Alors que Dave Harvey prend sa retraite de son poste de co-dirigeant chez Ami·es des parcs, il revient sur le chemin parcouru depuis la fondation de l'organisation en 2011.
Découvrez comment Arts in the Parks transforme les espaces verts de Toronto en lieux vibrants de créativité — et comment Ami·es des parcs contribue à rendre cela possible.
Découvrez des événements inspirants menés par des groupes citoyens à travers le Canada, soutenus par notre programme de micro-bourses, allant de l'apprentissage lié au territoire aux randonnées nature et aux ateliers de partage de savoirs.
Dans le quartier Champlain Heights, à l’est de Vancouver, nous avons rencontré deux organisations qui mènent des efforts pour restaurer les forêts indigènes et tisser des liens au sein de leur quartier.
Découvrez nos des conseils pour organiser un événement dans un parc près de chez vous en période de canicule.
Le 5e Forum des ami·es des parcs de Montréal revient le 17 septembre autour du thème « Unir nos forces pour des parcs vivants et des quartiers solidaires ».
En faisant un don à Ami·es des parcs, vous contribuez à rendre les parcs plus vivants et accessibles à tout le monde.
À Vancouver, un exemple fascinant d’intendance environnementale en milieu urbain a pris racine dans le quartier de Champlain Heights.
Everett Crowley Park Committee (ECPC)* et Free the Fern Stewardship Society* sont deux associations environnementales. Elles travaillent en étroite collaboration pour protéger et revitaliser les écosystèmes de certaines forêts indigènes encore présentes dans l’est de Vancouver.
Leurs équipes, pour la plupart constituées de bénévoles, ont organisé des centaines d’événements d’éducation et d’intendance environnementales à succès. Leur travail repose sur des valeurs communes comme la réciprocité, la réconciliation et un profond engagement envers la terre.
Nous avons interrogé Damian Assadi et Evie Osborn d’ECPC, ainsi que Grace Nombrado de Free the Fern pour en savoir plus sur comment ils œuvrent à la fois pour les espaces naturels et les liens communautaires.
Damian : En fait, je suis né dans ce quartier. Il y a un espace vert qui s’appelle le parc Sparwood. J’allais y jouer tous les matins, et c’est là que j’ai appris les principes de l’intendance environnementale. J’adorais m’amuser sous les cèdres, autour des ronces remarquables et des arbustes à baies de cèdre. Un jour, je me suis rendu compte qu’une plante étrange poussait au pied d’une ronce remarquable. Dix ans plus tard, j’ai réalisé que cette dernière avait été tuée par une espèce envahissante appelée ronce d’Arménie. Déterminé à faire quelque chose, j’ai contacté ECPC et j’ai proposé mon aide en tant que bénévole.
Evie : On dit toujours pour blaguer que le parc Everett Crowley, c’est un peu comme le jardin de Damian. Si vous le cherchez, il est probablement dans le parc. Je suis originaire du Royaume-Uni. Quand je suis arrivée ici il y a quelques années, je me suis rapidement investie dans l’intendance environnementale. Pour moi, c’est une façon de m’ancrer dans un lieu que de le découvrir à travers ses milieux naturels, ses espèces et ses habitats. Je suis venue pour la première fois au parc Everett Crowley pour un événement visant à planter des espèces végétales. Tout le monde a été tellement accueillant et chaleureux. Je me souviens d’avoir discuté avec Damian qui m’a grandement encouragée à participer aux activités. Cela fait plus d’un an maintenant que je travaille avec le comité. Je suis impressionnée par la chaleur humaine et l’enthousiasme de tout le monde.
Grace : Mon travail avec Free the Fern s’est fait de manière très spontanée. Après une tempête au début de l’année 2021, je me promenais sur un des sentiers du quartier Champlain Heights. J’étais en train de déblayer des branches tombées par terre quand j’ai remarqué que du lierre envahissait le secteur. Ayant déjà travaillé comme bénévole au parc Everett Crowley, j’étais consciente des dégâts que cela pouvait causer, alors j’ai commencé à enlever le lierre avec un voisin. Des résident·es qui passaient par là nous ont demandé ce que nous faisions et s’ils pouvaient nous aider. C’est ainsi que Free the Fern est née. En taillant des ronces, j’ai dégagé une fougère dissimulée en dessous et me suis écriée « Free the fern ! » [Libérons la fougère !]. Le nom est resté. Ce qui avait commencé comme une initiative spontanée de défrichage a complètement réorienté ma carrière. Aujourd’hui, nous sommes une organisation sans but lucratif.
Damian : Le parc Everett Crowley était autrefois utilisé comme décharge municipale. Avant cela, il y avait à cet endroit une forêt ancienne gérée par les peuples salish de la côte et située à proximité d’un ancien village appelé Tsukhulehmulth. C’est un contexte clé dans l’histoire de l’intendance du lieu qui s’est perpétuée au fil du temps. Quand la décharge a été fermée en 1967, une proposition a été émise d’agrandir le terrain de golf adjacent de 19 trous à 27 trous, ou de construire un réseau ferroviaire miniature. Toutefois, des résident·es ainsi que des amoureux et amoureuses de la nature ont fait campagne auprès de la commission des parcs pour en faire un espace naturel. C’est ainsi qu’a vu le jour ECPC, en tant que sous-comité de la Champlain Heights Community Association, sa mission étant d’en faire une réserve naturelle urbaine.
