collectivement afin de mettre en valeur ces savoir-faire. Je dis souvent « Nous aimons rêver, mais nous savons aussi passer à l’action. »
Evie : Depuis l’an dernier, notre comité est passé de 5 personnes à 11. Nous avons aussi remarqué que le public présent à nos événements était de plus en plus varié et représentait davantage la population de Champlain Heights. De plus, nous constatons une plus grande diversité dans l’âge des participant·es (avec davantage de personnes plus jeunes), mais aussi dans leurs origines raciales et ethniques. Nous bénéficions aussi de nouvelles compétences, notamment dans la réalisation de vidéo documentaires, la recherche environnementale et la gestion d’une organisation à but non lucratif. De même, davantage de résident·es du quartier décident de nous rejoindre. L’an dernier, nous avons organisé 69 événements. En 2025, nous en avons organisé 45 durant les premiers mois de l’année.
Des gens viennent souvent nous voir avec une idée ou une ambition qu’ils souhaitent mettre en œuvre. Nous avons la chance d’avoir la flexibilité nécessaire pour leur apporter notre soutien. Les financements octroyés par Ami·es des parcs nous aident à assurer la logistique permettant aux bénévoles de mener les activités qui les passionnent. Notre programme sur l’ornithologie en est un bon exemple : l’un de nos bénévoles de longue date a fait équipe avec une autre personne pour en faire une réalité. Celui-ci est extrêmement populaire, et les listes d’attente dépassent souvent les capacités de 200 %. Chaque mois, cinq animateurs et animatrices ayant des connaissances sur les oiseaux dirigent désormais des marches guidées. Celles-ci sont adaptées aux débutant·es et favorisent les échanges, offrant à chaque personne la possibilité de s’exprimer. Tous les mois, nous organisons aussi un petit recensement des oiseaux pour en dresser l’inventaire et offrir une expérience de terrain aux personnes intéressées par l’écologie. Nous transmettons ensuite nos données à la municipalité.
Grace : Dans le cadre de la politique de Free the Fern sur l’équité, la diversité et l’inclusion, que nous avons adoptée en août 2024, nous encourageons les bénévoles de tous horizons à occuper des postes à responsabilités lors de nos événements. Ces bénévoles en charge nous aident à accueillir les autres bénévoles, dirigent une activité de bienvenue, supervisent les activités d’intendance environnementale et participent au nettoyage après l’événement. Le fait que des bénévoles avec différents profils assument des rôles de leader permet aux personnes appartenant à des groupes marginalisés de se sentir représentées, valorisées et motivées à participer.
Grace : Depuis la création de notre organisation, nous avons fait en sorte d’engager des personnes autochtones pour transmettre leurs savoirs pendant nos ateliers et promenades. En 2023, la Fondation David Suzuki et l’Initiative nationale Forêts de la guérison ont reconnu notre jardin pédagogique Douglas Fir comme « forêt de guérison », c’est-à-dire un endroit reconnaissant les préjudices subis et contribuant à y remédier. Notre aînée en résidence, Marge Wiley de la Nation Tl’azt’en, nous a dit que le jardin lui procurait un réel sentiment de paix et qu’elle le fréquentait quasiment tous les jours. C’est exactement ce que nous espérions : créer un espace de guérison.
Les changements climatiques menacent de nombreux cèdres peu habitués au climat sec. Avec l’aide du personnel municipal en charge des forêts, nous avons coupé des arbres et avec d’autres bénévoles, nous les avons roulés sur le sentier. Nous avons bien ri en essayant de faire rouler tous ces troncs ! Nous avons aussi engagé John Spence, un sculpteur squamish, et son fils pour sculpter ces troncs et créer un cercle sacré. C’est devenu notre lieu de rassemblement, où les enfants viennent pour apprendre.
De plus, nous avons créé un comité sur la diversité. Celui-ci se réunit tous les mois pour coordonner l’élaboration de programmes inclusifs, notamment sur la réconciliation avec les peuples autochtones. J’ai moi-même beaucoup appris, et je m’efforce toujours d’indiquer la source de ces connaissances. Lorsque je partage ce savoir, j’aborde les usages traditionnels des plantes qu’on m’a enseignés. Non loin de là, nous avons une forêt nourricière, inspirée par les traditions des peuples salish de la côte qui établissaient des cultures agricoles près des villages. Nous y avons installé un panneau avec des explications sur l’histoire du lieu et les plantes, et des photos pour permettre aux gens d’en savoir plus.
