Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception décerné par World Urban Parks — l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public.
Pourquoi les événements dans les parcs sont-ils importants ? Comment les subventions s'intègrent-elles dans les objectifs plus larges des Ami·es des parcs pour susciter des changements dans les parcs urbains ?
Les programme de Bourses TD Ami·es des parcs soutien des événements favorisant la protection et la conservation des parcs urbains à travers le Canada.
L’hiver peut être éprouvant : il fait sombre, froid, et la neige s'accumule. Explorez des moyens concrets pour redécouvrir la joie de l'hiver.
Découvrez de quelles façons les initiatives menées par les organisations communautaires dans des parcs de Montréal peuvent contribuer à l’inclusion sociale.
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Ami•es des parcs publie le deuxième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, mettant en avant les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs.
Alors que nous ébauchions les histoires que nous voulions partager sur la biodiversité, l’aménagement créatif de parcs, l’engagement communautaire et l’itinérance, notre monde changeait. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que loin d’avoir perdu leur pertinence, les sujets traités avaient gagné en urgence.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 27 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Comment la biodiversité urbaine soutient notre bien‑être, avec une importance accrue pendant la crise de la COVID‑19.
Comment approfondir la conversation sur la biodiversité tout en l’élargissant pour y faire participer plus de gens.
Pourquoi les corridors d’habitats sont importants pour la biodiversité urbaine et ce que font les villes pour s’assurer que les parcs, petits et grands, soient connectés
Comment les villes font face à la forte demande de parcs à chiens et à la grande controverse qui les entoure.
Comment les groupes communautaires créatifs et le soutien des villes permettent de créer des liens grâce à la nourriture dans les parcs.
Alors que les populations et le développement explosent dans de nombreuses villes, trouver de l’espace pour de nouveaux parcs pose des défis et stimule l’innovation.
Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.
Ami•es des parcs publie le troisième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Favoriser l’équité et la résilience : Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Partout au Canada, la fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, alors que la population se tournait massivement vers les espaces extérieurs pour pouvoir se rassembler en toute sécurité, se connecter à la nature et rester active. Les parcs ont ainsi pris une place encore plus importante dans le quotidien des Canadien·nes, mais les Villes ont dû composer avec de nouvelles pressions liées à la hausse de la fréquentation et aux exigences de santé publique.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 32 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :
Comment les changements climatiques affectent la planification, la conception et l’entretien des parcs.
Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs
Comment les considérations liées à la justice environnementale peuvent contribuer à favoriser la résilience aux changements climatiques et résoudre les inégalités dans les parcs.
Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs.
Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.
Comment les municipalités canadiennes peuvent-elles miser sur le soutien philanthropique pour leurs parcs et résoudre certaines des difficultés qui y sont liées?
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2022 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
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Alors que les budgets des parcs sont restés stables pendant la pandémie, les municipalités ont dû assumer la désinfection et l’entretien des zones à forte fréquentation, causant pour elles une pression accrue et les obligeant à étirer davantage leurs budgets.
La pandémie a également entraîné des retards dans les projets de parcs et fait augmenter le coût des matériaux, ce qui pourrait avoir des répercussions à plus long terme sur la modernisation des parcs.
Par ailleurs, la pandémie ayant fait ressurgir les problèmes d’équité, de nombreuses municipalités prévoient de nouvelles stratégies pour leurs parcs afin de garantir une distribution plus équitable des fonds.
C’est une histoire vieille comme le monde, ou du moins aussi vieille que les budgets des services des parcs. À mesure que les villes s’agrandissent et que la fréquentation et les types d’activités augmentent dans les parcs, les budgets des parcs, en particulier les budgets de fonctionnement, deviennent de plus en plus serrés.
Que se passe-t-il alors quand les services des parcs qui devaient déjà faire face à des contraintes et des infrastructures vieillissantes se retrouvent confrontés à une pandémie?
Pour faire bref : des pressions supplémentaires, la nécessité d’innover et une plus grande importance accordée à la manière d’octroyer plus équitablement des fonds aux parcs dans l’avenir.
Pour la deuxième année consécutive, les municipalités ont déclaré que la pandémie avait exercé de lourdes pressions sur leurs budgets de fonctionnement déjà mis à rude épreuve; des budgets servant à financer, par exemple, la tonte des pelouses. Les budgets municipaux n’ont pas été réduits pendant la pandémie, mais en raison de l’ajout de dépenses découlant des mesures sanitaires, on a dû en faire plus avec la même source de financement.
Comme l’a dit Niall Lobley, directeur des parcs et des cimetières de la Ville de Kitchener : les budgets des parcs sont « souvent étirés au maximum, et ont encore une fois été étirés un peu plus. »
Niall indique que, pendant la pandémie, des ressources « énormes » ont été investies dans la désinfection, le recrutement d’effectifs supplémentaires pour surveiller le respect des règles de distanciation physique et les zones à forte fréquentation, le ramassage des déchets et les mesures visant à atténuer les dégâts dans les zones naturelles en raison de la forte fréquentation.
À Regina, Trevor Klein, coordonnateur des opérations de soutien aux parcs, a déclaré que le personnel a travaillé d’arrache-pied pour trouver dans les budgets existants un moyen de financer le programme d’hiver de la ville, qui encourage les gens à utiliser les parcs pendant la saison hivernale.
Trevor Klein a ajouté que les demandes de services et les attentes liées à la qualité des parcs avaient augmenté pendant la pandémie. Les personnes en télétravail ont eu plus de temps pendant la journée pour visiter les parcs près de chez elles, ce qui les a amenées à être davantage au contact du personnel des parcs qu’elles n’auraient pas vu autrement si elles avaient été sur leur lieu de travail. Ceci a entraîné une « augmentation des demandes de services et du niveau d’attente en ce qui concerne la tonte des pelouses et l’élagage, ainsi que la mise à disposition de certains aménagements pour le public », explique Trevor Klein.
Dans le même temps, il explique qu’au début de la pandémie, le service des parcs a souffert d’un manque de personnel suite à une directive de la Ville les empêchant d’embaucher du personnel temporaire supplémentaire pendant l’été 2020. Les coûts de formation ont donc augmenté lorsque ce personnel a été embauché à nouveau en 2021. À cet égard, 50 % des Villes ont indiqué que le manque de personnel avait été problématique pendant la pandémie.
À Ottawa, le personnel municipal a indiqué qu’au début de la pandémie, ils avaient commencé à « réduire certaines activités d’entretien » afin de « faire face en partie à la nécessité de leur service de faire des économies en raison des pressions supplémentaires anticipées pendant toute l’année 2020. »
La municipalité a ensuite adapté ses services pour répondre à « l’évolution des besoins », y compris une hausse considérable du coût de la collecte des déchets qui a commencé en 2020 et se poursuit aujourd’hui. Le personnel municipal a également expliqué que certains « budgets d’exploitation des parcs ont été réattribués pour permettre de compenser les coûts liés à la pandémie », pour couvrir notamment le coût des toilettes portatives ou des bornes pour se laver les mains.
Toutefois, tout n’a pas été aussi mauvais. Certains services des parcs ont pu tirer parti des fonds dédiés à la riposte à la pandémie pour financer par exemple des projets de transport actif, comme l’amélioration des sentiers, ou la relance économique grâce au financement du tourisme.
Si, en moyenne, les budgets sont restés stables pendant la pandémie, Niall Lobley, de Kitchener, s’inquiète de ce que réservent les années à venir, surtout à mesure que les municipalités doivent faire face aux retombées budgétaires des dépenses élevées engagées pendant la pandémie.
