Alors que Dave Harvey prend sa retraite de son poste de co-dirigeant chez Ami·es des parcs, il revient sur le chemin parcouru depuis la fondation de l'organisation en 2011.
Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception décerné par World Urban Parks — l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public.
Les programme de Bourses TD Ami·es des parcs soutien des événements favorisant la protection et la conservation des parcs urbains à travers le Canada.
L’hiver peut être éprouvant : il fait sombre, froid, et la neige s'accumule. Explorez des moyens concrets pour redécouvrir la joie de l'hiver.
Découvrez de quelles façons les initiatives menées par les organisations communautaires dans des parcs de Montréal peuvent contribuer à l’inclusion sociale.
Créer des liens, soutenir, s'inspirer, dynamiser les parcs urbains – Abonnez-vous à notre infolettre et restez informé·e !
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Ami•es des parcs publie le deuxième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, mettant en avant les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs.
Alors que nous ébauchions les histoires que nous voulions partager sur la biodiversité, l’aménagement créatif de parcs, l’engagement communautaire et l’itinérance, notre monde changeait. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que loin d’avoir perdu leur pertinence, les sujets traités avaient gagné en urgence.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 27 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Comment la biodiversité urbaine soutient notre bien‑être, avec une importance accrue pendant la crise de la COVID‑19.
Comment approfondir la conversation sur la biodiversité tout en l’élargissant pour y faire participer plus de gens.
Pourquoi les corridors d’habitats sont importants pour la biodiversité urbaine et ce que font les villes pour s’assurer que les parcs, petits et grands, soient connectés
Comment les villes font face à la forte demande de parcs à chiens et à la grande controverse qui les entoure.
Comment les groupes communautaires créatifs et le soutien des villes permettent de créer des liens grâce à la nourriture dans les parcs.
Alors que les populations et le développement explosent dans de nombreuses villes, trouver de l’espace pour de nouveaux parcs pose des défis et stimule l’innovation.
Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.
Ami•es des parcs publie le troisième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Favoriser l’équité et la résilience : Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Partout au Canada, la fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, alors que la population se tournait massivement vers les espaces extérieurs pour pouvoir se rassembler en toute sécurité, se connecter à la nature et rester active. Les parcs ont ainsi pris une place encore plus importante dans le quotidien des Canadien·nes, mais les Villes ont dû composer avec de nouvelles pressions liées à la hausse de la fréquentation et aux exigences de santé publique.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 32 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.
Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :
Comment les changements climatiques affectent la planification, la conception et l’entretien des parcs.
Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs
Comment les considérations liées à la justice environnementale peuvent contribuer à favoriser la résilience aux changements climatiques et résoudre les inégalités dans les parcs.
Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs.
Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.
Comment les municipalités canadiennes peuvent-elles miser sur le soutien philanthropique pour leurs parcs et résoudre certaines des difficultés qui y sont liées?
Ami•es des parcs publie le quatrième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Entretenir les relations et la réciprocité : Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Le rapport de cette année s’éloigne peu à peu des répercussions de la pandémie pour explorer comment les apprentissages des deux dernières années peuvent ouvrir la voie à des approches plus équitables et plus créatives en matière de planification, d’aménagement et d’animation des parcs.
Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 30 municipalités et de plus de 3 000 résident·es de villes canadiennes.
Comment des chef·fes de file à travers le pays utilisent diverses méthodes pour encourager les gens à se rapprocher de la nature en allant à leur rencontre.
Comment dépasser les simples consultations ponctuelles en investissant dans l’établissement de relations de confiance à long terme peut permettre de renouer le dialogue, de redistribuer le pouvoir et de réimaginer les parcs
Comment renforcer notre sentiment de connexion avec la nature grâce à la prise de conscience, la réciprocité et la gratitude – et pourquoi est-ce important.
À la découverte des efforts menés par des Villes des Prairies pour décoloniser les parcs et honorer les histoires des peuples Autochtones des terres sur lesquelles ces villes sont construites.
Comment la concertation publique sur les parcs peut favoriser l’établissement de relations durables une fois le processus de consultation terminé.
Comment les approches de financement collaboratif et les investissements des différents niveaux de gouvernement permettent d’envisager de nouvelles façons de subventionner les parcs.
Les répercussions de la pandémie sur les budgets des parcs et l’importance des investissements fondés sur l’équité.
Une occasion unique pour les services des parcs de jouer un rôle positif dans la question de l’itinérance
Le personnel des parcs municipaux gère des actifs publics parmi les plus essentiels etpourtant sous-estimés : les parcs urbains et espaces verts. Bien plus que de simples terrains gazonnés, ces lieux sont de véritables lieux de sociabilisation pour les citadin·es, qui offrent une infrastructure environnementale cruciale et des ressources essentielles en matière de santé publique.
Le Rapport sur les parcs urbains du Canada (RPUC) fournit des données et des témoignages démontrant l’importance des parcs au personnel des parcs municipaux, aux groupes citoyens, aux associations à but non lucratif et au grand public. Publié annuellement entre 2019 et 2024, le rapport a mis en lumière les tendances, les défis et les occasions qui façonnent la planification, la gestion et l’expérience des espaces verts publics. Au cours de cette période, 46 municipalités y ont participé, représentant collectivement 48 % de la population canadienne.
Ce rapport synthèse rassemble les principaux constats des RPUC au cours de ces années charnières. Il propose un index thématique et soigneusement structuré des données et des récits recueillis au fil des années, accompagné d’analyses sur les tendances observées.
1 – Enjeu de santé : Les parcs sont un investissement dans la santé publique
L’une des tendances les plus fréquentes issues des données de nos rapports concerne la fréquentation grandissante des parcs urbains et leur reconnaissance en tant que lieux publics essentiels. Cette évolution a été largement accélérée par la pandémie de COVID-19. Ce que l’on considérait précédemment comme de simples aménagements publics sont désormais perçus comme des lieux indispensables à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des citadin·es.
2 – Manque de financement : Ressources et capacités limitées
Malgré les données indiquant une fréquentation et une appréciation accrues du public pour les parcs, les municipalités déclarent faire face à des contraintes en termes de budget et de personnel. Ceci limite leur capacité à entretenir et à améliorer leur réseau de parcs.
3 – Fonction écologique : Adaptation climatique et biodiversité
Les parcs urbains assument des fonctions écologiques, notamment en matière d’adaptation climatique et de soutien à la biodiversité en milieu urbain. En raison de l’intensification des effets des changements climatiques, ces fonctions font l’objet d’une attention grandissante.
4 – Équité et accès : S’attaquer aux obstacles systémiques
À partir de 2021, les municipalités participantes ont fait état d’initiatives visant à promouvoir l’équité, l’inclusion et la réconciliation dans leurs activités de planification et de gestion des parcs. Ceci reflète une prise de conscience sociétale plus large des obstacles systémiques à l’accès aux parcs et à leurs bienfaits.
5 – Évolution des pratiques : Mobilisation du public et opérations plus complexes
La gestion des parcs comprend désormais des dimensions sociales complexes qui dépassent leur simple entretien traditionnel. Ceci implique de mettre en place des stratégies de mobilisation du public et de prendre en charge des problématiques urbaines liées à l’espace public.
Comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.
Comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables.
Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.
Explorez les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs urbains.
Le programme Parcs Coeur vital, conçu pour maximiser les bénéfices et l’influence des grands parcs urbains du Canada, a mené deux années de recherche auprès des utilisateur·trices des parcs urbains et des intendant·es afin de mieux comprendre les liens entre les parcs et la santé. Les résultats récemment publiés laissent entendre quelque chose que nous soupçonnions déjà grâce à nos discussions avec les gens et à notre amour pour le temps passé dans les parcs : passer du temps dans les parcs est associé à une meilleure santé et à un bien-être accru. Cependant, ce qui ressortait véritablement de ces études, c’était que le principal indicateur d’une meilleure santé et d’un bien-être amélioré était le sentiment de connexion avec la nature chez les utilisateur·trices de parcs.