Evie : Après avoir tiré des enseignements du formidable travail de Free the Fern sur sa politique d’équité, de diversité et d’inclusion, ECPC a décidé d’élaborer sa propre politique en se concentrant sur la réconciliation avec les peuples autochtones. Nous disposons désormais d’un budget dédié à ces activités. Ceci comprend le recrutement d’animateurs et animatrices autochtones pour guider les promenades, des séances d’identification des plantes et des ateliers abordant l’histoire autochtone du parc et les activités actuelles. La réconciliation se traduit aussi par des activités de restauration environnementale, en plantant des espèces végétales autochtones et en communiquant leur nom et leur utilisation autochtones quand nous le pouvons.
Damian : Notre Jardin de guérison a permis de transformer une zone envahie par les ronces d’Arménie en un espace où poussent des espèces endémiques qui attirent les pollinisateurs. Ces plantes sont comestibles et possèdent des propriétés médicinales, mais ont aussi une grande importance culturelle pour les Premières Nations du secteur. Voilà pourquoi notre jardin porte le nom de « Jardin de la guérison ».
Nous faisons en sorte de poser des gestes concrets et que ceux-ci soient au cœur de tout ce que nous faisons. Nous veillons à mettre en pratique nos valeurs en dépassant la simple énonciation d’une reconnaissance de territoire. Nous lançons un appel permanent à toute personne détentrice de savoirs pour qu’elle vienne à notre rencontre. Il est arrivé que des personnes autochtones participant à nos événements nous fassent part de connaissances que nous ignorions auparavant. Nous nous réjouissons de bénéficier d’un environnement favorisant ce partage de savoirs.
Mon souhait est que nous remplissions notre mission d’intendance du parc Everett Crowley en tant que réserve naturelle urbaine. J’espère aussi que les valeurs de notre comité continueront d’être portées par nos membres. Enfin, je souhaite que nos programmes continuent de refléter les intérêts de notre public.
Notre ambition est collective, portée par les usagères et usagers de ces parcs. Elle est guidée par l’intendance environnementale et ancrée dans la réciprocité et le respect, tout en faisant briller au mieux les qualités de toutes et tous.
Cette contribution d’Emily Rendell-Watson s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ». Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid* et est illustrée grâce aux croquis de Jake Tobin Garrett*.
Edmonton, ou Amiskwaciy Waskahikan*, accueillera bientôt le premier site cérémoniel Autochtone urbain du Canada.
Kihciy askiy*, qui veut dire « terre sacrée » en langue cri, est situé au cœur de la capitale de l’Alberta sur un site de 4,5 hectares dans le parc Whitemud*. Le parc, qui se trouve dans la vallée fluviale d’Edmonton, vise à offrir aux personnes Autochtones un lieu pour se réunir à l’occasion de cérémonies et dans des huttes de sudation, cultiver des herbes médicinales et vise à transmettre la culture Autochtone aux personnes non Autochtones.
« Nous sommes aujourd’hui dans une ère de réconciliation et devons tâcher d’établir des relations positives avec les colons. Cette initiative va donc nous permettre de faire un grand pas dans cette direction », explique Lewis Cardinal, responsable du projet et membre du Indigenous Knowledge & Wisdom Centre (IKWC)*.
« Nous faisons face encore aujourd’hui au racisme et à la discrimination. Toutefois, une grande partie de ces problèmes vient de l’ignorance, ou simplement du fait de ne pas connaître les traditions des gens et d’être mal informé. Cette initiative permettra aux gens de se familiariser directement et de manière personnelle . »
Lewis Cardinal
Selon Lewis Cardinal, il sera également important que le centre serve de lieu de rassemblement aux personnes Autochtones de la région, en particulier pour celles qui cherchent à se rétablir après avoir connu la toxicomanie, des abus ou d’autres traumatismes.
« Ceci peut permettre de transformer ces situations en quelque chose de très positif, en rendant les gens plus forts et en resserrant les liens humains », dit-il.
En collaboration avec l’IKWC et la Ville d’Edmonton, le projet a été initialement proposé en 2006 par Lewis Cardinal et William Campbell, un aîné Autochtone, dans le but d’accueillir des cérémonies Autochtones dans la ville.
Le terrain sur lequel sera construit kihciy askiy se trouve dans l’ouest d’Edmonton sur l’ancienne propriété de Fox Farms. Dans le passé, les Autochtones s’y arrêtaient pour la nuit avant d’entrer dans la ville pour y cueillir des amélanches. Selon la tradition orale, il existerait un important gisement d’ocre à l’est de kihciy askiy, de l’autre côté de Whitemud Creek. L’ocre faisait autrefois partie des éléments clés des cérémonies Autochtones. Ceux-ci la mélangeaient à des baies et à des pigments pour créer différentes couleurs.
