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Les parcs, les trottoirs, les transports en commun et les rues devraient être des lieux d’interaction sociale et de vie quotidienne. Pourtant, le rapport d’enquête BEING BLACK IN PUBLIC* [Être une personne noire dans l’espace public] nous rappelle que les lieux publics sont vécus de manière très différente selon les personnes qui les fréquentent.

En tant qu’urbaniste et cocréatrice d’espaces publics, Jay Pitter a dirigé cette étude. Son objectif était de combler une lacune importante dans la compréhension de l’expérience des personnes noires dans les parcs et autres lieux publics au Canada et aux États-Unis. Cette enquête porte sur les thèmes de la joie, du bien-être mental et de l’accès à des possibilités égales. Elle aborde aussi les conditions de la vie quotidienne qui favorisent le sentiment d’appartenance à la vie publique. Cette étude examine aussi comment des facteurs tels que le racisme, le sentiment d’insécurité et d’autres difficultés influencent ces expériences. 

Sans se limiter aux données, les recherches menées par Jay Pitter portent aussi sur l’expérience vécue des gens. Elles remettent ainsi en question la conception, l’évaluation et la gestion traditionnelles des espaces publics. 

Crédit : Jay Pitter.

Cette réflexion s’appuie sur les résultats de cette étude, mais pas comme une analyse technique. Elle invite plutôt à réfléchir à la joie, au sentiment d’appartenance et à l’importance de la sérénité dans les lieux partagés. 

Ce que signifie la joie dans l’espace public

Pensez à la dernière fois où vous avez porté des vêtements influencés par votre culture sans aucune crainte, avez joué de la musique à plein volume dans un parc en invitant quelques personnes, ou avez pris un moment pour vous détendre sur un banc à l’ombre. La joie, c’est se mouvoir sans contrainte et s’exprimer sans jugement. Dans le rapport de Jay Pitter, la joie est décrite comme discrète, mais puissante. 

Les petits détails font toute la différence. Des toilettes propres, des poubelles en bon état ou des aménagements accessibles peuvent transformer une simple sortie en un lieu où l’on se sent bienvenu et en sécurité. Dans cette enquête, 85 % des personnes interrogées étaient d’accord avec ce point. Selon 84 % des personnes interrogées, la présence d’arbres, de jardins ou de fleurs ainsi qu’un bon éclairage et une visibilité dégagée favorisent l’aisance et la présence des usagères et des usagers. Par ailleurs, 79 % d’entre elles ont déclaré apprécier des endroits confortables où s’asseoir et même des espaces soulignant la contribution des personnes noires. 

Ensemble, ces éléments font bien plus qu’améliorer une infrastructure publique. Ils traduisent le respect, la considération et l’accueil et suscitent un sentiment d’appartenance. Un banc baigné de soleil, un chemin bien éclairé ou une plaque en hommage à une artiste noire ou à un artiste noir ne sont pas que de simples aménagements. Ils créent des moments de joie dans des espaces qui pourraient autrement sembler ordinaires ou peu accueillants. 

La joie se construit également dans l’interaction avec les autres. Voir d’autres personnes noires ou évoluer dans des espaces fréquentés par des personnes d’origines diverses a été identifié par 88 % des personnes interrogées comme un facteur clé pour se sentir en sécurité et bienvenu. Des salutations de la part du personnel ou des usagères et des usagers de la structure (74 %) ainsi que la reconnaissance visible de l’histoire des personnes noires (70 %) renforcent également le sentiment d’appartenance. Des règles claires sur la manière de partager ces espaces et d’y interagir, mentionnées par 65 % de ces personnes, contribuent également au sentiment d’aisance et de sécurité. La joie naît non seulement de l’environnement physique, mais aussi d’un sentiment de reconnaissance, de représentation et d’inclusion dans la société. 

Lorsque les personnes noires peuvent exister, s’exprimer et occuper librement ces espaces, les parcs deviennent bien plus qu’un simple ensemble d’aménagements physiques. Ils se transforment en une affirmation vivante et tangible de présence, d’appartenance et d’humanité. La joie naît de la liberté d’occuper pleinement un espace, de s’y déplacer sans vigilance constante, et de se sentir réellement reconnu·e et bienvenu·e. 

Several photos of black people having fun in nature
Images fournies avec l’aimable autorisation de Craig Wellington, Hafsa Abdulsamed, Anthony Taylor, Pasha Mckenley et Shereen Ashman-Henderson. Crédit : Rapport d’enquête BEING BLACK IN PUBLIC.

Contraintes invisibles 

Même si les lieux publics reflètent les tendances et les habitudes de la vie quotidienne, ils sont vécus de manière très différente selon les personnes qui les fréquentent. Attendre un autobus au petit matin, marcher sur un trottoir le soir ou s’asseoir sur un banc dans un parc un dimanche matin peut sembler ordinaire pour certaines personnes. Pour d’autres, ces mêmes activités nécessitent une vigilance particulière. Cette étude met en lumière le malaise que ressentent de nombreuses personnes noires dans ces lieux censés offrir tranquillité et détente.

Cela s’explique par le fait que ces lieux publics peuvent rappeler, en filigrane, la surveillance, le jugement et la prudence auxquels les personnes noires sont souvent confrontées. Même des lieux conçus pour les loisirs, la détente ou les habitudes quotidiennes peuvent induire une pression invisible, exigeant vigilance, attention et parfois retenue de la part des usagères et des usagers. Les rues, trottoirs, parcs et transports en commun que d’autres considèrent comme des endroits anodins peuvent être source d’inquiétude pour certaines personnes qui peuvent avoir l’impression d’être observées, scrutées ou traitées différemment. 

Dans l’enquête, près de la moitié des personnes interrogées, soit 49 %, ont dit ne pas se sentir en sécurité dans les autobus et le métro. Un tiers d’entre elles ont dit ne pas être à l’aise dans la rue, sur le trottoir et sur un perron. Par ailleurs, 27 % ont dit ne pas être à l’aise sur les sentiers des parcs urbains ou dans d’autres espaces verts. Pour 21 % des personnes interrogées, il en va de même pour les événements culturels en plein air et les salles de concert. Ces chiffres reflètent ce que les personnes noires doivent évaluer en silence chaque jour avant de prendre une décision : comment se déplacer, quand parler, où s’attarder, et quand il serait plus sûr d’éviter un endroit. De nombreuses personnes ont également déclaré se sentir dans l’incapacité d’agir face à une situation dangereuse ou nuisible dans un lieu public. Ce sentiment d’impuissance exacerbe la charge émotionnelle liée à la fréquentation d’un lieu public. Ceci illustre à quel point l’expérience décrite dans le rapport d’enquête BEING BLACK IN PUBLIC dépasse la simple sécurité physique d’une personne et affecte aussi son bien-être social et émotionnel. Ces chiffres ne sont pas que des données; elles représentent des expériences vécues. 