Notre sondage Parcs Coeur vital auprès des utilisateur·trices de parcs a révélé qu’il existait une relation significative entre le sentiment d’être connecté à la nature et une amélioration notable de la santé mentale, de la santé physique et du bien-être général. Il en résulte que les utilisateur·trices des grands parcs urbains se sentent plus en harmonie avec la nature et attribuent généralement des scores plus élevés à leur santé mentale, physique et à leur bien-être.
Toutefois, la majorité des utilisateur·trices de parcs (67 %) qui fréquentent les Parcs Coeur vital consacrent principalement leur temps à des activités sociales, sportives ou récréatives plutôt qu’à des activités axées sur la nature (33 % des utilisateur·trices de parc). Nous constatons aussi que les utilisateur·trices de parcs qui pratiquent principalement des activités axées sur la nature dans les Parcs Coeur vital ressentent des liens plus forts avec celle-ci et attribuent des scores plus élevés à leur bien-être.
Alors, comment pouvons-nous nous assurer en tant qu’utilisateur·trices de parcs, profesionnel·les des parcs et citoyen·nes engagé·es, que les gens tirent le plus grand bénéfice de leur visite dans les grands parcs urbains ? En explorant la recherche sur les liens entre la nature et la santé, de nombreuses stratégies ont été identifiées pour faciliter la connexion entre l’humain et la nature, dont les activités d’intendance, la pleine conscience en nature, la préservation des zones boisées naturelles, l’intégration de sports dans les programmes de plein air et la promotion de diverses connaissances et pratiques culturelles dans la programmation et les événements dans les parcs. Mais comment ces stratégies se concrétisent-elles sur le terrain avec les citadin·es ? Nous avons fait appel à notre nouveau partenaire du réseau des Parcs Coeur vital, la Meewasin Valley Authority*, pour comprendre les actions entreprises pour promouvoir la connexion entre la nature et les gens le long de la vallée Meewasin.
La vallée de Meewasin, un parc de 6 700 hectares, s’étend sur 75 km le long de la rivière South Saskatchewan, traversant la ville de Saskatoon et s’étalant bien au-delà. Ce parc est un trésor écologique constitué d’un paysage de prairie abritant plusieurs écosystèmes uniques que l’on ne retrouve nulle part ailleurs au pays. Les prairies, comme celles de Meewasin, sont l’un des écosystèmes les plus menacés de la planète. Ces écosystèmes regorgent d’une biodiversité exceptionnelle et ont été parmi les plus impactés par l’activité humaine.
En raison de l’emplacement central de Meewasin et de son immense réseau de sentiers, le parc accueille plus de 2 millions de visiteurs·euses par an ! L’accessibilité du parc permet aux habitant·es de la ville et aux touristes d’explorer facilement la nature sans devoir quitter la ville.
La Meewasin Valley Authority joue un rôle de premier plan dans la conception de programmes novateurs en lien avec la nature. Elle propose des programmes pédagogiques pour les enfants*, une application* contenant les récits Autochtones de la vallée, des promenades pour observer les pollinisateurs*, l’observation des étoiles sous un ciel nocturne* préservé ainsi que des performances en production ovine*.
Alors, quelles leçons pouvons-nous tirer des divers programmes de plein air de Meewasin et comment pouvons-nous exploiter ces enseignements, en conjonction avec les conclusions de la recherche, pour maximiser les bienfaits des grands parcs urbains sur la santé ?
À Meewasin, l’intendance environnementale* fait partie intégrante de la programmation du parc. Meewasin compte plus de 1 000 bénévoles qui travaillent sur diverses activités d’intendance dans la vallée de Meewasin, notamment l’enveloppement des arbres avec du fil métal pour atténuer les dommages causés par les castors, l’élimination des espèces envahissantes, la replantation d’espèces indigènes, l’inventaire de la faune et le ramassage des déchets dans le parc.
Meewasin veille à ce que les activités d’intendance soient accessibles et motivantes pour un large public en offrant diverses opportunités de bénévolat. Cela permet aux gens de s’impliquer de la manière qui correspond le mieux à leurs intérêts ou à leurs besoins. Par exemple, les personnes qui souhaitent contribuer aux efforts de conservation du parc mais qui ne sont pas en mesure de participer physiquement à la plantation et à la lutte contre les espèces envahissantes peuvent aider avec les projets d’inventaire de la faune, l’éducation du public, l’interprétation de la nature lors d’événements ou encore en rejoignant l’équipe marketing et de programmation publique.
Un nombre croissant de recherches* Portent sur les avantages des pratiques de pleine conscience dans la nature et des activités d’écothérapie, ce qui renforce leur popularité. La pleine conscience en nature et l’écothérapie sont des termes généraux qui font référence à des activités impliquant la médiation, la sensibilisation au monde naturel qui nous entoure, le yoga, la respiration profonde et la prise de conscience de notre place dans le monde naturel. Sans surprise, les recherches sur ce type d’activités suggèrent qu’elles approfondissent la connexion des gens avec la nature.
La recherche* a également révélé que les activités de pleine conscience en nature ont des bienfaits significatifs, notamment sur les enfants. S’engager dans des activités de pleine conscience en plein air améliore le sentiment de connexion des enfants avec la nature, leur enthousiasme à adopter des comportements pro-environnementaux ainsi que leur humeur générale. Meewasin semble bien consciente des bienfaits de la pleine conscience, puisque leurs programmes éducatifs scolaires intègrent des activités de pleine conscience en nature pour aider les élèves à se connecter au parc et renforcer leur lien avec la nature.
À une époque où nous sommes inondé·es d’actualités négatives, en particulier concernant les catastrophes climatiques et environnementales, il peut être difficile de ne pas se sentir dépassé·es et démuni·es. Cela peut entraîner un désengagement vis-à-vis de la nature et des programmes en plein air, car les gens cherchent à éviter les sentiments de deuil écologique et d’anxiété climatique*.
Meewasin cherche à soulager l’anxiété climatique et les actualités environnementales négatives avec ses programmes plus légers comme Naughty by Nature*, qui examine les stratégies de rencontre et d’accouplement des animaux du parc. Grâce à ce programme, tout le monde peut profiter d’expériences en pleine nature, ce qui peut même attirer les personnes qui n’ont pas encore d’intérêt pour la conservation.
En proposant une variété de programmes mettant l’accent sur le plaisir, Meewasin peut impliquer de nouveaux groupes pour la préservation tout en créant des liens positifs entre les gens et la nature.
Nous pensons souvent que le sport et les loisirs dans les parcs vont à l’encontre de la conservation de la nature. Dans le passé, nous avons vu des espaces naturels défrichés pour faire place à de nouvelles installations sportives.
Cependant, l’état de la nature et le sport sont indissociables. À mesure que le climat change, certains sports d’hiver peuvent devenir obsolètes et les sports d’été peuvent devenir dangereux en cas de chaleur extrême. Par conséquent, il est tout à fait cohérent que les personnes admiratrices de sports ressentent également une responsabilité envers la planète.
De nombreux instituts de recherche et de responsables politiques ont compris cette relation et ont commencé à plaider en faveur* de l’utilisation du sport et des loisirs comme porte d’entrée vers l’éducation à la nature. En utilisant le sport comme passerelle, nous pouvons engager un tout autre groupe de personnes pour la conservation de la nature et éveiller leur sentiment de connexion avec la nature.Le programme Sip and Skate* de Meewasin est un excellent exemple de la façon de mettre cette approche en pratique. Meewasin invite les visiteur·euses à participer à une soirée de patinage dans la vallée de la rivière incluant repas et boissons, tout en proposant des opportunités d’apprentissage sur la préservation tout au long de l’événement. Ce qui rend ces événements si remarquables, c’est que l’équipe de Meewasin éveille une passion pour la conservation en soulignant l’importance de préserver la planète afin de garantir la pérennité des patinoires extérieures.
La diversité bioculturelle* fait référence à l’idée que notre façon de penser la nature est basée sur notre culture et notre patrimoine. À titre d’exemple, l’humanité a évolué parallèlement aux côtés de la biodiversité unique de leurs régions d’origine, ce qui a conduit à l’émergence de différentes langues et cultures et, de ce fait, portent des noms, des connaissances et des pratiques variés liés à la terre. Il s’agit de la diversité bioculturelle.