Au fil des années, des cérémonies se sont tenues sur ce site, notamment lors de la conférence internationale Autochtone « Healing Our Spirit Worldwide »* . Néanmoins, à chaque fois que la communauté Autochtone voulait utiliser le terrain, elle devait demander une autorisation à la Ville, explique Lewis Cardinal. Les aînés qui ont organisé la conférence se sont donc demandé s’il leur serait possible d’avoir un accès permanent à un terrain dans le centre de la ville.
Afin de concrétiser cette initiative via des négociations plus formelles avec la municipalité, Lewis Cardinal, William Campbell et un groupe d’aînés ont ainsi créé l’organisation à but non lucratif Edmonton Indigenous Cultural Resource Counsel.
Étant donné que certains étaient favorables à l’organisation de cérémonies dans la ville et que d’autres non, l’organisation a donc décidé en 2010 de réunir 120 aînés Autochtones venant de toute l’Alberta pour discuter pendant trois jours de cette idée. Ce groupe a également réfléchi au type de cérémonies pouvant être organisées dans une ville, et aux différents sites potentiels.
D’après Lewis Cardinal, « la réponse à la première question était : “oui, les familles, les jeunes et toutes les personnes Autochtones vivant dans les centres urbains doivent avoir accès à des cérémonies, car dans un avenir proche, c’est là que la plupart vivront. Ils doivent donc avoir accès à des activités culturelles et à des cérémonies dans un environnement respectueux de la Terre Mère” ».
« En d’autres termes, on ne peut pas organiser des cérémonies sur le stationnement d’un Walmart. »
Le projet a finalement été repris par l’organisation Native Counselling Services of Alberta (NCSA)*, ce qui a permis d’assurer un dialogue continu entre les parties prenantes et de créer un conseil des aînés* chargé de collaborer avec l’équipe pour la conception et la construction du site, et de veiller au respect des principes spirituels et culturels du projet.
En mai 2015, puis en octobre 2018, le NSCA a organisé des réunions du grand conseil pour les chefs spirituels Autochtones de la région d’Edmonton au Alfred H. Savage Centre afin d’étudier et d’approuver le concept, de passer en revue les protocoles de cérémonie sur le site et d’aborder dans les grandes lignes les besoins cérémoniels et spirituels des Autochtones de la région.
En 2018, le NCSA a fait l’objet d’une réorganisation structurelle, et la décision a été prise de transférer le projet à l’IKWC, se souvient Lewis Cardinal. C’est à ce moment-là qu’on lui a demandé de le gérer à plein temps.
« J’ai toujours entendu les aînés dire qu’il nous incombe de réaliser nos rêves et nos ambitions. Ainsi, qu’il s’agisse de concrétiser un rêve et une ambition pour soi-même ou pour un groupe de personnes, nous devons ressentir le même engagement. Je me réjouis de pouvoir à nouveau participer au projet et de travailler avec les aînés pour en arriver à ce stade. »
L’un de ces aînés est Howard Mustus, président du Conseil des aînés de kihciy askiy et gardien du savoir traditionnel. Il espère que le projet contribuera à réduire le racisme, à mesure que les personnes non Autochtones assimilent et acceptent les traditions et la culture Autochtones.
« Nous encourageons les personnes non Autochtones à participer avec nous aux cercles sacrés et à en apprendre davantage sur la loi Autochtone. Celle-ci est ancrée dans la spiritualité, un aspect très important pour notre peuple. Il s’agit de la plus haute autorité qui dicte la manière dont nous devons nous comporter et fonctionner en tant que société, en nous basant sur les principes holistiques de la bienveillance et du partage », explique Howard Mustus.
En septembre 2021, une cérémonie de bénédiction de la terre* (au lieu de la cérémonie marquée par le premier coup de pioche) a été organisée pour célébrer le début des travaux et reconnaître les liens entre toutes les parties prenantes participant au projet kihciy askiy, dont le budget s’élève à 4,5 millions de dollars. Cette cérémonie a aussi été l’occasion de « demander la permission à la Terre Mère de lancer les travaux », et ce, en nouant des rubans aux branches d’un arbre afin de symboliser les liens avec la terre et le respect envers celle-ci.
Mené par Delnor Construction, l’aménagement du terrain a officiellement commencé à la mi-novembre et devrait durer entre 18 et 24 mois.
Les liens qui se sont noués dans le cadre de ce projet ont joué un rôle crucial pour la réussite de kihciy askiy jusqu’à présent, notamment en guidant la manière dont le site sera aménagé.
Nav Sandhu, responsable des programmes de la Ville d’Edmonton, explique que les marchés publics à caractère social lancés par la Ville demandaient aux prestataires de services posant leur candidature de montrer comment leurs équipes ou leurs sous-traitants associeraient les groupes Autochtones au processus. Pour ce faire, une personne Autochtone chargée des ressources humaines a été embauchée, et les services d’entreprises Autochtones ont été retenus pour s’occuper des aspects liés à la mécanique et aux aménagements paysagers du projet.
