Alors que Dave Harvey prend sa retraite de son poste de co-dirigeant chez Ami·es des parcs, il revient sur le chemin parcouru depuis la fondation de l'organisation en 2011.
Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception décerné par World Urban Parks — l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public.
Les programme de Bourses TD Ami·es des parcs soutien des événements favorisant la protection et la conservation des parcs urbains à travers le Canada.
L’hiver peut être éprouvant : il fait sombre, froid, et la neige s'accumule. Explorez des moyens concrets pour redécouvrir la joie de l'hiver.
Découvrez de quelles façons les initiatives menées par les organisations communautaires dans des parcs de Montréal peuvent contribuer à l’inclusion sociale.
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On dit souvent que toutes bonnes choses ont une fin. Mais parfois, avec un peu de chance, cette fin peut être le début de quelque chose d’encore plus spécial. C’est exactement ce qu’il s’est passé au Parc Jarry dans l’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc-Extension à Montréal : le groupe citoyen Coalition des amis du Parc Jarry (CAP Jarry), bénéficiaire de la bourse TD Ami·es des parcs, y a fait renaître des cendres du temps des fêtes une Forêt Éphémère d’arbres de Noël recyclés, de rêves et d’espoirs.
Chaque Janvier, lorsque le temps des fêtes tire à sa fin, les sapins de Noël dénudés s’amoncellent sur les trottoirs, attendant lugubrement le service de ramassage de la ville. Au Canada, environ 6 millions de sapins se retrouvent à la décharge chaque année. S’ils ne sont pas recyclés correctement et simplement jetés, chaque arbre peut créer environ 16 kg de dioxyde de carbone. Non seulement cela représente une empreinte écologique importante, mais cela perd également une excellente opportunité de donner aux arbres une seconde vie plus percutante.
Le CAP Jarry, dirigé par Michel Lafleur, s’est engagé à relever ce défi cette année. Au lieu de la traditionnelle décharge, ils ont invité les résidents de Montréal à apporter leurs sapins de Noël dégarnis au Parc Jarry, à les planter dans des pots en bois construits pour l’occasion, et ainsi créer une Forêt Éphémère magique. Les familles et amis ont pu se promener librement entre plus de 250 arbres, tout en respectant les mesures de santé publique et de distanciation physique. Au bout des deux semaines d’installation, un service spécialisé en réaffectation du bois s’est chargé de ramasser et recycler les arbres adéquatement.
Pour ajouter à l’esprit magique de l’événement, les participants étaient invités à écrire leurs vœux pour la nouvelle année ainsi que leurs souhaits pour des nouveaux aménagements urbains dans leurs parcs et à les attacher à leur sapin. Cela a donné à chaque arbre une touche personnelle et a donné aux gens une chance d’exprimer leur vision de l’avenir. À une époque où les interactions sociales sont rares et où nous aspirons à interagir avec les autres, lire les souhaits personnels sur chaque arbre ressemblait à un échange intime avec les anciens propriétaires de l’arbre de Noël – leurs idées, leurs espoirs et leurs rêves pour l’avenir.
La forêt a créé un sentiment de connexion humaine à un moment où les gens en ont le plus besoin. Marcher à travers les centaines d’arbres au milieu du vaste parc Jarry fut une expérience inspirante, joyeuse et franchement magique.
“Tout le monde était souriant”, se rappelle Mme. Fumagalli, la maire de l’arrondissement VIlleray-St-Michel-Parc-Extension.
“Il y avait beaucoup de curiosité, une forme d’entraide, surtout une telle synergie… Le projet a eu d’énormes retombées positives”.
Ce qui a surtout marqué la maire Fumagalli, qui a eu un rôle facilitateur dans la planification de l’événement, c’est la manière extraordinaire dont les citoyens se sont appropriés et impliqués dans leurs parcs cet hiver. De la Forêt Éphémère aux hordes de Montréalais qui ont construit des bonhommes de neige dans les parcs de la ville après une tempête de neige, elle dit que nous voyons clairement «la nécessité pendant l’hiver d’avoir une sorte d’animation, surtout avec le contexte COVID actuel».
Une autre clé de la réussite de cet événement se trouve dans sa simplicité : l’idée est facilement transférable d’un parc à un autre, mais aussi d’une ville à une autre.
“Je suis certaine que c’est une idée qui fera boule de neige”, assure la maire Fumagalli. “Il y a tant de potentiel, autant pour les terrains vagues que les petits parcs. Le côté reproductible à petite échelle, facilement duplicable et demandant peu de ressources, ça rend cette initiative idéale”.
De la graine jusqu’à la récolte, rien n’est plus gratifiant que de planter des aliments et de les voir pousser. C’est pourquoi des milliers de personnes à travers le pays osent se salir les mains dans les jardins communautaires. La culture de fruits et légumes permet avant tout aux gens d’avoir accès à des aliments frais. Les jardins communautaires jouent également un rôle essentiel en les reliant à la nature et entre eux, améliorant ainsi la résilience et le bien-être des communautés.
« Le pouvoir de l’alimentation, de la création de lieux et d’espaces publics est d’une grande portée et met fortement en commun les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. »
DeeDee, Jardin communautaire temporaire de Marpole
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole a été créé par DeeDee Nelson. Elle a pris l’initiative d’examiner une parcelle de terrain « non accessible et négligée » pendant la pandémie. Lorsque DeeDee a commencé à nettoyer l’endroit, « les gens ont commencé à se manifester et à demander de participer ».Le jardin temporaire se trouve à Marpole, une des zones géographiques identifiées par le Vancouver Park Board comme zone d’initiative pour l’équité. La personne s’occupant de la promotion immobilière a mis l’emplacement à la disposition de la communauté de façon temporaire avant que la construction commence. Situé sur une route très fréquentée, « où les voitures passent à toute allure sur Granville Street », le jardin est une oasis de verdure qui transporte les personnes participantes de la congestion et de l’agitation de la circulation vers un espace luxuriant qui alimente la communauté.
Le Groupe des femmes congolaises est composé de 21 nouvelles immigrantes vivant dans les quartiers desservis par le Centre de santé communautaire du sud-est d’Ottawa (CSCSO)*. Le groupe s’est formé en 2019 après qu’un pique-nique dans le parc lui ait inspiré de mieux exploiter les espaces extérieurs. Euphrasie, qui travaille au CSCSO en tant que promotrice communautaire, a remarqué que les femmes étaient à la fois désireuses de trouver des sources abordables d’aliments frais et d’apprendre à connaître les plantes. Elle a humblement suggéré de mettre en place un programme de jardinage communautaire, en posant cette question aux participantes : « Que penseriez-vous de la création d’un jardin communautaire? Même s’il est petit, il y a un début à tout. » Et c’est ainsi que les femmes ont commencé à cultiver des aliments.
Également situé dans un quartier en quête d’équité, le Groupe des femmes congolaises voit dans les séances de jardinage communautaire un moyen d’aborder des questions telles que l’isolement, la sécurité et le bien-être mental au sein de la communauté. En plus des ateliers de jardinage, une fête des récoltes clôturera festivement la saison.