L’une des raisons* pour laquelle les gens se sentent déconnecté·es de la nature est due à un manque de liens culturels avec leur environnement actuel. Au Canada, nous constatons cela à travers l’effacement des cultures et des savoirs traditionnels autochtones ainsi que des pratiques de préservation de la terre. Cela crée une déconnexion entre les peuples Autochtones et la nature.
Pour lutter contre cela, Meewasin, aux côtés d’autres parcs du réseau Parcs Coeur vital, travaille à l’établissement de partenariats solides avec les groupes autochtones et veille à ce que les pratiques d’intendance soient transmises par les gardien·nes traditionnel·les de la terre. Meewasin travaille actuellement avec plusieurs partenaires pour élargir l’accès aux médecines et plantes traditionnelles, fournir un espace urbain de cérémonie et organiser des cérémonies de purification par la fumée. Cela permet aux peuples Autochtones de se connecter avec la nature dans le parc de la manière la plus significative possible.
À présent que nous avons une meilleure compréhension des moyens d’améliorer la santé par le biais de l’utilisation des parcs, en mettant l’accent sur la connexion avec la nature, nous devons maximiser ces bienfaits pour tout le monde ! Les Parcs Coeur vital ont prouvé leur capacité à encourager les connexions avec la nature pour les citadin·es et se démarquent en développant des approches innovantes pour rendre la nature accessible à un plus grand nombre.
Alors que nous militons pour plus d’espaces naturels, nous devons également promouvoir plus de programmes axés sur la nature qui séduisent un public diversifié et intègrent de multiples façons de se connecter avec la terre. Suivez les Ami·es des parcs, Meewasin et nos autres partenaires des Parcs Coeur vital en ligne au fur et à mesure que nous dévoilons davantage de programmes en plein air innovants et élaborons des stratégies de conception pour améliorer la santé globale de notre société, de nos zones de loisirs et de nos centres urbains.
Quand on pense aux services de santé, ce sont souvent des images d’hôpitaux, de salles d’attente dans un cabinet médical ou de médicaments qui nous viennent à l’esprit. Mais si la réponse pour se sentir mieux passait aussi par des promenades dans un parc ou des activités de jardinage en groupe ? Ami·es des parcs considère l’intégration sociale et le contact humain comme de puissants leviers pour améliorer la santé et le bien-être des gens. Voilà l’essence même de la prescription sociale et nature. Cette pratique en plein essor encourage les individus à (re)prendre contact avec la nature et les autres afin d’améliorer leur bien-être mental, physique et social.
« Les parcs et les zones naturelles offrent de nombreux avantages pour le bien public. Il y a bien entendu la santé physique, car on effectue une activité physique, on fait de l’exercice et on prend l’air. Mais les avantages pour la santé mentale sont aussi incroyables. Vous savez, je vis près de High Park, qui est proche de l’hôpital Saint-Joseph. Pour moi, Saint-Joseph et High Park représentent les deux principales structures médicales dans mon quartier. Elles sont essentielles pour la santé physique, la santé mentale et la cohésion sociale de la population, en particulier dans une ville comme Toronto. ».
Personnel de la Ville de Toronto
La prescription sociale et nature consiste à encourager le grand public à participer à des programmes collectifs axés sur la nature afin d’améliorer leur bien-être général1. Il peut s’agir d’activités de jardinage, de rencontres culturelles, de marches en groupe ou d’activités artistiques dans un parc.
L’idée est de favoriser le mieux-être en reprenant contact avec la nature, avec les autres et avec soi-même.
Ces programmes ne sont pas uniquement mis en œuvre dans le domaine médical. Ils sont aussi proposés par des personnes passionnées et engagées dans leur quartier qui connaissent bien les besoins de leurs concitoyens et concitoyennes. Ce modèle suit généralement un processus établi : un ou une prestataire de santé identifie un besoin, une agente ou un agent de liaison aide la patiente ou le patient à déterminer ses intérêts, puis l’oriente vers des activités collectives axées sur la nature2. Dans ce processus, les activités collectives remplissent la fonction d’intervention sociale et permettent de traduire cette prescription dans les faits.
Les agentes ou agents de liaison (également appelé·es navigatrices ou navigateurs, éclaireuses ou éclaireurs, et coordonnatrices ou coordonnateurs communautaires) fournissent un soutien personnalisé en faisant le lien entre les services de santé et les services sociaux. Ces professionnel·les aident à déterminer les besoins et objectifs des patient·es. Ils éliminent les obstacles et facilitent leur accès aux ressources disponibles. Ils établissent des liens de confiance et créent un plan de traitement en collaboration avec la ou le bénéficiaire. Leur rôle est complémentaire de celui des prestataires de soins de santé et de services sociaux. Ils apportent un soutien additionnel dans le cadre d’une équipe interprofessionnelle de soins.
La prévalence de l’isolement social, de l’anxiété et de l’épuisement professionnel est en hausse4. Pour de nombreuses personnes, en particulier les personnes racialisées, immigrantes et à faibles revenus, accéder à des services de santé mentale reste un défi et présente de multiples obstacles5.
C’est là que la prescription sociale et nature joue un rôle crucial :
Des recherches montrent que passer du temps dans la nature peut atténuer le stress, l’anxiété et la dépression6. Une étude a révélé qu’une simple promenade de 20 minutes dans un parc peut réduire considérablement le taux de cortisol, l’hormone associée au stress.
Mais au-delà des données scientifiques, Ami·es des parcs apporte son soutien au public pour renouer avec la nature, avec sa culture et avec les autres.
Notre programme Susciter le changement n’a pas été conçu en tant que « prescription sociale et nature ». Dans ce parcours de soins, il correspond plutôt à l’étape de l’intervention sociale. Il s’agit du type d’activités collectives vers lesquelles le système de santé pourrait un jour orienter ses patients et patientes.
Grâce à des événements culturels, des activités de jardinage ou des promenades dans la nature, des personnes engagées dans leur quartier favorisent le mieux-être de leurs concitoyens et concitoyennes en les aidant à se connecter à l’esprit d’un lieu, à la culture et à la joie. Ce programme soutient la création de groupes souhaitant organiser régulièrement des activités dans un parc de leur quartier. Il renforce leur capacité afin de plaider en faveur de l’amélioration de leurs espaces verts. Il encourage les partenariats pour élargir la gamme d’activités et de possibilités dont les groupes citoyens œuvrant pour un parc peuvent profiter.
« Nous avons nous-mêmes constaté l’effet positif des parcs et espaces verts bien entretenus sur la santé et le bien-être des habitants et habitantes de notre quartier. À travers le programme Susciter le changement, nous avons fait en sorte que les espaces de plein air favorisent davantage l’inclusion et l’accessibilité. Nous avons œuvré pour l’activité physique, la santé mentale et la création de liens sociaux. »
Leader communautaire
En 2024, plus de 50 groupes ont bénéficié du programme Susciter le changement* pour animer des espaces verts à Toronto. Conjointement, ils ont permis d’organiser 110 jours d’activités et ont touché plus de 3 300 personnes. La plupart des personnes participantes (96 %) ont déclaré ressentir des liens humains plus forts7. En outre, une grande majorité (80 %) a également déclaré que ce programme leur avait donné un plus grand sentiment d’intégration sociale dans leur quartier.
La prescription sociale et nature ne vise pas à remplacer les services de santé traditionnels. Son rôle est plutôt d’élargir notre compréhension concernant d’autres méthodes de soins. Elle rappelle aussi que les cliniques ou les hôpitaux ne sont pas les seuls à pouvoir améliorer notre santé. Nous pouvons le faire dans notre quotidien : dans un parc près de chez nous, dans un jardin collectif ou en passant du temps en plein air avec d’autres personnes.
Ami·es des parcs a constaté l’impact humain de ces initiatives collectives. Un simple échange, un moment de bienveillance et du temps passé dans la nature permettent de réduire l’isolement, d’améliorer la santé mentale et de procurer de la joie.