« Les marchés publics à caractère social sont relativement nouveaux dans le secteur de la construction, et je pense que nous irons de plus en plus dans cette direction. C’est formidable de voir la Ville agir comme chef de file et veiller à ce que les partenaires et les bénéficiaires du projet aient voix au chapitre en pouvant exprimer leurs attentes. »
Nav Sandhu
« Les projets qui, comme celui-ci, ont des répercussions sociales aussi importantes, requièrent un certain niveau de collaboration. »
Le processus de conception a également nécessité l’obtention d’un consensus de la part des représentants de plus de 50 groupes Autochtones qui pourront utiliser le site, ainsi que l’adaptation de plusieurs politiques relatives aux parcs afin de permettre l’aménagement de la vallée fluviale d’Edmonton et l’accès à la zone pour les activités culturelles Autochtones.
En tant que propriétaire du terrain, la Ville construira sur kihciy askiy deux bâtiments qui abriteront des vestiaires, des toilettes, une petite salle de classe dédiée à l’éducation environnementale, un espace de réunion ainsi qu’un entrepôt. Le site comptera également un amphithéâtre en plein air.
Selon Lewis Cardinal, l’objectif est de donner au site un caractère naturel, « en évitant d’y laisser une empreinte trop importante ».
Le site disposera d’une zone pouvant accueillir entre 10 et 12 tipis ou tentes trappeurs, dans lesquels des conteurs pourront raconter des histoires.
Deux foyers extérieurs permettront de faire fonctionner simultanément deux huttes de sudation, avec une capacité d’accueil pour huit personnes au total. En tant que lieux dédiés aux cérémonies, les huttes de sudation font partie intégrante de la culture Autochtone et seront particulièrement cruciales pour les groupes Autochtones de la région d’Edmonton qui possèdent un large éventail de traditions autour de cette pratique de purification.
« Les personnes opérant des huttes de sudation actuellement ont reçu des enseignements différents de ceux de leurs ancêtres, ou de ceux qui leur ont transmis ce savoir. Nous devons donc veiller à ce que toutes ces personnes puissent y avoir accès », explique Lewis Cardinal.
Une fois que le projet kihciy askiy sera terminé, les groupes Autochtones d’Edmonton ne seront plus obligés de se rendre à la bande de Paul ou à la Première Nation d’Enoch ou d’Alexander pour avoir accès à une hutte de sudation.
Le troisième élément, qui explique le choix de ce site, sera un jardin médicinal qui s’inspirera des remèdes traditionnels existant dans la vallée fluviale. Ce jardin sera utilisé comme lieu d’enseignement, et aussi pour les aînés afin qu’ils puissent récolter de la sauge, du tabac et du foin d’odeur, par exemple.
Enfin, un espace polyvalent offrira un lieu supplémentaire pour accueillir des cérémonies Autochtones ainsi que d’autres structures traditionnelles qui pourraient voir le jour pour honorer certaines traditions des Premières Nations.
« Cet endroit permettra également de dispenser un enseignement aux personnes non Autochtones, de les accueillir dans nos cérémonies et de leur parler de notre vision du monde et de notre histoire. Ces espaces représenteront d’excellentes plateformes d’enseignement », déclare Lewis Cardinal. Et d’ajouter que le site offrira également un « programme ouvert », dans le cadre duquel les huttes de sudation seront ouvertes au public.
« L’objectif global du site est de favoriser une bonne entente, d’aider les Autochtones à se reconnecter à la terre et aux enseignements qui en découlent, ainsi qu’à leur culture, leurs traditions et leur histoire. »
Les organisations et agences Autochtones pourront également se servir du site pour y offrir leurs propres programmes culturels.
Le seul autre parc que Lewis Cardinal connaît qui ressemble de près ou de loin à kihciy askiy est l’aire culturelle Autochtone du parc national Jasper. Cette zone aménagée par le Forum des Autochtones du parc national de Jasper et Parcs Canada est un endroit réservé aux partenaires Autochtones afin qu’ils puissent renouer avec la terre, l’apprentissage culturel et les cérémonies.
Ouvert aux membres du Forum à partir de juin 2013, le site est fermé au grand public afin d’en assurer l’intimité.
Une fois la construction de kihciy askiy terminée, l’IKWC sera responsable de sa gestion. Les gens pourront s’y rendre par divers moyens de transport, y compris en autobus – un facteur important pour déterminer l’emplacement du site, explique Lewis Cardinal.