L’accès à des fruits et légumes nutritifs et de qualité est un défi systémique au sein des communautés en quête d’équité. L’insécurité alimentaire* est devenue un défi encore plus grand pour les familles à faible revenu, le coût des aliments ne cessant d’augmenter. Comme le partage DeeDee :
« Plusieurs personnes âgées avec un budget limité fixe m’ont notamment dit qu’elles cultivaient leur propre nourriture parce qu’elle était trop chère en magasin. »
Si les deux groupes reconnaissent le rôle des jardins communautaires dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, ils privilégient aussi le partage du surplus de récolte avec d’autres personnes. Au Jardin communautaire temporaire de Marpole, les personnes participantes distribuent fréquemment des légumes frais aux gens qui passent par là. En fait, elles ont mis en place ce qu’elles appellent une « table végétarienne » pour officialiser ce geste généreux. Lorsque les gens demandent « combien ça coûte? » DeeDee répond d’un air jovial :
« C’est gratuit. Totalement gratuit. »
Le Groupe des femmes congolaises partage également cet esprit de solidarité. Les denrées alimentaires collectées au cours des ateliers seront distribuées à la communauté en fin de saison lors d’une fête de la récolte qui, selon Euphrasie, sera un « très grand événement. » La nourriture issue de la récolte sera partagée avec l’ensemble de la communauté, un geste qui, selon Euphrase, symbolise le fait que « oui, il y a quelque chose que nous pouvons faire ensemble et qui peut être bénéfique non seulement pour nous, qui travaillons là-bas, mais aussi pour tous les membres de la communauté. »
Les jardins communautaires jouent un rôle important dans le rapprochement des personnes entre elles et avec la communauté élargie. Au Jardin communautaire temporaire de Marpole, DeeDee a été témoin de la façon dont l’engagement dans le jardin conduit à une plus grande implication civique en général. Elle partage :
« Tout à coup, les gens apprennent qu’ils ont une voix. Ils commencent à réaliser que le gouvernement municipal est composé de personnes réelles qui peuvent aider à faire bouger les choses. Chaque citoyenne et citoyen peut réfléchir à ce qui est souhaité pour sa communauté et en faire la demande. Cela vaut non seulement pour les espaces publics, mais aussi pour l’aménagement du territoire, les options de transport actif et pratiquement tout ce qui se passe au sein d’une communauté. Nous avons notre mot à dire sur nos villes et plus nous en prenons conscience, plus nous sommes en mesure de nous exprimer. »
DeeDee pense que les personnes âgées ont été particulièrement attirées par le jardin parce que beaucoup d’entre elles vivent seules. La COVID a accentué leur isolement, alors qu’elles devaient éviter les espaces intérieurs pour protéger leur santé. Le jardin communautaire leur a donné une occasion unique de se rencontrer en plein air. Elle ajoute : « Nous avons un besoin urgent d’espace extérieur pour la communauté, pour que les gens puissent venir passer du temps dans la nature et avoir un espace communautaire où se rassembler. »
Dans notre entretien, Euphrasie, du Groupe des femmes congolaises, explique comment le jardin communautaire est une source vitale de connexion communautaire apportant du bonheur :
« J’ai vu des enfants venir et se promener dans le jardin communautaire pour regarder les plantes. Elles et ils ont commencé à nous demander : Oh, c’est quoi ceci? Oh, et cela c’est quoi? C’est un endroit très agréable où être parce que les personnes participantes s’impliquent avec des gens de tous les âges. Elles rencontrent leurs aîné.e.s, leurs enfants et leurs parents. Et wow, c’est un merveilleux endroit pour rassembler les gens, pour briser cet isolement et pour les aider à aller au-delà de ce qui se passe dans leur vie. Et quand ils se rencontrent, tout le monde rigole beaucoup. J’adore. »
Alors que les rires et la joie animent le jardin, il est important de reconnaître que les jardins communautaires font le gros du travail quand il s’agit de renforcer la résilience sociale. Comme le reconnaît judicieusement DeeDee du Jardin communautaire temporaire de Marpole, le type de résilience sociale cultivé dans les jardins communautaires sera de plus en plus crucial face aux changements climatiques :
« Développer cet esprit et ce lien communautaire est, je pense, ce qui rend une communauté résiliente parce que si quelque chose comme un dôme de chaleur ou une inondation a lieu, nous savons qui vit dans le quartier et qui a besoin d’aide. »
Comme nous l’avons récemment souligné dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada : « Il existe de multiples inégalités dans l’accès et la jouissance des espaces verts urbains, avec des ramifications pour la justice climatique, le développement équitable des parcs et la santé publique. »
Les jardins communautaires propageant l’équité au sein des communautés permettent aux gens d’accéder à des espaces verts extérieurs qui favorisent la santé et le bien-être des individus. Nous savons que les personnes qui passent plus de temps dans la nature bénéficient d’un meilleur fonctionnement cognitif. Ils sont également plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de bonheur et de bien-être.
Comme le dit Euphrasie du Groupe des femmes congolaises :
« Même si vous ne travaillez pas dans le jardin communautaire, le simple fait d’y aller vous permet de respirer l’air frais et d’entendre le chant des oiseaux. C’est bon pour votre santé, pour l’environnement et pour la communauté. »
Dans tous les programmes du Jardin communautaire temporaire de Marpole, DeeDee commence par reconnaître significativement la terre, invitant les personnes participantes à penser au-delà de la façon dont la nature peut bénéficier à la vie humaine et encourage chaque personne à réfléchir aux manières dont elle peut améliorer la nature :
« Si nous remercions la terre, cela signifie que nous devons recevoir quelque chose en retour. Alors, qu’est-ce qu’on donne? J’aime bien demander aux gens de considérer notre relation avec la nature comme n’importe quelle relation saine, soit une relation avec un esprit de réciprocité »
Lors des ateliers, DeeDee apprend aux gens qui participent à utiliser des approches de permaculture et d’agriculture syntropique issues du savoir Autochtone pour enrichir la terre. Pour elle, ces pratiques sont essentielles pour garantir la durabilité de la planète.
« Cela nous fait vraiment réfléchir à ce qui serait la meilleure façon de contribuer à cette croissance durable; pas seulement pour cette année, mais aussi pour l’avenir. »
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole et le Groupe des femmes congolaises ont tous deux soulignés qu’il est extrêmement difficile de trouver des espaces pour créer des jardins communautaires. Alors que le Groupe des femmes congolaises a pu obtenir un espace par l’intermédiaire du programme de jardins communautaires de la Ville d’Ottawa, Euphrasie a souligné à quel point le processus peut être long et compliqué :
« Il était auparavant plus facile d’obtenir un terrain. Il suffisait de se présenter en personne et de le demander. Mais aujourd’hui, tout est en ligne, ce qui nous rend la tâche plus difficile. Cela nous prend plus de temps et d’énergie. »
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole est situé sur un terrain privé. Toutefois, s’en remettre à la générosité des propriétaires de terrains privés n’est pas viable à long terme. Comme le dit DeeDee : « Nous profiterons de notre magnifique arrière-cour empruntée tant que nous l’aurons. »
Compte tenu des nombreux avantages des jardins communautaires, nous devons veiller à ce que les personnes travaillant dans le jardin aient accès à des espaces leur permettant de nouer des relations significatives entre elles, avec leur communauté et avec l’environnement naturel.
« Le jardinage nourrit la communauté physiquement, émotionnellement et mentalement. Il s’agit d’un rappel significatif de la façon dont le fait de travailler ensemble en tant que communauté profite à tout le monde. »
Euphrasie, Groupe des femmes congolaise
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2022 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
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La pandémie a bouleversé la manière dont les Villes concertent le public à propos des parcs. Dans notre sondage, 92 % des Villes ont déclaré que la pandémie avait changé leur façon de mobiliser la population, et 23 % ont déclaré que la concertation était devenue une plus grande priorité depuis le début de la pandémie.
Comme nous l’avons écrit dans un autre article de ce Rapport sur les parcs urbains du Canada, ce n’est pas seulement le format des concertations publiques qui a changé avec la transition d’une méthode en personne à une méthode en ligne. Les Villes attachent aussi une plus grande attention à l’établissement de relations avec des groupes souvent laissés de côté. À cet égard, 35 % d’entre elles ont indiqué qu’elles avaient cherché plus intentionnellement à dialoguer avec des groupes en quête d’équité.
« Les gens prennent de plus en plus conscience des inégalités systémiques, c’est pourquoi « si nous voulons favoriser l’équité dans nos parcs, nous devons communiquer avec les personnes les plus affectées ».
Personnel de la Ville de Guelph
Ce travail est nécessaire. Notre sondage public a montré que les groupes en quête d’équité étaient confrontés de façon disproportionnée à des obstacles pour participer aux processus de planification des parcs. Globalement, les trois principaux obstacles cités étaient : ne pas savoir comment participer (36 %), ne pas savoir si sa participation fera changer les choses (31 %), et ne pas avoir assez de temps pour participer (28 %). À cet égard, ces pourcentages étaient plus élevés pour les personnes s’identifiant comme des personnes Noires, Autochtones ou de couleur (PANDC), soit 48 %, 35 % et 36 %, respectivement.
Face à ces obstacles, les Villes et les groupes citoyens des quatre coins du pays s’efforcent de trouver des méthodes innovantes qui mettent l’équité au premier plan.
Selon Jennifer Chan, cofondatrice et présidente de l’organisation Department of Imaginary Affairs (DIA), il faut inciter le public à contribuer au processus de concertation. L’été dernier, son organisation a mené un projet intitulé A Tale of Two Parks* afin de mettre en lumière les expériences positives et négatives en matière de sécurité des gens dans les parcs. Dans le cadre de ce projet, six jeunes racialisés ont été recrutés pour mener une enquête d’opinion sociale auprès des personnes – en particulier les PANDC – visitant deux parcs de Toronto.
Au cours des conversations qu’elle a menées avec les gens dans ces parcs, l’équipe de DIA a appris que ceux-ci avaient souvent de grandes idées de changement pour ces parcs. Toutefois, certains d’entre eux ont dit : « peu importe les idées que nous avons, de toute façon la Ville ne se soucie pas de nous », relate Jennifer Chan. « J’ai été frappée par cette affirmation qui m’a poussée à me demander comment nous pouvions mener une concertation publique valable lorsque les gens pensent que la Ville ne se soucie pas d’eux. »
En réponse, le DIA a conçu un jeu de planification participative intitulé « What if Parks Were Designed By Us?» [Et si nous concevions nous-mêmes nos parcs?] Le jeu permet aux participants de définir et de vivre en quelques minutes un processus de planification prenant généralement plusieurs mois. Il invite les participants à faire équipe pour créer leur propre processus de planification, renforcer leur capacité collective pour identifier les problèmes, établir des ambitions communes, et même s’entraîner à gérer les difficultés qui se présentent sur leur chemin.
