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Aujourd’hui, Ami·es des parcs a le plaisir de lancer son sixième Rapport sur les parcs urbains du Canada, qui sera la dernière édition de ce rapport dans sa forme actuelle : Combler le fossé : comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.

L’an dernier, nous avons cherché à comprendre en profondeur ce qui trottait dans la tête des gestionnaires des parcs à travers le pays. Nous avons donc interrogé plus de 44 cadres supérieurs au sein de 30 municipalités sur les tendances et les défis qui caractérisent leur secteur. L’un des enseignements clés qui en est ressorti était la nécessité de trouver un moyen de collaborer plus efficacement en vue d’atteindre les nombreux objectifs fixés pour les parcs. 

Le rapport de cette année approfondit donc cet enseignement en mettant en lumière des exemples de collaboration à l’échelle nationale et en recueillant des données provenant de 35 municipalités canadiennes, de plus de 2 500 citadin·es, ainsi que d’entretiens réalisés avec le personnel et des spécialistes des parcs.

Enseignements clés

Ce processus nous a permis de déterminer six enseignements clés relatifs à la collaboration et aux partenariats :

  • Les budgets des parcs ne sont pas à la hauteur des besoins
    • Bien que les parcs soient reconnus comme des infrastructures essentielles, ils disposent souvent de financements insuffisants pour assurer pleinement leur rôle vital.
    • 78 % des municipalités ont signalé que des budgets insuffisants entraînent un manque de personnel, tandis que 75 % ont indiqué que cela provoque des retards dans la réalisation des projets ou la planification des parcs.
  • Les citoyen·nes se sentent impuissant·es, mais désirent s’investir dans leurs parcs
    • Bien que les citadin·es souhaitent s’impliquer davantage dans les parcs, les services municipaux des parcs n’ont pas suffisamment de ressources pour leur offrir des occasions d’engagement à long terme.
    • 83 % des municipalités ont déclaré qu’en raison des ressources limitées, il peut être difficile de concerter le public de manière régulière et proactive, au-delà des consultations habituelles sur des projets de parcs.
  • Les parcs favorisent la santé mentale et physique, mais manquent de programmes pour les promouvoir
    • L’amélioration de la santé mentale et de la santé physique font partie des principaux avantages cités par les personnes fréquentant des parcs. Il s’agit-là d’une occasion inédite pour les villes de renforcer ces impacts en mettant en place des programmes spécifiques.
    • Respectivement, 95 % et 93 % des personnes interrogées estiment que les parcs ont des effets positifs sur leur santé physique et mentale.
  • La structure des services municipaux peut favoriser la collaboration – ou le travail à huis clos
    • Une minorité de municipalités regroupe les opérations et la conception des parcs dans un seul et même service. Pour les autres, la manière dont leurs services sont structurés engendre des disparités entre les infrastructures construites et la manière dont elles sont entretenues.
    • Près d’un tiers des municipalités ont déclaré que leur structure organisationnelle pouvait compliquer la collaboration entre le personnel chargé des parcs et celui d’autres divisions/services. 
  • Les partenariats sont essentiels, mais les villes ont besoin de politiques et de structures adaptées
    • Les services des parcs municipaux reconnaissent les avantages des partenariats, mais peinent à mettre en place des mesures et procédures pour en faciliter le fonctionnement.
    • 61 % des municipalités ont déclaré que l’un des obstacles à l’établissement de partenariats avec des organisations à but non lucratif était leur incapacité à respecter les normes municipales.
  • Répondre aux enjeux croissants des parcs exige davantage de formation et de collaboration
    • Les parcs font face à des enjeux majeurs et la population attend des actions concrètes de la part des villes. Pour répondre à ces enjeux, le personnel des parcs requiert davantage de formation et plus de collaboration avec d’autres services municipaux.
    • 92 % des municipalités reconnaissent que, depuis ces dernières années, leur service des parcs est soumis à une pression croissante pour traiter des questions allant au-delà des enjeux « traditionnels » des parcs.