Grace : Jusque dans les années 1970, la zone à l’est du parc Everett Crowley était encore une forêt dense. Heureusement, pendant les plans de réaménagement du quartier de Champlain Heights, la municipalité a décidé de conserver une bande de cette forêt ancienne pour en faire un sentier pédestre. Les activités d’intendance aux abords de ces sentiers sont cruciales, car on y trouve de nombreuses espèces de plantes indigènes utilisées traditionnellement comme nourriture et remèdes. Ils servent aussi d’habitats aux aigles, chouettes, chauves-souris, grands pics et à bien d’autres animaux ! Toutefois, beaucoup d’espèces de plantes envahissantes menacent de coloniser ces sentiers. Voilà pourquoi nous avons besoin d’un programme d’intendance environnementale comme celui de Free the Fern.
Damian : Nous sommes le seul quartier de l’est de Vancouver avec 30 % de couverture arborée. En général, la couverture arborée reflète le niveau de revenu du quartier en question. Toutefois, notre quartier déroge à la norme, car nous disposons d’une bonne quantité d’arbres, mais aussi de logements sociaux et destinés aux personnes à faibles revenus. Contrairement à la majeure partie de la ville, la forêt a été préservée pendant le développement urbain des années 1970. Aujourd’hui, il ne reste que 4 % de forêt dans toute la ville de Vancouver et nous en faisons partie. Cette oasis verte incite les gens à en prendre soin parce que c’est un endroit unique.
Grace : Notre quartier ressemble à un grand parc. Le parc Everett Crowley et les sentiers de Champlain Heights sont uniquement séparés par une route.
Je dis toujours « les oiseaux ne connaissent pas de frontières ». Ainsi, ce qui est bon pour le parc ou le réseau de sentiers est bon pour nous.
Grace, Free the Fern
Par exemple, quand nous cherchons des subventions, nous faisons aussi passer le message autour de nous. Même si une seule organisation parmi nous se voit attribuer une subvention, c’est tout le quartier qui en profitera. Se faire concurrence ne sert à rien, car nous partageons les mêmes ambitions et les mêmes valeurs.
Damian : Je considère ECPC et Free the Fern comme des organisations cousines, faisant partie d’une grande communauté ou d’une grande famille. Notre quartier est unique, car deux organisations environnementales locales y ont vu le jour. Je pense que ce n’est pas une coïncidence. Cela reflète la corrélation qui existe entre nos programmes et nos activités d’intendance.
Grace : Je voulais d’ailleurs citer le festival des lanternes Light up the Night à Champlain Heights. Free the Fern organise l’événement depuis quatre ans, mais l’hiver dernier, nous avons collaboré avec ECPC pour la première fois. Son équipe nous a aidés pour la mise en place et aussi en soutenant les artistes fabriquant les lanternes. C’était l’un de nos festivals les plus réussis, et ce, grâce à ce partenariat.
Damian : Nous prenons le temps de créer des liens avec les gens.
Nous pensons que chaque personne qui assiste à nos événements a quelque chose à apprendre, et chaque personne nous apprend aussi des choses.
Damian, Everett Crowley Park Committee
Grâce au soutien d’Ami·es des parcs et d’autres organismes, nous pouvons nous développer en mettant en œuvre ces ambitions collectives. Nous disposons de multiples sous-comités qui correspondent aux intérêts de nos membres. Nous nous sommes organisé·es collectivement afin de mettre en valeur ces savoir-faire. Je dis souvent « Nous aimons rêver, mais nous savons aussi passer à l’action. »
Evie : Depuis l’an dernier, notre comité est passé de 5 personnes à 11. Nous avons aussi remarqué que le public présent à nos événements était de plus en plus varié et représentait davantage la population de Champlain Heights. De plus, nous constatons une plus grande diversité dans l’âge des participant·es (avec davantage de personnes plus jeunes), mais aussi dans leurs origines raciales et ethniques. Nous bénéficions aussi de nouvelles compétences, notamment dans la réalisation de vidéo documentaires, la recherche environnementale et la gestion d’une organisation à but non lucratif. De même, davantage de résident·es du quartier décident de nous rejoindre. L’an dernier, nous avons organisé 69 événements. En 2025, nous en avons organisé 45 durant les premiers mois de l’année.
Des gens viennent souvent nous voir avec une idée ou une ambition qu’ils souhaitent mettre en œuvre. Nous avons la chance d’avoir la flexibilité nécessaire pour leur apporter notre soutien. Les financements octroyés par Ami·es des parcs nous aident à assurer la logistique permettant aux bénévoles de mener les activités qui les passionnent. Notre programme sur l’ornithologie en est un bon exemple : l’un de nos bénévoles de longue date a fait équipe avec une autre personne pour en faire une réalité. Celui-ci est extrêmement populaire, et les listes d’attente dépassent souvent les capacités de 200 %. Chaque mois, cinq animateurs et animatrices ayant des connaissances sur les oiseaux dirigent désormais des marches guidées. Celles-ci sont adaptées aux débutant·es et favorisent les échanges, offrant à chaque personne la possibilité de s’exprimer. Tous les mois, nous organisons aussi un petit recensement des oiseaux pour en dresser l’inventaire et offrir une expérience de terrain aux personnes intéressées par l’écologie. Nous transmettons ensuite nos données à la municipalité.
Grace : Dans le cadre de la politique de Free the Fern sur l’équité, la diversité et l’inclusion, que nous avons adoptée en août 2024, nous encourageons les bénévoles de tous horizons à occuper des postes à responsabilités lors de nos événements. Ces bénévoles en charge nous aident à accueillir les autres bénévoles, dirigent une activité de bienvenue, supervisent les activités d’intendance environnementale et participent au nettoyage après l’événement. Le fait que des bénévoles avec différents profils assument des rôles de leader permet aux personnes appartenant à des groupes marginalisés de se sentir représentées, valorisées et motivées à participer.