Selon Lewis Cardinal, Howard Mustus et Nav Sandu, le site constituera un pilier important pour la communauté Autochtone de la région d’Edmonton, en leur permettant de maintenir un lien avec leurs traditions. Les partenariats ayant joué un rôle essentiel dans l’aménagement du site se poursuivront, et nous espérons que de nouveaux se formeront entre les groupes Autochtones qui l’utilisent et les personnes non Autochtones désireuses d’en savoir plus sur eux.
« Kihciy askiy constituera un havre de paix pour les gens. Selon moi, ceci ne sera pas le dernier (projet de ce type); je pense qu’une tendance va émerger dans les années à venir… afin de combler ces lacunes », déclare Nav Sandhu.
« Selon moi, il s’agit d’un pas important et nécessaire en faveur de la vérité et de la réconciliation. »
Emily Rendell-Watson est une journaliste multimédia basée à Edmonton qui est actuellement responsable éditoriale et responsable de la communauté de Taproot Edmonton, une publication qui cherche à aider sa communauté à mieux se comprendre.
Elle écrit sur l’innovation technologique, les problèmes urbains, le changement climatique et tout ce qui tombe sur son bureau. Lorsqu’elle ne poursuit pas une histoire, vous pouvez la trouver en train de faire du patinage de vitesse ou de s’aventurer dans l’arrière-pays avec son chien de sauvetage, Abby.
Chaque été, les parcs de Toronto s’animent avec des expositions d’art, des concerts, du théâtre et de la danse grâce à Arts in the Parks*. Cette initiative organisée à travers la ville transforme les espaces verts publics en véritables scènes à ciel ouvert.
Présenté par Toronto Arts Foundation en partenariat avec Toronto Arts Council, la Ville de Toronto et Ami·es des parcs, ce programme unique anime des parcs dans tous les coins de la ville : que ce soient des places en béton ou des espaces verts à la végétation abondante, à Scarborough, Etobicoke ou North York.
Depuis le lancement du programme en 2016, plus de 700 000 personnes de toute la ville ont visité 78 parcs à l’occasion de plus de 2 400 événements artistiques gratuits. Ceux-ci comprennent – pour n’en citer que quelques-uns – des spectacles de tambours japonais Taiko, des fresques murales collaboratives et des performances de cirque africain!
L’ambition de notre organisation est de voir fleurir dans les villes canadiennes des parcs dynamiques favorisant la prospérité des gens et de la nature; des villes dans lesquelles toute personne – quels que soient ses revenus, son identité, ses capacités ou son âge – dispose d’un accès équitable aux avantages des espaces verts publics.
Cependant, 33 % de la population torontoise* ne résident pas à proximité d’un centre artistique et culturel accessible à pied. Il s’agit en grande majorité de personnes autochtones, noires ou de couleur et de personnes nouvellement arrivées au Canada vivant dans les banlieues proches de la ville.
Pour combler cette lacune, Ami·es des parcs soutient le programme Arts in the Parks en sélectionnant des sites dans des zones où les programmes culturels gratuits ne sont généralement pas aussi disponibles. Ce sont aussi des endroits riches en opportunités pour animer les parcs de façon créative.
Nous apportons aussi notre aide à Arts in the Park en nous appuyant sur notre plus grande compétence : créer du lien social entre les résident·es et avec leur parc de quartier. Afin de garantir l’adéquation de ces événements avec les besoins et les intérêts des publics concernés, nous mettons à profit, dès les premières étapes, nos liens avec les groupes citoyens œuvrant pour un parc et les leaders de quartier. Cela nous permet de concevoir des événements qui reflètent l’esprit du quartier et favorisent la participation
« Notre rôle est de créer des liens. Avant d’organiser des événements, nous essayons de réunir des artistes et des groupes citoyens, généralement dans le parc où se déroulera l’événement. Ces réunions initiales créent un espace où les idées peuvent germer ».
Cindy Hashie, gestionnaire de projet principale à Ami·es des parcs.
Elles sont l’occasion pour toutes les personnes présentes de faire part de leurs expériences, de poser des questions et d’innover, ensemble. Les groupes citoyens apportent des connaissances précieuses, notamment sur les périodes de grande affluence dans le parc ou la langue dans laquelle les prospectus doivent être imprimés. Tandis que les artistes peuvent présenter leurs idées innovantes et apprendre ce qui importe le plus aux personnes qui fréquentent le parc tous les jours.
« Nous aidons les gens à établir des liens pour que tout le monde se sente à l’aise, écouté et respecté »
Ayesha Talreja, gestionnaire de projet à Ami·es des parcs.
Pour Ayesha, l’un des aspects les plus passionnants d’Arts in the Parks est de voir comment cet événement incite les participant·es à explorer leur propre créativité.