En transformant en jeu le processus de planification, le DIA souhaite réduire les obstacles qui existent dans le processus de planification et imaginer de nouvelles possibilités de concertation pour les parcs en s’éloignant des mécanismes traditionnels, comme les assemblées publiques dans lesquelles « l’ensemble du pouvoir est détenu par la Ville et non par le public », explique Jennifer Chan.
Depuis 2020, la Ville de Toronto concerte la population dans le cadre de son plan directeur du parc de l’île de Toronto qui définira de nouvelles ambitions pour ce parc très prisé et accessible en quelques minutes du centre-ville en traversier. Il s’agit d’un projet emblématique qui comprend un grand nombre de parties prenantes, car l’île se doit de répondre aux besoins de toute la population torontoise.
Une priorité essentielle pour l’équipe responsable de la concertation publique sera donc d’intégrer des considérations sur l’équité dans tout le processus. D’après Daniel Fusca, directeur de la consultation au service Parks, Forestry and Recreation de la Ville : « On définit vraiment l’équité en identifiant les personnes présentes ou pas autour de la table ».
Le processus a commencé par une phase de préconcertation – une nouvelle approche adoptée par ce service de la Ville. Pour ce faire, la municipalité a invité des organisations citoyennes, des partenaires Autochtones et d’autres services de la Ville pour connaître leurs priorités et déterminer la manière dont ils souhaitaient y participer.
Daniel Fusca ajoute que cette phase de préconcertation « est contraire à l’instinct de la plupart des gens sur ce que constitue une concertation adaptée ». D’après les méthodes de concertation conventionnelles, on s’attend généralement à ce que la Ville « présente quelque chose au public pour qu’il donne son avis dessus, sinon c’est une perte de temps ».
Selon lui, « convaincre tout le monde que c’était une bonne idée a demandé un peu de travail ». « Cela pousse les gens à sortir un peu de leur zone de confort. »
Cette phase de préconcertation avec la Première Nation des Mississaugas of the Credit et d’autres partenaires Autochtones était particulièrement cruciale étant donné que les îles de Toronto constituent un lieu sacré de guérison et de cérémonie pour eux. Suite à ces conversations, la Ville a pris conscience de l’importance d’intégrer une cérémonie lors des événements de concertation publique et de revoir sa reconnaissance de territoire afin d’englober les cours d’eau ainsi que les terres.
Elle a également appris que chaque partenaire Autochtone avait des préférences différentes en matière de collaboration. Certains titulaires de droits préféraient notamment participer à des réunions régulières avec la municipalité. Au cours de chaque phase, elle a aussi organisé des cercles de discussion dirigés par un animateur Autochtone auprès des groupes Autochtones vivant en milieu urbain, un aspect jugé important par ces groupes.
En tant que responsable des projets stratégiques à la Ville de Toronto, Lori Ellis reconnaît que la phase de préconcertation a pris du temps et a nécessité d’adapter le cahier des charges défini initialement. « Toutefois, les avantages sont inestimables, car cela permet d’établir un climat de confiance et de faire preuve de transparence », explique-t-elle. Et d’ajouter que la Ville cherche désormais à intégrer cette phase de préconcertation dans ses prochains projets.
Ceci a aussi permis de créer les fondements d’une collaboration régulière avec différents groupes afin de les informer de la manière dont leurs commentaires ont été utilisés. L’équipe responsable du projet a cherché à ce que ces rencontres aient du sens, et les a ainsi adaptées en fonction des intérêts et opinions spécifiques de ces groupes, explique Daniel Fusca. « Nous avons capturé les éléments les plus significatifs pour eux dans nos présentations et essayé de tenir compte de tout ce qu’ils nous ont dit », relate-t-il.
Daniel Fusca ajoute que la Ville a aussi adopté une autre stratégie : celle de chercher en permanence à « identifier les intérêts clés non représentés et de veiller le plus possible à y remédier ». Par exemple, après avoir remarqué lors de la première phase de concertation que les jeunes et les groupes racialisés vivant à l’extérieur du centre-ville étaient sous-représentés, la municipalité a décidé de créer le programme Youth Ambassador.
Ceci a permis de former une équipe de 10 jeunes âgés de 15 à 27 ans, parlant collectivement neuf langues différentes et vivant dans des quartiers situés en périphérie du centre-ville. Ils ont reçu une formation ainsi qu’un budget pour concevoir leur propre programme de sensibilisation publique.
Aujourd’hui coordonnateur principal de la consultation publique à la Ville de Toronto, Pablo Muñoz a travaillé auparavant comme intervenant dans les services à la jeunesse. Il souligne le rôle important que jouent les jeunes en tant qu’agents de liaison auprès du public. « Pour beaucoup de familles immigrantes et réfugiées, les enfants et les jeunes constituent souvent leur lien avec le monde anglophone canadien. Ils jouent souvent le rôle de traducteurs et un rôle de premier plan à bien des égards », dit-il. Les Amis des parcs ont repris cette constatation dans une recherche récente étudiant les obstacles que rencontrent les gens vivant dans des quartiers en quête d’équité à Vancouver en matière de concertation sur les parcs.
Nous avons également appris que, malgré la diversité des publics participant à un projet, il est essentiel de consacrer le temps nécessaire pour approfondir les discussions en organisant des ateliers en petits groupes axés sur l’équité.
Certains ateliers comprenaient des exercices de visualisation guidés par Bob Goulais*, un animateur anishinaabe, invitant les participantes et participants à fermer les yeux pour imaginer à quoi ressembleraient les îles dans l’avenir. « Très différente de la concertation bureaucratique, cette méthode se concentre sur le ressenti en tenant un peu plus compte de l’âme et de l’esprit », explique Pablo Muñoz.
Entre autres initiatives, la Ville a également organisé une séance approfondie sur l’équité et le sentiment d’appartenance, ainsi qu’une entrevue en visioconférence avec des activistes et des historiens sur l’histoire LGBTQ2S+ de Hanlan’s Point, une plage nudiste sur les îles de Toronto.
Dans ces réunions, « le taux de participation est généralement plus faible, mais la conversation beaucoup plus riche. Et d’ailleurs, aucune de ces conversations ne s’est jamais déroulée comme nous l’anticipions. Mais, elles ont toujours été des plus utiles », déclare Pablo Muñoz.
Initiatives entreprises par d’autres Villes :
Zahra Ebrahim, cofondatrice de l’organisation Monumental* et présidente du conseil d’administration des Amis des parcs, a déclaré que les efforts des Villes visant à approfondir les activités de concertation étaient « vouées à l’échec » à bien des égards. Grâce aux recherches menées pour concevoir la boîte à outils Making Space* – une ressource destinée à faire participer les groupes en quête d’équité aux processus de planification –, Zahra Ebrahim et son équipe ont appris que les Villes peuvent être confrontées à des obstacles internes entravant la mise en œuvre de processus efficaces.
Toutefois, selon Zahra Ebrahim, beaucoup de ces problèmes pourraient être résolus par de simples interventions :
Le programme Parcs Coeur vital, conçu pour maximiser les bénéfices et l’influence des grands parcs urbains du Canada, a mené deux années de recherche auprès des utilisateur·trices des parcs urbains et des intendant·es afin de mieux comprendre les liens entre les parcs et la santé. Les résultats récemment publiés laissent entendre quelque chose que nous soupçonnions déjà grâce à nos discussions avec les gens et à notre amour pour le temps passé dans les parcs : passer du temps dans les parcs est associé à une meilleure santé et à un bien-être accru. Cependant, ce qui ressortait véritablement de ces études, c’était que le principal indicateur d’une meilleure santé et d’un bien-être amélioré était le sentiment de connexion avec la nature chez les utilisateur·trices de parcs.
Notre sondage Parcs Coeur vital auprès des utilisateur·trices de parcs a révélé qu’il existait une relation significative entre le sentiment d’être connecté à la nature et une amélioration notable de la santé mentale, de la santé physique et du bien-être général. Il en résulte que les utilisateur·trices des grands parcs urbains se sentent plus en harmonie avec la nature et attribuent généralement des scores plus élevés à leur santé mentale, physique et à leur bien-être.
Toutefois, la majorité des utilisateur·trices de parcs (67 %) qui fréquentent les Parcs Coeur vital consacrent principalement leur temps à des activités sociales, sportives ou récréatives plutôt qu’à des activités axées sur la nature (33 % des utilisateur·trices de parc). Nous constatons aussi que les utilisateur·trices de parcs qui pratiquent principalement des activités axées sur la nature dans les Parcs Coeur vital ressentent des liens plus forts avec celle-ci et attribuent des scores plus élevés à leur bien-être.