Grace : Depuis la création de notre organisation, nous avons fait en sorte d’engager des personnes autochtones pour transmettre leurs savoirs pendant nos ateliers et promenades. En 2023, la Fondation David Suzuki et l’Initiative nationale Forêts de la guérison ont reconnu notre jardin pédagogique Douglas Fir comme « forêt de guérison », c’est-à-dire un endroit reconnaissant les préjudices subis et contribuant à y remédier. Notre aînée en résidence, Marge Wiley de la Nation Tl’azt’en, nous a dit que le jardin lui procurait un réel sentiment de paix et qu’elle le fréquentait quasiment tous les jours. C’est exactement ce que nous espérions : créer un espace de guérison.
Les changements climatiques menacent de nombreux cèdres peu habitués au climat sec. Avec l’aide du personnel municipal en charge des forêts, nous avons coupé des arbres et avec d’autres bénévoles, nous les avons roulés sur le sentier. Nous avons bien ri en essayant de faire rouler tous ces troncs ! Nous avons aussi engagé John Spence, un sculpteur squamish, et son fils pour sculpter ces troncs et créer un cercle sacré. C’est devenu notre lieu de rassemblement, où les enfants viennent pour apprendre.
De plus, nous avons créé un comité sur la diversité. Celui-ci se réunit tous les mois pour coordonner l’élaboration de programmes inclusifs, notamment sur la réconciliation avec les peuples autochtones. J’ai moi-même beaucoup appris, et je m’efforce toujours d’indiquer la source de ces connaissances. Lorsque je partage ce savoir, j’aborde les usages traditionnels des plantes qu’on m’a enseignés. Non loin de là, nous avons une forêt nourricière, inspirée par les traditions des peuples salish de la côte qui établissaient des cultures agricoles près des villages. Nous y avons installé un panneau avec des explications sur l’histoire du lieu et les plantes, et des photos pour permettre aux gens d’en savoir plus.
Evie : Après avoir tiré des enseignements du formidable travail de Free the Fern sur sa politique d’équité, de diversité et d’inclusion, ECPC a décidé d’élaborer sa propre politique en se concentrant sur la réconciliation avec les peuples autochtones. Nous disposons désormais d’un budget dédié à ces activités. Ceci comprend le recrutement d’animateurs et animatrices autochtones pour guider les promenades, des séances d’identification des plantes et des ateliers abordant l’histoire autochtone du parc et les activités actuelles. La réconciliation se traduit aussi par des activités de restauration environnementale, en plantant des espèces végétales autochtones et en communiquant leur nom et leur utilisation autochtones quand nous le pouvons.
Damian : Notre Jardin de guérison a permis de transformer une zone envahie par les ronces d’Arménie en un espace où poussent des espèces endémiques qui attirent les pollinisateurs. Ces plantes sont comestibles et possèdent des propriétés médicinales, mais ont aussi une grande importance culturelle pour les Premières Nations du secteur. Voilà pourquoi notre jardin porte le nom de « Jardin de la guérison ».
Nous faisons en sorte de poser des gestes concrets et que ceux-ci soient au cœur de tout ce que nous faisons. Nous veillons à mettre en pratique nos valeurs en dépassant la simple énonciation d’une reconnaissance de territoire. Nous lançons un appel permanent à toute personne détentrice de savoirs pour qu’elle vienne à notre rencontre. Il est arrivé que des personnes autochtones participant à nos événements nous fassent part de connaissances que nous ignorions auparavant. Nous nous réjouissons de bénéficier d’un environnement favorisant ce partage de savoirs.
Mon souhait est que nous remplissions notre mission d’intendance du parc Everett Crowley en tant que réserve naturelle urbaine. J’espère aussi que les valeurs de notre comité continueront d’être portées par nos membres. Enfin, je souhaite que nos programmes continuent de refléter les intérêts de notre public.
Notre ambition est collective, portée par les usagères et usagers de ces parcs. Elle est guidée par l’intendance environnementale et ancrée dans la réciprocité et le respect, tout en faisant briller au mieux les qualités de toutes et tous.
Cette contribution d’Emily Rendell-Watson s’inscrit dans le cadre du projet « 10 ans ensemble dans les parcs urbains ». Cette série est réalisée avec le soutien de Dylan Reid* et est illustrée grâce aux croquis de Jake Tobin Garrett*.
Edmonton, ou Amiskwaciy Waskahikan*, accueillera bientôt le premier site cérémoniel Autochtone urbain du Canada.
Kihciy askiy*, qui veut dire « terre sacrée » en langue cri, est situé au cœur de la capitale de l’Alberta sur un site de 4,5 hectares dans le parc Whitemud*. Le parc, qui se trouve dans la vallée fluviale d’Edmonton, vise à offrir aux personnes Autochtones un lieu pour se réunir à l’occasion de cérémonies et dans des huttes de sudation, cultiver des herbes médicinales et vise à transmettre la culture Autochtone aux personnes non Autochtones.
« Nous sommes aujourd’hui dans une ère de réconciliation et devons tâcher d’établir des relations positives avec les colons. Cette initiative va donc nous permettre de faire un grand pas dans cette direction », explique Lewis Cardinal, responsable du projet et membre du Indigenous Knowledge & Wisdom Centre (IKWC)*.
« Nous faisons face encore aujourd’hui au racisme et à la discrimination. Toutefois, une grande partie de ces problèmes vient de l’ignorance, ou simplement du fait de ne pas connaître les traditions des gens et d’être mal informé. Cette initiative permettra aux gens de se familiariser directement et de manière personnelle . »
Lewis Cardinal
Selon Lewis Cardinal, il sera également important que le centre serve de lieu de rassemblement aux personnes Autochtones de la région, en particulier pour celles qui cherchent à se rétablir après avoir connu la toxicomanie, des abus ou d’autres traumatismes.
« Ceci peut permettre de transformer ces situations en quelque chose de très positif, en rendant les gens plus forts et en resserrant les liens humains », dit-il.