« Je m’attends à ce que, pendant quelques années, ces retombées affectent les structures financées par les contribuables, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral »
Niall Lobley
« En règle générale, ces périodes d’amortissement peuvent être assez difficiles pour les services publics et récréatifs comme les parcs et les loisirs », ajoute Niall. « Ces services subissent généralement les coupes budgétaires les plus importantes et les plus précoces lorsque la municipalité doit reconstituer son capital après avoir engagé des dépenses publiques très élevées. »
Néanmoins, il apparaît clairement que les résidentes et résidents appellent à plus, et non à moins, d’investissements : 87 % des personnes interrogées dans le cadre de notre sondage mené auprès de plus de 3 000 citadines et citadins au Canada ont déclaré qu’elles souhaitaient voir les Villes consacrer plus de fonds publics aux parcs. Ainsi, 36 % des personnes interrogées souhaitent que davantage de fonds soient alloués à l’entretien et 35 % souhaitent des aménagements de meilleure qualité.
Le fait d’avoir présenté les parcs comme des infrastructures de santé publique et souligné l’importance croissante des parcs pour notre santé mentale et physique ces deux dernières années pourrait être un moyen de faire pression pour que les financements rattrapent leur retard.
Outre le fait de devoir faire plus avec moins, de nombreuses Villes ont également indiqué que la construction et la modernisation des parcs étaient devenues plus coûteuses. En effet, 69 % des Villes ont déclaré avoir dû retarder des projets d’investissement en raison de la pandémie, et 86 % ont indiqué que les augmentations de coûts présentaient un vrai défi.
Il est difficile d’attribuer cette hausse des coûts uniquement à la pandémie, explique Niall Lobley, ajoutant que cette tendance existait déjà avant la crise sanitaire. Cependant, la pandémie et les dernières perturbations dans les chaînes d’approvisionnement n’ont pas aidé.
Niall cite l’exemple des aires de jeux, dont le coût a augmenté de 15 % par an, tandis que « des éléments d’infrastructure comme les bancs, les chaises, les tables de pique-nique et toutes ces choses voient leurs coûts augmenter en raison des délais d’approvisionnement à l’échelle internationale. »
En raison de la fréquentation accrue des parcs, les attentes du public en matière de conception des parcs ont également changé, d’où une hausse des coûts de conception et de construction.
« Nous ne parlons pas seulement de remplacer quelques équipements dans des aires de jeux », explique Niall. « Nous parlons plus d’une modernisation complète des parcs de quartiers. »
« Selon moi, il sera très difficile en 2022 et dans les années qui suivent de respecter les délais et les budgets alloués aux projets », déclare-t-il.
Le personnel de la Ville d’Ottawa confirme également ce défi à long terme, ajoutant que, si cette tendance venait à se maintenir, la hausse des coûts pourrait engendrer « une réduction du nombre de projets de modernisation réalisés chaque année ou nécessiter des budgets plus importants pour maintenir les niveaux de services existants. »
Comme l’explique le personnel : « les délais d’approvisionnement en matériaux plus longs ont entraîné des retards dans certains projets, mais notre processus de planification tient compte des éventuels retards et augmentations des coûts. Il se peut que l’exécution des prochains projets requiert plus de temps et soit plus coûteuse, mais nous continuerons à adapter nos budgets et nos délais en fonction des conditions du marché. »
L’une des principales tendances découlant de la pandémie est d’avoir fait émerger à nouveau les inégalités existantes dans l’accès aux parcs et la capacité des gens d’en profiter. Les parcs étant désormais considérés comme des endroits vitaux pour maintenir son équilibre mental et ses liens sociaux, le fait que certains quartiers soient plus verts que d’autres est devenu flagrant.
Aujourd’hui, alors que les Villes passent peu à peu de la riposte immédiate à la pandémie à une planification à plus long terme, nombre d’entre elles se tournent vers de nouvelles stratégies reposant sur des indicateurs axés sur l’équité pour orienter leurs décisions en matière d’investissement dans les parcs pour les années à venir.
Selon Niall Lobley, « la plus grande priorité et le plus grand changement dans les priorités opérationnelles » de la stratégie en cours d’élaboration de la Ville de Kitchener intitulée Places and Spaces, repose sur les investissements fondés sur l’équité.
« Ce que j’entends par là, c’est que nous ne nous contentons pas d’investir là où se trouve l’argent [des promoteurs], ou dans les nouveaux parcs en construction. Nous voulons aussi investir délibérément dans les zones ayant bénéficié d’investissements moindres dans la revitalisation et le développement de leurs parcs. Les parcs les plus anciens se trouvent dans les quartiers qui ont probablement le plus besoin de ces parcs d’un point de vue social », explique-t-il.
Prenons l’exemple de la forêt urbaine, un sujet que nous avons exploré dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada de l’an dernier. Grâce à un recensement à l’échelle municipale, la Ville a constaté que la couverture forestière de certains quartiers dépassait l’objectif de 30 %, tandis que celle d’autres quartiers était en dessous de la moitié de ce taux. « Lorsque l’on superpose deux cartes, on se rend compte que les endroits disposant d’une couverture forestière moindre correspondent généralement aux quartiers en quête d’équité, c’est-à-dire des quartiers densément peuplés, dont la population vit en majorité dans des appartements locatifs et présente un statut socioéconomique faible », explique-t-il.
Bien que Kitchener s’engageait déjà sur cette voie avant la pandémie, Niall indique qu’il ne peut s’empêcher de penser que cette décision résulte au moins en partie de la pandémie qui a fait réapparaître les problèmes d’équité.
La résurgence du mouvement Black Lives Matter et le camp Land Back, qui défend les droits territoriaux des Autochtones à Kitchener, ont contribué à la fois à sensibiliser les décideurs et à les pousser à agir, explique Niall.
« Je dirais que les mouvements sociaux que nous avons vus se développer pendant la pandémie nous ont vraiment permis de faire avancer [la problématique de l’équité] avec un plus grand sens de l’urgence. »
D’autres Villes canadiennes s’engagent également sur cette voie. Ces dernières années, Vancouver et Toronto ont toutes deux communiqué des plans pour leurs parcs comprenant des indicateurs mesurant l’équité. Trevor Klein, de Regina, indique que le prochain plan directeur pour les parcs et espaces ouverts de sa Ville, qui s’étendra sur 25 ans, mettra l’accent sur la répartition équitable des parcs, ce qui comprend non seulement les espaces verts, mais aussi les installations et les aménagements comme les aires de pique-nique.
À Ottawa, le personnel municipal a souligné le nouveau plan directeur des parcs de la Ville, qui se base sur l’indice d’équité des quartiers d’Ottawa*, une ressource créée par le Conseil de planification sociale d’Ottawa, pour établir des priorités en matière d’investissement dans les parcs. Le personnel municipal a également indiqué que cette approche fondée sur l’équité sera au cœur du prochain Plan directeur des espaces verts et du Plan de gestion de la forêt urbaine ainsi que dans la Stratégie de résilience climatique.
Bien que les effets de la pandémie se feront certainement encore sentir ces prochaines années, l’attention plus grande accordée par les Villes aux investissements équitables les aidera à rendre leurs réseaux de parcs plus résilients pour l’avenir.
Ami•es des parcs publie le quatrième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Entretenir les relations et la réciprocité : Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Le rapport de cette année s’éloigne peu à peu des répercussions de la pandémie pour explorer comment les apprentissages des deux dernières années peuvent ouvrir la voie à des approches plus équitables et plus créatives en matière de planification, d’aménagement et d’animation des parcs.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 30 municipalités et de plus de 3 000 résident·es de villes canadiennes.
Comment des chef·fes de file à travers le pays utilisent diverses méthodes pour encourager les gens à se rapprocher de la nature en allant à leur rencontre.
Comment dépasser les simples consultations ponctuelles en investissant dans l’établissement de relations de confiance à long terme peut permettre de renouer le dialogue, de redistribuer le pouvoir et de réimaginer les parcs
Comment renforcer notre sentiment de connexion avec la nature grâce à la prise de conscience, la réciprocité et la gratitude – et pourquoi est-ce important.