Ana Cuciureanu en est un bon exemple : Ana s’est d’abord investie dans Arts in the Parks en tant que fondatrice de Friends of Parkway Forest Park, un groupe également soutenu par Ami·es des parcs via son programme Susciter le changement. Après avoir vu comment Arts in the Parks avait permis d’organiser des créations artistiques participatives dans son parc bien-aimé, Ana a décidé de créer son propre événement par l’intermédiaire de son collectif Splash on Earth. Pour ce faire, des artistes sensibles aux enjeux environnementaux, des conteurs et conteuses, ainsi que des résident·es du quartier ont créé des œuvres d’art publiques en utilisant de la peinture écologique fabriquée à partir de déchets alimentaires. Ana et son équipe organisent des événements dans le cadre d’Arts in the Parks depuis trois ans. Ils ont même créé une association à but non lucratif consacrée à l’action climatique innovante.
« Ana sait ce que collaborer veut dire. Elle a occupé les deux rôles : organisatrice communautaire et artiste. C’est grâce à cette perspective que nous pouvons créer des événements pertinents pour le public. »
Ayesha
D’autres, comme Christine Malec, ont emprunté un parcours semblable. Elle a d’abord participé à l’initiative InTO the Ravines organisée par les Ami·es des parcs avant de diriger aujourd’hui des programmes artistiques centrés sur l’accessibilité dans le cadre de Arts in the Parks. Son projet, Described Toronto, propose aux personnes malvoyantes des visites audio de la ville. Celles-ci sont souvent intégrées à un balado contenant des descriptions étayées de Toronto, de sa flore et de sa faune, de ses habitant·es et de sa culture.
Ces exemples nous rappellent qu’il existe une corrélation étroite entre l’espace public et l’art public. Lorsque les gens se sentent représentés dans les activités organisées dans leur parc, ils éprouvent souvent un plus grand sentiment de responsabilité vis-à-vis de leur quartier et, bien souvent, découvrent de nouvelles possibilités créatives.
Le programme de Arts in the Parks entend s’adresser à toutes et à tous. Qu’il s’agisse de tambours asiatiques ou de danse salsa, ces activités invitent les gens à bouger ensemble, sans oublier les événements plus tranquilles comme un conte raconté à l’ombre d’un arbre. Certains événements s’enracinent dans les traditions culturelles mêmes du quartier. D’autres introduisent des formes d’art nouvelles et inattendues, encore inédites dans ces quartiers. Quel que soit le support, la force de ce programme réside dans la manière de rassembler les gens et d’encourager des partenariats innovants à long terme entre les artistes et les résident·es.
« Les artistes qui reviennent dans le programme d’une année à l’autre réfléchissent souvent à des façons de faire participer le public. Leur travail s’appuie sur des moyens innovants de recueillir l’opinion des résident·es et d’intégrer ces contributions dans leurs œuvres. »
Évidemment, il arrive que des défis se présentent : le programme change, les autorisations pour organiser l’événement prennent du temps, et toutes les collaborations ne se déroulent pas exactement comme prévu. Mais une grande attention accompagne chaque étape du processus. En cas de déplacement d’un événement, on s’assure que le parc d’origine puisse toujours recevoir une activité dédiée. L’intention reste d’honorer les relations avec les résident·es du quartier et de favoriser la participation.
À l’approche du dixième anniversaire du programme, Arts in the Parks continue de croître en termes de portée et d’impact.
Nous soutenons avec fierté cette initiative qui favorise la joie, le lien social et les opportunités dans différents quartiers de Toronto. Elle accompagne aussi bien les artistes dans la création de liens forts avec le public que les groupes citoyens mobilisés autour d’un parc dans l’exploration de leur créativité.
Pour en savoir plus sur Arts in the Parks et trouver d’autres événements près de chez vous cet été, visitez artsintheparksto.org.
Notez-les dans votre calendrier! Voici quelques recommandations de Cindy et Ayesha pour la saison 2025 de Arts in the Parks:
12 et 13 juillet, 9 août, 6 septembre 2025, 13 h 00 – 16 h 00 | parc Rowntree Mills
Explorant la corrélation entre nature, arts participatifs et bien-être, ce programme d’art public proposera des ateliers d’artisanat et d’exploration corporelle. Ils seront dirigés par STEPS Public Art et des intervenant·es locaux et autochtones, pour se reconnecter à la terre et à la rivière Humber. En savoir plus*.
16 et 23 août 2025, 12 h 30 – 13 h 30 | parc R.V. Burgess
Appréciez la musique du Moyen-Orient, de la Méditerranée, de l’Asie du Sud, et bien plus encore! Quatre groupes musicaux interpréteront de la musique modale, un système musical vieux de plusieurs siècles pratiqué par de nombreuses cultures, avec des interprétations contemporaines et de nouvelles compositions. En savoir plus*.