En collaboration avec l’IKWC et la Ville d’Edmonton, le projet a été initialement proposé en 2006 par Lewis Cardinal et William Campbell, un aîné Autochtone, dans le but d’accueillir des cérémonies Autochtones dans la ville.
Le terrain sur lequel sera construit kihciy askiy se trouve dans l’ouest d’Edmonton sur l’ancienne propriété de Fox Farms. Dans le passé, les Autochtones s’y arrêtaient pour la nuit avant d’entrer dans la ville pour y cueillir des amélanches. Selon la tradition orale, il existerait un important gisement d’ocre à l’est de kihciy askiy, de l’autre côté de Whitemud Creek. L’ocre faisait autrefois partie des éléments clés des cérémonies Autochtones. Ceux-ci la mélangeaient à des baies et à des pigments pour créer différentes couleurs.
Au fil des années, des cérémonies se sont tenues sur ce site, notamment lors de la conférence internationale Autochtone « Healing Our Spirit Worldwide »* . Néanmoins, à chaque fois que la communauté Autochtone voulait utiliser le terrain, elle devait demander une autorisation à la Ville, explique Lewis Cardinal. Les aînés qui ont organisé la conférence se sont donc demandé s’il leur serait possible d’avoir un accès permanent à un terrain dans le centre de la ville.
Afin de concrétiser cette initiative via des négociations plus formelles avec la municipalité, Lewis Cardinal, William Campbell et un groupe d’aînés ont ainsi créé l’organisation à but non lucratif Edmonton Indigenous Cultural Resource Counsel.
Étant donné que certains étaient favorables à l’organisation de cérémonies dans la ville et que d’autres non, l’organisation a donc décidé en 2010 de réunir 120 aînés Autochtones venant de toute l’Alberta pour discuter pendant trois jours de cette idée. Ce groupe a également réfléchi au type de cérémonies pouvant être organisées dans une ville, et aux différents sites potentiels.
D’après Lewis Cardinal, « la réponse à la première question était : “oui, les familles, les jeunes et toutes les personnes Autochtones vivant dans les centres urbains doivent avoir accès à des cérémonies, car dans un avenir proche, c’est là que la plupart vivront. Ils doivent donc avoir accès à des activités culturelles et à des cérémonies dans un environnement respectueux de la Terre Mère” ».
« En d’autres termes, on ne peut pas organiser des cérémonies sur le stationnement d’un Walmart. »
Le projet a finalement été repris par l’organisation Native Counselling Services of Alberta (NCSA)*, ce qui a permis d’assurer un dialogue continu entre les parties prenantes et de créer un conseil des aînés* chargé de collaborer avec l’équipe pour la conception et la construction du site, et de veiller au respect des principes spirituels et culturels du projet.
En mai 2015, puis en octobre 2018, le NSCA a organisé des réunions du grand conseil pour les chefs spirituels Autochtones de la région d’Edmonton au Alfred H. Savage Centre afin d’étudier et d’approuver le concept, de passer en revue les protocoles de cérémonie sur le site et d’aborder dans les grandes lignes les besoins cérémoniels et spirituels des Autochtones de la région.
En 2018, le NCSA a fait l’objet d’une réorganisation structurelle, et la décision a été prise de transférer le projet à l’IKWC, se souvient Lewis Cardinal. C’est à ce moment-là qu’on lui a demandé de le gérer à plein temps.
« J’ai toujours entendu les aînés dire qu’il nous incombe de réaliser nos rêves et nos ambitions. Ainsi, qu’il s’agisse de concrétiser un rêve et une ambition pour soi-même ou pour un groupe de personnes, nous devons ressentir le même engagement. Je me réjouis de pouvoir à nouveau participer au projet et de travailler avec les aînés pour en arriver à ce stade. »
L’un de ces aînés est Howard Mustus, président du Conseil des aînés de kihciy askiy et gardien du savoir traditionnel. Il espère que le projet contribuera à réduire le racisme, à mesure que les personnes non Autochtones assimilent et acceptent les traditions et la culture Autochtones.
« Nous encourageons les personnes non Autochtones à participer avec nous aux cercles sacrés et à en apprendre davantage sur la loi Autochtone. Celle-ci est ancrée dans la spiritualité, un aspect très important pour notre peuple. Il s’agit de la plus haute autorité qui dicte la manière dont nous devons nous comporter et fonctionner en tant que société, en nous basant sur les principes holistiques de la bienveillance et du partage », explique Howard Mustus.
En septembre 2021, une cérémonie de bénédiction de la terre* (au lieu de la cérémonie marquée par le premier coup de pioche) a été organisée pour célébrer le début des travaux et reconnaître les liens entre toutes les parties prenantes participant au projet kihciy askiy, dont le budget s’élève à 4,5 millions de dollars. Cette cérémonie a aussi été l’occasion de « demander la permission à la Terre Mère de lancer les travaux », et ce, en nouant des rubans aux branches d’un arbre afin de symboliser les liens avec la terre et le respect envers celle-ci.
Mené par Delnor Construction, l’aménagement du terrain a officiellement commencé à la mi-novembre et devrait durer entre 18 et 24 mois.
Les liens qui se sont noués dans le cadre de ce projet ont joué un rôle crucial pour la réussite de kihciy askiy jusqu’à présent, notamment en guidant la manière dont le site sera aménagé.
Nav Sandhu, responsable des programmes de la Ville d’Edmonton, explique que les marchés publics à caractère social lancés par la Ville demandaient aux prestataires de services posant leur candidature de montrer comment leurs équipes ou leurs sous-traitants associeraient les groupes Autochtones au processus. Pour ce faire, une personne Autochtone chargée des ressources humaines a été embauchée, et les services d’entreprises Autochtones ont été retenus pour s’occuper des aspects liés à la mécanique et aux aménagements paysagers du projet.