À la découverte des efforts menés par des Villes des Prairies pour décoloniser les parcs et honorer les histoires des peuples Autochtones des terres sur lesquelles ces villes sont construites.
Comment la concertation publique sur les parcs peut favoriser l’établissement de relations durables une fois le processus de consultation terminé.
Comment les approches de financement collaboratif et les investissements des différents niveaux de gouvernement permettent d’envisager de nouvelles façons de subventionner les parcs.
Les répercussions de la pandémie sur les budgets des parcs et l’importance des investissements fondés sur l’équité.
Une occasion unique pour les services des parcs de jouer un rôle positif dans la question de l’itinérance
Le personnel des parcs municipaux gère des actifs publics parmi les plus essentiels et pourtant sous-estimés : les parcs urbains et espaces verts. Bien plus que de simples terrains gazonnés, ces lieux sont de véritables lieux de sociabilisation pour les citadin·es, qui offrent une infrastructure environnementale cruciale et des ressources essentielles en matière de santé publique.
Le Rapport sur les parcs urbains du Canada (RPUC) fournit des données et des témoignages démontrant l’importance des parcs au personnel des parcs municipaux, aux groupes citoyens, aux associations à but non lucratif et au grand public. Publié annuellement entre 2019 et 2024, le rapport a mis en lumière les tendances, les défis et les occasions qui façonnent la planification, la gestion et l’expérience des espaces verts publics. Au cours de cette période, 46 municipalités y ont participé, représentant collectivement 48 % de la population canadienne.
Ce rapport synthèse rassemble les principaux constats des RPUC au cours de ces années charnières. Il propose un index thématique et soigneusement structuré des données et des récits recueillis au fil des années, accompagné d’analyses sur les tendances observées.
1 – Enjeu de santé : Les parcs sont un investissement dans la santé publique
L’une des tendances les plus fréquentes issues des données de nos rapports concerne la fréquentation grandissante des parcs urbains et leur reconnaissance en tant que lieux publics essentiels. Cette évolution a été largement accélérée par la pandémie de COVID-19. Ce que l’on considérait précédemment comme de simples aménagements publics sont désormais perçus comme des lieux indispensables à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des citadin·es.
2 – Manque de financement : Ressources et capacités limitées
Malgré les données indiquant une fréquentation et une appréciation accrues du public pour les parcs, les municipalités déclarent faire face à des contraintes en termes de budget et de personnel. Ceci limite leur capacité à entretenir et à améliorer leur réseau de parcs.
3 – Fonction écologique : Adaptation climatique et biodiversité
Les parcs urbains assument des fonctions écologiques, notamment en matière d’adaptation climatique et de soutien à la biodiversité en milieu urbain. En raison de l’intensification des effets des changements climatiques, ces fonctions font l’objet d’une attention grandissante.
4 – Équité et accès : S’attaquer aux obstacles systémiques
À partir de 2021, les municipalités participantes ont fait état d’initiatives visant à promouvoir l’équité, l’inclusion et la réconciliation dans leurs activités de planification et de gestion des parcs. Ceci reflète une prise de conscience sociétale plus large des obstacles systémiques à l’accès aux parcs et à leurs bienfaits.
5 – Évolution des pratiques : Mobilisation du public et opérations plus complexes
La gestion des parcs comprend désormais des dimensions sociales complexes qui dépassent leur simple entretien traditionnel. Ceci implique de mettre en place des stratégies de mobilisation du public et de prendre en charge des problématiques urbaines liées à l’espace public.
Comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.
Comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables.
Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Explorez les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs urbains.
On dit souvent que toutes bonnes choses ont une fin. Mais parfois, avec un peu de chance, cette fin peut être le début de quelque chose d’encore plus spécial. C’est exactement ce qu’il s’est passé au Parc Jarry dans l’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc-Extension à Montréal : le groupe citoyen Coalition des amis du Parc Jarry (CAP Jarry), bénéficiaire de la bourse TD Ami·es des parcs, y a fait renaître des cendres du temps des fêtes une Forêt Éphémère d’arbres de Noël recyclés, de rêves et d’espoirs.
Chaque Janvier, lorsque le temps des fêtes tire à sa fin, les sapins de Noël dénudés s’amoncellent sur les trottoirs, attendant lugubrement le service de ramassage de la ville. Au Canada, environ 6 millions de sapins se retrouvent à la décharge chaque année. S’ils ne sont pas recyclés correctement et simplement jetés, chaque arbre peut créer environ 16 kg de dioxyde de carbone. Non seulement cela représente une empreinte écologique importante, mais cela perd également une excellente opportunité de donner aux arbres une seconde vie plus percutante.
Le CAP Jarry, dirigé par Michel Lafleur, s’est engagé à relever ce défi cette année. Au lieu de la traditionnelle décharge, ils ont invité les résidents de Montréal à apporter leurs sapins de Noël dégarnis au Parc Jarry, à les planter dans des pots en bois construits pour l’occasion, et ainsi créer une Forêt Éphémère magique. Les familles et amis ont pu se promener librement entre plus de 250 arbres, tout en respectant les mesures de santé publique et de distanciation physique. Au bout des deux semaines d’installation, un service spécialisé en réaffectation du bois s’est chargé de ramasser et recycler les arbres adéquatement.
Pour ajouter à l’esprit magique de l’événement, les participants étaient invités à écrire leurs vœux pour la nouvelle année ainsi que leurs souhaits pour des nouveaux aménagements urbains dans leurs parcs et à les attacher à leur sapin. Cela a donné à chaque arbre une touche personnelle et a donné aux gens une chance d’exprimer leur vision de l’avenir. À une époque où les interactions sociales sont rares et où nous aspirons à interagir avec les autres, lire les souhaits personnels sur chaque arbre ressemblait à un échange intime avec les anciens propriétaires de l’arbre de Noël – leurs idées, leurs espoirs et leurs rêves pour l’avenir.
La forêt a créé un sentiment de connexion humaine à un moment où les gens en ont le plus besoin. Marcher à travers les centaines d’arbres au milieu du vaste parc Jarry fut une expérience inspirante, joyeuse et franchement magique.
“Tout le monde était souriant”, se rappelle Mme. Fumagalli, la maire de l’arrondissement VIlleray-St-Michel-Parc-Extension.
“Il y avait beaucoup de curiosité, une forme d’entraide, surtout une telle synergie… Le projet a eu d’énormes retombées positives”.
Ce qui a surtout marqué la maire Fumagalli, qui a eu un rôle facilitateur dans la planification de l’événement, c’est la manière extraordinaire dont les citoyens se sont appropriés et impliqués dans leurs parcs cet hiver. De la Forêt Éphémère aux hordes de Montréalais qui ont construit des bonhommes de neige dans les parcs de la ville après une tempête de neige, elle dit que nous voyons clairement «la nécessité pendant l’hiver d’avoir une sorte d’animation, surtout avec le contexte COVID actuel».
Une autre clé de la réussite de cet événement se trouve dans sa simplicité : l’idée est facilement transférable d’un parc à un autre, mais aussi d’une ville à une autre.
“Je suis certaine que c’est une idée qui fera boule de neige”, assure la maire Fumagalli. “Il y a tant de potentiel, autant pour les terrains vagues que les petits parcs. Le côté reproductible à petite échelle, facilement duplicable et demandant peu de ressources, ça rend cette initiative idéale”.
De la graine jusqu’à la récolte, rien n’est plus gratifiant que de planter des aliments et de les voir pousser. C’est pourquoi des milliers de personnes à travers le pays osent se salir les mains dans les jardins communautaires. La culture de fruits et légumes permet avant tout aux gens d’avoir accès à des aliments frais. Les jardins communautaires jouent également un rôle essentiel en les reliant à la nature et entre eux, améliorant ainsi la résilience et le bien-être des communautés.