Pourtant, malgré le malaise ressenti, les gens continuent à rechercher des endroits qui sont source de vie. Les terrains de sport en plein air et les sentiers des parcs urbains, par exemple, sont toujours largement fréquentés par des personnes noires même si celles-ci les ont qualifiés d’endroits parmi les moins sûrs dans l’espace public. Ceci souligne l’importance de ces lieux. Ils ne sont pas que de simples lieux de passage; ils sont essentiels pour se divertir, faire de l’exercice et rencontrer des gens. En effet, les lieux publics contribuent au bien-être général. À cet égard, l’enquête montre que passer du temps dans des espaces verts, des sentiers ou des parcs améliore la santé physique, le bien-être mental et le sentiment d’appartenance sociale. Ces endroits permettent de tisser des liens avec les autres, de pratiquer une activité physique et de se connecter aux rythmes de la vie en société, et ce, même lorsqu’ils ne semblent pas toujours sûrs ou accueillants. 

À ces défis viennent aussi s’ajouter les inégalités structurelles. De nombreux quartiers avec une population majoritairement racialisée font l’objet d’un manque de financement systématique. Les lieux publics, parcs, sentiers et espaces de loisirs sont souvent mal entretenus, en nombres insuffisants ou dépourvus d’aménagements. Les endroits qui pourraient favoriser la santé, le divertissement et le tissu social reçoivent souvent le moins d’investissements. Au contraire, les quartiers les mieux nantis bénéficient d’une multitude d’espaces verts et d’aménagements de qualité. Ces inégalités renforcent les disparités en matière d’accès, de sécurité et d’opportunités. Les personnes noires se voient donc confrontées à la fois aux barrières sociales et aux barrières structurelles de la vie publique.

La représentation et la visibilité influencent également le sentiment de bien-être ou de malaise. Les espaces publics qui ne reflètent pas l’histoire, le vécu ou les contributions des personnes noires peuvent engendrer un sentiment d’invisibilité ou d’exclusion. Une fresque murale, une plaque ou un nom de lieu, aussi insignifiants semblent-ils, peuvent véhiculer un sentiment de reconnaissance, d’appartenance, d’inclusion et de considération pour les personnes qui fréquentent ces endroits et y contribuent. À l’inverse, leur absence peut susciter un sentiment d’exclusion et l’impression que ces endroits ne sont pas pensés pour elles. 

Les défis que rencontrent les personnes noires dans les lieux publics ne concernent donc pas seulement leur sécurité physique. Ils concernent aussi leur expérience culturelle, sociale et émotionnelle. Ce sont les règles tacites, les antécédents de surveillance et l’anticipation du jugement qui déterminent l’expérience des personnes noires dans ces environnements. Se sentir en sécurité dans un lieu public ne se résume pas à l’absence de danger. C’est avoir la liberté d’occuper l’espace de manière authentique et d’être soi-même, sans contrainte. L’étude met en lumière ces réalités du quotidien. Elle révèle l’équilibre délicat que doivent trouver ces personnes en conjuguant prudence et désir de connexion, de mouvement et de joie. Les conclusions de ces recherches soulignent que favoriser une expérience agréable dans les lieux publics va au-delà de leur simple conception physique. Cette expérience est aussi influencée par la culture, l’histoire et la manière de percevoir ces endroits.

Two black women with a fishing line
Image fournie avec l’aimable autorisation de Demiesha Dennis, fondatrice de Brown Girl Outdoor World. Crédit : Rapport d’enquête BEING BLACK IN PUBLIC.

Des détails bien pensés, un impact durable 

Au-delà de ces défis, les espaces publics révèlent aussi leur potentiel à être plus que de simples environnements physiques. Lorsqu’ils sont conçus avec soin et intention, ils peuvent devenir des lieux propices à la sécurité, à la joie et au lien social. L’étude s’attache aussi à comprendre certaines subtilités : la sensation ressentie en arrivant dans un espace, le sentiment de tension ou de détente dans le corps et les signes imperceptibles indiquant si l’on peut rester ou non. Pour les personnes noires, ces moments sont rarement neutres. Ils sont influencés par la considération témoignée, par les personnes reconnues et par le sentiment d’être bienvenu·e ou simplement toléré·e. 

Lorsque les lieux publics sont conçus pour tenir compte des personnes qui les fréquentent, ils deviennent alors des espaces de reconnaissance et de connexion offrant un sentiment d’appartenance. Selon les personnes interrogées dans l’enquête, des gestes simples peuvent avoir un impact significatif : des actes démontrant une ouverture et un effort pour que les gens se sentent en sécurité, bienvenus et à leur place. Ces moments montrent comment conception et culture peuvent contribuer à transformer les espaces en plein air en lieux où la présence est reconnue, le bien-être palpable et la joie possible. 

Les terrains de sport, les sentiers pédestres, les places publiques et les parcs peuvent donc constituer plus que de simples lieux de passage. Lorsqu’ils sont conçus avec soin et intention, ils peuvent devenir des espaces où l’on a envie de s’attarder, de se divertir, de se rassembler et de tisser des liens. Le rapport souligne des exemples où la conception de sentiers pédestres, d’aires de loisirs et de places publiques a été pensée avec la participation des communautés noires. Ceci illustre que même des investissements modestes en matière de conception, de programmes ou de signalisation peuvent faire une grande différence. 

Des programmes communautaires qui favorisent la participation, des espaces qui célèbrent la diversité des cultures présentes dans un lieu, ainsi qu’une conception et des pratiques attentives aux différentes façons dont les personnes utilisent l’espace contribuent à permettre aux personnes noires d’occuper l’espace public pleinement et de manière authentique.

Au-delà de la conception et des programmes, l’étude souligne l’importance des politiques, de la gouvernance et de la représentation au sein du personnel de direction. Des politiques inclusives qui accordent la priorité à la sécurité, à l’accessibilité et à la reconnaissance des histoires et des contributions des personnes noires garantissent que les espaces en plein air ne reposent pas seulement sur de bonnes intentions, mais bénéficient aussi d’un soutien structurel. 

Des investissements équitables dans les lieux publics, en particulier dans les quartiers qui ont historiquement reçu moins de financement, sont essentiels pour traduire ces avantages dans les faits. Une gouvernance qui implique les membres du public – notamment les personnes noires – dans la prise de décision indique que les lieux publics sont conçus en tenant compte de celles et ceux qui les utilisent. La représentation au sein du personnel de direction est tout aussi importante : lorsque l’opinion des personnes noires est prise en compte dans l’élaboration des politiques, des programmes et des décisions concernant les lieux publics, ces endroits peuvent ainsi mieux refléter les expériences vécues et répondre aux besoins réels du public. Les habitantes et habitants peuvent également se reconnaître dans les décisions qui façonnent leurs lieux publics. Ceci renforce la confiance et le sentiment que leur présence, leur sécurité et leurs opinions comptent.