Alors, comment pouvons-nous nous assurer en tant qu’utilisateur·trices de parcs, profesionnel·les des parcs et citoyen·nes engagé·es, que les gens tirent le plus grand bénéfice de leur visite dans les grands parcs urbains ? En explorant la recherche sur les liens entre la nature et la santé, de nombreuses stratégies ont été identifiées pour faciliter la connexion entre l’humain et la nature, dont les activités d’intendance, la pleine conscience en nature, la préservation des zones boisées naturelles, l’intégration de sports dans les programmes de plein air et la promotion de diverses connaissances et pratiques culturelles dans la programmation et les événements dans les parcs. Mais comment ces stratégies se concrétisent-elles sur le terrain avec les citadin·es ? Nous avons fait appel à notre nouveau partenaire du réseau des Parcs Coeur vital, la Meewasin Valley Authority*, pour comprendre les actions entreprises pour promouvoir la connexion entre la nature et les gens le long de la vallée Meewasin.
La vallée de Meewasin, un parc de 6 700 hectares, s’étend sur 75 km le long de la rivière South Saskatchewan, traversant la ville de Saskatoon et s’étalant bien au-delà. Ce parc est un trésor écologique constitué d’un paysage de prairie abritant plusieurs écosystèmes uniques que l’on ne retrouve nulle part ailleurs au pays. Les prairies, comme celles de Meewasin, sont l’un des écosystèmes les plus menacés de la planète. Ces écosystèmes regorgent d’une biodiversité exceptionnelle et ont été parmi les plus impactés par l’activité humaine.
En raison de l’emplacement central de Meewasin et de son immense réseau de sentiers, le parc accueille plus de 2 millions de visiteurs·euses par an ! L’accessibilité du parc permet aux habitant·es de la ville et aux touristes d’explorer facilement la nature sans devoir quitter la ville.
La Meewasin Valley Authority joue un rôle de premier plan dans la conception de programmes novateurs en lien avec la nature. Elle propose des programmes pédagogiques pour les enfants*, une application* contenant les récits Autochtones de la vallée, des promenades pour observer les pollinisateurs*, l’observation des étoiles sous un ciel nocturne* préservé ainsi que des performances en production ovine*.
Alors, quelles leçons pouvons-nous tirer des divers programmes de plein air de Meewasin et comment pouvons-nous exploiter ces enseignements, en conjonction avec les conclusions de la recherche, pour maximiser les bienfaits des grands parcs urbains sur la santé ?
À Meewasin, l’intendance environnementale* fait partie intégrante de la programmation du parc. Meewasin compte plus de 1 000 bénévoles qui travaillent sur diverses activités d’intendance dans la vallée de Meewasin, notamment l’enveloppement des arbres avec du fil métal pour atténuer les dommages causés par les castors, l’élimination des espèces envahissantes, la replantation d’espèces indigènes, l’inventaire de la faune et le ramassage des déchets dans le parc.
Meewasin veille à ce que les activités d’intendance soient accessibles et motivantes pour un large public en offrant diverses opportunités de bénévolat. Cela permet aux gens de s’impliquer de la manière qui correspond le mieux à leurs intérêts ou à leurs besoins. Par exemple, les personnes qui souhaitent contribuer aux efforts de conservation du parc mais qui ne sont pas en mesure de participer physiquement à la plantation et à la lutte contre les espèces envahissantes peuvent aider avec les projets d’inventaire de la faune, l’éducation du public, l’interprétation de la nature lors d’événements ou encore en rejoignant l’équipe marketing et de programmation publique.
Un nombre croissant de recherches* Portent sur les avantages des pratiques de pleine conscience dans la nature et des activités d’écothérapie, ce qui renforce leur popularité. La pleine conscience en nature et l’écothérapie sont des termes généraux qui font référence à des activités impliquant la médiation, la sensibilisation au monde naturel qui nous entoure, le yoga, la respiration profonde et la prise de conscience de notre place dans le monde naturel. Sans surprise, les recherches sur ce type d’activités suggèrent qu’elles approfondissent la connexion des gens avec la nature.
La recherche* a également révélé que les activités de pleine conscience en nature ont des bienfaits significatifs, notamment sur les enfants. S’engager dans des activités de pleine conscience en plein air améliore le sentiment de connexion des enfants avec la nature, leur enthousiasme à adopter des comportements pro-environnementaux ainsi que leur humeur générale. Meewasin semble bien consciente des bienfaits de la pleine conscience, puisque leurs programmes éducatifs scolaires intègrent des activités de pleine conscience en nature pour aider les élèves à se connecter au parc et renforcer leur lien avec la nature.
À une époque où nous sommes inondé·es d’actualités négatives, en particulier concernant les catastrophes climatiques et environnementales, il peut être difficile de ne pas se sentir dépassé·es et démuni·es. Cela peut entraîner un désengagement vis-à-vis de la nature et des programmes en plein air, car les gens cherchent à éviter les sentiments de deuil écologique et d’anxiété climatique*.
Meewasin cherche à soulager l’anxiété climatique et les actualités environnementales négatives avec ses programmes plus légers comme Naughty by Nature*, qui examine les stratégies de rencontre et d’accouplement des animaux du parc. Grâce à ce programme, tout le monde peut profiter d’expériences en pleine nature, ce qui peut même attirer les personnes qui n’ont pas encore d’intérêt pour la conservation.
En proposant une variété de programmes mettant l’accent sur le plaisir, Meewasin peut impliquer de nouveaux groupes pour la préservation tout en créant des liens positifs entre les gens et la nature.
Nous pensons souvent que le sport et les loisirs dans les parcs vont à l’encontre de la conservation de la nature. Dans le passé, nous avons vu des espaces naturels défrichés pour faire place à de nouvelles installations sportives.
Cependant, l’état de la nature et le sport sont indissociables. À mesure que le climat change, certains sports d’hiver peuvent devenir obsolètes et les sports d’été peuvent devenir dangereux en cas de chaleur extrême. Par conséquent, il est tout à fait cohérent que les personnes admiratrices de sports ressentent également une responsabilité envers la planète.
De nombreux instituts de recherche et de responsables politiques ont compris cette relation et ont commencé à plaider en faveur* de l’utilisation du sport et des loisirs comme porte d’entrée vers l’éducation à la nature. En utilisant le sport comme passerelle, nous pouvons engager un tout autre groupe de personnes pour la conservation de la nature et éveiller leur sentiment de connexion avec la nature.Le programme Sip and Skate* de Meewasin est un excellent exemple de la façon de mettre cette approche en pratique. Meewasin invite les visiteur·euses à participer à une soirée de patinage dans la vallée de la rivière incluant repas et boissons, tout en proposant des opportunités d’apprentissage sur la préservation tout au long de l’événement. Ce qui rend ces événements si remarquables, c’est que l’équipe de Meewasin éveille une passion pour la conservation en soulignant l’importance de préserver la planète afin de garantir la pérennité des patinoires extérieures.
La diversité bioculturelle* fait référence à l’idée que notre façon de penser la nature est basée sur notre culture et notre patrimoine. À titre d’exemple, l’humanité a évolué parallèlement aux côtés de la biodiversité unique de leurs régions d’origine, ce qui a conduit à l’émergence de différentes langues et cultures et, de ce fait, portent des noms, des connaissances et des pratiques variés liés à la terre. Il s’agit de la diversité bioculturelle.
L’une des raisons* pour laquelle les gens se sentent déconnecté·es de la nature est due à un manque de liens culturels avec leur environnement actuel. Au Canada, nous constatons cela à travers l’effacement des cultures et des savoirs traditionnels autochtones ainsi que des pratiques de préservation de la terre. Cela crée une déconnexion entre les peuples Autochtones et la nature.
Pour lutter contre cela, Meewasin, aux côtés d’autres parcs du réseau Parcs Coeur vital, travaille à l’établissement de partenariats solides avec les groupes autochtones et veille à ce que les pratiques d’intendance soient transmises par les gardien·nes traditionnel·les de la terre. Meewasin travaille actuellement avec plusieurs partenaires pour élargir l’accès aux médecines et plantes traditionnelles, fournir un espace urbain de cérémonie et organiser des cérémonies de purification par la fumée. Cela permet aux peuples Autochtones de se connecter avec la nature dans le parc de la manière la plus significative possible.
À présent que nous avons une meilleure compréhension des moyens d’améliorer la santé par le biais de l’utilisation des parcs, en mettant l’accent sur la connexion avec la nature, nous devons maximiser ces bienfaits pour tout le monde ! Les Parcs Coeur vital ont prouvé leur capacité à encourager les connexions avec la nature pour les citadin·es et se démarquent en développant des approches innovantes pour rendre la nature accessible à un plus grand nombre.
Alors que nous militons pour plus d’espaces naturels, nous devons également promouvoir plus de programmes axés sur la nature qui séduisent un public diversifié et intègrent de multiples façons de se connecter avec la terre. Suivez les Ami·es des parcs, Meewasin et nos autres partenaires des Parcs Coeur vital en ligne au fur et à mesure que nous dévoilons davantage de programmes en plein air innovants et élaborons des stratégies de conception pour améliorer la santé globale de notre société, de nos zones de loisirs et de nos centres urbains.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2020 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Si vous voulez voir un employé des parcs grimacer, vous n’avez qu’à mentionner les parcs à chiens. Rien n’est plus controversé que le fait de réserver un espace vert dans un parc pour que les chiens puissent courir en liberté.