Dans ce rapport, vous trouverez :

  • Un récapitulatif et une analyse des données les plus récentes sur les parcs. Ceux-ci présentent les tendances et défis identifiés dans nos sondages menés auprès de plus de 2 500 citadines et citadins et auprès de 35 municipalités à travers le Canada. Il s’agit du sondage le plus important à ce jour.
  • Une bibliothèque de neuf études de cas issues des quatre coins du pays et présentant des projets inspirants qui donnent des recommandations tangibles sur la manière de stimuler l’action dans votre ville. 
  • Une liste de 35 profils de Villes avec les données les plus récentes sur leurs objectifs de création de parcs, leurs équipements dans les parcs et leurs budgets.

Webinaire de lancement

Si vous souhaitez aller plus loin dans l’étude de ce rapport, inscrivez-vous à notre webinaire de lancement. Celui-ci comprendra une discussion animée sur les principales conclusions du rapport ainsi que des orientations pour l’avenir des parcs urbains. Ce webinaire d’une heure se tiendra le mercredi 27 novembre à 15 h (HNE).

Marie-Pierre est une visionnaire qui milite pour la création d’oasis de verdure au milieu des jungles de béton. Elle souhaite mieux comprendre les défis que pose l’accès aux espaces verts ainsi que son importance. Ces espaces favorisent la création de liens sociaux entre les gens, un sentiment d’appartenance et une appréciation pour les histoires et les pratiques liées à cette terre. C’est ce rêve qui a conduit à la création de la fondation Vancouver Urban Food Forest (VUFFF).

Créée en pleine pandémie, la fondation avait pour objectif de répondre au problème de l’isolement et de l’accès alimentaire dans un quartier comptant 34 000 habitant·es. Après avoir identifié ces besoins, et grâce au soutien d’Ami·es des parcs, la fondation a imaginé de créer une forêt nourricière qui servirait de havre de paix aux personnes Autochtones vivant en milieu urbain et aux résident·es à faible revenu. Son objectif était de démontrer que l’accès aux espaces verts et le droit de cultiver la terre sont des droits fondamentaux. 

Atelier sur les jardins d’herbes aromatiques, Burrard View Park, Vancouver.

C’est ainsi que la première forêt nourricière Autochtone appelée Chén̓chenstway Healing Garden a vu le jour dans le parc Oxford, à Vancouver. Hébergée dans le pavillon Burrard Park View Field House, la fondation n’a pas ménagé ses efforts jusqu’à présent, un gage certain de sa résilience.

Avec le soutien d’Ami•es des parcs, la VUFFF a pu organiser des ateliers de jardinage de plantes médicinales et d’autres événements pour soutenir, connecter et outiller les résident·es du quartier. Les personnes auparavant isolées ou réticentes à l’idée de jardiner ont trouvé un groupe de personnes bienveillantes qui valorise leur histoire et leurs expériences. Avec la création de jardins de plantes médicinales, d’activités artistiques et artisanales, et dans le cadre d’un dialogue ouvert, la fondation a déclenché une vague de changements positifs dans son quartier. 

Alors que nos villes modernes se caractérisent par des jungles de béton, Ami·es des parcs soutient des initiatives comme celle de la VUFFF – qui sont sources de connexion, d’autonomisation et de transformation pour les habitant·s. Elles nous rappellent que les parcs sont plus que de simples espaces publics : ils contribuent activement à l’épanouissement, au ressourcement et à la prospérité des habitant·es.

Jardin de guérison et forêt nourricière Autochtone de Chén̓chenstway, Oxford Park, Vancouver.

Lorsque nous imaginons des villes dynamiques, nous reconnaissons le rôle crucial que jouent des organisations locales comme la VUFFF et tenons à leur apporter notre soutien. Ces organisations ne se contentent pas de semer des graines pour susciter un changement, elles nourrissent aussi les liens qui nous unissent à la nature ainsi que les uns aux autres. 