« Le pouvoir de l’alimentation, de la création de lieux et d’espaces publics est d’une grande portée et met fortement en commun les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. »
DeeDee, Jardin communautaire temporaire de Marpole
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole a été créé par DeeDee Nelson. Elle a pris l’initiative d’examiner une parcelle de terrain « non accessible et négligée » pendant la pandémie. Lorsque DeeDee a commencé à nettoyer l’endroit, « les gens ont commencé à se manifester et à demander de participer ».Le jardin temporaire se trouve à Marpole, une des zones géographiques identifiées par le Vancouver Park Board comme zone d’initiative pour l’équité. La personne s’occupant de la promotion immobilière a mis l’emplacement à la disposition de la communauté de façon temporaire avant que la construction commence. Situé sur une route très fréquentée, « où les voitures passent à toute allure sur Granville Street », le jardin est une oasis de verdure qui transporte les personnes participantes de la congestion et de l’agitation de la circulation vers un espace luxuriant qui alimente la communauté.
Le Groupe des femmes congolaises est composé de 21 nouvelles immigrantes vivant dans les quartiers desservis par le Centre de santé communautaire du sud-est d’Ottawa (CSCSO)*. Le groupe s’est formé en 2019 après qu’un pique-nique dans le parc lui ait inspiré de mieux exploiter les espaces extérieurs. Euphrasie, qui travaille au CSCSO en tant que promotrice communautaire, a remarqué que les femmes étaient à la fois désireuses de trouver des sources abordables d’aliments frais et d’apprendre à connaître les plantes. Elle a humblement suggéré de mettre en place un programme de jardinage communautaire, en posant cette question aux participantes : « Que penseriez-vous de la création d’un jardin communautaire? Même s’il est petit, il y a un début à tout. » Et c’est ainsi que les femmes ont commencé à cultiver des aliments.
Également situé dans un quartier en quête d’équité, le Groupe des femmes congolaises voit dans les séances de jardinage communautaire un moyen d’aborder des questions telles que l’isolement, la sécurité et le bien-être mental au sein de la communauté. En plus des ateliers de jardinage, une fête des récoltes clôturera festivement la saison.
L’accès à des fruits et légumes nutritifs et de qualité est un défi systémique au sein des communautés en quête d’équité. L’insécurité alimentaire* est devenue un défi encore plus grand pour les familles à faible revenu, le coût des aliments ne cessant d’augmenter. Comme le partage DeeDee :
« Plusieurs personnes âgées avec un budget limité fixe m’ont notamment dit qu’elles cultivaient leur propre nourriture parce qu’elle était trop chère en magasin. »
Si les deux groupes reconnaissent le rôle des jardins communautaires dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, ils privilégient aussi le partage du surplus de récolte avec d’autres personnes. Au Jardin communautaire temporaire de Marpole, les personnes participantes distribuent fréquemment des légumes frais aux gens qui passent par là. En fait, elles ont mis en place ce qu’elles appellent une « table végétarienne » pour officialiser ce geste généreux. Lorsque les gens demandent « combien ça coûte? » DeeDee répond d’un air jovial :
« C’est gratuit. Totalement gratuit. »
Le Groupe des femmes congolaises partage également cet esprit de solidarité. Les denrées alimentaires collectées au cours des ateliers seront distribuées à la communauté en fin de saison lors d’une fête de la récolte qui, selon Euphrasie, sera un « très grand événement. » La nourriture issue de la récolte sera partagée avec l’ensemble de la communauté, un geste qui, selon Euphrase, symbolise le fait que « oui, il y a quelque chose que nous pouvons faire ensemble et qui peut être bénéfique non seulement pour nous, qui travaillons là-bas, mais aussi pour tous les membres de la communauté. »
Les jardins communautaires jouent un rôle important dans le rapprochement des personnes entre elles et avec la communauté élargie. Au Jardin communautaire temporaire de Marpole, DeeDee a été témoin de la façon dont l’engagement dans le jardin conduit à une plus grande implication civique en général. Elle partage :
« Tout à coup, les gens apprennent qu’ils ont une voix. Ils commencent à réaliser que le gouvernement municipal est composé de personnes réelles qui peuvent aider à faire bouger les choses. Chaque citoyenne et citoyen peut réfléchir à ce qui est souhaité pour sa communauté et en faire la demande. Cela vaut non seulement pour les espaces publics, mais aussi pour l’aménagement du territoire, les options de transport actif et pratiquement tout ce qui se passe au sein d’une communauté. Nous avons notre mot à dire sur nos villes et plus nous en prenons conscience, plus nous sommes en mesure de nous exprimer. »
DeeDee pense que les personnes âgées ont été particulièrement attirées par le jardin parce que beaucoup d’entre elles vivent seules. La COVID a accentué leur isolement, alors qu’elles devaient éviter les espaces intérieurs pour protéger leur santé. Le jardin communautaire leur a donné une occasion unique de se rencontrer en plein air. Elle ajoute : « Nous avons un besoin urgent d’espace extérieur pour la communauté, pour que les gens puissent venir passer du temps dans la nature et avoir un espace communautaire où se rassembler. »
Dans notre entretien, Euphrasie, du Groupe des femmes congolaises, explique comment le jardin communautaire est une source vitale de connexion communautaire apportant du bonheur :
« J’ai vu des enfants venir et se promener dans le jardin communautaire pour regarder les plantes. Elles et ils ont commencé à nous demander : Oh, c’est quoi ceci? Oh, et cela c’est quoi? C’est un endroit très agréable où être parce que les personnes participantes s’impliquent avec des gens de tous les âges. Elles rencontrent leurs aîné.e.s, leurs enfants et leurs parents. Et wow, c’est un merveilleux endroit pour rassembler les gens, pour briser cet isolement et pour les aider à aller au-delà de ce qui se passe dans leur vie. Et quand ils se rencontrent, tout le monde rigole beaucoup. J’adore. »
Alors que les rires et la joie animent le jardin, il est important de reconnaître que les jardins communautaires font le gros du travail quand il s’agit de renforcer la résilience sociale. Comme le reconnaît judicieusement DeeDee du Jardin communautaire temporaire de Marpole, le type de résilience sociale cultivé dans les jardins communautaires sera de plus en plus crucial face aux changements climatiques :
« Développer cet esprit et ce lien communautaire est, je pense, ce qui rend une communauté résiliente parce que si quelque chose comme un dôme de chaleur ou une inondation a lieu, nous savons qui vit dans le quartier et qui a besoin d’aide. »
Comme nous l’avons récemment souligné dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada : « Il existe de multiples inégalités dans l’accès et la jouissance des espaces verts urbains, avec des ramifications pour la justice climatique, le développement équitable des parcs et la santé publique. »
Les jardins communautaires propageant l’équité au sein des communautés permettent aux gens d’accéder à des espaces verts extérieurs qui favorisent la santé et le bien-être des individus. Nous savons que les personnes qui passent plus de temps dans la nature bénéficient d’un meilleur fonctionnement cognitif. Ils sont également plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de bonheur et de bien-être.
Comme le dit Euphrasie du Groupe des femmes congolaises :
« Même si vous ne travaillez pas dans le jardin communautaire, le simple fait d’y aller vous permet de respirer l’air frais et d’entendre le chant des oiseaux. C’est bon pour votre santé, pour l’environnement et pour la communauté. »
Dans tous les programmes du Jardin communautaire temporaire de Marpole, DeeDee commence par reconnaître significativement la terre, invitant les personnes participantes à penser au-delà de la façon dont la nature peut bénéficier à la vie humaine et encourage chaque personne à réfléchir aux manières dont elle peut améliorer la nature :
« Si nous remercions la terre, cela signifie que nous devons recevoir quelque chose en retour. Alors, qu’est-ce qu’on donne? J’aime bien demander aux gens de considérer notre relation avec la nature comme n’importe quelle relation saine, soit une relation avec un esprit de réciprocité »
Lors des ateliers, DeeDee apprend aux gens qui participent à utiliser des approches de permaculture et d’agriculture syntropique issues du savoir Autochtone pour enrichir la terre. Pour elle, ces pratiques sont essentielles pour garantir la durabilité de la planète.