Jay Pitter souligne qu’un espace public n’est jamais neutre. Une conception réfléchie et la cocréation avec les membres du public, associées à des politiques de soutien, à une gouvernance inclusive et à une représentation au sein du personnel de direction peuvent transformer des parcs, places ou rues ordinaires. Même des lieux fréquentés avec prudence peuvent devenir des lieux d’appartenance. La sensibilité relationnelle et culturelle joue un rôle déterminant dans cette transformation.

A young black girl with a t-short "stolen from Africa"
Image fournie avec l’aimable autorisation de Neil « Logik » Donaldson. Crédit : Rapport d’enquête BEING BLACK IN PUBLIC.

Repenser l’espace public

L’espace public est – ou devrait être – le reflet de la manière dont les membres du public se valorisent mutuellement. Le contraire se vérifie aussi dans la vie de tous les jours. Les sentiments de joie, de sérénité et d’appartenance dans les lieux publics ne sont pas le fruit du hasard : ils trouvent leur origine dans des lieux basés sur la considération, la reconnaissance et la responsabilité. 

Créer des lieux publics où chaque personne peut se reposer, s’exprimer et se déplacer sans crainte ne peut se résumer à l’élaboration de politiques ou à leur conception. Cela nécessite attention, empathie et volonté de comprendre des expériences différentes de la sienne. Lorsque les résidentes et résidents s’ouvrent à l’écoute, au dialogue et à une responsabilité partagée, l’espace public commence à refléter les personnes qui les utilisent – non seulement dans sa forme, mais aussi dans la manière dont il est vécu et ressenti.

Cette réflexion invite également à repenser notre processus de conception : à quoi ressemblerait la création de lieux publics centrés sur l’expérience vécue, sur la sensibilité culturelle ainsi que sur la considération et les connaissances du public? Comment cette approche pourrait-elle favoriser un sentiment d’appartenance, de considération et de responsabilité partagée chez les personnes qui utilisent et font vivre ces endroits? 

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Jay Pitter vient de publier son dernier livre, Black Public Joy. S’appuyant sur l’étude BEING BLACK IN PUBLIC, ce livre invite chaque personne à s’engager à cultiver la joie publique, tout en revendiquant la sienne. 

Pour en savoir plus sur ces thèmes : 

Ami•es des parcs publie le deuxième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, mettant en avant les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs.

Alors que nous ébauchions les histoires que nous voulions partager sur la biodiversité, l’aménagement créatif de parcs, l’engagement communautaire et l’itinérance, notre monde changeait. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que loin d’avoir perdu leur pertinence, les sujets traités avaient gagné en urgence.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 27 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.

Etudes de cas

Comment la biodiversité urbaine soutient notre bien‑être, avec une importance accrue pendant la crise de la COVID‑19.

Comment approfondir la conversation sur la biodiversité tout en l’élargissant pour y faire participer plus de gens.

Pourquoi les corridors d’habitats sont importants pour la biodiversité urbaine et ce que font les villes pour s’assurer que les parcs, petits et grands, soient connectés

Comment les villes font face à la forte demande de parcs à chiens et à la grande controverse qui les entoure.

Comment les groupes communautaires créatifs et le soutien des villes permettent de créer des liens grâce à la nourriture dans les parcs.

Alors que les populations et le développement explosent dans de nombreuses villes, trouver de l’espace pour de nouveaux parcs pose des défis et stimule l’innovation.

Webinaire de lancement : Visionnez l’enregistrement

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Ami•es des parcs publie le troisième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Favoriser l’équité et la résilience : Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.

Partout au Canada, la fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, alors que la population se tournait massivement vers les espaces extérieurs pour pouvoir se rassembler en toute sécurité, se connecter à la nature et rester active. Les parcs ont ainsi pris une place encore plus importante dans le quotidien des Canadien·nes, mais les Villes ont dû composer avec de nouvelles pressions liées à la hausse de la fréquentation et aux exigences de santé publique.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 32 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.

Indicateurs clés

Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :

  1. Les parcs ont vu bondir leur fréquentation et ont démontré leur forte valeur ajoutée
  2. Les nouveaux défis ont engendré des façons originales d’utiliser les parcs
  3. Les parcs ont été reconnus comme des infrastructures de santé publique essentielles
  4. La pandémie a souligné les inégalités existantes.
  5. Lutter contre les changements climatiques via les parcs est une priorité grandissante
  6. Un rapport de cette ampleur repose sur un travail d’équipe

Etudes de cas

Comment les changements climatiques affectent la planification, la conception et l’entretien des parcs.

Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs

Comment les considérations liées à la justice environnementale peuvent contribuer à favoriser la résilience aux changements climatiques et résoudre les inégalités dans les parcs.

Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs.

Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.

Comment les municipalités canadiennes peuvent-elles miser sur le soutien philanthropique pour leurs parcs et résoudre certaines des difficultés qui y sont liées?

Webinaire de lancement : Visionnez l’enregistrement

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Ami•es des parcs publie le quatrième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Entretenir les relations et la réciprocité : Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.

Le rapport de cette année s’éloigne peu à peu des répercussions de la pandémie pour explorer comment les apprentissages des deux dernières années peuvent ouvrir la voie à des approches plus équitables et plus créatives en matière de planification, d’aménagement et d’animation des parcs.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 30 municipalités et de plus de 3 000 résident·es de villes canadiennes.

Indicateurs clés

Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :

  1. La popularité des parcs – Les Villes canadiennes ont encore vu augmenter le temps passé par leurs populations dans les parcs
  2. Redonner à la nature – Il n’est pas surprenant que les gens aient continué à être attirés par la nature en ville afin de se détendre pendant la pandémie
  3. Souligner le leadership Autochtone – La décolonisation, la représentation Autochtone et le leadership des peuples Autochtones dans les parcs urbains est une priorité de plus en plus importante pour les Villes du Canada, qui mènent certaines initiatives dans ce sens
  4. Rémunérer la participation – Même avant la pandémie, les budgets dédiés aux parcs étaient continuellement mis à rude épreuve. En effet, si vous avez lu les trois derniers Rapports sur les parcs urbains du Canada, vous aurez peut-être l’impression que nous commençons à nous répéter.
  5. Maximiser la mobilisation – La pandémie a transformé la manière de mobiliser le public à propos des parcs, bouleversant les traditionnelles méthodes de réunion en personne, comme les assemblées publiques, et mettant les Villes au défi de réimaginer la mobilisation publique
  6. Repenser les approches liées à l’itinérance – La question de l’itinérance, de plus en plus complexe et visible dans les parcs, se trouve au premier plan des préoccupations tant des municipalités que des citadines et citadins

Etudes de cas

Comment des chef·fes de file à travers le pays utilisent diverses méthodes pour encourager les gens à se rapprocher de la nature en allant à leur rencontre.