27 septembre 2025, 14 h 00 – 15 h 30 | parc Lee Lifeson Art
Les artistes raconteront des histoires originales inspirées par le territoire et les œuvres d’art publiques du parc Lee Lifeson Art, en utilisant un langage descriptif et inclusif, accessible à un auditoire aveugle et malvoyant. Le public fera également l’expérience d’une visite tactile des œuvres d’art et des modèles tactiles en 3D du parc. Cet événement sera enregistré en direct et diffusé dans le balado Described Toronto. En savoir plus*.
Vous êtes responsable d’un groupe voué aux parcs ou vous cherchez à en créer un et vous vous interrogez sur la meilleure structure de gouvernance? Le modèle d’équipe est une approche efficace pour travailler ensemble vers des objectifs communs. Ce modèle peut varier selon la nature de votre groupe et votre style de leadership. Voici un aperçu concret de son application au sein de deux groupes citoyens.
Sans surprise, l’organisation des groupes voués aux parcs est différente de celle des organismes sans but lucratif comptant des employés rémunérés. Pour beaucoup de bénévoles, la participation à la valorisation des parcs est une « activité bénévole » qui se greffe à leurs nombreuses responsabilités professionnelles et familiales.
Grassroots Growth, un projet de Volunteer Toronto, présente les divers modèles de gouvernance communs aux petits organismes comme la plupart des groupes communautaires voués aux parcs. Nous verrons le modèle d’équipe et les différences dans son application dans deux groupes voués aux parcs.
Pour cela, nous nous sommes entretenus avec Louise O’Neill, responsable de l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park* (FCTMP) à Scarborough en Ontario, qui est récemment passé d’un modèle à un seul leader fort à un modèle de leadership d’équipe. Nous avons également parlé à Ana Cuciureanu de Friends of Parkway Forest Park* (FPFP), un organisme de Toronto qui a adopté une version hybride du modèle d’équipe, et qui trouve cette formule efficace.
Par modèle d’équipe, on entend que « tous les bénévoles travaillent ensemble pour prendre les décisions ». Il est logique d’adopter un modèle d’équipe pour un petit groupe : vous cherchez des moyens d’inclure les autres dans la prise de décisions et d’éviter que le responsable ne s’épuise à la tâche en portant tout le fardeau. Vos idées et vos solutions peuvent s’avérer plus créatives et il peut être gratifiant pour les membres de l’équipe de partager le fardeau.
Au début, l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park appliquait un modèle à un seul leader fort. Autrement dit, Louise s’occupait de tout. Un jour, elle s’est rendu compte que le groupe ne pouvait se diversifier et accroître sa présence qu’en favorisant la participation d’un plus grand nombre de personnes. Par ailleurs, le partage du leadership entraînait l’intégration de la planification de la relève dans sa vision du groupe. Le passage au modèle d’équipe a été facilité par le fait que les activités du groupe attiraient continuellement de nouvelles personnes intéressées à s’engager davantage. Louise compte maintenant un noyau de 10 membres clés et un groupe de 60 personnes, dont beaucoup prêtent main-forte à l’occasion.
Selon Louise, les postes les plus importants au sein d’une équipe sont ceux de trésorier/teneur de comptes, qui gère les fonds et s’occupe de la bonne tenue des comptes, et de responsable qui fixe les réunions, administre la liste des participants, établit les programmes et voit à la bonne marche générale du groupe. Louise affirme qu’un troisième membre clé de l’équipe serait la personne chargée du marketing, principalement parce qu’elle attire continuellement de nouveaux participants. Chacun des membres de l’équipe a des fonctions particulières et l’équipe doit parvenir à un consensus pour prendre les décisions importantes.
À l’inverse, Friends of Parkway Forest Park a augmenté ses effectifs et a appliqué le modèle d’équipe dès le départ. Jusqu’à maintenant, le groupe a réussi à fonctionner sans adopter une structure trop formaliste. Bien qu’Ana soit techniquement la meneuse du groupe, elle ne veut pas être reconnue comme la « leader », même si elle est heureuse d’assurer la cohésion du groupe. « Je ne veux pas être un leader. Je veux que chacun s’approprie le groupe, mais je sais aussi qu’à titre de fondatrice, on me considère comme tel. J’essaie très fort d’y résister parce que ce n’est pas mon style et je ne crois pas que ce soit ce qui est le mieux pour ce groupe en particulier. »
Les membres clés de l’organisme Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park choisissent les fonctions qu’ils veulent remplir. Par exemple, un membre est comptable et il a offert de s’occuper de la tenue de livres de FCTMP et de faire le suivi de la participation. Un autre communique avec les entreprises locales pour demander des dons, tandis qu’un autre, paysagiste professionnel, mène les projets d’embellissement du parc. Louise continue de superviser les tâches administratives du groupe.