« Les marchés publics à caractère social sont relativement nouveaux dans le secteur de la construction, et je pense que nous irons de plus en plus dans cette direction. C’est formidable de voir la Ville agir comme chef de file et veiller à ce que les partenaires et les bénéficiaires du projet aient voix au chapitre en pouvant exprimer leurs attentes. »
Nav Sandhu
« Les projets qui, comme celui-ci, ont des répercussions sociales aussi importantes, requièrent un certain niveau de collaboration. »
Le processus de conception a également nécessité l’obtention d’un consensus de la part des représentants de plus de 50 groupes Autochtones qui pourront utiliser le site, ainsi que l’adaptation de plusieurs politiques relatives aux parcs afin de permettre l’aménagement de la vallée fluviale d’Edmonton et l’accès à la zone pour les activités culturelles Autochtones.
En tant que propriétaire du terrain, la Ville construira sur kihciy askiy deux bâtiments qui abriteront des vestiaires, des toilettes, une petite salle de classe dédiée à l’éducation environnementale, un espace de réunion ainsi qu’un entrepôt. Le site comptera également un amphithéâtre en plein air.
Selon Lewis Cardinal, l’objectif est de donner au site un caractère naturel, « en évitant d’y laisser une empreinte trop importante ».
Le site disposera d’une zone pouvant accueillir entre 10 et 12 tipis ou tentes trappeurs, dans lesquels des conteurs pourront raconter des histoires.
Deux foyers extérieurs permettront de faire fonctionner simultanément deux huttes de sudation, avec une capacité d’accueil pour huit personnes au total. En tant que lieux dédiés aux cérémonies, les huttes de sudation font partie intégrante de la culture Autochtone et seront particulièrement cruciales pour les groupes Autochtones de la région d’Edmonton qui possèdent un large éventail de traditions autour de cette pratique de purification.
« Les personnes opérant des huttes de sudation actuellement ont reçu des enseignements différents de ceux de leurs ancêtres, ou de ceux qui leur ont transmis ce savoir. Nous devons donc veiller à ce que toutes ces personnes puissent y avoir accès », explique Lewis Cardinal.
Une fois que le projet kihciy askiy sera terminé, les groupes Autochtones d’Edmonton ne seront plus obligés de se rendre à la bande de Paul ou à la Première Nation d’Enoch ou d’Alexander pour avoir accès à une hutte de sudation.
Le troisième élément, qui explique le choix de ce site, sera un jardin médicinal qui s’inspirera des remèdes traditionnels existant dans la vallée fluviale. Ce jardin sera utilisé comme lieu d’enseignement, et aussi pour les aînés afin qu’ils puissent récolter de la sauge, du tabac et du foin d’odeur, par exemple.
Enfin, un espace polyvalent offrira un lieu supplémentaire pour accueillir des cérémonies Autochtones ainsi que d’autres structures traditionnelles qui pourraient voir le jour pour honorer certaines traditions des Premières Nations.
« Cet endroit permettra également de dispenser un enseignement aux personnes non Autochtones, de les accueillir dans nos cérémonies et de leur parler de notre vision du monde et de notre histoire. Ces espaces représenteront d’excellentes plateformes d’enseignement », déclare Lewis Cardinal. Et d’ajouter que le site offrira également un « programme ouvert », dans le cadre duquel les huttes de sudation seront ouvertes au public.
« L’objectif global du site est de favoriser une bonne entente, d’aider les Autochtones à se reconnecter à la terre et aux enseignements qui en découlent, ainsi qu’à leur culture, leurs traditions et leur histoire. »
Les organisations et agences Autochtones pourront également se servir du site pour y offrir leurs propres programmes culturels.
Le seul autre parc que Lewis Cardinal connaît qui ressemble de près ou de loin à kihciy askiy est l’aire culturelle Autochtone du parc national Jasper. Cette zone aménagée par le Forum des Autochtones du parc national de Jasper et Parcs Canada est un endroit réservé aux partenaires Autochtones afin qu’ils puissent renouer avec la terre, l’apprentissage culturel et les cérémonies.
Ouvert aux membres du Forum à partir de juin 2013, le site est fermé au grand public afin d’en assurer l’intimité.
Une fois la construction de kihciy askiy terminée, l’IKWC sera responsable de sa gestion. Les gens pourront s’y rendre par divers moyens de transport, y compris en autobus – un facteur important pour déterminer l’emplacement du site, explique Lewis Cardinal.
Selon Lewis Cardinal, Howard Mustus et Nav Sandu, le site constituera un pilier important pour la communauté Autochtone de la région d’Edmonton, en leur permettant de maintenir un lien avec leurs traditions. Les partenariats ayant joué un rôle essentiel dans l’aménagement du site se poursuivront, et nous espérons que de nouveaux se formeront entre les groupes Autochtones qui l’utilisent et les personnes non Autochtones désireuses d’en savoir plus sur eux.
« Kihciy askiy constituera un havre de paix pour les gens. Selon moi, ceci ne sera pas le dernier (projet de ce type); je pense qu’une tendance va émerger dans les années à venir… afin de combler ces lacunes », déclare Nav Sandhu.
« Selon moi, il s’agit d’un pas important et nécessaire en faveur de la vérité et de la réconciliation. »
Emily Rendell-Watson est une journaliste multimédia basée à Edmonton qui est actuellement responsable éditoriale et responsable de la communauté de Taproot Edmonton, une publication qui cherche à aider sa communauté à mieux se comprendre.
Elle écrit sur l’innovation technologique, les problèmes urbains, le changement climatique et tout ce qui tombe sur son bureau. Lorsqu’elle ne poursuit pas une histoire, vous pouvez la trouver en train de faire du patinage de vitesse ou de s’aventurer dans l’arrière-pays avec son chien de sauvetage, Abby.