Comment dépasser les simples consultations ponctuelles en investissant dans l’établissement de relations de confiance à long terme peut permettre de renouer le dialogue, de redistribuer le pouvoir et de réimaginer les parcs

Comment renforcer notre sentiment de connexion avec la nature grâce à la prise de conscience, la réciprocité et la gratitude – et pourquoi est-ce important.

À la découverte des efforts menés par des Villes des Prairies pour décoloniser les parcs et honorer les histoires des peuples Autochtones des terres sur lesquelles ces villes sont construites.

Comment la concertation publique sur les parcs peut favoriser l’établissement de relations durables une fois le processus de consultation terminé.

Comment les approches de financement collaboratif et les investissements des différents niveaux de gouvernement permettent d’envisager de nouvelles façons de subventionner les parcs.

Les répercussions de la pandémie sur les budgets des parcs et l’importance des investissements fondés sur l’équité.

Une occasion unique pour les services des parcs de jouer un rôle positif dans la question de l’itinérance

Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.

Webinaire de lancement : Visionnez l’enregistrement

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Le personnel des parcs municipaux gère des actifs publics parmi les plus essentiels et pourtant sous-estimés : les parcs urbains et espaces verts. Bien plus que de simples terrains gazonnés, ces lieux sont de véritables lieux de sociabilisation pour les citadin·es, qui offrent une infrastructure environnementale cruciale et des ressources essentielles en matière de santé publique.

Le Rapport sur les parcs urbains du Canada (RPUC) fournit des données et des témoignages démontrant l’importance des parcs au personnel des parcs municipaux, aux groupes citoyens, aux associations à but non lucratif et au grand public. Publié annuellement entre 2019 et 2024, le rapport a mis en lumière les tendances, les défis et les occasions qui façonnent la planification, la gestion et l’expérience des espaces verts publics. Au cours de cette période, 46 municipalités y ont participé, représentant collectivement 48 % de la population canadienne.

Ce rapport synthèse rassemble les principaux constats des RPUC au cours de ces années charnières. Il propose un index thématique et soigneusement structuré des données et des récits recueillis au fil des années, accompagné d’analyses sur les tendances observées.

Indicateurs clés

1 – Enjeu de santé : Les parcs sont un investissement dans la santé publique

L’une des tendances les plus fréquentes issues des données de nos rapports concerne la fréquentation grandissante des parcs urbains et leur reconnaissance en tant que lieux publics essentiels. Cette évolution a été largement accélérée par la pandémie de COVID-19. Ce que l’on considérait précédemment comme de simples aménagements publics sont désormais perçus comme des lieux indispensables à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des citadin·es.

2 – Manque de financement : Ressources et capacités limitées

Malgré les données indiquant une fréquentation et une appréciation accrues du public pour les parcs, les municipalités déclarent faire face à des contraintes en termes de budget et de personnel. Ceci limite leur capacité à entretenir et à améliorer leur réseau de parcs.

3 – Fonction écologique : Adaptation climatique et biodiversité

Les parcs urbains assument des fonctions écologiques, notamment en matière d’adaptation climatique et de soutien à la biodiversité en milieu urbain. En raison de l’intensification des effets des changements climatiques, ces fonctions font l’objet d’une attention grandissante.

4 – Équité et accès : S’attaquer aux obstacles systémiques

À partir de 2021, les municipalités participantes ont fait état d’initiatives visant à promouvoir l’équité, l’inclusion et la réconciliation dans leurs activités de planification et de gestion des parcs. Ceci reflète une prise de conscience sociétale plus large des obstacles systémiques à l’accès aux parcs et à leurs bienfaits.

5 – Évolution des pratiques : Mobilisation du public et opérations plus complexes

La gestion des parcs comprend désormais des dimensions sociales complexes qui dépassent leur simple entretien traditionnel. Ceci implique de mettre en place des stratégies de mobilisation du public et de prendre en charge des problématiques urbaines liées à l’espace public.

Tous les rapports

Comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.

Comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables. 

Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.

Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.

Explorez les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs urbains.

Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2021 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

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Alors que les changements climatiques engendrent davantage de sécheresses, d’inondations et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes, les Villes canadiennes se lancent dans une nouvelle phase de planification pour leurs parcs en les considérant comme des infrastructures écologiques. Pour ce faire, les espaces verts doivent être pensés de manière à améliorer les processus naturels, notamment en les transformant en véritables éponges pour absorber l’excès d’eau de pluie et réduire les risques d’inondation. 

Ces parcs remplissent une triple fonction : atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes, renforcer la biodiversité en augmentant la surface d’habitat naturel et offrir des lieux de rencontre et de loisirs. Toutes ces initiatives bénéficient d’ailleurs de l’appui de la population. En effet, 92 % des quelque 3500 personnes interrogées en avril 2021 dans le cadre de notre sondage pancanadien ont dit vouloir que les parcs intègrent des infrastructures résilientes aux changements climatiques.

Qu’il s’agisse de transformer des rues en oasis de verdure, de concevoir des parcs autour du thème de l’eau ou de ramener à leur état naturel l’embouchure de certaines rivières, les huit projets suivants nous permettent d’imaginer des villes plus résilientes face aux changements climatiques.

Processus de planification

Plan directeur pour l’aménagement des terrains vacants dans les districts de Pointe-Gatineau et du lac Beauchamp, Gatineau

À la suite des importantes inondations survenues en 2017 et 2019 dans les districts de Pointe-Gatineau et du lac Beauchamp, les propriétés lourdement touchées ont été cédées à la Ville et les résidents relogés. Un processus de plan directeur pour aménager ces lots vacants a été lancé en 2020, sous la direction du Conseil régional de l’environnement et du développement de l’Outaouais, avec un comité de travail auquel Ami·es des parcs a également participé.