« Localiser et découvrir les magnifiques parcs de Toronto a été une aventure et une révélation pour moi. J’ai remarqué un changement d’expression sur le visage de notre groupe d’aînés dès notre arrivée au parc. Ils ont été émerveillés par la végétation luxuriante et les animaux présents dans ces espaces verts. Parler des bienfaits d’être dans un endroit aussi paisible et serein nous a procuré un sentiment de bien-être collectif. Merci à Ami·es des parcs. »
Créer des ponts entre les interventions sociales comme Susciter le changement et le système de santé présente à la fois des défis et des opportunités. Comment pouvons-nous promouvoir ce genre d’initiatives auprès du système de santé actuel ? Que faudrait-il faire pour que des prestataires de soins de santé prescrivent une promenade en groupe dans un parc ? Comment les agent·es de liaison et les prestataires de soins de santé pourraient-ils collaborer avec des personnes engagées dans leur quartier pour orienter les patientes et patients vers des programmes tenant compte de leurs besoins, de leur langue et de leur culture ?
Voici quelles propositions pour réaliser ces ambitions :
En créant ces ponts, les Villes pourraient ainsi exploiter le plein potentiel de la prescription sociale et nature.
En investissant dans le bien-être de la population dans tous ses aspects, nous contribuons non seulement à améliorer la santé des citadins et citadines, mais aussi à favoriser leur intégration sociale.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2020 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
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Les changements climatiques et la perte de biodiversité imposent un stress à nos écosystèmes, et il est donc plus important que jamais d’engager les résidents dans la conservation urbaine.
Comment s’y prendre alors pour mobiliser les gens malgré leurs vies occupées tout en respectant le savoir traditionnel et en faisant participer un plus grand nombre de personnes à la conversation sur la conservation.
Selon Jennifer Pierce, chercheuse en biodiversité à l’Université de la Colombie-Britannique, pour rallier les gens autour de la biodiversité, il faut articuler cette dernière d’une façon qui les touche.
Elle recommande de se poser des questions comme « Comment la biodiversité s’inscrit-elle dans leurs vies? Dans leurs valeurs? » Dans certains cas, il faudra laisser tomber les arguments axés uniquement sur l’environnement et relier la biodiversité à d’autres enjeux qui préoccupent les gens.
Comme nous l’avons souligné dans notre description de projets de biodiversité urbaine à l’échelle des quartiers, l’un des avantages des initiatives locales est leur capacité à rendre la biodiversité tangible et pertinente. Une étude récente a également montré qu’exposer les gens à la nature à proximité de chez eux peut avoir une incidence positive sur leur engagement dans des enjeux environnementaux plus globaux.
En misant sur leur attachement à leur domicile ou à leur quartier, et en leur montrant comment des jardins de plantes indigènes et des jardins de pluie pourraient, par exemple, leur faire économiser de l’argent (comme le fait le programme de remises de Guelph), il est possible d’inclure plus de gens dans la conversation.
Le travail auprès des jeunes est un autre moyen de mobiliser les gens. La population des écoles est représentative de la société, explique Nina-Marie Lister, professeure agrégée à l’Université Ryerson. Les élèves peuvent relayer des messages sur l’importance de la biodiversité à leurs parents, comme ils l’ont fait pour le recyclage dans les années 1980. « Ce sont les enfants qui ont poussé leurs parents à se mettre au recyclage en montrant l’exemple », indique Mme Lister.
Joce Two Crows Tremblay, de l’Indigenous Land Stewardship Circle à Toronto, travaille directement avec des jeunes de la rue et des membres des populations autochtones urbaines. Ensemble, ils plantent des espèces indigènes dans les parcs et les espaces publics locaux et s’en occupent.
Ces jardins sont un moyen important de renouer avec la terre, les traditions et les cérémonies, des liens qui ont été coupés dans le cadre du processus de colonisation.
« Pour 50 % de la population autochtone qui vit en milieu urbain, les parcs sont les seuls endroits qui nous permettent de renouer avec la terre. Mettre ses mains dans la terre favorise grandement la guérison. »
Joce Two Crows Tremblay compile la recherche et éduque les gens sur les pratiques de gestion des espèces moins envahissantes. Son travail est profondément ancré dans la reconnaissance du fait que le mode de pensée colonial est souvent reproduit dans notre gestion des espèces et des paysages.
Introduire de nouvelles façons de penser nécessite des efforts constants et le renforcement des intentions auprès de l’ensemble du personnel, un apprentissage que Joce Two Crows Tremblay a fait lorsqu’on a accidentellement tondu leurs jardins des trois soeurs. La personne qui coupe le gazon doit comprendre, tout autant que la direction, les efforts pour renforcer la biodiversité et le travail de réconciliation dans les parcs.
Nous incorporons peu le savoir et les pratiques autochtones d’aménagement des terres dans notre travail lié à la biodiversité, et « c’est une lacune énorme et irresponsable », affirme Mme Lister.
Elle souligne que le personnel municipal qui met en place des stratégies de biodiversité a de bonnes intentions et est conscient de la nécessité d’accroître la participation des Autochtones dans ces efforts, mais il reconnaît aussi que les organisations et les communautés autochtones sont à la limite de leurs capacités.
« Il est reconnu depuis longtemps que les schémas de colonisation et l’histoire coloniale sont répétés et enracinés dans les façons dont nous construisons nos paysages, explique Mme Lister. Et comme le dit Lorraine Johnson, il doit y avoir une décolonisation du jardin. »
Sans se pencher spécifiquement sur les parcs urbains, une étude menée à l’Université de la Colombie-Britannique en 2019 a souligné l’importance des pratiques autochtones d’intendance des terres et révélé que la biodiversité était plus riche sur les terres aménagées par des Autochtones. En effet, le nombre d’espèces uniques y est supérieur de 40 %.
Sensibiliser la population globale afin qu’elle se préoccupe de la biodiversité peut être difficile. Si certaines personnes « adorent un endroit à la vie, à la mort », d’autres font abstraction de ses écosystèmes sensibles, y éparpillent leurs déchets ou permettent à leur chien d’y courir en liberté.
Or, comme l’a fait remarquer Don Carruthers Den Hoed de l’Université Mount Royal, la façon dont nous parlons d’un endroit, le nom que nous lui attribuons et le discours dont nous l’entourons peuvent contribuer à faire comprendre son importance. Les humains cherchent constamment des indices sur le comportement à adopter et l’usage à faire d’un lieu.
M. Carruthers Den Hoed mentionne une étude où on a dit aux participants qu’ils allaient au parc. Avant même de s’y rendre, les gens percevaient déjà cet endroit comme un lieu restaurateur, et ce en raison du terme utilisé. En désignant un lieu de « parc » ou de « paysage sensible », nous influençons les liens que les gens développeront avec cet endroit.
Dans une autre de ses études, M. Carruthers Den Hoed a effectué un « test aveugle » de la nature. Il a réparti les participants dans trois groupes et a emmené les groupes au même endroit, mais en modifiant les conditions pour chacun d’eux : à son arrivée, le premier groupe y a vu une affiche indiquant qu’il s’agissait d’un parc, le deuxième n’a pas vu d’affiche, et le troisième a pu interagir avec des Aînés autochtones qui leur ont parlé de la signification spirituelle du lieu.
M. Carruthers Den Hoed a découvert que la manière dont les gens perçoivent un espace — l’importance qu’ils y accordent et le niveau perçu de soins qu’il exige — est influencée par ce qu’ils apprennent sur cet espace, que ce soit par des affiches ou par des récits. Par conséquent, il souligne qu’il est essentiel de réfléchir à ce que les installations, les affiches et l’aménagement d’un parc disent au sujet de son importance et de sa raison d’être.
Voici certaines des pratiques créatives adoptées par les villes et les communautés pour faire participer les gens à la préservation et à la mise en valeur de la biodiversité urbaine.
TIREZ PROFIT DU POUVOIR DE L’ART.
FAITES PREUVE D’ORIGINALITÉ.
TRANSFORMEZ LA NATURE EN LABORATOIRE D’APPRENTISSAGE.
DÉMYSTIFIEZ LA FAUNE.