Mais les parcs à chiens font également l’objet d’une demande accrue, comme l’ont souligné 85 % des villes dans le cadre de notre sondage, et ils peuvent offrir d’importants avantages sur le plan social. Cependant, les villes peinent à trouver des terrains convenables et à atténuer les préoccupations au sein de la communauté.La crise de la COVID-19 complique encore plus la situation, puisqu’un grand nombre de villes canadiennes, notamment Edmonton*, Ottawa*, Calgary* et Toronto*, ont limité l’accès aux parcs à chiens, ou les ont fermés, pour favoriser la distanciation physique. En mai, Edmonton a ouvert les parcs à chiens* dans le cadre de sa première série de mesures de déconfinement. Toutefois, à long terme, les exigences en matière de distanciation physique pourraient poser problème aux villes qui éprouvent déjà de la difficulté à fournir suffisamment de ces espaces.
Le nombre de nos amis à quatre pattes croît au même rythme que les villes. Bon nombre de ces dernières font face à des pressions pour établir davantage d’espaces réservés aux chiens, tout en répondant aux demandes des autres usagers des parcs, ce qui engendre des conflits.
En 2011, Waterloo a abandonné un projet pilote visant la création de six parcs à chiens en raison d’un manque de soutien public* et envisage maintenant de passer d’un seul parc à chiens à trois. Le conseil municipal de Guelph a failli fermer* le seul parc à chiens clôturé de la ville après avoir reçu des plaintes de membres de la communauté, mais a finalement annulé sa décision. L’animosité peut rapidement atteindre des sommets absurdes. À Toronto, quelqu’un a verrouillé* un parc à chiens, et un résident a fait jouer des enregistrements de jappements par sa fenêtre pour énerver les chiens.
Les espaces naturels constituent une autre préoccupation dans la mesure où, laissés en liberté, les chiens peuvent nuire aux plantes sensibles et perturber la faune.
Ron Buchan, responsable de la stratégie communautaire en matière de parcs de Calgary, a déclaré que la Ville avait refusé des demandes communautaires de nouveaux parcs à chiens adjacents à des milieux naturels. Toutefois, parmi les 152 espaces de la ville où les chiens peuvent se promener sans laisse, seulement 11 sont clôturés, ce qui signifie que dans les parcs qui bordent des milieux naturels, rien n’empêche les chiens de se diriger vers les habitats sensibles.
Pour régler ce problème, Calgary élabore des initiatives, notamment un programme de conservateurs de parcs ciblant les secteurs conflictuels à forte utilisation, des projets de sensibilisation à la restauration de l’habitat et aux règlements à respecter pour les propriétaires de chiens ainsi qu’un programme « adoptez un parc » visant à encourager l’intendance.
Le nombre de parcs à chiens varie grandement d’une ville à l’autre et bon nombre semblent avoir été planifiés de manière ponctuelle. Il est difficile de trouver des endroits convenables pour laisser les chiens en liberté, surtout dans les villes où les parcs sont déjà en nombre insuffisant.
« Il manque de parcs dans de nombreux secteurs de Hamilton, explique un employé de la Ville. Il y a quelques conflits entre les gens qui veulent que les terrains leur soient réservés et ceux qui souhaitent que les chiens puissent en profiter. » Témoignant de la complexité engendrée par le manque d’espaces, les deux derniers parcs à chiens que la Ville a créés ont été approuvés par le conseil municipal, même s’ils ne respectaient pas les politiques de la Ville en ce qui a trait à la taille.
Une stratégie municipale liée à la gestion et à l’élargissement des zones où les chiens peuvent se promener sans laisse peut être un excellent moyen d’atténuer les préoccupations, à la fois pour les propriétaires de chiens et les autres résidents, affirme Eric Code, fondateur du Toronto Dog Park Community Group (groupe communautaire des parcs à chiens de Toronto), qui compte 2 000 membres. « Si vous marchez sur un fil de fer, vous avez besoin d’un balancier, ajoute-t-il. C’est le rôle des politiques. »
Nous avons constaté que le tiers des villes avaient mis en place des stratégies relatives à ces espaces qui comprennent des critères de planification et de conception pour leur établissement et leur gestion. Selon M. Buchan, le plan de gestion de la Ville de Calgary a été d’une aide « immense » depuis sa création il y a 10 ans, puisqu’il fournit un cadre décisionnel limpide sur la façon d’élargir les zones pour les chiens en liberté et les endroits à privilégier pour ce faire en plus d’offrir des réponses claires à fournir aux résidents.La Ville d’Ottawa utilise un système de points pour désigner les parcs à chiens. Elle autorise la présence de chiens sans laisse dans 175 parcs. En outre, dans 62 autres parcs, les chiens peuvent se promener en liberté à certains moments et dans certains lieux, dont 9 sont clôturés.
Pour Eric Code, les parcs à chiens offrent bien d’autres avantages que celui de permettre à son chien de jouer; ils créent un sentiment de communauté, offrant un « troisième lieu », entre le milieu de travail et la maison, où il peut nouer des relations avec les autres.
Selon M. Code, il est plus aisé d’engager une conversation avec un étranger lorsqu’on emmène son chien au parc. Vous n’iriez pas nécessairement vers des gens qui se lancent la balle pour commencer à leur parler. Mais vous pouvez facilement faire de nouvelles rencontres au parc à chiens.
« Dans le monde d’aujourd’hui, en particulier à Toronto, où une certaine froideur règne, les parcs à chiens donnent l’impression d’être dans un petit village, ce qu’on ne retrouve nulle part ailleurs », souligne-t-il.
Des recherches démontrent l’importance des parcs à chiens sur le plan social. Selon une étude*, le fait d’avoir un chien augmente la probabilité de rencontrer des gens dans la communauté, puisque cela permet de briser la glace. Une autre étude* a conclu que les chiens aidaient à réduire le sentiment d’isolement social et à augmenter les chances d’établir un réseau de soutien social. Il a également été prouvé que les parcs à chiens accroissent le sentiment de sécurité étant donné que les propriétaires de chiens utilisent les parcs en dehors des « heures normales », soit au petit matin ou le soir.
En réponse aux pressions budgétaires et aux désirs de mobilisation communautaire accrue, certaines villes canadiennes comptent sur des programmes qui font participer les membres de la communauté à la gestion des parcs à chiens ou aux collectes de fonds connexes. Dans certains cas, elles mettent elles-mêmes de tels programmes sur pied.
Après avoir souligné les « ressources limitées » de la Ville, Edmonton envisage la création de parcs à chiens gérés par la communauté* pour aider à élargir l’offre. Le Club d’agilité de Montréal est exploité par un organisme sans but lucratif communautaire qui fournit un espace où les chiens peuvent faire des parcours d’agilité. À Gatineau, le Club canin Aylmer*, qui compte 1 200 membres, a conclu une entente avec la Ville pour l’exploitation d’une aire d’exercice canin au parc Paul-Pelletier.
Mais, parmi toutes les villes que nous avons sondées, c’est Mississauga qui a conclu l’entente la plus complète prévoyant une gestion communautaire des espaces où les chiens peuvent être laissés en liberté. En 1997, un règlement municipal a permis d’établir, dans les parcs, des zones où les chiens peuvent se promener sans laisse. Les coûts et la gestion de ces espaces incombent à un organisme sans but lucratif qui s’appelle Leash-Free Mississauga*; cependant, la Ville a offert un soutien financier à l’organisme en 2016, en raison de problèmes de financement découlant de l’augmentation de la demande.
À Calgary, la Ville a mis en place un programme de bénévolat, PUPPY*, qui incite les gens à ramasser les excréments de leurs chiens; selon M. Buchan, les groupes communautaires responsables des parcs à chiens aident à réduire le nombre de plaintes puisque les gens assument un rôle d’intendance.
Eric Code a souligné que les programmes qui encouragent les résidents à participer plus activement à la gestion des parcs à chiens peuvent contribuer à atténuer les frustrations des gens pour de bon. Ils aident à inculquer un sentiment de responsabilité, réduisant ainsi le nombre de propriétaires de chiens qui ne respectent pas les règles.
« Lorsque les gens sont bénévoles et que vous leur donnez l’occasion d’améliorer les parcs à chiens, ils en prennent énormément soin et en tirent une grande fierté », mentionne M. Code.
En raison du vaste éventail d’avantages liés à la vie sociale, à la santé et à la sécurité alimentaire, les installations comme les jardins communautaires sont devenues des incontournables dans de nombreuses villes.
Les infrastructures alimentaires locales sont d’autant plus importantes en temps de crise, comme nous l’avons vu lorsque certaines provinces, notamment l’Ontario*, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick*, ont déclaré que les jardins communautaires constituaient un service essentiel pendant la pandémie de COVID-19.
Alors que la résilience communautaire prend de plus en plus d’importance, environ les trois quarts des villes ont signalé que la demande de projets alimentaires était également à la hausse, leur donnant l’occasion d’utiliser les parcs à cette fin pour renforcer les communautés.