« Cela nous fait vraiment réfléchir à ce qui serait la meilleure façon de contribuer à cette croissance durable; pas seulement pour cette année, mais aussi pour l’avenir. »
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole et le Groupe des femmes congolaises ont tous deux soulignés qu’il est extrêmement difficile de trouver des espaces pour créer des jardins communautaires. Alors que le Groupe des femmes congolaises a pu obtenir un espace par l’intermédiaire du programme de jardins communautaires de la Ville d’Ottawa, Euphrasie a souligné à quel point le processus peut être long et compliqué :
« Il était auparavant plus facile d’obtenir un terrain. Il suffisait de se présenter en personne et de le demander. Mais aujourd’hui, tout est en ligne, ce qui nous rend la tâche plus difficile. Cela nous prend plus de temps et d’énergie. »
Le Jardin communautaire temporaire de Marpole est situé sur un terrain privé. Toutefois, s’en remettre à la générosité des propriétaires de terrains privés n’est pas viable à long terme. Comme le dit DeeDee : « Nous profiterons de notre magnifique arrière-cour empruntée tant que nous l’aurons. »
Compte tenu des nombreux avantages des jardins communautaires, nous devons veiller à ce que les personnes travaillant dans le jardin aient accès à des espaces leur permettant de nouer des relations significatives entre elles, avec leur communauté et avec l’environnement naturel.
« Le jardinage nourrit la communauté physiquement, émotionnellement et mentalement. Il s’agit d’un rappel significatif de la façon dont le fait de travailler ensemble en tant que communauté profite à tout le monde. »
Euphrasie, Groupe des femmes congolaise
La pandémie a bouleversé la manière dont les Villes concertent le public à propos des parcs. Dans notre sondage, 92 % des Villes ont déclaré que la pandémie avait changé leur façon de mobiliser la population, et 23 % ont déclaré que la concertation était devenue une plus grande priorité depuis le début de la pandémie.
Comme nous l’avons écrit dans un autre article de ce Rapport sur les parcs urbains du Canada, ce n’est pas seulement le format des concertations publiques qui a changé avec la transition d’une méthode en personne à une méthode en ligne. Les Villes attachent aussi une plus grande attention à l’établissement de relations avec des groupes souvent laissés de côté. À cet égard, 35 % d’entre elles ont indiqué qu’elles avaient cherché plus intentionnellement à dialoguer avec des groupes en quête d’équité.
« Les gens prennent de plus en plus conscience des inégalités systémiques, c’est pourquoi « si nous voulons favoriser l’équité dans nos parcs, nous devons communiquer avec les personnes les plus affectées ».
Personnel de la Ville de Guelph
Ce travail est nécessaire. Notre sondage public a montré que les groupes en quête d’équité étaient confrontés de façon disproportionnée à des obstacles pour participer aux processus de planification des parcs. Globalement, les trois principaux obstacles cités étaient : ne pas savoir comment participer (36 %), ne pas savoir si sa participation fera changer les choses (31 %), et ne pas avoir assez de temps pour participer (28 %). À cet égard, ces pourcentages étaient plus élevés pour les personnes s’identifiant comme des personnes Noires, Autochtones ou de couleur (PANDC), soit 48 %, 35 % et 36 %, respectivement.
Face à ces obstacles, les Villes et les groupes citoyens des quatre coins du pays s’efforcent de trouver des méthodes innovantes qui mettent l’équité au premier plan.
Selon Jennifer Chan, cofondatrice et présidente de l’organisation Department of Imaginary Affairs (DIA), il faut inciter le public à contribuer au processus de concertation. L’été dernier, son organisation a mené un projet intitulé A Tale of Two Parks* afin de mettre en lumière les expériences positives et négatives en matière de sécurité des gens dans les parcs. Dans le cadre de ce projet, six jeunes racialisés ont été recrutés pour mener une enquête d’opinion sociale auprès des personnes – en particulier les PANDC – visitant deux parcs de Toronto.
Au cours des conversations qu’elle a menées avec les gens dans ces parcs, l’équipe de DIA a appris que ceux-ci avaient souvent de grandes idées de changement pour ces parcs. Toutefois, certains d’entre eux ont dit : « peu importe les idées que nous avons, de toute façon la Ville ne se soucie pas de nous », relate Jennifer Chan. « J’ai été frappée par cette affirmation qui m’a poussée à me demander comment nous pouvions mener une concertation publique valable lorsque les gens pensent que la Ville ne se soucie pas d’eux. »
En réponse, le DIA a conçu un jeu de planification participative intitulé « What if Parks Were Designed By Us?» [Et si nous concevions nous-mêmes nos parcs?] Le jeu permet aux participants de définir et de vivre en quelques minutes un processus de planification prenant généralement plusieurs mois. Il invite les participants à faire équipe pour créer leur propre processus de planification, renforcer leur capacité collective pour identifier les problèmes, établir des ambitions communes, et même s’entraîner à gérer les difficultés qui se présentent sur leur chemin.
En transformant en jeu le processus de planification, le DIA souhaite réduire les obstacles qui existent dans le processus de planification et imaginer de nouvelles possibilités de concertation pour les parcs en s’éloignant des mécanismes traditionnels, comme les assemblées publiques dans lesquelles « l’ensemble du pouvoir est détenu par la Ville et non par le public », explique Jennifer Chan.
Depuis 2020, la Ville de Toronto concerte la population dans le cadre de son plan directeur du parc de l’île de Toronto qui définira de nouvelles ambitions pour ce parc très prisé et accessible en quelques minutes du centre-ville en traversier. Il s’agit d’un projet emblématique qui comprend un grand nombre de parties prenantes, car l’île se doit de répondre aux besoins de toute la population torontoise.
Une priorité essentielle pour l’équipe responsable de la concertation publique sera donc d’intégrer des considérations sur l’équité dans tout le processus. D’après Daniel Fusca, directeur de la consultation au service Parks, Forestry and Recreation de la Ville : « On définit vraiment l’équité en identifiant les personnes présentes ou pas autour de la table ».
Le processus a commencé par une phase de préconcertation – une nouvelle approche adoptée par ce service de la Ville. Pour ce faire, la municipalité a invité des organisations citoyennes, des partenaires Autochtones et d’autres services de la Ville pour connaître leurs priorités et déterminer la manière dont ils souhaitaient y participer.
Daniel Fusca ajoute que cette phase de préconcertation « est contraire à l’instinct de la plupart des gens sur ce que constitue une concertation adaptée ». D’après les méthodes de concertation conventionnelles, on s’attend généralement à ce que la Ville « présente quelque chose au public pour qu’il donne son avis dessus, sinon c’est une perte de temps ».
Selon lui, « convaincre tout le monde que c’était une bonne idée a demandé un peu de travail ». « Cela pousse les gens à sortir un peu de leur zone de confort. »
Cette phase de préconcertation avec la Première Nation des Mississaugas of the Credit et d’autres partenaires Autochtones était particulièrement cruciale étant donné que les îles de Toronto constituent un lieu sacré de guérison et de cérémonie pour eux. Suite à ces conversations, la Ville a pris conscience de l’importance d’intégrer une cérémonie lors des événements de concertation publique et de revoir sa reconnaissance de territoire afin d’englober les cours d’eau ainsi que les terres.
Elle a également appris que chaque partenaire Autochtone avait des préférences différentes en matière de collaboration. Certains titulaires de droits préféraient notamment participer à des réunions régulières avec la municipalité. Au cours de chaque phase, elle a aussi organisé des cercles de discussion dirigés par un animateur Autochtone auprès des groupes Autochtones vivant en milieu urbain, un aspect jugé important par ces groupes.