RENDEZ LA NATURE ACCESSIBLE.
Se promener au parc est quelque chose que nous sommes nombreux à faire intuitivement lorsque nous ressentons de l’anxiété. Et qui ne ressent pas d’anxiété en cette ère de la COVID-19? Les médecins ont même commencé à prescrire la nature à l’instar d’un remède. Mais les parcs ont-ils tous les mêmes bienfaits pour notre bien-être psychologique?
Dans les années 1990, des études pionnières ont montré que l’exposition à la nature, même quand il ne s’agit que de jeter un regard par la fenêtre, pouvait réduire le stress, améliorer la concentration et nous aider à guérir plus vite. Ces travaux de recherche ne faisaient toutefois pas la distinction entre les espaces sauvages et les pelouses semées d’arbres.
Des études plus récentes ont approfondi le sujet en explorant la réponse des gens à différents environnements naturels. Elles se sont intéressées au temps passé dans des zones biodiversifiées (plus longue était la période passée dans la nature, plus l’effet positif était important) et aux types de végétation présente (les fleurs aux couleurs vives étaient stimulantes, les plantes vertes, apaisantes). Les chercheurs ont aussi voulu savoir si la présence de mobilier comme des bancs de parc réduisait les bienfaits des aires naturelles. (Cette hypothèse a été infirmée.)
Dans l’ensemble, les gens ont fait état d’un sentiment de bien-être accru dans les zones qu’ils percevaient comme étant plus biodiversifiées, une conclusion qui a des implications importantes pour la planification de la biodiversité urbaine et les mesures d’engagement prises.
L’accès à la nature et à la biodiversité est devenu encore plus essentiel pour notre santé mentale avec la COVID-19. La pandémie a augmenté le stress et démantelé les réseaux de soutien personnels de bien des gens, et la moitié des Canadiens ont signalé que leur santé mentale s’était appauvrie. Dans ce contexte, l’Association canadienne pour la santé mentale a mis en garde contre une potentielle « pandémie subséquente » de troubles mentaux.
Pendant le confinement, les gens n’avaient d’autres choix que d’essayer de concilier les mesures prescrites par le gouvernement et leur désir de prendre l’air pour se vider l’esprit. Selon un sondage mondial mené auprès de 2 000 personnes, la santé mentale et la santé physique étaient des moteurs importants de l’utilisation de l’espace public durant la pandémie. Le même sondage a révélé que les gens trouvaient refuge dans des endroits près de la maison, ce qui souligne la nécessité pressante de s’assurer que les aires naturelles sont distribuées de façon équitable à travers nos villes.
Quand on parle des bienfaits de la biodiversité, on décrit souvent les effets environnementaux et les services écosystémiques. Ces notions englobent tout ce que font les aires naturelles pour aider à purifier l’air, à fournir des aliments, à prévenir les inondations, à contrôler les températures extrêmes, etc. Il est très important de voir la nature comme une infrastructure verte, mais ce discours fait abstraction du rôle que jouent ces espaces en tant qu’infrastructures psychologiques.
« Le recoupement entre la richesse de la vie sur terre et le bien-être humain est maintenant bien établi dans la science, et il s’impose rapidement comme un impératif dans les pratiques de conception et de planification », explique Nina-Marie Lister, professeure agrégée et directrice de l’Ecological Design Lab à l’Université Ryerson. Elle a d’ailleurs désigné ce domaine de « nouvelle frontière ».
« Nos parcs et nos espaces verts publics n’ont jamais été aussi importants pour les citadins, surtout sur le plan de la santé mentale et des effets bénéfiques de la nature urbaine sur le bien-être, insiste-t-elle. Des chants d’oiseaux à la lumière du soleil en passant par les fleurs sauvages et les promenades à l’ombre des arbres, nous savons maintenant que la capacité d’accéder au plein air de façon sécuritaire est une nécessité, et une prescription vitale pour le bien-être.
« Plus vite nous reconnaîtrons que notre présence dans la nature est une source de réconfort psychologique, plus nous serons à même de protéger la nature pour notre propre bien-être », ajoute-t-elle.
Don Carruthers Den Hoed, un chercheur à l’Université Mount Royal qui gère également le Canadian Parks Collective for Innovation and Leadership, a mené ses propres études sur les liens entre la biodiversité et le bien-être. Il maintient que parler du bien-être peut être un moyen de faire participer un plus grand nombre de personnes aux conversations sur les parcs et la biodiversité. Il souligne d’ailleurs que l’indice canadien du bien-être peut inspirer des discussions sur les multiples bienfaits des parcs.
Selon M. Carruthers Den Hoed, il est facile de comprendre comment les parcs contribuent aux aspects de l’indice comme les loisirs et l’environnement. Mais qu’en est-il de l’engagement démocratique et de la vitalité communautaire? Le chercheur indique que les villes devraient s’appuyer sur l’indice pour faire valoir que si les programmes de bénévolat contribuent au travail de restauration naturelle, ils renforcent aussi la vitalité et le bien-être des communautés.
Les effets de la biodiversité sur le bien-être dépendent souvent autant de la perception des gens que du niveau de biodiversité réelle d’une aire naturelle. Par exemple, dans une étude menée en 2012, les sondés ont signalé des niveaux de bien-être plus élevés dans les zones qu’ils percevaient comme étant plus naturelles, même si leur perception ne cadrait pas avec les niveaux réels de biodiversité.
Les chercheurs ont souligné que ces résultats mettent en lumière une occasion à saisir. Combler l’écart entre la perception et la réalité par de l’éducation naturelle et des initiatives d’intendance pourrait donner lieu à des « scénarios dont tout le monde ressort gagnant » et qui « maximisent aussi bien la conservation de la biodiversité que le bien-être humain. »
Autrement dit, plus nous améliorons la biodiversité de notre ville et fournissons aux résidents des moyens de s’occuper des espaces naturels urbains, plus les gens pourront les apprécier et mieux ils se sentiront en conséquence.
Robin Wall Kimmerer a décrit cette relation réciproque entre l’intendance de la terre et le bien-être humain dans son livre Braiding Sweetgrass, qui allie savoir autochtone et science de la nature.
« Restaurer le territoire sans restaurer les liens est un exercice vide de sens, écrit-elle. Ce sont les liens qui perdureront et qui assureront le maintien du territoire restauré. Il est donc tout aussi essentiel de rétablir les liens entre les gens et le paysage que de rétablir des systèmes hydrologiques appropriés et d’éliminer les contaminants. Ces liens sont des remèdes pour la terre. »
Nina-Marie Lister considère que le Canada passe à côté d’une occasion en or en ne tirant pas profit des effets positifs de la biodiversité sur la santé et le bien-être. « Pour un pays qui jouit d’une aussi grande biodiversité, nous accusons un retard pour ce qui est des stratégies de protection qui peuvent améliorer le bien-être humain. Je pense qu’il est urgemment nécessaire de rapprocher la biodiversité et la santé dans nos politiques publiques. »
Selon Don Carruthers Den Hoed, bien que les gestionnaires de parcs parlent souvent des bienfaits spirituels de la nature, « ceux-ci ne sont jamais mentionnés dans les plans d’aménagement. C’est parmi les aspects très importants qui attirent les gens vers la nature et pourtant, c’est quelque chose qu’on a tendance à écarter du revers de la main. »
Dans notre examen des stratégies de biodiversité des villes canadiennes, nous avons constaté que même si celles-ci mentionnent les bienfaits de la biodiversité sur le bien-être humain, c’est souvent en termes très généraux plutôt que sous forme de politiques ou de mesures recommandées.
Cela ne veut toutefois pas dire que les liens entre la biodiversité et la santé publique sont absents des réflexions menées par les villes
Vanessa Carney, superviseure de l’analyse des paysages à la Ville de Calgary, reconnaît le lien entre la santé mentale et la biodiversité. Elle affirme d’ailleurs que dans son travail de cartographie des réseaux écologiques, la Ville « vise à trouver des moyens d’élargir l’accès aux parcs pour les Calgariens de manière à inclure des expériences nature plus facilement accessibles ».