Découvrez d’autres histoires inspirantes avec Nawal à Toronto et Geneviève à Montréal. Ces récits soulignent le travail remarquable accompli par des citoyen·nes engagé·es pour favoriser les liens sociaux et la résilience des habitant·es grâce aux parcs et aux espaces verts à travers le Canada.

Nawal mène une vie bien occupée. Dans son travail à temps plein, elle aide les personnes nouvellement arrivées au Canada à s’installer dans le pays. En dehors de son emploi et de sa vie de famille, elle travaille comme bénévole dans son quartier de Flemingdon, à Toronto.

Flemington est un quartier qui accueille nouvelles et nouveaux arrivant•es ayant élu domicile à Toronto. Cependant, nombre d’entre eux ont besoin d’aide pour s’adapter à leur nouvelle ville et joindre les deux bouts. Connaissant elle-même ces défis et animée par un esprit de solidarité, Nawal a cofondé l’organisme Flemingdon Community Support Services.

Corvée de nettoyage du parc de Flemingdon, Toronto.

Cette organisation dirigée par des bénévoles soutient les habitant·es en matière d’accès alimentaire, de logement et d’emploi. Après avoir passé des mois au service des habitant·es, une chose est devenue évidente pour Nawal. Elle a commencé à reconnaître une lacune importante, un problème récurrent auquel personne n’avait répondu jusqu’alors : la solitude. De nombreuses personnes dans le quartier se sentaient isolées et incroyablement seules. 

C’est pourquoi Nawal a contacté Ami·es des parcs pour lui proposer une idée.

Corvée de nettoyage du parc de Flemingdon, Toronto.

Bien qu’il s’agisse d’une zone dense avec des immeubles de grande et de petite taille où la plupart des résident·es ne possèdent pas de jardin, Flemingdon compte des parcs magnifiques et de grande taille. Aux abords de la vallée de la rivière Don, ces endroits font office d’espaces verts publics. Toutefois, ils sont sous-utilisés. Certaines personnes ne s’y sentent pas en sécurité, tandis que d’autres ont du mal à trouver le temps ou une raison de les fréquenter. 

Avide d’avoir un impact dans son quartier et de favoriser davantage de cohésion sociale, Nawal a collaboré avec Ami•es des parcs pour créer une rencontre hebdomadaire dans son parc sur les thèmes de la santé et du bien-être. Chaque semaine, des habitant·es de son quartier se rassemblent pour aborder divers sujets: ils échangent des recettes nutritives, relatent des histoires, apprennent une nouvelle danse ou font une promenade ensemble. Le groupe est basé sur les principes d’inclusivité et de bienveillance et se réunit régulièrement. Au fil du temps, cette rencontre s’est transformée en une plateforme sociale, où les participant·es nouent de nouvelles amitiés et acquièrent un profond sentiment d’appartenance. 

Nawal a un événement Arts in the Park, Flemingdon park, Toronto.

Récemment, une résidente a confié à Nawal qu’elle se sentait initialement nerveuse à l’idée d’y participer, mais qu’elle ne pouvait désormais plus se passer de ce rendez-vous hebdomadaire dans le parc, qui est devenu un espace bienfaisant pour sa santé mentale et un rayon de lumière durant la semaine. 

Découvrez d’autres histoires inspirantes avec Geneviève à Montréal et Marie-Pierre à Vancouver. Leurs récits soulignent le travail remarquable accompli par des citoyen·nes engagé·es pour favoriser les liens sociaux et la résilience des habitant·es grâce aux parcs et aux espaces verts à travers le Canada.

Pendant la première année de la pandémie de COVID-19, Geneviève a appris que le taux d’insécurité alimentaire montait en flèche à Montréal. Désireuse de changer les choses, elle a réfléchi à la manière de répondre durablement au problème de la faim dans son quartier et a décidé de créer un écosystème agricole vivant et pédagogique composé de trois jardins urbains. Ces espaces permettraient aux habitant·es de travailler main dans la main et de participer à la plantation et à l’entretien des jardins.