En tant que responsable des projets stratégiques à la Ville de Toronto, Lori Ellis reconnaît que la phase de préconcertation a pris du temps et a nécessité d’adapter le cahier des charges défini initialement. « Toutefois, les avantages sont inestimables, car cela permet d’établir un climat de confiance et de faire preuve de transparence », explique-t-elle. Et d’ajouter que la Ville cherche désormais à intégrer cette phase de préconcertation dans ses prochains projets.
Ceci a aussi permis de créer les fondements d’une collaboration régulière avec différents groupes afin de les informer de la manière dont leurs commentaires ont été utilisés. L’équipe responsable du projet a cherché à ce que ces rencontres aient du sens, et les a ainsi adaptées en fonction des intérêts et opinions spécifiques de ces groupes, explique Daniel Fusca. « Nous avons capturé les éléments les plus significatifs pour eux dans nos présentations et essayé de tenir compte de tout ce qu’ils nous ont dit », relate-t-il.
Daniel Fusca ajoute que la Ville a aussi adopté une autre stratégie : celle de chercher en permanence à « identifier les intérêts clés non représentés et de veiller le plus possible à y remédier ». Par exemple, après avoir remarqué lors de la première phase de concertation que les jeunes et les groupes racialisés vivant à l’extérieur du centre-ville étaient sous-représentés, la municipalité a décidé de créer le programme Youth Ambassador.
Ceci a permis de former une équipe de 10 jeunes âgés de 15 à 27 ans, parlant collectivement neuf langues différentes et vivant dans des quartiers situés en périphérie du centre-ville. Ils ont reçu une formation ainsi qu’un budget pour concevoir leur propre programme de sensibilisation publique.
Aujourd’hui coordonnateur principal de la consultation publique à la Ville de Toronto, Pablo Muñoz a travaillé auparavant comme intervenant dans les services à la jeunesse. Il souligne le rôle important que jouent les jeunes en tant qu’agents de liaison auprès du public. « Pour beaucoup de familles immigrantes et réfugiées, les enfants et les jeunes constituent souvent leur lien avec le monde anglophone canadien. Ils jouent souvent le rôle de traducteurs et un rôle de premier plan à bien des égards », dit-il. Les Amis des parcs ont repris cette constatation dans une recherche récente étudiant les obstacles que rencontrent les gens vivant dans des quartiers en quête d’équité à Vancouver en matière de concertation sur les parcs.
Nous avons également appris que, malgré la diversité des publics participant à un projet, il est essentiel de consacrer le temps nécessaire pour approfondir les discussions en organisant des ateliers en petits groupes axés sur l’équité.
Certains ateliers comprenaient des exercices de visualisation guidés par Bob Goulais*, un animateur anishinaabe, invitant les participantes et participants à fermer les yeux pour imaginer à quoi ressembleraient les îles dans l’avenir. « Très différente de la concertation bureaucratique, cette méthode se concentre sur le ressenti en tenant un peu plus compte de l’âme et de l’esprit », explique Pablo Muñoz.
Entre autres initiatives, la Ville a également organisé une séance approfondie sur l’équité et le sentiment d’appartenance, ainsi qu’une entrevue en visioconférence avec des activistes et des historiens sur l’histoire LGBTQ2S+ de Hanlan’s Point, une plage nudiste sur les îles de Toronto.
Dans ces réunions, « le taux de participation est généralement plus faible, mais la conversation beaucoup plus riche. Et d’ailleurs, aucune de ces conversations ne s’est jamais déroulée comme nous l’anticipions. Mais, elles ont toujours été des plus utiles », déclare Pablo Muñoz.
Initiatives entreprises par d’autres Villes :
Zahra Ebrahim, cofondatrice de l’organisation Monumental* et présidente du conseil d’administration des Amis des parcs, a déclaré que les efforts des Villes visant à approfondir les activités de concertation étaient « vouées à l’échec » à bien des égards. Grâce aux recherches menées pour concevoir la boîte à outils Making Space* – une ressource destinée à faire participer les groupes en quête d’équité aux processus de planification –, Zahra Ebrahim et son équipe ont appris que les Villes peuvent être confrontées à des obstacles internes entravant la mise en œuvre de processus efficaces.
Toutefois, selon Zahra Ebrahim, beaucoup de ces problèmes pourraient être résolus par de simples interventions :
Le programme Parcs Coeur vital, conçu pour maximiser les bénéfices et l’influence des grands parcs urbains du Canada, a mené deux années de recherche auprès des utilisateur·trices des parcs urbains et des intendant·es afin de mieux comprendre les liens entre les parcs et la santé. Les résultats récemment publiés laissent entendre quelque chose que nous soupçonnions déjà grâce à nos discussions avec les gens et à notre amour pour le temps passé dans les parcs : passer du temps dans les parcs est associé à une meilleure santé et à un bien-être accru. Cependant, ce qui ressortait véritablement de ces études, c’était que le principal indicateur d’une meilleure santé et d’un bien-être amélioré était le sentiment de connexion avec la nature chez les utilisateur·trices de parcs.
Notre sondage Parcs Coeur vital auprès des utilisateur·trices de parcs a révélé qu’il existait une relation significative entre le sentiment d’être connecté à la nature et une amélioration notable de la santé mentale, de la santé physique et du bien-être général. Il en résulte que les utilisateur·trices des grands parcs urbains se sentent plus en harmonie avec la nature et attribuent généralement des scores plus élevés à leur santé mentale, physique et à leur bien-être.
Toutefois, la majorité des utilisateur·trices de parcs (67 %) qui fréquentent les Parcs Coeur vital consacrent principalement leur temps à des activités sociales, sportives ou récréatives plutôt qu’à des activités axées sur la nature (33 % des utilisateur·trices de parc). Nous constatons aussi que les utilisateur·trices de parcs qui pratiquent principalement des activités axées sur la nature dans les Parcs Coeur vital ressentent des liens plus forts avec celle-ci et attribuent des scores plus élevés à leur bien-être.
Alors, comment pouvons-nous nous assurer en tant qu’utilisateur·trices de parcs, profesionnel·les des parcs et citoyen·nes engagé·es, que les gens tirent le plus grand bénéfice de leur visite dans les grands parcs urbains ? En explorant la recherche sur les liens entre la nature et la santé, de nombreuses stratégies ont été identifiées pour faciliter la connexion entre l’humain et la nature, dont les activités d’intendance, la pleine conscience en nature, la préservation des zones boisées naturelles, l’intégration de sports dans les programmes de plein air et la promotion de diverses connaissances et pratiques culturelles dans la programmation et les événements dans les parcs. Mais comment ces stratégies se concrétisent-elles sur le terrain avec les citadin·es ? Nous avons fait appel à notre nouveau partenaire du réseau des Parcs Coeur vital, la Meewasin Valley Authority*, pour comprendre les actions entreprises pour promouvoir la connexion entre la nature et les gens le long de la vallée Meewasin.
La vallée de Meewasin, un parc de 6 700 hectares, s’étend sur 75 km le long de la rivière South Saskatchewan, traversant la ville de Saskatoon et s’étalant bien au-delà. Ce parc est un trésor écologique constitué d’un paysage de prairie abritant plusieurs écosystèmes uniques que l’on ne retrouve nulle part ailleurs au pays. Les prairies, comme celles de Meewasin, sont l’un des écosystèmes les plus menacés de la planète. Ces écosystèmes regorgent d’une biodiversité exceptionnelle et ont été parmi les plus impactés par l’activité humaine.
En raison de l’emplacement central de Meewasin et de son immense réseau de sentiers, le parc accueille plus de 2 millions de visiteurs·euses par an ! L’accessibilité du parc permet aux habitant·es de la ville et aux touristes d’explorer facilement la nature sans devoir quitter la ville.
La Meewasin Valley Authority joue un rôle de premier plan dans la conception de programmes novateurs en lien avec la nature. Elle propose des programmes pédagogiques pour les enfants*, une application* contenant les récits Autochtones de la vallée, des promenades pour observer les pollinisateurs*, l’observation des étoiles sous un ciel nocturne* préservé ainsi que des performances en production ovine*.