Les effets positifs d’une expérience de la biodiversité et de la nature sur le bien-être soulèvent des questions importantes sur l’accès équitable aux aires naturelles qui abritent une riche biodiversité, surtout à la lumière de l’augmentation des troubles de santé mentale due à la COVID-19.
Comme l’a conclu la chercheuse en santé Nadha Hassen, les iniquités raciales et socioéconomiques dans l’accès à des espaces verts de qualité peuvent être un facteur déterminant des problèmes de santé mentale. « Dans les milieux urbains, les quartiers à faible revenu et ceux qui accueillent de nouveaux arrivants ou des populations racialisées ont tendance à offrir un accès limité à des espaces verts de qualité comparés aux quartiers où le revenu moyen est plus élevé ou ceux dont la majorité des résidents sont blancs », écrit-elle.
Assurer l’équité « représente un travail énorme », souligne M. Carruthers Den Hoed. En effet, l’équité est un aspect important qui est absent de nombreuses stratégies sur la biodiversité. M. Carruthers Den Hoed maintient d’ailleurs que l’équité ne se résume pas à l’accès (les gens peuvent-ils profiter d’espaces naturels à proximité?) et qu’elle est aussi liée à l’inclusion (dans quelle mesure les gens contribuent-ils à façonner ces espaces naturels?).
« Comment l’équité s’inscrit-elle dans les réflexions menant à la prise de décisions, celles sur l’emploi et les avantages économiques de tout ce qui se passe dans un parc, demande M. Carruthers Den Hoed. Je pense que c’est dans ce domaine que se fera le travail le plus intéressant. »
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2022 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Marcher pieds nus dans l’herbe est une sensation unique, de même qu’entendre le gazouillis des oiseaux ou sentir l’odeur de la terre mouillée après une averse. Ces expériences sensorielles nous amènent, souvent inconsciemment, à interrompre ce que nous faisons pour ressentir ces sensations, pour écouter et respirer profondément.
Pendant la pandémie, de nombreux citadins et citadines ont eu envie de se rendre dans des parcs et espaces naturels. Selon notre sondage mené auprès de plus de 3 000 personnes vivant dans des villes canadiennes, 54 % ont déclaré qu’elles cherchaient le plus souvent à se rendre dans des parcs naturalisés – une hausse par rapport aux 34 % du sondage de l’an dernier – ce qui souligne l’importance croissante d’être en contact avec la nature en ville.
Même les petits espaces jouent un rôle important : 71 % des personnes interrogées ont déclaré que même les petits espaces naturalisés situés à moins de 10 minutes à pied de leur domicile, comme un jardin avec des plantes indigènes ou une prairie, contribuaient à favoriser leur lien avec la nature. Seule la moitié des personnes interrogées ont dit la même chose pour les espaces naturels de plus grandes tailles.
Dans l’ensemble, 87 % des personnes interrogées ont déclaré ressentir une forte connexion avec la nature – un chiffre relativement stable, toutes origines raciales et sociales confondues. Toutefois, le degré de connexion avec la nature semble croître avec l’âge, puisqu’il s’élève à 83 % pour les 18-29 ans et à 94 % pour les personnes âgées de 65 ans et plus.
À quel point avons-nous conscience de notre corps et de la Terre sur laquelle nous vivons? Connaissons-nous les espèces d’arbres de notre parc? Quelle est la dernière fois que nous avons fait notre part pour les endroits qui nous offrent tant de choses?
Ces questions mettent en évidence la différence entre le fait de passer du temps dehors – une activité utile et bénéfique en soi – et le fait de se sentir proche du monde naturel. Le sentiment d’être lié à la nature et non séparé d’elle est une caractéristique que les chercheurs appellent « la connexion avec la nature » [nature connectedness]. D’après un rapport* :
La connexion avec la nature représente le degré auquel chaque personne intègre la nature dans son identité en créant un sentiment d’unité entre elle-même et le monde naturel.
Un autre l’a définie* comme étant « l’appréciation et la valorisation de toute vie transcendant l’utilisation objective de la nature pour les besoins de l’humanité. »
Bien que cette idée puisse paraître philosophique, la connexion avec la nature a des répercussions matérielles sur notre façon de vivre, nos émotions et notre empreinte écologique – autant d’éléments fondamentaux à une époque marquée de plus en plus par les problèmes de santé mentale et les effets des changements climatiques.
La connexion avec la nature est souvent liée au bien-être hédonique de vivre dans le moment présent (le fait de se sentir bien), mais elle est aussi fortement liée au bien-être eudémonique* (le fait de bien fonctionner), qui contribue à l’épanouissement personnel et au bien-être à long terme.Les personnes qui se disent plus proches de la nature font souvent preuve d’un plus grand intérêt pour les activités respectueuses de l’environnement*. Lorsque nous nous synchronisons avec le monde naturel, nous ressentons davantage d’émotions positives*, comme la vitalité. En outre, nous ruminons moins* et nous faisons preuve de plus de bonté et de générosité* envers notre entourage, une conséquence attribuée par cette étude à la capacité de la nature de susciter des sentiments d’émerveillement qui nous permettent de faire preuve de « désintéressement* », c’est-à-dire le fait de détacher notre attention de nous-mêmes.
Professeure agrégée à la faculté de psychologie de l’Université Trent, en Ontario, Lisa Nisbet a mené des études au Canada sur la connexion avec la nature et passe beaucoup de temps à réfléchir sur ce sujet.
Cette connexion avec la nature est « ancrée en nous » comme un trait de personnalité relativement stable », explique-t-elle, en la distinguant du temps que l’on passe simplement en plein air. On peut traverser un parc tous les jours pour aller au travail, mais cela ne veut pas dire nécessairement que l’on se sent connecté à cet environnement.
La connexion avec la nature peut en dire long sur le comportement d’une personne. De nombreuses études ont montré que les gens se disant plus proches de la nature passent également plus de temps en plein air et sont prêts à parcourir une plus grande distance pour passer du temps dans la nature. Dans ses propres recherches sur la pandémie, Dre Nisbet a constaté que les étudiantes et étudiants universitaires se disant très proches de la nature « en réalité se servaient plus de la nature comme moyen de faire face à la situation que les personnes déconnectées de la nature ».
Pour Lisa Nisbet, les parcs urbains et l’éducation à l’environnement offrent d’énormes possibilités. Beaucoup de gens ne voient qu’une « masse verte », dit-elle. « Oh, c’est un arbre. Mais ne serait-ce pas un chêne rouge? Que savons-nous à son sujet? Comment contribue-t-il à atténuer les effets des changements climatiques et à améliorer la qualité du sol? Quels types de créatures aiment s’y abriter? Je crois que c’est en enrichissant leurs connaissances que les gens peuvent renforcer leur sentiment de connexion. »
S’il est possible d’établir ces liens avec la nature à tout âge, Lisa Nisbet souligne néanmoins l’importance de l’éducation à l’environnement chez les enfants. « En apprenant ces choses très tôt et en apprenant à reconnaître les plantes et les animaux de nos écosystèmes, nous sommes davantage conscients de ce qui vit dans notre environnement et, selon moi, pouvons davantage développer notre empathie », explique-t-elle.
Bien avant que les chercheurs n’inventent le terme « connexion avec la nature », cette vision du monde existait déjà. Et elle perdure encore aujourd’hui : elle est à la base des relations qu’entretiennent de nombreux peuples Autochtones avec la Terre et de leur rôle de gardiens; une relation qui repose sur « la révérence, l’humilité et la réciprocité ».
Conteuse, guide en sylvothérapie et éducatrice, Carolynne Crawley gère l’organisation Msit No’kmaq*. Elle indique que beaucoup de gens ignorent souvent l’importance d’entretenir des relations réciproques avec la Terre et les autres êtres vivants. « Les gens ont tendance à accorder une priorité moindre à leur relation avec la Terre qu’à leur relation avec un être cher », souligne-t-elle.
De nombreux peuples Autochtones attachent une grande importance au principe de réciprocité et voient la nature et les autres espèces vivantes comme faisant partie de la même famille. « Les aînés dans mon entourage m’ont appris que toute vie est sacrée », explique Carolynne.