Par ce plan directeur, la Ville souhaitait, avec l’apport de la communauté, repenser les secteurs longeant la rivière Gatineau afin d’améliorer la protection contre les inondations. Plutôt que de proposer des transformations d’envergure, le plan met de l’avant une approche sous forme de boîte à outils à l’échelle du lot, avec un ensemble d’actions pouvant être mises en place selon le contexte local, soit par la Ville, soit par des groupes communautaires. Cette boîte à outils comprend 25 typologies réparties en cinq catégories :

  • Terrains nature : Terrains aménagés pour laisser la nature s’épanouir. Options : lots pollinisateurs, prairies, zones boisées.
  • Terrains nourriciers : Terrains qui bénéficient à la fois aux résident·e·s et à la nature. Options : arbres fruitiers, agriculture urbaine, serres.
  • Terrains rassembleurs : Terrains offrant des lieux de rencontre sociale. Options : tables communautaires, espaces de jeu (terrains de basketball), amphithéâtre, art communautaire, parcs canins.
  • Terrains riverains : Terrains intégrant l’eau et la terre. Options : terrasses riveraines, bassins de drainage, passerelles.
  • Lots éponges : Terrains offrant des fonctions écologiques. Options : plantations d’hydrophytes.

« L’un des objectifs principaux du projet était de susciter un élan et d’inspirer les gens à passer à l’action, » souligne Manon Otto, du studio Mandaworks*, urbaniste du projet. « Nous devions canaliser leur énergie et leur intérêt en proposant une boîte à outils entièrement démocratique. »

Pour une analyse plus approfondie de ce projet, consultez l’étude de cas d’Ami·es des parcs réalisée grâce au soutien du Centre Intact d’adaptation au climat.


Typologies de lots dans le plan directeur de Gatineau. Credit: CREDDO

Retour à l’état naturel de l’embouchure de la rivière Don et protection de la zone portuaire contre les inondations, à Toronto

Sur les rives du lac Ontario à Toronto, un immense parc et un nouveau quartier sont en train de voir le jour. 

Mené par l’organisation Waterfront Toronto en collaboration avec la municipalité, le projet visant à rétablir l’état naturel de l’embouchure de la rivière Don et à protéger la zone portuaire des inondations permettra de créer de nouveaux parcs et habitats naturels. En redonnant à l’embouchure de la Don son caractère naturel et en créant un nouveau quartier insulaire, il garantira également une protection contre les inondations.

Selon Shannon Baker, directrice du projet « Parks and Public Realm » de Waterfront Toronto, le projet vise à créer un rempart contre une éventuelle inondation à l’échelle régionale, mais aussi contre toute fluctuation du niveau du lac. Michael van Valkenburgh Associates, une société d’architectes paysagistes, a étudié l’embouchure des rivières, ainsi que les zones humides au bord du lac Ontario, afin de définir l’approche conceptuelle de ce projet. 

L’objectif n’est pas de retenir l’eau ou de l’empêcher de monter et de descendre, mais « de l’accepter et de renforcer notre résilience, comme le ferait un système naturel », dit Shannon Baker. Pour ce faire, les experts ont soigneusement choisi des espèces végétales « capables de se plier et de fléchir en permettant à l’eau de passer. »

Le réaménagement de l’embouchure de la rivière demande de tenir compte de l’interdépendance des différents écosystèmes. D’après Pina Mallozzi, directrice du projet de Waterfront Toronto, il est important d’accorder une attention particulière aux espèces de plantes utilisées dans les zones humides. En raison des sédiments et d’autres détritus amenés par la rivière dans les zones humides adjacentes, il a fallu choisir les plantes avec soin pour s’assurer qu’elles puissent résister à ces conditions. 

« Il s’agit d’un projet très complexe, mais lorsqu’il sera terminé, on aura l’impression d’être dans un grand parc naturel et vert, et c’est ce qui en fera toute la réussite », dit Pina Mallozzi.

Carte d'un parc
Renaturalisation de l’embouchure de la rivière Don à Toronto. Crédit : Waterfront Toronto

Sustainable Neighbourhood Action Program, à Brampton

Selon le personnel de la Ville de Brampton, le Sustainable Neighbourhood Action Program* (SNAP) repose sur un « modèle de collaboration avec les quartiers en faveur de la rénovation urbaine durable et de la lutte contre les changements climatiques ». SNAP « vise à responsabiliser les résidents en les incitant à trouver des solutions adaptées à leur quartier et à créer des lieux de convivialité ».

Le programme s’appuie sur divers partenariats, notamment avec la Ville de Brampton, l’Office de protection de la nature de la région de Toronto, la Credit Valley Conservation Authority, la région de Peel, ainsi que des organisations citoyennes et des entreprises. Grâce à ces partenariats, SNAP tient compte à la fois des besoins de la population et des priorités de la Ville en matière de résilience pour créer un plan d’action personnalisé à travers différents projets, tels que la modernisation des espaces existants. 

En 2020, le projet SNAP County Court* a lancé l’initiative « Upper Nine Pond » dans le quartier County Court de Brampton. L’objectif était de répondre aux besoins en matière de résilience et d’espace public de la population en réaménageant le bassin de traitement des eaux pluviales afin d’améliorer la qualité de l’eau et créer « un espace public attrayant comprenant un sentier, des bancs et des éléments naturels », explique le personnel. 

People sitting around a table over a map
Atelier Climate Ready County Court. Crédit : Office de protection de la nature de la région de Toronto

Développement du parc

RBJ Schlegel Park, à Kitchener

Achevé en 2020, ce parc de 17 hectares permet de gérer sur place la totalité des eaux pluviales. Il a également la capacité de retenir davantage d’eau que celle produite par une crue à récurrence de 200 ans. Les éléments d’infrastructures écologiques du parc, comprenant 9000 mètres carrés de jardins pluviaux, ont bénéficié d’une subvention de 750 000 $ du programme « Municipalités pour l’innovation climatique » de la Fédération canadienne des municipalités, financée par le Gouvernement fédéral.

D’après le personnel de la Ville, l’aire de jeux d’eau dans le parc dispose aussi du premier système d’eau à double usage de l’Ontario. Ce système recueille et traite l’eau sur place et la réutilise pour l’irrigation, réduisant ainsi la quantité d’eau utilisée dans le parc.

Parc RBJ Schlegel à Kitchener. Crédit : Ville de Kitchener

Saigon Park, à Mississauga

Ouvert en 2019, Saigon Park*, d’une superficie de 3,5 hectares, est doté d’un important centre de traitement des eaux pluviales créé à partir d’un bassin central conçu pour protéger les quartiers voisins d’une crue à récurrence de 100 ans. Le bassin ainsi que les espèces végétales qui y ont été plantées améliorent l’habitat aquatique et la qualité de l’eau. 

En outre, le parc comprend un circuit pédestre d’un kilomètre doté d’équipements de conditionnement physique. Des installations artistiques publiques viennent aussi valoriser l’environnement, comme l’œuvre intitulée « A Year in Weather » de l’artiste Ferruccio Sardella. 