Alors, quelles leçons pouvons-nous tirer des divers programmes de plein air de Meewasin et comment pouvons-nous exploiter ces enseignements, en conjonction avec les conclusions de la recherche, pour maximiser les bienfaits des grands parcs urbains sur la santé ?
À Meewasin, l’intendance environnementale* fait partie intégrante de la programmation du parc. Meewasin compte plus de 1 000 bénévoles qui travaillent sur diverses activités d’intendance dans la vallée de Meewasin, notamment l’enveloppement des arbres avec du fil métal pour atténuer les dommages causés par les castors, l’élimination des espèces envahissantes, la replantation d’espèces indigènes, l’inventaire de la faune et le ramassage des déchets dans le parc.
Meewasin veille à ce que les activités d’intendance soient accessibles et motivantes pour un large public en offrant diverses opportunités de bénévolat. Cela permet aux gens de s’impliquer de la manière qui correspond le mieux à leurs intérêts ou à leurs besoins. Par exemple, les personnes qui souhaitent contribuer aux efforts de conservation du parc mais qui ne sont pas en mesure de participer physiquement à la plantation et à la lutte contre les espèces envahissantes peuvent aider avec les projets d’inventaire de la faune, l’éducation du public, l’interprétation de la nature lors d’événements ou encore en rejoignant l’équipe marketing et de programmation publique.
Un nombre croissant de recherches* Portent sur les avantages des pratiques de pleine conscience dans la nature et des activités d’écothérapie, ce qui renforce leur popularité. La pleine conscience en nature et l’écothérapie sont des termes généraux qui font référence à des activités impliquant la médiation, la sensibilisation au monde naturel qui nous entoure, le yoga, la respiration profonde et la prise de conscience de notre place dans le monde naturel. Sans surprise, les recherches sur ce type d’activités suggèrent qu’elles approfondissent la connexion des gens avec la nature.
La recherche* a également révélé que les activités de pleine conscience en nature ont des bienfaits significatifs, notamment sur les enfants. S’engager dans des activités de pleine conscience en plein air améliore le sentiment de connexion des enfants avec la nature, leur enthousiasme à adopter des comportements pro-environnementaux ainsi que leur humeur générale. Meewasin semble bien consciente des bienfaits de la pleine conscience, puisque leurs programmes éducatifs scolaires intègrent des activités de pleine conscience en nature pour aider les élèves à se connecter au parc et renforcer leur lien avec la nature.
À une époque où nous sommes inondé·es d’actualités négatives, en particulier concernant les catastrophes climatiques et environnementales, il peut être difficile de ne pas se sentir dépassé·es et démuni·es. Cela peut entraîner un désengagement vis-à-vis de la nature et des programmes en plein air, car les gens cherchent à éviter les sentiments de deuil écologique et d’anxiété climatique*.
Meewasin cherche à soulager l’anxiété climatique et les actualités environnementales négatives avec ses programmes plus légers comme Naughty by Nature*, qui examine les stratégies de rencontre et d’accouplement des animaux du parc. Grâce à ce programme, tout le monde peut profiter d’expériences en pleine nature, ce qui peut même attirer les personnes qui n’ont pas encore d’intérêt pour la conservation.
En proposant une variété de programmes mettant l’accent sur le plaisir, Meewasin peut impliquer de nouveaux groupes pour la préservation tout en créant des liens positifs entre les gens et la nature.
Nous pensons souvent que le sport et les loisirs dans les parcs vont à l’encontre de la conservation de la nature. Dans le passé, nous avons vu des espaces naturels défrichés pour faire place à de nouvelles installations sportives.
Cependant, l’état de la nature et le sport sont indissociables. À mesure que le climat change, certains sports d’hiver peuvent devenir obsolètes et les sports d’été peuvent devenir dangereux en cas de chaleur extrême. Par conséquent, il est tout à fait cohérent que les personnes admiratrices de sports ressentent également une responsabilité envers la planète.
De nombreux instituts de recherche et de responsables politiques ont compris cette relation et ont commencé à plaider en faveur* de l’utilisation du sport et des loisirs comme porte d’entrée vers l’éducation à la nature. En utilisant le sport comme passerelle, nous pouvons engager un tout autre groupe de personnes pour la conservation de la nature et éveiller leur sentiment de connexion avec la nature.Le programme Sip and Skate* de Meewasin est un excellent exemple de la façon de mettre cette approche en pratique. Meewasin invite les visiteur·euses à participer à une soirée de patinage dans la vallée de la rivière incluant repas et boissons, tout en proposant des opportunités d’apprentissage sur la préservation tout au long de l’événement. Ce qui rend ces événements si remarquables, c’est que l’équipe de Meewasin éveille une passion pour la conservation en soulignant l’importance de préserver la planète afin de garantir la pérennité des patinoires extérieures.
La diversité bioculturelle* fait référence à l’idée que notre façon de penser la nature est basée sur notre culture et notre patrimoine. À titre d’exemple, l’humanité a évolué parallèlement aux côtés de la biodiversité unique de leurs régions d’origine, ce qui a conduit à l’émergence de différentes langues et cultures et, de ce fait, portent des noms, des connaissances et des pratiques variés liés à la terre. Il s’agit de la diversité bioculturelle.
L’une des raisons* pour laquelle les gens se sentent déconnecté·es de la nature est due à un manque de liens culturels avec leur environnement actuel. Au Canada, nous constatons cela à travers l’effacement des cultures et des savoirs traditionnels autochtones ainsi que des pratiques de préservation de la terre. Cela crée une déconnexion entre les peuples Autochtones et la nature.
Pour lutter contre cela, Meewasin, aux côtés d’autres parcs du réseau Parcs Coeur vital, travaille à l’établissement de partenariats solides avec les groupes autochtones et veille à ce que les pratiques d’intendance soient transmises par les gardien·nes traditionnel·les de la terre. Meewasin travaille actuellement avec plusieurs partenaires pour élargir l’accès aux médecines et plantes traditionnelles, fournir un espace urbain de cérémonie et organiser des cérémonies de purification par la fumée. Cela permet aux peuples Autochtones de se connecter avec la nature dans le parc de la manière la plus significative possible.
À présent que nous avons une meilleure compréhension des moyens d’améliorer la santé par le biais de l’utilisation des parcs, en mettant l’accent sur la connexion avec la nature, nous devons maximiser ces bienfaits pour tout le monde ! Les Parcs Coeur vital ont prouvé leur capacité à encourager les connexions avec la nature pour les citadin·es et se démarquent en développant des approches innovantes pour rendre la nature accessible à un plus grand nombre.
Alors que nous militons pour plus d’espaces naturels, nous devons également promouvoir plus de programmes axés sur la nature qui séduisent un public diversifié et intègrent de multiples façons de se connecter avec la terre. Suivez les Ami·es des parcs, Meewasin et nos autres partenaires des Parcs Coeur vital en ligne au fur et à mesure que nous dévoilons davantage de programmes en plein air innovants et élaborons des stratégies de conception pour améliorer la santé globale de notre société, de nos zones de loisirs et de nos centres urbains.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2020 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Si vous voulez voir un employé des parcs grimacer, vous n’avez qu’à mentionner les parcs à chiens. Rien n’est plus controversé que le fait de réserver un espace vert dans un parc pour que les chiens puissent courir en liberté.