Chez Ami·es des parcs, nous pensons que les parcs peuvent jouer un rôle essentiel dans la réconciliation et la décolonisation.
À travers le pays, des projets visant à rétablir la confiance, à partager des connaissances et à développer de véritables partenariats entre les Premières Nations et les colons grâce aux parcs représentent de belles sources d’inspiration. À cet égard, citons la Ville de Quesnel, en Colombie-Britannique, qui a restitué la propriété du parc Tingley à la Première nation Lhtako Dene*, ou bien l’accord entre la Nation Tsleil-Waututh et les parcs régionaux de Metro Vancouver.
En tant qu’organisation nationale défendant les parcs urbains, nous reconnaissons que, lorsque nous parlons des parcs municipaux et des terrains publics, nous occultons le fait que, dans la plupart des cas, il s’agit de territoires autochtones traditionnels. Voilà pourquoi notre reconnaissance du territoire figure sur notre site web ainsi que dans tous nos événements.
Dans le cadre de notre propre cheminement, nous aimerions vous faire part de ce que nous avons appris lors de l’élaboration de notre reconnaissance de territoire.
Il est essentiel que votre groupe fasse des recherches approfondies pour se renseigner sur les questions autochtones à l’échelle mondiale, nationale, régionale et municipale.Cherchez à savoir sur quels territoires se trouve votre parc et quels traités ou pactes étaient censés régir pacifiquement ces terres. Utilisez nativeland.ca comme point de départ.Vous trouverez peut-être des renseignements contradictoires sur les droits fonciers territoriaux. Adressez-vous au bureau du conseil de bande de votre localité, au Bureau des affaires autochtones municipal, à un Centre d’amitié autochtone*, ou à un groupe universitaire autochtone pour comprendre l’histoire et les droits associés à ce territoire.
Organisez une discussion avec votre groupe concernant votre future reconnaissance de territoire et vos objectifs de réconciliation en général.Incitez vos membres à faire part des reconnaissances de territoire qui les ont marqués pendant d’autres événements, des informations et des nouvelles qu’ils ont lues, ainsi que de leurs idées. Ceci permettra d’amorcer un dialogue en vue de façonner les perspectives de votre groupe et de le mobiliser dans ce sens. Ces conversations vous aideront également à identifier des chefs de file potentiels dans votre groupe pouvant orienter les futures activités en matière de réconciliation.
Lire une reconnaissance de territoire générique que vous ne comprenez pas ou avec laquelle vous ne ressentez aucun lien ne contribuera pas à faire avancer les objectifs de vérité et de réconciliation. Avec votre groupe, rédigez une reconnaissance de territoire qui reflète l’histoire unique et le caractère contemporain de votre parc.
Réfléchissez à la manière dont cette reconnaissance de territoire peut informer et faire réfléchir les personnes qui l’écoutent, et ce, bien après la fin de l’événement.
Rédiger une reconnaissance de territoire représente une occasion pour votre groupe de déclarer publiquement son engagement à œuvrer en faveur d’une alliance avec les Premières Nations. Elle contribue à défendre le démantèlement des systèmes coloniaux qui continuent d’opprimer les peuples autochtones, en niant leurs droits fonciers et leur mode de vie.Ajoutez à votre reconnaissance de territoire un engagement concernant la manière dont votre groupe traduira ces paroles en actes. Trouvez des moyens concrets pour permettre à votre groupe d’avoir un impact sur ces activités complexes et en cours.
Quand vous aurez le sentiment d’avoir fait suffisamment de recherches et d’avoir rédigé une reconnaissance de territoire satisfaisante, songez à la soumettre à une personne respectée au sein d’une communauté autochtone près de chez vous pour obtenir son avis.Respectez son temps et n’attendez pas d’éloges pour votre geste préliminaire. Profitez de cette occasion pour exprimer votre volonté de collaborer avec cette communauté sur le thème de la décolonisation.
Envisagez d’inviter des organisations autochtones à assister et à participer aux événements et rassemblements de votre groupe quand la situation le permet.
Prévoir la manière de rémunérer les personnes qui donnent de leur temps et partagent leur expertise et leurs connaissances.
Utilisez ces excellentes ressources pour réaliser les prochaines étapes de votre travail de décolonisation dans les parcs :
Ce webinaire explore les obstacles et les opportunités pour transformer les parcs en lieux naturels de rencontre et d’engagement au-delà des différences.
Le nom du webinaire vient de Jay Pitter, titulaire d’une Maîtrise en sciences de l’éducation et cocréatrice primée d’espaces publics [placemaker] dont le travail vise à atténuer les divisions croissantes qui existent dans les villes nord-américaines.
Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.
Ambika suit un doctorat à la faculté Daniels de l’Université de Toronto. Ses recherches portent sur la manière d’encourager les…
Fièrement franco-Albertain, Chúk est incroyablement passionné par les interactions entre la culture, la santé et l’environnement. Dehors son travail chez…
Zahra est conceptrice et stratège d’intérêt public dont l’objectif est que les personnes généralement sous-représentées aient leur mot à dire…
Ami·es des parcs a le plaisir de lancer son Rapport 2024 sur les parcs urbains du Canada, notre sixième édition mettant en lumière les tendances, enjeux et pratiques qui façonnent les parcs de nos villes.
Visionnez le webinaire de lancement du rapport avec les auteures pour en savoir plus sur les résultats de notre recherche :
Le webinaire offre une réflexion enrichissante sur l’avenir des parcs urbains, avec des intervenantes de la Ville de Victoria et de l’Alliance pour les espaces verts. Nous abordons les possibilités et les défis liés à la collaboration et aux partenariats, notamment entre les services municipaux, les acteurs et actrices communautaires ou encore les organisations à but non lucratif.