Lorsque la ville de Halifax a été frappée par l’ouragan Dorian, laissant les résidents sans électricité, le groupe Park Avenue Community Oven de Dartmouth a offert à la communauté de la pizza cuite dans le four du parc local. De plus, en réponse à la crise de la COVID-19, Victoria a temporairement réaffecté les employés des parcs à la culture de plus de 75 000 plantes alimentaires* à l’intention des résidents dans le besoin.
Comme l’a conclu une étude menée en 2019*, ces exemples montrent comment les installations alimentaires dans les parcs ainsi que les réseaux de soutien qu’elles permettent d’établir constituent « une importante protection contre les événements stressants de la vie ».
Pourtant, il revient souvent aux groupes communautaires de revendiquer des installations comme des jardins communautaires une fois le parc construit, affirme Alex Harned, coordonnatrice des systèmes alimentaires de la Ville de Victoria. Elle souligne que cette tâche peut être lourde, notamment parce qu’il faut faire concurrence à d’autres groupes d’usagers.
Mme Harned voit plutôt un grand potentiel pour les villes, qui peuvent commencer à intégrer, dans la phase de conception (ou de nouvelle conception) des parcs, ces installations qui constituent une « nécessité dans chaque parc, et non pas un aspect auquel il faut penser après coup ».
Mme Harned a souligné qu’en général, cette « transition n’a toujours pas eu lieu », mais nous avons tout de même constaté que certaines villes avaient pris des mesures en ce sens :
Qu’il s’agisse d’un jardin, d’un four ou d’une forêt comestible, les installations alimentaires dépendent souvent des efforts que consacrent des bénévoles dévoués à l’entretien et aux programmes.
Les villes peuvent leur prêter main-forte en assurant la coordination et en fournissant des ressources, comme le fait Victoria depuis 2016 par l’entremise de Growing in the City* (GITC). Créé pour répondre à la demande communautaire, ce programme soutient les projets alimentaires menés par la communauté dans des espaces verts. Ceux-ci vont d’une agriculture commerciale à petite échelle à l’intendance des arbres fruitiers, en passant par le jardinage de rue et bien d’autres projets*.
GITC offre du soutien aux groupes pendant la phase de démarrage des projets ainsi que par la suite. Par exemple, la Ville informe les groupes responsables de jardins communautaires des terrains disponibles et offre un financement initial (nouveau en 2020), mais fournit également des subventions de 10 000 $ à des coordonnateurs bénévoles pour assurer la durabilité du travail au fil du temps et soutenir les programmes axés sur les jardins.
Tous ces travaux sont supervisés par la coordonnatrice à temps plein des systèmes alimentaires de Victoria, un poste unique relevant du service des parcs et créé dans le cadre du programme GITC.
D’autres villes contribuent également à la coordination des groupes de jardinage, que ce soit directement ou par l’entremise de partenariats :
Bien que certaines personnes aiment faire des travaux de jardinage ou s’activer autour d’un four, il faut s’assurer d’offrir des possibilités alimentaires aux gens qui n’ont peu de temps à donner.
Pour ce faire, on peut offrir au public un accès gratuit à certains produits. Selon une étude* de 2019 portant sur un verger de Montréal, les plantes alimentaires peuvent accroître le capital social des résidents, leur sentiment d’attachement et leurs connaissances à l’égard de l’alimentation, sans exiger d’eux un grand investissement de temps ni un niveau élevé de compétences ou d’engagement.
Partout au pays, des groupes communautaires nous montrent comment l’alimentation peut servir de point de départ à l’apprentissage et à l’établissement de liens sociaux.
Les solutions à portée de la main ont presque toutes disparu, mais les villes constatent que cette situation a aussi des avantages. Comme l’explique Ann-Marie Nasr, directrice de l’aménagement des parcs et des projets d’immobilisations de Toronto : « Le manque de terrains à transformer en parcs nous force à être plus inventifs. »
Mme Nasr supervise une vague de projets de parcs innovateurs, y compris des installations de loisirs sur des toits, des parcs surplombant des corridors ferroviaires et des parcs linéaires dans des couloirs hydroélectriques. Vancouver vit une expérience semblable, et les plans de conception d’un nouveau parc du centre-ville incluent un sentier surélevé. « Nous devons penser en trois dimensions et utiliser chaque centimètre carré d’espace, surtout sur les sites de petite taille », affirme Dave Hutch, directeur de la planification de la Commission des parcs de Vancouver.
Même si la majorité des projets dans cet article étaient en voie d’élaboration avant la COVID-19, les exigences en matière de distanciation physique ont poussé les villes à faire preuve de créativité afin d’élargir les espaces publics rapidement. Cela pourrait, dans certains cas, renforcer les arguments en faveur de nouveaux espaces publics et accélérer la planification à cet égard.
Ces contraintes forcent les villes à utiliser les espaces « restants », que ceux-ci se trouvent sous des autoroutes ou le long de voies ferrées. Or, ce genre de projets peut avoir des effets indésirables. Par exemple, ils peuvent occasionner le déplacement des gens qui trouvent refuge dans ces espaces et potentiellement contribuer à l’embourgeoisement.
Malgré sa popularité, le parc surélevé High Line de New York a fait l’objet de nombreuses critiques. On a notamment souligné qu’il a fait augmenter le coût des logements et qu’il accueille un nombre disproportionné de visiteurs blancs, malgré la diversité raciale du quartier. En réaction à ces critiques, l’organisation Friends of the High Line a créé un nouveau réseau appelé le High Line Network pour conseiller les responsables de projets de parcs axés sur la réutilisation d’infrastructures sur les pratiques inclusives. Le Bentway de Toronto, un espace public sous une autoroute surélevée, est le seul membre canadien du groupe. Le réseau a publié des trousses d’outils contenant des stratégies pour la planification communautaire et l’adoption de principes d’aménagement équitable. Ces trousses peuvent servir de guide utile pour les villes canadiennes qui entrent dans une nouvelle ère de construction de parcs.
L’une des tendances appelées à s’accentuer est la construction de parcs sur d’autres infrastructures, comme des garages. Certains appellent ces projets des parcs stratifiés parce qu’ils sont basés sur un modèle de propriété stratifié; la Ville n’est pas propriétaire du terrain sous le parc, mais uniquement de la couche du dessus.
De prime abord, tout le monde semble ressortir gagnant de cette situation. Le propriétaire du terrain a l’avantage de pouvoir construire quelque chose, et la Ville tire profit d’un nouveau parc en hauteur. Mais en réalité, les parcs stratifiés posent plusieurs défis sur le plan logistique, juridique et de la conception.
L’intégrité structurale de ce qui se trouve en dessous détermine la quantité de terre qu’on peut mettre, ce qui a des répercussions sur l’aménagement paysager. En outre, lorsque la membrane imperméable qui sépare le parc de la structure sous-jacente a besoin d’entretien, le parc doit souvent être démonté et reconstruit. Ces facteurs en font des options souvent moins vertes, indique Mme Nasr. Cela pose problème lorsque les villes confrontées aux changements climatiques veulent ajouter de la verdure pour la gestion des eaux pluviales et l’atténuation de la chaleur urbaine.
Richmond Hill est parmi les villes qui subissent de la pression pour approuver la construction de ce type de parcs. « La valeur des terrains a augmenté de façon considérable au cours des 10 dernières années, affirme Michelle Dobbie, la responsable de la planification des parcs de la Ville. Cela amène les promoteurs à vouloir maximiser l’espace en construisant des stationnements souterrains.
Mis à part les défis liés à la construction de parcs stratifiés, il y a plusieurs considérations légales et logistiques, comme les engagements financiers à long terme associés aux futures mises à niveau. Reconnaissant que cette pression ne semble pas s’amoindrir, Richmond Hill a commandé une étude sur les parcs stratifiés afin de l’aider à décider si elle devrait accepter ce type de parcs.
Les plans de Vancouver pour un nouveau parc construit partiellement sur le toit du centre commercial réaménagé Oakridge démontrent aussi bien le potentiel que la complexité de ce type de parcs. Les 3,6 hectares du parc seront répartis au niveau du sol et sur le toit du centre commercial, et comprendront des aires pour les rassemblements sociaux, le jardinage et la pratique de sports. En se servant du toit, la Ville a pu créer un parc beaucoup plus grand, explique M. Hutch.
Il affirme que la Commission des parcs a travaillé fort pour négocier la structure de propriété du parc avec le centre commercial. Cette entente comprend des dispositions selon lesquelles l’entretien du parc et le renouvellement des immobilisations sont à la charge du propriétaire du terrain et non de la Commission des parcs. C’était la première fois que la Commission négociait une telle entente. Celle-ci était nécessaire en raison de la complexité liée à la présence de multiples équipes d’entretien sur le site et de la responsabilité à assumer si un employé de la Commission endommageait la membrane de protection. Un comité opérationnel composé d’employés de la Commission et du centre commercial sera créé pour trouver des solutions aux problèmes éventuels.