Mais les parcs à chiens font également l’objet d’une demande accrue, comme l’ont souligné 85 % des villes dans le cadre de notre sondage, et ils peuvent offrir d’importants avantages sur le plan social. Cependant, les villes peinent à trouver des terrains convenables et à atténuer les préoccupations au sein de la communauté.La crise de la COVID-19 complique encore plus la situation, puisqu’un grand nombre de villes canadiennes, notamment Edmonton*, Ottawa*, Calgary* et Toronto*, ont limité l’accès aux parcs à chiens, ou les ont fermés, pour favoriser la distanciation physique. En mai, Edmonton a ouvert les parcs à chiens* dans le cadre de sa première série de mesures de déconfinement. Toutefois, à long terme, les exigences en matière de distanciation physique pourraient poser problème aux villes qui éprouvent déjà de la difficulté à fournir suffisamment de ces espaces.
Le nombre de nos amis à quatre pattes croît au même rythme que les villes. Bon nombre de ces dernières font face à des pressions pour établir davantage d’espaces réservés aux chiens, tout en répondant aux demandes des autres usagers des parcs, ce qui engendre des conflits.
En 2011, Waterloo a abandonné un projet pilote visant la création de six parcs à chiens en raison d’un manque de soutien public* et envisage maintenant de passer d’un seul parc à chiens à trois. Le conseil municipal de Guelph a failli fermer* le seul parc à chiens clôturé de la ville après avoir reçu des plaintes de membres de la communauté, mais a finalement annulé sa décision. L’animosité peut rapidement atteindre des sommets absurdes. À Toronto, quelqu’un a verrouillé* un parc à chiens, et un résident a fait jouer des enregistrements de jappements par sa fenêtre pour énerver les chiens.
Les espaces naturels constituent une autre préoccupation dans la mesure où, laissés en liberté, les chiens peuvent nuire aux plantes sensibles et perturber la faune.
Ron Buchan, responsable de la stratégie communautaire en matière de parcs de Calgary, a déclaré que la Ville avait refusé des demandes communautaires de nouveaux parcs à chiens adjacents à des milieux naturels. Toutefois, parmi les 152 espaces de la ville où les chiens peuvent se promener sans laisse, seulement 11 sont clôturés, ce qui signifie que dans les parcs qui bordent des milieux naturels, rien n’empêche les chiens de se diriger vers les habitats sensibles.
Pour régler ce problème, Calgary élabore des initiatives, notamment un programme de conservateurs de parcs ciblant les secteurs conflictuels à forte utilisation, des projets de sensibilisation à la restauration de l’habitat et aux règlements à respecter pour les propriétaires de chiens ainsi qu’un programme « adoptez un parc » visant à encourager l’intendance.
Le nombre de parcs à chiens varie grandement d’une ville à l’autre et bon nombre semblent avoir été planifiés de manière ponctuelle. Il est difficile de trouver des endroits convenables pour laisser les chiens en liberté, surtout dans les villes où les parcs sont déjà en nombre insuffisant.
« Il manque de parcs dans de nombreux secteurs de Hamilton, explique un employé de la Ville. Il y a quelques conflits entre les gens qui veulent que les terrains leur soient réservés et ceux qui souhaitent que les chiens puissent en profiter. » Témoignant de la complexité engendrée par le manque d’espaces, les deux derniers parcs à chiens que la Ville a créés ont été approuvés par le conseil municipal, même s’ils ne respectaient pas les politiques de la Ville en ce qui a trait à la taille.
Une stratégie municipale liée à la gestion et à l’élargissement des zones où les chiens peuvent se promener sans laisse peut être un excellent moyen d’atténuer les préoccupations, à la fois pour les propriétaires de chiens et les autres résidents, affirme Eric Code, fondateur du Toronto Dog Park Community Group (groupe communautaire des parcs à chiens de Toronto), qui compte 2 000 membres. « Si vous marchez sur un fil de fer, vous avez besoin d’un balancier, ajoute-t-il. C’est le rôle des politiques. »
Nous avons constaté que le tiers des villes avaient mis en place des stratégies relatives à ces espaces qui comprennent des critères de planification et de conception pour leur établissement et leur gestion. Selon M. Buchan, le plan de gestion de la Ville de Calgary a été d’une aide « immense » depuis sa création il y a 10 ans, puisqu’il fournit un cadre décisionnel limpide sur la façon d’élargir les zones pour les chiens en liberté et les endroits à privilégier pour ce faire en plus d’offrir des réponses claires à fournir aux résidents.La Ville d’Ottawa utilise un système de points pour désigner les parcs à chiens. Elle autorise la présence de chiens sans laisse dans 175 parcs. En outre, dans 62 autres parcs, les chiens peuvent se promener en liberté à certains moments et dans certains lieux, dont 9 sont clôturés.
Pour Eric Code, les parcs à chiens offrent bien d’autres avantages que celui de permettre à son chien de jouer; ils créent un sentiment de communauté, offrant un « troisième lieu », entre le milieu de travail et la maison, où il peut nouer des relations avec les autres.
Selon M. Code, il est plus aisé d’engager une conversation avec un étranger lorsqu’on emmène son chien au parc. Vous n’iriez pas nécessairement vers des gens qui se lancent la balle pour commencer à leur parler. Mais vous pouvez facilement faire de nouvelles rencontres au parc à chiens.
« Dans le monde d’aujourd’hui, en particulier à Toronto, où une certaine froideur règne, les parcs à chiens donnent l’impression d’être dans un petit village, ce qu’on ne retrouve nulle part ailleurs », souligne-t-il.
Des recherches démontrent l’importance des parcs à chiens sur le plan social. Selon une étude*, le fait d’avoir un chien augmente la probabilité de rencontrer des gens dans la communauté, puisque cela permet de briser la glace. Une autre étude* a conclu que les chiens aidaient à réduire le sentiment d’isolement social et à augmenter les chances d’établir un réseau de soutien social. Il a également été prouvé que les parcs à chiens accroissent le sentiment de sécurité étant donné que les propriétaires de chiens utilisent les parcs en dehors des « heures normales », soit au petit matin ou le soir.
En réponse aux pressions budgétaires et aux désirs de mobilisation communautaire accrue, certaines villes canadiennes comptent sur des programmes qui font participer les membres de la communauté à la gestion des parcs à chiens ou aux collectes de fonds connexes. Dans certains cas, elles mettent elles-mêmes de tels programmes sur pied.
Après avoir souligné les « ressources limitées » de la Ville, Edmonton envisage la création de parcs à chiens gérés par la communauté* pour aider à élargir l’offre. Le Club d’agilité de Montréal est exploité par un organisme sans but lucratif communautaire qui fournit un espace où les chiens peuvent faire des parcours d’agilité. À Gatineau, le Club canin Aylmer*, qui compte 1 200 membres, a conclu une entente avec la Ville pour l’exploitation d’une aire d’exercice canin au parc Paul-Pelletier.
Mais, parmi toutes les villes que nous avons sondées, c’est Mississauga qui a conclu l’entente la plus complète prévoyant une gestion communautaire des espaces où les chiens peuvent être laissés en liberté. En 1997, un règlement municipal a permis d’établir, dans les parcs, des zones où les chiens peuvent se promener sans laisse. Les coûts et la gestion de ces espaces incombent à un organisme sans but lucratif qui s’appelle Leash-Free Mississauga*; cependant, la Ville a offert un soutien financier à l’organisme en 2016, en raison de problèmes de financement découlant de l’augmentation de la demande.
À Calgary, la Ville a mis en place un programme de bénévolat, PUPPY*, qui incite les gens à ramasser les excréments de leurs chiens; selon M. Buchan, les groupes communautaires responsables des parcs à chiens aident à réduire le nombre de plaintes puisque les gens assument un rôle d’intendance.
Eric Code a souligné que les programmes qui encouragent les résidents à participer plus activement à la gestion des parcs à chiens peuvent contribuer à atténuer les frustrations des gens pour de bon. Ils aident à inculquer un sentiment de responsabilité, réduisant ainsi le nombre de propriétaires de chiens qui ne respectent pas les règles.
« Lorsque les gens sont bénévoles et que vous leur donnez l’occasion d’améliorer les parcs à chiens, ils en prennent énormément soin et en tirent une grande fierté », mentionne M. Code.