Sur le site dédié à sa collection d’art public*, la Ville indique que « cette œuvre vise à honorer le projet de traitement des eaux pluviales de Saigon Park. Elle symbolise l’équilibre entre les phénomènes météorologiques, les systèmes naturels et l’environnement bâti. »

Sculpture du parc Saigon à Mississauga. Crédit : Ce Lavie

Dale Hodges Park, à Calgary

Lauréat en 2021 du Prix d’excellence du jury de l’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) pour ses paysages publics à grande échelle, Dale Hodges Park à Calgary a transformé une ancienne carrière de gravier au bord de la rivière Bow en un parc de 40 hectares. Il dispose aussi d’un centre de traitement des eaux pluviales capable de résorber les eaux de ruissellement de plus de 1700 hectares alentour. 

Qualifié de « nouveau type d’espace public à haute performance » sur le site de l’AAPC, Dale Hodges Park représente « le parcours des eaux pluviales à travers une série d’expériences conçues en collaboration avec les services des parcs, des ressources en eau et de l’art public de la Ville, en mettant l’accent sur la manière dont circule l’eau dans le paysage ».

People walking in a park
Parc Dale Hodges à Calgary. Crédit : 02 Planning + Design

Transformation en allée verte


Avenue McGill, Montréal

Grâce à un projet de conception sélectionné suite à un concours ouvert, Montréal veut faire passer l’avenue McGill en plein cœur du centre-ville d’une rue bitumée à un paysage naturalisé. Le lauréat du concours de design est celui qui a le mieux répondu aux objectifs de la Ville : élargir les espaces verts, réduire l’effet des îlots de chaleur urbains dû aux surfaces bitumées et augmenter la résilience et la biodiversité grâce à un choix de plantes riche et diversifié.

L’équipe qui a remporté le concours entend réinventer l’Avenue, en la transformant en une série de petits « salons naturels » et conviviaux, reliés par un long banc-bordure et une rigole de drainage. Ce nouvel espace offrira aux usagers du centre-ville une immersion quotidienne dans la nature, qui contraste avec la densité et le niveau de développement du quartier environnant.

Augmenter les espaces verts et la couverture forestière dans un environnement urbain dense en réaménageant une rue afin qu’elle ressemble davantage à un parc permettra à la ville de s’adapter aux effets des changements climatiques, explique Noémie Bélanger, conseillère en aménagement pour le Projet Sainte-Catherine Ouest et McGill College. Cependant, transformer une rue en un environnement plus naturel peut s’avérer difficile en raison des installations de services publics souterrains pouvant entraver les projets horticoles en surface.

Implanter une jeune forêt en plein milieu d’un centre-ville de manière à ce qu’elle favorise la biodiversité au niveau fonctionnel requiert la participation d’experts capables d’anticiper la croissance des strates végétales et leur entretien. La Ville a d’ailleurs vu ce projet comme une possibilité de faire participer la population, ainsi que des chercheurs universitaires. Selon Noémie Bélanger, bien que les pratiques de planification aient tendance à adopter des approches plus écologiques et que les Villes intègrent davantage ces critères dans leurs exigences de conception, elles doivent en faire plus pour élaborer des instruments en mesure de surveiller l’évolution des changements climatique dans les parcs urbains et d’évaluer les risques.

Réaménagement de l’avenue McGill. Crédit : SNC-Lavalin, civiliti, Mandaworks

St George Rainway, à Vancouver

Le projet St George Rainway montre le potentiel de faire renaître d’anciens cours d’eau, en les faisant ressortir de terre et illustre toute l’importance des revendications citoyennes pour faire émerger de nouvelles idées. Né il y a plus de 10 ans à partir de l’idée ambitieuse des résidents de restaurer un cours d’eau disparu dans le quartier de Mt Pleasant à Vancouver, ce projet s’apprête à passer au stade de la consultation publique organisée par la Ville. 

« La rue St George était autrefois traversée par le ruisseau te Statlew, aussi connu sous le nom de St George Creek », indique le site de la Ville dédié au projet. « Au début du 20e siècle, ce ruisseau historique a été enseveli pour y construire à la place des rues et des habitations. Le projet St George Rainway entend réimaginer cette voie d’eau historique en créant des infrastructures écologiques pour capter et filtrer les eaux de pluie venant des rues et des trottoirs adjacents ».

« Ce projet fournira non seulement des services essentiels, comme la gestion des eaux de pluie, mais il constituera aussi une trame bleue et verte unique qui améliorera l’espace public et les rues, et apportera plus de verdure et de biodiversité dans le quartier », indique la Ville.
Ce projet fait suite à d’autres initiatives visant à faire renaître les cours d’eau de Vancouver, notamment à Tatlow Park et Volunteer Park, que nous avions mentionnés dans le Rapport sur les parcs urbains du Canada de 2020.

Idées de l’atelier St George Rainway. Crédit : Ville de Vancouver et Erica Bota

Analyse d’initiatives et de leur impact sur la communauté

De quelles façons les initiatives menées par les organisations communautaires dans des parcs de Montréal peuvent-elles contribuer à l’inclusion sociale des communautés ? 

Dans un contexte de multicrises, ce rapport de recherche explore le rôle des espaces publics, des parcs et des initiatives communautaires dans la construction d’un meilleur vivre-ensemble dans nos villes. 

L’étude porte sur des initiatives menées dans trois parcs : Jarry, Frédéric-Back et le secteur entourant la place Émilie-Gamelin. Elle vise à identifier les pratiques existantes d’inclusion sociale, à comprendre les leviers et les freins rencontrés, et à analyser l’incidence de ces initiatives sur la fréquentation et l’appropriation des parcs par les usager·ères.

Une excellente nouvelle nous parvient de la scène internationale ! Le 10 octobre 2025, lors du World Urban Parks Symposium* à Istanbul, en Turquie, Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception [Distinguished Individual Award] décerné par World Urban Parks*.

Il s’agit-là de l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public. Ce prix met en lumière non seulement le leadership d’Erika, mais aussi l’impact du mouvement national que notre organisation a contribué à établir au Canada.

Un mouvement national pour les parcs urbains

Fondée à Toronto en 2011, l’organisation s’est développée jusqu’à devenir une organisation nationale bilingue. Elle soutient aujourd’hui des milliers de leaders œuvrant pour les parcs : organisations sans but lucratif, personnel municipal et groupes citoyens. Notre vision est simple, mais ambitieuse : nous imaginons un avenir où chaque personne au Canada a accès à des parcs de qualité, et où les citadin·es et la nature s’épanouissent pleinement.

Pour y parvenir, nous offrons renforcement des capacités, financement, recherche et formations.Guidée par les principes de réciprocité, d’équité sociale et d’intégrité écologique, notre organisation participe à la création de parcs urbains vivants, inclusifs et résilients partout au Canada.