En tant qu’êtres humains, nous avons la responsabilité individuelle et collective d’entretenir de bonnes relations avec notre planète Terre, tout comme nous devons entretenir de bonnes relations avec nous-mêmes et les autres.
Selon Carolynne, nous voyons trop souvent la Terre comme un gisement de ressources à exploiter à tout prix. « J’invite toujours les gens à réfléchir à leurs relations avec autrui. Si l’on passe son temps à donner, donner, donner en permanence, et que l’autre personne ne fait que prendre, prendre, prendre sans faire preuve de respect ni de gratitude, alors il y a un déséquilibre. » Cela peut consister à ramasser les déchets sur un sentier et à prendre conscience de notre incidence sur les autres êtres vivants.
La réciprocité peut également se traduire par une plus grande attention portée à notre langage, un aspect que Carolynne explore dans ses ateliers. « Il m’arrive d’entendre des termes utilisés en référence à la Terre et aux êtres vivants qui manquent de respect, de gratitude et d’amour envers ceux-ci. Et donc, dans mes ateliers et webinaires, nous nous interrogeons sur ces termes et essayons de les décortiquer. »
Prenons le mot dirt en anglais qui veut dire à la fois « terre » et « saleté ». Carolynne se penche donc sur ce terme, souvent utilisé pour parler de la terre, et demande à son auditoire s’il véhicule un sentiment de respect pour la terre et tout ce que celle-ci nous offre. Bien que ces aspects puissent paraître insignifiants, le langage peut façonner notre manière d’appréhender le monde et transmet également à notre entourage – notamment aux enfants – la valeur que l’on accorde aux choses, explique-t-elle.
Carolynne recommande d’utiliser tous nos sens et d’appréhender le monde avec la curiosité d’un enfant. « La randonnée est une excellente activité », dit-elle. « Mais souvent, l’idée est d’aller d’un point A à un point B », alors que les enfants préfèrent, pour leur part, errer et explorer.
À cet égard, une étude publiée par Dre Nisbet* met en évidence les avantages de pratiquer la pleine conscience dans la nature en concentrant son attention sur ses expériences sensorielles. Dans notre sondage, 81 % des personnes interrogées ont déclaré qu’entendre le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles dans les arbres les aidait à se sentir connectées à la nature.
Quant au travail de Carolynne Crawley, il vise en grande partie à aider les gens à « se reconnecter à leur relation avec la Terre » et à leur donner la possibilité de ralentir le rythme et prendre conscience du monde qui les entoure. « Je crois que cette relation, cette mémoire, est dans notre ADN », déclare-t-elle. « Certains aînés parlent d’ailleurs de la « mémoire du sang ». »
« Au cours de l’histoire, l’être humain a été arraché violemment de cette relation à différents moments », ajoute-t-elle. « Et pourtant, nous voyons encore que des peuples Autochtones du monde entier entretiennent toujours cette relation. »
Carolynne souligne que reconnaître et honorer le rôle des peuples Autochtones en tant que « gardiens inhérents de la terre » devrait être au cœur des programmes d’éducation et d’intendance environnementales. Et d’ajouter qu’il est primordial d’établir des relations avec les peuples Autochtones et les organisations qui mènent déjà ce travail.
Cultiver une plus grande connexion avec la nature peut sembler difficile au quotidien pour celles et ceux qui vivent en ville. Comme nous l’avons déjà abordé, ce rapprochement avec la nature est entravé par de nombreuses inégalités dans l’accès aux espaces verts urbains et la capacité d’en bénéficier, avec des répercussions en matière de justice climatique, d’équité dans la conception des parcs et de santé publique.
Pouvoir passer du temps dans la nature peut être une activité réservée aux privilégiés, comme le souligne Zamani Ra, fondatrice et directrice générale de l’organisation CEED Canada.
Selon Zamani, il est essentiel d’adopter une approche d’anti-oppression, en tenant compte des besoins spécifiques aux niveaux collectif et individuel, en particulier lorsque l’on travaille auprès de groupes racialisés et à faibles revenus. Pour les personnes n’ayant pas de jardin chez elles ni la possibilité de quitter la ville, trouver le temps de se rendre dans un espace vert peut être difficile ou exige de sacrifier le temps qu’elles passent en famille, ou de prendre sur leurs heures de travail ou de sommeil.
Pour comprendre si les gens pensent avoir suffisamment de temps dans leur vie pour faire ce qu’ils doivent faire, mais aussi ce qu’ils veulent faire, Zamani s’appuie sur le concept de pauvreté en termes de temps disponible*.
Lorsque Zamani a pris la décision délibérée de passer plus de temps dans la nature pour son propre bien-être, notamment en faisant de longues marches dans un ravin près de chez elle, elle a dû accepter de travailler moins, et donc d’avoir moins de revenus. « Cela a été une décision coûteuse », explique-t-elle, en précisant qu’à l’époque, elle vivait sous le seuil de pauvreté. « J’ai dû me convaincre du fait qu’en réalité, le risque que je prenais était acceptable pour le moment. »
Cependant, pour être en contact avec la nature, nous n’avons pas besoin de chercher bien loin. En effet, nous incarnons cette connexion avec la nature en marchant, en respirant et en écoutant notre cœur battre.
« La nature est au cœur de tout ce que je fais », déclare Zamani, en ajoutant que son travail repose sur une vision du monde centrée sur l’Afrique :
Que je sois à l’intérieur ou à l’extérieur de mon appartement, peu importe », car la nature est en nous… de même que la Terre, le vent, l’eau et le feu.
« Je pense que parfois les gens se sentent mal parce qu’ils n’ont pas la possibilité de passer du temps dans ces endroits », comme les grands parcs situés hors des villes, dit Zamani. Dans ces situations-là, elle veut nous rappeler que la nature n’est pas seulement autour de nous, elle est aussi en nous.
« Je veux donner aux gens les moyens d’agir avec ce qu’ils ont déjà », explique-t-elle. Et cela peut simplement être de trouver un moment pour se connecter à la nature dans son propre foyer en remarquant le soleil sur son visage ou la brise à travers une fenêtre. Selon Zamani, commencer par faire un petit pas en avant est déjà une grande chose. « Et puis, une fois que nous en sommes conscients, nous serons plus susceptibles de vouloir aller plus loin. »
Les personnes qui vivent dans des villes du Canada choisissent de passer plus de temps dans la nature. Lors de notre sondage réalisé auprès de plus de 3 000 personnes, 54 % d’entre elles ont déclaré se rendre le plus souvent dans des parcs naturels ou « sauvages », contre 34 % l’année dernière. Les Villes répondent également à cet intérêt accru, puisque près de 60 % d’entre elles déclarent avoir déjà mis en place des activités d’intendance environnementale ou envisagent de le faire en raison de la forte demande.
Il est clair que la nature exerce un fort pouvoir d’attraction lorsqu’il s’agit de retrouver un équilibre mental, physique ou psychique, un besoin fortement accru par les deux années difficiles de la pandémie.
Même si passer du temps dans la nature évoque souvent l’idée de marcher sur des sentiers sauvages, pour autant, il n’est pas nécessaire de se rendre dans un grand parc pour faire cette expérience. Comme nous l’avons mentionné dans notre autre article sur ce sujet, se sentir plus proche de la nature peut évoquer différentes choses pour différentes personnes. Pour certains d’entre nous, il peut s’agir de partager des anecdotes pendant une promenade dans un parc avec des amis; ou d’être plus attentifs à la nature chez nous ou près de chez nous. Cela peut aussi vouloir dire donner de son temps pour planter des arbres ou entretenir un jardin dans notre quartier.
Les exemples ci-dessous illustrent des programmes créés par des chef·fes de file des quatre coins du pays pour aider les gens à se rapprocher de la nature de manières différentes, mais tout aussi significatives.