Comme nous en avons parlé dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada de l’an dernier, en planifiant leurs parcs, les villes se préoccupent de plus en plus à la connectivité. On retrouve un nombre grandissant de parcs, de sentiers et d’autres espaces verts linéaires qui se faufilent dans des endroits restreints, donnant du fait même de nouvelles fonctions aux couloirs hydroélectriques et ferroviaires.
La High Level Line à Edmonton est l’un de ces projets. Il découle de la vision d’un groupe communautaire qui a attiré l’attention des représentants de la Ville. Le plan propose de relier des quartiers le long d’une route de 4 km en utilisant un couloir ferroviaire existant qui traverse la rivière Saskatchewan North. L’idée suit les principes de connectivité mis de l’avant dans le Downtown Public Places Plan 2019 de la Ville.
Le projet reliera des parcs existants, mais tirera aussi profit de terrains privés. Par exemple, les propriétaires fonciers pourraient développer leurs sites pour qu’ils s’ouvrent sur la High Level Line ou offrir des commodités.
« La rivière Saskatchewan North et la vallée fluviale sont des atouts importants pour Edmonton — mais ce sont aussi de réelles barrières », explique Kevin Dieterman, porte-parole du groupe. Toutefois, le projet n’est pas qu’un moyen de se rendre du point A au point B. « L’expérience que vous vivrez en vous déplaçant y est pour beaucoup », ajoute-t-il.
Les emprises routières, comme les rues, sont de plus en plus considérées comme des ressources pour la création d’espaces publics temporaires et permanents.
Les nouveaux projets qui prévoient des bordures de trottoir plus basses et un revêtement spécial donnent aux rues une plus grande polyvalence. À Toronto, on appelle cette approche de la conception « parcs plus ». Comme l’explique Mme Nasr : « On peut voir la chose comme une équation : les parcs + les rues = un domaine public incroyable. »
Montréal s’est démarquée comme une véritable pionnière avec les 15 nouvelles rues piétonnes et partagées qu’elle a aménagées depuis cinq ans et qui s’ajoutent aux 50 qui existaient déjà. Le Programme de rues piétonnes et partagées, qui a donné lieu à la création d’un catalogue d’inspirations, soutient la mise en œuvre de projets qui reflètent la culture d’un quartier, notamment par un processus de conception participatif.
Si on donne de nouvelles fonctions aux rues depuis des années, la pratique s’est accélérée pendant la crise de la COVID-19. Dès avril et partout au pays, des villes comme Winnipeg, Toronto, Montréal et Vancouver ont commencé à offrir des voies de circulation automobile aux piétons afin de créer des espaces publics temporaires favorisant la distanciation physique.Et depuis avril, les défenseurs et les urbanistes ont approfondi cette conversation. Par exemple, la fabricatrice d’espaces Jay Pitter a souligné les « iniquités spatiales » qui mettent en évidence les limites de tels projets et le fait qu’ils avantagent seulement une partie de la population. Elle a souligné le besoin de recentrer les discussions sur la race, la classe, la capacité et le genre, un appel qui trouve un écho chez d’autres auteurs. En effet, selon les témoignages, les actes antiasiatiques seraient à la hausse dans les espaces publics canadiens depuis le début de la pandémie.
Plus du tiers des villes que nous avons sondées ont signalé une demande croissante pour l’aménagement d’espaces publics sur des propriétés privées (EPPP). Les EPPP sont construits et entretenus par des propriétaires fonciers en vertu d’ententes avec la Ville qui garantissent un accès public. Les villes comme Toronto et Vancouver comptent déjà un grand nombre d’EPPP, tandis que Mississauga, Richmond Hill et Waterloo disent envisager ce type de solution.
« Je pense qu’il est très important que le rôle et la fonction de ces espaces soient clairs », indique Mme Nasr. À Toronto, on a utilisé des EPPP, notamment des sentiers aménagés ou de petits espaces de rassemblement devant des immeubles, pour créer un domaine public plus unifié, sans viser à remplacer les parcs. Selon Mme Nasr, ces espaces peuvent toutefois soulager une partie de la pression sur les parcs dans les zones densément peuplées.
Le caractère public des EPPP a toutefois été remis en question en raison de disputes sur l’accès et parce que certaines entreprises empiétaient sur ces espaces. Et comme il s’agit de propriétés privées, les EPPP peuvent, au bout d’un certain moment, être réaménagés, comme ça a été le cas à Vancouver. Dans un effort pour sensibiliser l’opinion et promouvoir une conception et une visibilité améliorées de ces espaces, Toronto a produit une carte des EPPP, des lignes directrices sur leur conception et une stratégie sur l’affichage visant à préciser que les EPPP sont des espaces publics.
Chris Hardwick est directeur à 02 Planning + Design et il a travaillé à des plans de parcs à Edmonton, à Halifax, à Toronto et à Winnipeg. Il indique que dans vos discussions sur les parcs, vous devez mettre en balance les coûts et les avantages des deux approches qui s’offrent à vous, à savoir l’augmentation du nombre de parcs et l’amélioration des parcs existants.
M. Hardwick maintient que dans les cas où les terrains sont dispendieux et rares, la meilleure stratégie pourrait consister à déployer des ressources afin de garantir le rendement optimal des parcs existants. Cependant, les villes doivent être prévoyantes en faisant rapidement l’acquisition de terrains dans les zones qui sont appelées à se développer plutôt que d’essayer de se rattraper plus tard.
Il ajoute que différents défis existent selon le contexte urbain, la croissance et les changements démographiques. Certaines villes font face à un manque d’espaces pour les parcs, tandis que d’autres en ont trop ou ne disposent pas du bon type d’espaces. Les représentants de Prince George, par exemple, ont affirmé avoir transformé des terrains de baseball sous-utilisés en parcs à chiens.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2019 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Avouons-le, le Canada est un pays hivernal. Ces initiatives aident les résidents à s’emmitonner et à sortir dans les parcs pendant les mois les plus froids de l’année.
Il va sans dire que l’image du Canada en tant que pays froid et glacé en permanence est un mythe. Mais personne ne peut nier que pendant de longs mois, nos villes sont des endroits frisquets et recouverts de neige.
Certaines villes canadiennes embrassent leur côté hivernal, allant même jusqu’à célébrer cette saison comme la période idéale pour sortir à l’extérieur et profiter des parcs plutôt que de s’encabaner avec une tasse de thé.
Edmonton mène le peloton avec sa WinterCity Strategy (Stratégie de ville hivernale) et l’organisation de son congrès inaugural Winter Cities Shake-Up (Réveil des villes hivernales) en 2017. Saskatoon, qui a accueilli le Winter Cities Shake-Up* en 2019 travaille à sa propre WintercityXYE Strategy*.
Edmonton dirige une variété de programmes hivernaux*, comme la raquette et les pique-niques hivernaux, et en fait activement la promotion pour faire sortir les gens dehors. Dans un sondage récent mené par la Ville, 44 % des résidents ont affirmé avoir une image plus positive de l’hiver depuis que le programme a commencé.
Dans le cadre d’un projet pilote mené en 2017, la Ville a également étendu son Green Shack Program (Programme de cabanes vertes) existant afin qu’il soit offert toute l’année. Dans le cadre de ce programme, le personnel de la Ville contribue à la programmation des parcs en distribuant des équipements récréatifs qui sont rangés des cabanes vertes. Le projet pilote de 120 000 $ comprenait huit cabanes vertes qui ont fait la tournée des parcs de septembre à juin. Le volet hivernal du programme a attiré autant de participants que son pendant estival.
Mais Edmonton n’est pas la seule à s’amuser dans la neige.
Montréal est une autre ville canadienne qui embrasse l’hiver de façon créative. En janvier de 2018, un groupe de collaborateurs, dont La Pépinière Espaces Collectifs, Rues principales et Vivre en Ville, ont lancé le Laboratoire de l’hiver. Le projet vise à reconquérir l’hiver au moyen d’activités amusantes, à commencer par la publication d’un guide pour des espaces publics hivernaux actifs.
Toronto peut se vanter d’offrir le plus grand réseau de patinoires extérieures artificielles au monde. Dernièrement, la Ville a travaillé avec l’organisation montréalaise La Pépiniére afin de lancer son Rink Social Program* (Programme de patinoires sociales). Dans le cadre du programme, on a animé et agrémenté les patinoires extérieures au moyen de foyers, de nourriture et de boissons, d’espaces de rassemblement et d’un service de prêt de patins. La Ville anime également des séances de formation pour les résidents qui veulent créer des patinoires naturelles dans les parcs*en plus de leur offrir une fiche-conseil pratique*.
Halifax et Charlottetown ont toutes deux trouvé des façons créatives de faire sortir les gens dehors et de les faire bouger à l’hiver. L’Emera Oval d’Halifax est l’une des plus grandes patinoires au Canada, et c’est le lieu de soirées cinémas et de soirées DJ. On y trouve également des abris conçus par des artistes et permettant aux gens de se réchauffer. En février de chaque année, Charlottetown accueille WinterlovePEI (Amour hivernal Î-.P-E.), un événement mis sur pied par une organisation communautaire qui fait la promotion d’activités adaptées au froid, comme le yoga hivernal.