Comme l’a dit Erika lors de la remise de son prix :

« C’est un grand honneur de recevoir le prix de l’individu d’exception. Cette reconnaissance reflète non seulement mon travail, mais aussi l’engagement de notre équipe, la passion des leaders des parcs que nous soutenons, ainsi que l’implication de nos partenaires et bailleurs de fonds. Je suis fière d’accepter ce prix au nom de tous les membres d’Ami·es des parcs et de notre réseau, qui contribuent à rendre nos villes plus fortes, plus connectées et inclusives. »

Erika Nikolai, directrice générale, Ami·es des parcs

Célébrer les parcs de notre réseau

C’est également une immense fierté que deux parcs canadiens de notre réseau reçoivent la reconnaissance internationale de WUP@10.

  • Le parc régional de Meewasin Valley* (Saskatoon), lauréat du prix Grand parc urbain [Large Urban Park Award], est salué pour son leadership en matière de conservation et d’intendance environnementale, et pour ses initiatives favorisant le lien entre les personnes et la nature.
  • Le parc R.V. Burgess* (Toronto), lauréat du prix Parc de quartier [Neighborhood Park Award], est reconnu pour ses programmes communautaires et son approche accueillante et inclusive des espaces verts urbains.

Trois personnes marchant dans une plaine à l'arrière-plan, avec un panneau d'accueil de parc au premier plan
Parc régional de Meewasin Valley. Crédit : Meewasin Valley Authority

Ces distinctions illustrent la force et la diversité du réseau d’Ami·es des parcs. Des grands espaces régionaux aux petits parcs de quartier pleins de vie, tous jouent un rôle essentiel pour renforcer la cohésion sociale, la qualité de vie et la résilience de nos villes.

Nous aimerions aussi féliciter chaleureusement la Ville de Toronto qui a reçu le prix du nouveau projet de parc d’exception [Award of Outstanding New Park Project] pour le parc Biidaasige*. 

Plusieurs photos d'un parc avec une rivières et la skyline de Toronto en arrière plan
Événement d’inauguration du parc Biidaasige, Toronto.

Pourquoi est-ce important ?

Des prix comme ceux-ci nous montrent que le travail accompli dans les parcs – qu’il se fasse dans les quartiers ou à l’échelle des villes – est reconnu à travers le monde. Ils soulignent également l’importance de la collaboration : nous accomplissons davantage lorsque nous unissons nos forces.

Cette reconnaissance internationale nous remplit de fierté et nous encourage à poursuivre sur notre lancée. C’est pourquoi nous continuerons de soutenir les remarquables leaders et groupes citoyens à travers le Canada et transforment chaque jour nos parcs urbains.

Il a été prouvé que les grands parcs urbains du Canada jouent un rôle dans la santé des écosystèmes et dans la cohésion sociale, des facteurs déterminants pour la prospérité des villes. 

Entre 2021 et 2025, le réseau grandissant de Parcs Cœur vital, présent d’un océan à l’autre, a évalué son impact sur les individu·es et sur l’environnement. Il a démontré que le fait de prendre soin de la terre — en éliminant les espèces envahissantes, en plantant des espèces indigènes, entre autres – avait des effets positifs sur la santé mentale et physique des bénévoles participant à ces activités. 

Les Parcs Cœur vital ont également montré l’importance capitale de leur travail pour les villes qui les abritent. La grande majorité des services des parcs des municipalités canadiennes font face à un manque de ressources financières et humaines et sont sollicités pour traiter des enjeux sociaux plus larges, pour lesquels ils se sentent mal équipés (RPUC de 2024). Parallèlement, les Parcs Cœur vital et leurs bénévoles génèrent une valeur économique significative pour les grandes municipalités canadiennes, soutiennent le personnel municipal et allègent la charge des services sociaux et de santé traditionnels en offrant des espaces favorisant le bien-être et la cohésion sociale des résident·es.

Grâce au travail infatigable de nos partenaires des Parcs Cœur vital, il est évident que ces espaces sont essentiels pour les personnes vivant en ville : ils rapprochent les voisin·es entre elleux et à la nature, et offrent des solutions pour rendre nos villes plus agréables à vivre.

Infographie

Découvrez comment les initiatives d’intendance impactent les écosystèmes, les participant·es et les services municipaux.

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Tout grand projet de parc public commence par une grande idée, et souvent un petit coup de pouce financier pour la concrétiser. 

Si votre groupe œuvrant pour un parc rêve de créer un nouveau jardin pour pollinisateurs, d’organiser un festival artistique ou même d’embaucher une nouvelle personne pour gérer l’organisation, obtenir une bourse peut être d’un grand soutien pour réaliser et soutenir vos ambitions.

Toutefois, remplir une demande de bourse peut sembler un peu intimidant. Voilà pourquoi nous avons élaboré ce guide afin de vous accompagner à travers les différentes étapes, et de vous fournir des conseils utiles et des ressources qui vous faciliteront la tâche. 

Faisons en sorte que votre projet reçoive le soutien qu’il mérite !

Qui octroie des bourses ?

Plusieurs types d’organismes offrent un soutien financier aux groupes citoyens œuvrant pour un parc :

  • Fondations privées : elles disposent d’une réserve d’argent dédiée aux projets caritatifs (souvent spécifiques).
  • Organismes gouvernementaux aux niveaux municipal, provincial et fédéral : ils disposent de services ou de ministères spécifiques (immigration, culture ou environnement) offrant des programmes de bourses.
  • Grandes entreprises : elles possèdent souvent des programmes de bourses liés à leurs objectifs en matière de relations avec le public ou de marketing. 

Voici comment identifier les offres les plus pertinentes pour votre groupe : 

  • Commencez par lire notre ressource sur les programmes de bourses disponibles dans différentes villes*.
  • Renseignez-vous sur les groupes œuvrant dans votre secteur d’activité et situés dans la même région que vous pour savoir qui finance leurs activités. Consultez leur site web, lisez leurs rapports annuels ou appelez-les tout simplement !
  • Demandez à votre entourage si une personne a de l’expérience dans la collecte de fonds et est prête à rechercher des bourses pertinentes pour vous. Beaucoup de spécialistes de la collecte de fonds ont accès à des bases de données recensant des programmes de bourses qu’il n’est pas toujours possible de trouver en faisant une simple recherche sur Internet.