Lorsque Tammy Harkey a remarqué que des femmes de sa communauté souffraient de problèmes psychologiques au début de la pandémie, elle a décidé de faire quelque chose. Mère, grand-mère, conseillère et fière membre de la bande indienne de Musqueam, Tammy Harkey occupe actuellement le poste de présidente du Native Education College. Elle-même passionnée de marche, elle a créé les Musqueam Road Warriors, un groupe de marche pour femmes Autochtones dans le parc Pacific Spirit de Vancouver.
Le parc revêt une importance particulière pour la Nation Musqueam, car il fait partie de ses territoires traditionnels non cédés* et était autrefois proche de son village, explique-t-elle. C’est pourquoi, selon elle, les personnes Autochtones devraient se tourner vers ces endroits pour prendre soin d’elles-mêmes.
Se sentir connecté à la nature signifie ressentir un lien avec la terre, mais aussi avec les histoires liées au parc, aux plantes et aux remèdes qui s’y trouvent. « Nous avons désormais un groupe entier qui partage les histoires et les souvenirs de leurs familles », déclare Tammy Harkey. « Des histoires vraiment émouvantes. Des choses que je n’ai jamais entendues. »
« Les Aînées de notre groupe de marche sont devenues de véritables enseignantes », dit-elle, en soulignant l’importance de l’apprentissage intergénérationnel. Emportées par le tourbillon de la vie avant la pandémie, elles avaient peut-être oublié de prendre le temps d’écouter « ce qu’elles avaient à nous enseigner, ainsi que les messages et histoires qu’elles devaient nous transmettre », explique-t-elle. Mais le calme de la forêt et les cèdres tout autour d’elles les ont aidées à être plus présentes.
Aujourd’hui, le groupe existe toujours et compte une soixantaine de femmes et de jeunes filles de tous âges qui se retrouvent pour aller marcher dans le parc. Tammy Harkey souligne l’importance que ce groupe soit centré sur les femmes.
Lorsque les femmes parviennent à retrouver une stabilité – les mères de famille et les matriarches de leur communauté –, ceci se répercute sur la santé et la joie de vivre de toute une famille. Et c’est une tendance claire que nous avons vu émerger de notre groupe.
Pendant la pandémie, de nombreux citadins et citadines ont voulu passer du temps dans la nature pour réduire leur anxiété. Toutefois, se rendre dans des espaces verts n’est pas toujours facile ou possible pour les personnes en situation de handicap.
Selon Kari Krogh, cofondatrice de la EcoWisdom Forest Preserve*, « la pandémie a fait exploser les facteurs de stress pour les personnes présentant d’importants niveaux de handicap physique ». « Sortir, même prendre les transports en commun, lorsqu’on a une constitution fragile – et lorsque les gens vous toussent dessus – pour aller dans un parc », était un réel défi. Sans parler des potentiels problèmes d’accessibilité une fois sur place, ajoute-t-elle.
C’est pourquoi Paul Gauthier, directeur général du Individualized Funding Resource Centre* et elle ont créé un groupe offrant des programmes de bien-être axés sur la nature et accessibles en ligne.
Ces programmes sont ouverts aux personnes de toutes capacités qui peuvent participer depuis un lit, à côté d’une fenêtre ou dans un parc à proximité.
Les personnes en situation de handicap peuvent retirer de nombreux bienfaits de la nature et apporter leur contribution. Toutefois, elles ont besoin qu’on leur offre différentes manières d’accéder aux parcs publics
Kari Krogh, EcoWisdom Forest Preserve
Né de sa passion et de celle de Paul Gauthier, ce programme découle de leur expérience personnelle, explique Kari Krogh, ajoutant qu’elle a développé un handicap grave et a vécu trois ans entre quatre murs. « Je ressentais en permanence de fortes douleurs et j’étais tout simplement immobilisée », se souvient-elle. « J’aurais aimé avoir accès à un programme comme celui que nous proposons. »
Le programme a donc été conçu pour offrir un maximum de souplesse, en utilisant des vidéos sur la nature et des messages inspirés de la sylvothérapie et des neurosciences. L’équipe d’animation guide les participantes et participants dans des exercices de pleine conscience dans la nature, en les invitant à utiliser leurs sens, comme le toucher et l’odorat, ainsi que la visualisation.
« Pendant la pandémie, nous nous sommes sentis dépassés par tant de choses », dit Kari Krogh. « [Ce programme] permet aux personnes en situation de handicap de se retrouver entre elles pour se soutenir mutuellement », comme le reflètent les propos des personnes ayant participé au programme. L’un d’eux a fait remarquer que ses douleurs s’étaient atténuées et qu’il était « devenu plus détendu, joyeux et optimiste ». Un autre a déclaré qu’il « apprenait à utiliser la nature comme une ressource gratuite pour développer sa résilience ».
Bénéficiant initialement du financement de démarrage issu du programme de Bourses TD Ami·es des parcs, Paul Gauthier et Kari Krogh ont ensuite pu recevoir des fonds de l’Initiative canadienne pour des collectivités en santé du Gouvernement fédéral. Ceci leur a permis d’étendre leurs activités et de créer un programme accessible formant d’autres personnes à la mise en œuvre d’activités de bien-être axées sur la nature.
Au-delà de son rôle d’organisateur, Paul Gauthier a pu lui aussi retirer des avantages de son temps passé dans la nature. Il explique que, pendant la pandémie, son niveau de stress avait grandement augmenté en raison de son travail de soutien auprès des personnes en situation de handicap.
« Le fait de pouvoir faire une pause, de me recentrer sur moi-même et de prendre du recul sur mes problèmes du quotidien m’a vraiment permis de voir comment prendre soin de moi-même », dit-il. « Je suis aussi conscient qu’en faisant cela, je peux davantage aider les autres par la suite. »
S’inspirant du concept d’intelligence émotionnelle, l’équipe d’Eva Riccius, gestionnaire des parcs à la Ville de Saanich, a inventé le terme « intelligence naturelle » lors de la conception d’un programme visant à promouvoir les liens avec la nature à Saanich. Peu importe que vous commenciez à passer du temps dans la nature ou que vous fassiez de la randonnée depuis longtemps, « tout le monde y a accès, quel que soit son niveau », dit-elle.
Ce programme a été conçu pour inciter les gens à se rapprocher de la nature par des moyens facilement accessibles : que ce soit d’identifier les oiseaux dans leur jardin ou de participer à des activités de restauration environnementale.
Conscient de la « fatigue des écrans » ressentie par beaucoup de gens, le personnel de la Ville de Saanich a présenté cette campagne comme un moyen de s’éloigner des écrans électroniques pour s’immerger dans la verdure. La municipalité s’est donc associée à la chaîne d’information et au journal de la ville pour transmettre des témoignages, a organisé des randonnées et des séances de bains de forêt, et a mis en avant diverses expériences dans les parcs grâce à une page dédiée sur son site internet*.
Cette initiative a entraîné une augmentation spectaculaire de la fréquentation des parcs, au-delà de la tendance déjà constatée pendant la pandémie. Utilisant des données générées par Google, l’équipe d’Eva Riccius a analysé le nombre de personnes fréquentant les parcs par rapport à un point de comparaison enregistré en 2019. Cette analyse a fait ressortir une augmentation de 100 % pendant la campagne, soit bien plus que la hausse induite par la pandémie et observée dans les municipalités voisines du Grand Vancouver.
En outre, le programme offre des suggestions sur la manière de pratiquer la réciprocité en incitant les gens à réfléchir à des moyens d’aider à leur tour la nature, en participant à des activités d’intendance, par exemple. Sur ce dernier point, Eva Riccius explique que l’intérêt a été tel qu’ils ont dû cesser d’accepter des bénévoles pour le moment.
Le programme a également suscité de nouvelles idées pour apporter des changements à long terme à certains parcs de la ville. Pour l’instant, beaucoup n’offrent que de l’herbe, des arbres et une aire de jeux, ajoute-t-elle. La Ville cherche aussi à adopter des mesures de naturalisation stratégiques dans certaines parties de ces parcs au moyen de plantations et de projets de restauration. Ces mesures pourraient contribuer à réduire l’arrosage et à créer divers habitats naturels – des initiatives déjà mises en œuvre dans des villes comme Vancouver, Kitchener, Mississauga et Edmonton.