Ce webinaire se déroule en anglais avec interprétation simultanée en français. Vous pouvez également visionner la vidéo en anglais avec des sous-titres français automatisés en cliquant ici.
Adri Stark se spécialise dans la recherche et les politiques pour Ami·es des parcs, et corédige le Rapport annuel sur…
Joy est responsable de la recherche et des partenariats à Ami·es des parcs. Elle est chargée de la recherche à…
Julia est coordonnatrice des systèmes alimentaires pour la Ville de Victoria. Avant d’occuper ce poste, elle a travaillé pendant plus…
Née à Ottawa, Nicole DesRoches vit désormais à Chelsea, au Québec. Habitant dans la région de la Capitale nationale, elle…
Aujourd’hui, Ami·es des parcs a le plaisir de lancer son sixième Rapport sur les parcs urbains du Canada, qui sera la dernière édition de ce rapport dans sa forme actuelle : Combler le fossé : comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.
L’an dernier, nous avons cherché à comprendre en profondeur ce qui trottait dans la tête des gestionnaires des parcs à travers le pays. Nous avons donc interrogé plus de 44 cadres supérieurs au sein de 30 municipalités sur les tendances et les défis qui caractérisent leur secteur. L’un des enseignements clés qui en est ressorti était la nécessité de trouver un moyen de collaborer plus efficacement en vue d’atteindre les nombreux objectifs fixés pour les parcs.
Le rapport de cette année approfondit donc cet enseignement en mettant en lumière des exemples de collaboration à l’échelle nationale et en recueillant des données provenant de 35 municipalités canadiennes, de plus de 2 500 citadin·es, ainsi que d’entretiens réalisés avec le personnel et des spécialistes des parcs.
Ce processus nous a permis de déterminer six enseignements clés relatifs à la collaboration et aux partenariats :
Dans ce rapport, vous trouverez :
Si vous souhaitez aller plus loin dans l’étude de ce rapport, inscrivez-vous à notre webinaire de lancement. Celui-ci comprendra une discussion animée sur les principales conclusions du rapport ainsi que des orientations pour l’avenir des parcs urbains. Ce webinaire d’une heure se tiendra le mercredi 27 novembre à 15 h (HNE).
Marie-Pierre est une visionnaire qui milite pour la création d’oasis de verdure au milieu des jungles de béton. Elle souhaite mieux comprendre les défis que pose l’accès aux espaces verts ainsi que son importance. Ces espaces favorisent la création de liens sociaux entre les gens, un sentiment d’appartenance et une appréciation pour les histoires et les pratiques liées à cette terre. C’est ce rêve qui a conduit à la création de la fondation Vancouver Urban Food Forest (VUFFF).
Créée en pleine pandémie, la fondation avait pour objectif de répondre au problème de l’isolement et de l’accès alimentaire dans un quartier comptant 34 000 habitant·es. Après avoir identifié ces besoins, et grâce au soutien d’Ami·es des parcs, la fondation a imaginé de créer une forêt nourricière qui servirait de havre de paix aux personnes Autochtones vivant en milieu urbain et aux résident·es à faible revenu. Son objectif était de démontrer que l’accès aux espaces verts et le droit de cultiver la terre sont des droits fondamentaux.
C’est ainsi que la première forêt nourricière Autochtone appelée Chén̓chenstway Healing Garden a vu le jour dans le parc Oxford, à Vancouver. Hébergée dans le pavillon Burrard Park View Field House, la fondation n’a pas ménagé ses efforts jusqu’à présent, un gage certain de sa résilience.
Avec le soutien d’Ami•es des parcs, la VUFFF a pu organiser des ateliers de jardinage de plantes médicinales et d’autres événements pour soutenir, connecter et outiller les résident·es du quartier. Les personnes auparavant isolées ou réticentes à l’idée de jardiner ont trouvé un groupe de personnes bienveillantes qui valorise leur histoire et leurs expériences. Avec la création de jardins de plantes médicinales, d’activités artistiques et artisanales, et dans le cadre d’un dialogue ouvert, la fondation a déclenché une vague de changements positifs dans son quartier.
Alors que nos villes modernes se caractérisent par des jungles de béton, Ami·es des parcs soutient des initiatives comme celle de la VUFFF – qui sont sources de connexion, d’autonomisation et de transformation pour les habitant·s. Elles nous rappellent que les parcs sont plus que de simples espaces publics : ils contribuent activement à l’épanouissement, au ressourcement et à la prospérité des habitant·es.
Lorsque nous imaginons des villes dynamiques, nous reconnaissons le rôle crucial que jouent des organisations locales comme la VUFFF et tenons à leur apporter notre soutien. Ces organisations ne se contentent pas de semer des graines pour susciter un changement, elles nourrissent aussi les liens qui nous unissent à la nature ainsi que les uns aux autres.
Découvrez d’autres histoires inspirantes avec Nawal à Toronto et Geneviève à Montréal. Ces récits soulignent le travail remarquable accompli par des citoyen·nes engagé·es pour favoriser les liens sociaux et la résilience des habitant·es grâce aux parcs et aux espaces verts à travers le Canada.
Ami·es des parcs lance le Rapport 2023 sur les parcs urbains du Canada, le cinquième rapport annuel mettant en évidence les tendances, les défis et les pratiques façonnant les parcs des villes à travers le Canada.
Visionnez l’enregistrement du webinaire pour rencontrer les personnes à l’origine du rapport et explorer :
Ce webinaire contient une discussion animée sur les principales conclusions du rapport et les orientations futures pour les parcs des villes du Canada.
Cette discussion réunit Adri Stark et Jake Tobin Garett, co-auteur•es du rapport, et est animée par Selina Young, membre du Conseil d’Administration d’Ami•es des parcs et Directrice du Bureau des Affaires Autochtones de la Ville de Toronto.