Choisir une bourse

Rédiger une demande de bourse prend du temps et de l’énergie, alors soyez stratégique sur celles auxquelles vous voulez postuler. Examinez attentivement les critères de chaque bourse pour veiller à ce que votre groupe ait une chance d’être sélectionné (ou même de voir si vous avez le droit de poser votre candidature). Vérifiez les informations suivantes :

  • Montant de la bourse : En règle générale, plus la bourse est élevée, plus la procédure de demande est complexe et plus la concurrence est forte. Votre groupe pourrait commencer par une bourse d’un montant plus faible pour se familiariser avec la rédaction d’une demande de subvention avant de chercher à obtenir un financement plus important.
  • Calendrier de la bourse : Regardez les dates indiquées. Aurez-vous le temps de constituer un dossier de candidature complet avant la date de clôture ? Si votre demande est acceptée, les fonds seront-ils disponibles à temps pour réaliser votre projet ?
  • Exigences organisationnelles : De nombreuses subventions exigent que vous disposiez de certains systèmes ou statuts préalablement établis. Par exemple, on pourrait exiger que votre groupe soit une organisation caritative enregistrée, avec un conseil d’administration, pour être éligible. 
  • Cible géographique : Est-ce que vous œuvrez dans la zone couverte par le bailleur de fonds ?
  • Caractère unique de votre projet : Bien que les bailleurs de fonds soutiennent souvent de nombreux groupes travaillant sur une problématique similaire, si votre demande est trop semblable à une initiative financée récemment, ils pourraient la considérer comme redondante. Consultez leur site web pour trouver la liste des projets qu’ils ont financés. Mieux encore, contactez un membre de leur équipe pour demander si votre projet pourrait les intéresser.

Établir votre budget

Tout organisme subventionnaire souhaite savoir si vous disposez d’un budget réaliste et détaillé pour votre projet. Votre budget doit :

  • Dressez la liste de toutes vos dépenses potentielles, en les classant par catégorie. Faites preuve d’exactitude et de réalisme autant que possible 
  • Indiquez la valeur monétaire de ce dont vous disposez déjà, comme les dons, le temps des bénévoles, l’espace nécessaire à l’organisation de l’événement, les services ou les biens.
  • Additionnez ensuite toutes les catégories pour obtenir le montant total nécessaire et la valeur de ce que vous possédez déjà. Si la bourse que vous visez ne suffit pas à couvrir toutes vos dépenses, rédigez un résumé expliquant comment vous comblerez la différence.

Rédaction percutante


De nombreuses organisations méritantes se disputent les bourses proposées. Pour sortir du lot, racontez l’histoire de votre groupe d’une manière convaincante afin de capter l’attention des bailleurs de fonds. Voici nos principaux conseils pour rédiger des textes persuasifs :

  • Adopter le même ton. Commencez par lire attentivement le site web du bailleur de fonds en question pour voir comment celui-ci décrit son travail et son impact. Par exemple, s’il adopte un ton formel et axé sur les données, évitez un langage trop fleuri ou vague dans votre candidature. Ou bien, s’il publie souvent des récits personnels de ses bénéficiaires, envisagez d’adopter une approche plus narrative dans votre demande.
  • Contribuer à ses objectifs. Quel est l’objectif du bailleur de fonds ? Imaginons que vous souhaitez organiser un atelier dirigé par des personnes autochtones visant à identifier les plantes sauvages. Si l’objectif du bailleur de fonds est la durabilité écologique, vous pouvez souligner comment cet atelier permettra aux personnes participantes d’apprécier et de respecter leur environnement. Si son objectif est de renforcer la cohésion sociale et l’engagement civique, expliquez comment l’atelier contribuera à rassembler les gens et à améliorer leur sensibilité culturelle. 
  • Commencer à partir du début. Partez du principe que la personne qui lira votre demande de bourse ne connaît ni votre organisation ni votre projet. Décrivez brièvement l’histoire de votre groupe, son fonctionnement, l’impact qu’il a eu, le contexte social dans lequel vous opérez et l’importance de votre travail.
  • Faire preuve de clarté, de simplicité et de concision. Cherchez à faire passer votre message en utilisant le minimum de mots – et des mots simples. Faites des phrases courtes et pensez à utiliser un vérificateur de lisibilité pour garantir que votre texte soit compréhensible pour tous les niveaux de lecture.
  • Se baser sur des données probantes. Dans la mesure du possible, citez des exemples concrets de ce que votre groupe a déjà réalisé afin de renforcer la confiance dans votre projet. Évitez de parler de ce que vous souhaiteriez voir se produire ou de ce que vous pourriez faire à l’avenir.
  • Démontrer votre engagement en faveur de l’inclusion. Les bailleurs de fonds souhaitent soutenir des projets qui s’adressent à leur public de manière significative. Démontrez comment le travail de votre groupe favorise l’équité, notamment en proposant des programmes qui reflètent la diversité de votre quartier (âge, ethnicité, capacité physique, langue, etc.).
  • Montrer les effets durables. De nombreux bailleurs de fonds voient leurs dons comme des investissements. Ils espèrent que les projets qu’ils financent auront un impact durable après l’octroi des fonds initiaux. Expliquez comment leurs fonds seront utilisés pour renforcer les capacités de votre groupe, par exemple en engageant de nouveaux bénévoles pour soutenir votre travail.
  • Relire, et relire encore. Quel que soit le nombre de fois où vous relisez votre demande de bourse, il est fort probable que des petites erreurs vous échapperont. Avant de transmettre votre demande, demandez à une autre personne de relire ou de corriger votre travail. Demandez-lui de vérifier que la terminologie utilisée est cohérente, et que vous suivez bien les instructions requises par le bailleur de fonds et répondez directement aux questions. Il faut aussi veiller à ce que toutes les pièces jointes et tous les documents requis soient fournis exactement comme demandé.

Bien gérer le refus

Vous avez envoyé votre demande et avez reçu la mauvaise nouvelle : votre projet n’a pas été retenu pour la bourse. C’est décevant, certes, mais n’oubliez pas qu’un « non » peut souvent dire « pas encore ». Si votre demande a été rejetée, contactez le bailleur de fonds pour lui demander de vous faire part de ses commentaires sur sa décision. Il se peut que votre projet réponde mieux aux critères d’une autre bourse, ou bien qu’il manquait un élément que vous pourrez ajouter lors du prochain cycle d’octroi de bourses. 

Célébrer le succès


Hourra, votre candidature a été retenue ! Est-ce qu’on peut sortir le champagne ? Pas tout à fait. Tout d’abord, commencez par :

  • Envoyer un message de remerciement au bailleur de fonds
  • Confirmer comment et quand vous recevrez les fonds
  • Demander si le bailleur de fonds requiert des documents supplémentaires
  • Préciser comment il souhaite être reconnu par votre groupe (en affichant leur logo, etc.)
  • Vérifier les exigences en matière d’établissement de rapports et instaurer un système pour le suivi financier et pour les autres résultats.
  • Sauvegarder tous les documents liés à votre demande de bourse. Cela vous servira de modèle de ce qui a fonctionné et pour votre prochaine demande de subvention.

Maintenant vous pouvez aller fêter ça !