Rendez-vous dans un parc et prenez une respiration profonde. Vous vous sentez mieux? Vous n’êtes pas seul. La recherche a permis d’établir des liens étroits entre le fait de passer du temps dans la nature et une amélioration de la santé mentale. Un partenariat entre la Ville de Victoria et Human Nature Counselling s’appuie sur ce principe avec un programme appelé New Roots* (Nouvelles racines).
Le programme emmène des jeunes dans les parcs urbains pour une thérapie axée sur la nature qui combat l’anxiété et les pensées négatives. Les participants se livrent à une variété d’activités individuelles et de groupe, comme la pleine conscience, la tenue d’un journal personnel, la randonnée et des jeux dans la nature. Le programme les aide « à ralentir le rythme, et à renouer avec leurs sens et le monde naturel », explique Katy Rose de Human Nature Counselling.
Le succès du programme est en grande partie dû au fait qu’il est offert dans les parcs de la ville, car, selon Mme Rose, les jeunes « veulent être là ». Les programmes de santé mentale sont généralement offerts à l’intérieur, ce qui peut rendre certaines personnes mal à l’aise. « Il est simplement beaucoup plus facile de bâtir une communauté en plein air », affirme Mme Rose. Elle ajoute que c’est également une occasion pour les jeunes de se sentir liés à leurs parcs locaux.
La Ville est un champion essentiel du programme. Elle aide à trouver du financement et à établir une liaison avec des parcs en particulier. Le programme est offert après les heures de classe à des jeunes du niveau intermédiaire et secondaire. En 2018, il était entièrement financé par Island Health.
Le personnel offre également aux jeunes des projets de services, comme la cueillette de lierre, qui est ensuite séché et tressé. Selon Mme Rose, l’utilisation de l’espèce envahissante comme métaphore permet de montrer aux jeunes comment des éléments en apparence négatifs peuvent être transformés en quelque chose de positif.
Shelley Brown, responsable des programmes de loisirs et de parcs à la Ville, est parmi les principaux défenseurs du programme. Elle a travaillé avec des élèves à un programme de restauration de prés et souligne que « les jeunes se sont rapidement passionnés pour les parcs et les espaces naturels ».
Mme Brown explique qu’une composante importante de son travail consiste à aider à trouver du financement pour veiller à ce que New Roots demeure gratuit. « Parce que ce programme est relativement nouveau et parce qu’il s’éloigne de l’idée que les gens se font généralement de la thérapie, nous voulions éliminer le plus d’obstacles possibles à son accès », affirme-t-elle.
Le rôle de la nature dans l’amélioration de la santé mentale est également au centre d’un autre partenariat, cette fois à Guelph. En effet, la Ville héberge un organisme de bienfaisance enregistré qui gère l’Enabling Garden* (Jardin bienfaisant) du parc Riverside, un espace de jardin accessible qui offre des expériences thérapeutiques par l’entremise de l’horticulture.
« Le jardin thérapeutique offre une ambiance apaisante et engageante dans laquelle, aidés d’un hortithérapeute agréé, les gens peuvent tisser des liens dans leur communauté de façon créative et parler de leur vécu afin de favoriser leur bien-être et d’alléger leur souffrance », explique Anna Kroetsch, une hortithérapeute du jardin.
Le jardin a été conçu pour pouvoir accueillir tout le monde, peu importe l’âge ou les capacités. « Avec son sentier large, accessible et à l’éclairage doux ainsi que ses pancartes écrites en braille et ses plates-bandes surélevées, le jardin peut accueillir des gens qui ne pourraient peut-être pas avoir accès à la nature dans d’autres circonstances et leur permet de profiter confortablement des odeurs, des textures et des goûts du monde naturel, et ce, peu importe leurs capacités », affirme Mme Kroetsch.
Vancouver transforme des pavillons de parcs vides en centres névralgiques des arts et de la culture dans le cadre de son programme original appelé Fieldhouse Activation Program (Programme d’animation Fieldhouse).
Dans le cadre d’un partenariat d’entraide, la Ville associe des groupes communautaires à des pavillons de parcs vacants. Autrefois les suites des préposés à l’entretien, ces espaces sont offerts aux groupes gratuitement en échange de 350 heures d’animation communautaire.
Lancé en 2011, le programme est maintenant mis en œuvre dans 22 parcs et accepte les candidatures de groupes voués aux arts, au sport, à l’environnement, à l’alimentation locale ou à l’engagement social pour des résidences de trois ans.
Pour la résidence commençant en 2019*, les programmes comprennent des projets d’alimentation autochtone, des activités intergénérationnelles, des camps de rock pour les filles, des échanges de semences, des ateliers de cinématographie écologique, et plus.
À Toronto, la Ville amorce la troisième année de son populaire programme Arts in the Parks (Les arts dans les parcs), dirigé par le Conseil des arts de Toronto. Comme l’a indiqué la directrice du Conseil Claire Hopkins dans un billet de blogue en 2018, l’idée est née du manque d’endroits pouvant accueillir les œuvres d’artistes à l’extérieur du centre-ville.
Elle a également remarqué que de nombreux artistes avaient du mal à obtenir des permis et des autorisations pour réaliser des activités dans les parcs. « L’argent des contribuables qui est versé aux organisations artistiques est censé servir à créer des œuvres, mais ces organisations sont obligées de consacrer la majorité de leurs fonds à l’obtention de permis et à la promotion d’événements publics gratuits », explique Mme Hopkinson.
Le programme ne vise surtout pas à parachuter les arts dans les quartiers. C’est pourquoi on insiste pour travailler avec des groupes communautaires locaux afin de s’assurer que les œuvres sont appropriées et adaptées aux quartiers.
En 2018, le programme a permis de tenir 282 événements dans 36 parcs aux quatre coins de la ville, et la majorité de ces événements se sont déroulés à l’extérieur du centre-ville. Une boîte à outils créée en 2019 fournit plus d’information à ceux qui voudraient créer des programmes semblables. Elle porte notamment sur le financement, les partenariats, les interventions dans la communauté et l’évaluation. Artist in Residence (Artiste en résidence) est un programme à plus petite échelle mis en œuvre par la Ville de Waterloo. Ce programme qui s’inscrit dans le plan culturel de la Ville permet à « des artistes de travailler en partenariat avec la Ville pour offrir des projets d’art communautaires à tous les citoyens, peu importe leur âge, leurs capacités et leur expérience ». En 2018, le programme a présenté des œuvres des artistes Denise St Marie et Timothy Walker dans le parc Waterloo. Les œuvres comprenaient des promenades de mots, des activités narratives et des chasses au trésor.
Tout grand projet de parc public commence par une grande idée, et souvent un petit coup de pouce financier pour la concrétiser.
Si votre groupe œuvrant pour un parc rêve de créer un nouveau jardin pour pollinisateurs, d’organiser un festival artistique ou même d’embaucher une nouvelle personne pour gérer l’organisation, obtenir une bourse peut être d’un grand soutien pour réaliser et soutenir vos ambitions.
Toutefois, remplir une demande de bourse peut sembler un peu intimidant. Voilà pourquoi nous avons élaboré ce guide afin de vous accompagner à travers les différentes étapes, et de vous fournir des conseils utiles et des ressources qui vous faciliteront la tâche.
Faisons en sorte que votre projet reçoive le soutien qu’il mérite !
Plusieurs types d’organismes offrent un soutien financier aux groupes citoyens œuvrant pour un parc :
Voici comment identifier les offres les plus pertinentes pour votre groupe :
Rédiger une demande de bourse prend du temps et de l’énergie, alors soyez stratégique sur celles auxquelles vous voulez postuler. Examinez attentivement les critères de chaque bourse pour veiller à ce que votre groupe ait une chance d’être sélectionné (ou même de voir si vous avez le droit de poser votre candidature). Vérifiez les informations suivantes :
Tout organisme subventionnaire souhaite savoir si vous disposez d’un budget réaliste et détaillé pour votre projet. Votre budget doit :
De nombreuses organisations méritantes se disputent les bourses proposées. Pour sortir du lot, racontez l’histoire de votre groupe d’une manière convaincante afin de capter l’attention des bailleurs de fonds. Voici nos principaux conseils pour rédiger des textes persuasifs :
Vous avez envoyé votre demande et avez reçu la mauvaise nouvelle : votre projet n’a pas été retenu pour la bourse. C’est décevant, certes, mais n’oubliez pas qu’un « non » peut souvent dire « pas encore ». Si votre demande a été rejetée, contactez le bailleur de fonds pour lui demander de vous faire part de ses commentaires sur sa décision. Il se peut que votre projet réponde mieux aux critères d’une autre bourse, ou bien qu’il manquait un élément que vous pourrez ajouter lors du prochain cycle d’octroi de bourses.
Hourra, votre candidature a été retenue ! Est-ce qu’on peut sortir le champagne ? Pas tout à fait. Tout d’abord, commencez par :
Maintenant vous pouvez aller fêter ça !