D’autres membres de FCTMP assument des fonctions liées aux programmes : il y a un coordonnateur des randonnées à vélo, un coordonnateur des activités de plein air et même un amateur de tricot qui s’occupe des démarches pour inscrire le groupe à la Journée mondiale du tricot en public. Chaque coordonnateur travaille de façon autonome, mais prend les décisions en consultant le noyau du groupe. La structure du groupe est relativement souple et permet d’accueillir ceux qui veulent participer à des projets spéciaux ou prêter main-forte, selon le cas.
Au sein de Parkway Forest, les membres du groupe contribuent également selon leurs points forts. Toutefois, la participation fluctue considérablement selon la disponibilité des bénévoles. En fait, beaucoup de membres ont d’autres engagements et responsabilités. On sait très bien qu’ils ne seront pas toujours disponibles pour aider. « Nous sommes tous des bénévoles avec des vies bien remplies et des responsabilités qui nous appellent ailleurs. Nous ne pouvons tout simplement pas nous attendre à ce que tout le monde réponde toujours présent et nous avons donc créé une structure qui en tient compte. » Forts de leur collaboration à plusieurs projets, les membres se connaissent bien et savent intuitivement ce que chacun peut apporter à des tâches comme la préparation de demandes de subventions, l’organisation d’événements, l’établissement de la documentation et les programmes d’information. Ana reconnaît que cette approche pourrait manquer d’efficacité quand de nouveaux membres s’ajouteront, mais pour l’instant, elle fonctionne.
Le noyau du groupe Friends of Parkway Forest Park s’est formé grâce à des partenariats avec les organismes de services sociaux et d’autres groupes de bénévoles. Quand une personne avec des compétences et des intérêts qui recoupent ceux du groupe manifeste son désir de participer, les membres existants discutent entre eux pour décider s’ils l’ajoutent au noyau. Il n’y a pas de distinction entre les membres faisant partie du noyau du groupe et les autres. Une très grande prudence est exercée relativement à l’ajout de nouveaux membres pour protéger la dynamique du groupe.
Les membres clés de Friends of Cedarbrook and Thomson Memorial Park ont le dernier mot sur l’orientation du groupe et les activités qu’il organise. La décision d’ajouter un membre au noyau du groupe est fondée sur les critères suivants : présence à plusieurs réunions et participation à quelques activités. Autrement, il est toujours possible d’assister à des réunions, mais vous n’aurez pas voix au chapitre. Le groupe a adopté cette approche pour régler le problème des personnes qui se servent principalement du groupe pour faire avancer leurs propres intérêts. Par exemple, Louise se souvient d’un organisme qui voulait organiser une activité musicale par l’entremise de Friends of Cedarbrook Park, espérant ainsi éviter les frais de permis et d’assurance. « Nous nous sommes rendu compte que les membres doivent s’engager jusqu’à un certain point, raconte-t-elle. Nous devons nous assurer qu’ils sont vraiment intéressés par notre mandat fondamental qui consiste à améliorer le parc. »
Que se passe-t-il quand un chef d’équipe ou un membre clé part? Louise et Ana ont toutes deux longuement réfléchi à cette question.
Pour Louise, le modèle d’équipe améliore la résilience et favorise la continuité au sein de son groupe. Par exemple, elle a déjà confié à un membre qui a un intérêt pour les médias sociaux la gestion des comptes du groupe. Louise croit que deux ou trois personnes pourraient se partager les responsabilités qu’elle assume actuellement. « Mais il faut toujours qu’une personne soit responsable, dit-elle. Quelqu’un doit veiller à la cohésion du groupe. »
Comme Louise, Ana reconnaît qu’elle est la figure de proue du groupe. Toutefois, elle croit fermement qu’une approche agile du leadership de son équipe permettra à beaucoup d’acquérir de l’expérience à différents postes, ce qui favorisera la résilience du groupe si elle doit se retirer pour une raison ou une autre. « J’essaie de former beaucoup de mini-moi, dit-elle, pour que chacun puisse diriger un projet avec confiance. Nous y parviendrons certainement à mesure que les gens acquièrent de l’expérience dans différents domaines. »
Si vous êtes en train de mettre sur pied votre groupe et espérez organiser plus de deux activités par année, pensez à adopter le modèle de gouvernance d’équipe. Un plus grand nombre de personnes peuvent mettre la main à la pâte et ce modèle vous aide à en faire plus, grâce au groupe, que si vous étiez seul.