Vivant dans une zone urbaine de Montréal appelée Milton-Parc, elle savait que la tâche ne serait pas facile. Bien qu’il soit situé à proximité du mont Royal, le quartier manque cruellement de parcs publics et d’espaces verts. Au lieu d’améliorer les espaces verts existants pour répondre aux besoins des habitant·es, elle savait qu’elle devrait en créer de nouveaux. Après avoir passé des mois à frapper aux portes, elle a réussi à négocier trois zones pour y installer des jardinières surélevées, et même une serre. Elle a transformé ces espaces en terrains communaux et encouragé les habitant·es à s’investir dans des activités de jardinage – de la plantation des semences au désherbage en passant par la récolte d’herbes et de légumes à ramener chez soi – mais aussi en donnant aux gens les moyens de cultiver leurs propres plantes médicinales.

Geneviève Dubé et Michelle Della Corte, co-fondatrices de Jardins Pour Tous

Alors que l’intérêt des habitant•es pour ces jardins a grandi, Geneviève a pris de plus en plus conscience des problèmes plus profonds qui ont émergé après la pandémie. En plus de l’insécurité alimentaire, les habitant·es étaient confronté•es à des difficultés profondes comme l’isolement, le stress et la dépression. Geneviève a ainsi reconnu la nécessité de répondre à ces besoins de manière holistique. Elle a donc contacté Ami·es des parcs en lui proposant une idée afin d’améliorer le bien-être de ses voisin·es.

Elle souhaitait créer un sentiment de cohésion sociale et de confiance entre les habitant·es. En plus de favoriser leur accès alimentaire, Geneviève souhaitait créer un environnement propice au bien-être mental et aux liens sociaux.

Avec l’aide d’Ami•es des parcs, Geneviève a créé une série d’ateliers associant éducation aux plantes, bien-être mental et connexion avec la terre. Le premier événement s’est déroulé dans les jardins urbains de Notman, une oasis de verdure envahie par la végétation et dont l’accès était interdit au public. Celui-ci proposait un atelier de méditation, suivi d’un enseignement mené par une personne Autochtone sur les propriétés médicinales des plantes. 40 personnes ont ainsi assisté à l’événement et ont appris à voir le jardin comme une source de plantes médicinales. Ensemble, les participant•es ont appris à faire macérer de la mélisse et de l’écorce d’orange dans de l’eau pour améliorer l’humeur, la qualité du sommeil et la digestion. Ces participant•es ont touché, goûté et senti des herbes, suscitant autant de conversations que de découvertes.

Geneviève au jardin urbain Notman, Montréal

Récemment, une résidente a confié à Geneviève que l’atelier l’avait aidée à ressentir un sentiment d’appartenance et qu’elle avait créé des liens avec ses voisins et l’environnement; une expérience inédite pour elle. Elle a appris à identifier des plantes et leurs propriétés, ce qui lui a permis d’enrichir ses connaissances et de voir le monde qui l’entoure différemment. L’atelier l’a encouragée à travailler chaque semaine comme bénévole dans le jardin, une expérience qui est devenue indispensable dans sa vie. Au milieu de l’atmosphère urbaine bouillonnante de Montréal, les Jardins pour tous sont désormais plus qu’un jardin pour elle : ils sont devenus un havre de bien-être et un lieu de rencontre; un rendez-vous qu’elle attend avec impatience chaque semaine.

Découvrez d’autres histoires inspirantes avec Nawal à Toronto et Marie-Pierre à Vancouver. Ces récits soulignent le travail remarquable accompli par des citoyen·nes engagé·es pour favoriser les liens sociaux et la résilience des habitant·es grâce aux parcs et aux espaces verts à travers le Canada.