Jake Tobin Garrett (il) est écrivain, illustrateur et consultant en politiques et recherches sur l’espace public. Auparavant, il était gestionnaire…
Selina est une Métisse du nord de la Saskatchewan. Toute sa vie, elle a été une habitante du territoire Anishnawbe…
Ami•es des parcs publie le cinquième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé : Faire émerger des solutions : comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables.
Au cours des cinq dernières années, notre objectif, pour notre Rapport sur les parcs urbains du Canada, a toujours été de raconter une histoire, afin de rendre compte de l’évolution des parcs urbains et de l’orientation qu’il convient de leur donner.
Cette année, nous avons adopté une approche encore plus approfondie. Nous avons interrogé 44 responsables des parcs dans 30 municipalités qui nous ont fait part, avec beaucoup de générosité, des défis auxquels ils sont confrontés, les projets et les personnes qui les inspirent, ainsi que leurs ambitions pour les parcs urbains.
Ce rapport regroupe donc les thèmes abordés lors de ces conversations en se basant sur les données recueillies via nos sondages auprès de 35 municipalités et plus de 2 000 citadin·es au Canada.
Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :
Alors que les Villes s’efforcent de trouver et de financer de nouveaux espaces verts pour répondre à la croissance démographique, certaines parties prenantes affirment que la solution réside en partie dans l’amélioration de leur qualité.
Le Corridor écologique Darlington à Montréal crée un lien entre les espaces urbains et naturels, tout en répondant aux enjeux de restauration écologique et aux besoins sociaux grâce à des partenariats clés.
Brampton ouvre la voie avec sa Stratégie Éco-Parc, une initiative à l’échelle de la ville axée sur des projets de naturalisation qui préservent et valorisent le patrimoine naturel et culturel.
Une incursion dans les rouages de la gouvernance collaborative dans un grand parc urbain avec Meewasin Valley Authority à Saskatoon.
En savoir plus sur l’approche collaborative de la municipalité de Saanich pour résoudre les conflits liés aux parcs à chiens sans laisse.
Une conversation avec Michelle Dobbie, responsable de la planification des parcs et du patrimoine naturel à la Ville de Richmond Hill.
En restaurant le cours naturel de la rivière Don, le projet de renaturalisation favorise la biodiversité, réduit les risques d’inondation et reconnecte la ville à ses voies d’eau.
Comment les villes équilibrent les risques et les avantages de ces espaces grâce à des politiques et des directives afin d’encadrer notamment la conception, la gestion ainsi que les programmes publics des POPS.
Les toilettes publiques sont une nécessité dans les parcs. Découvrez l’approche de la Ville d’Edmonton pour rendre les toilettes publiques sûres et inclusives.
Les solutions de la ville de North Vancouver pour combler l’écart en matière d’inclusion dans les programmes de gestion des parcs.
Cette étude de cas fait partie du Rapport 2024 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Dans la région métropolitaine de Vancouver, une entente inédite entre les parcs régionaux du Grand Vancouver et la Première Nation Tsleil-Waututh redéfinit la gestion des parcs. Ce partenariat novateur met en lumière une nouvelle approche, alliant préservation de l’environnement et reconnaissance de l’héritage culturel, passé et présent, des Premières Nations.
S’étendant sur de 2 560 acres, le parc régional təmtəmíxʷtən/Belcarra* est deux fois et demie plus grand que le parc Stanley de Vancouver et accueille 1,2 million de visiteur·euses par an. Autrefois, ce parc abritait le plus grand village ancestral de la nation Tsleil-Waututh.
Gabriel George, membre de la Première Nation Tsleil-Waututh et directeur national du développement des terres et ressources issues des traités, souligne la fracture historique causée par la transformation de ce territoire en parc : « Cela nous a coupé·e·s de notre terre. Ce partenariat est un moyen essentiel pour nous de réaffirmer nos droits. »
Mike Redpath, directeur des parcs régionaux du Grand Vancouver, a précisé que la collaboration avec la Première NationTsleil-Waututh a débuté en 2017, menant à l’élaboration d’un « Accord de coopération et de planification culturelle* » signé en 2020. L’accord établit des principes directeurs clairs pour la gestion conjointe du parc. Ce cadre inclut la préservation des ressources naturelles, la valorisation récréative du site, et une sensibilisation accrue du public à l’héritage de la Nation.
« L’accord reconnaît pleinement qu’il s’agit d’une terre publique. Cependant, il y a eu une utilisation traditionnelle du site, et l’accord vise à trouver un équilibre entre les deux », a déclaré Mike Redpath.
Une bonne gouvernance est la pierre angulaire d’un partenariat réussi. L’accord de coopération prévoit deux mécanismes de gouvernance : un comité de direction et un comité technique, composés à la fois de membres de la Nation et des parcs régionaux du Grand Vancouver.
Le comité technique établit les priorités des projets dans un plan de travail annuel, qui est ensuite approuvé par le comité de direction et soumis durant le processus budgétaire annuel. Chaque projet comprend un « accord d’engagement », qui définit les livrables et garantit que les deux partenaires comprennent bien leurs rôles et responsabilités.
L’accord comprend également des politiques de développement économique, notamment le recours à des entrepreneur·ses approuvé·es par la Première NationTsleil-Waututh pour encourager les entreprises locales à prospérer dans le parc.
« Nous avions une économie solide, mais elle nous a été largement confisquée », a souligné Gabriel George. « Nous avions des devises plus anciennes que le papier. Nous avions des systèmes d’échange. Nous avons perdu tout cela. » Il a rappelé que son peuple récoltait des palourdes depuis des millénaires, mais qu’il a ensuite été contraint de « se faufiler la nuit, après avoir été privé de ce droit ». Rechercher des occasions économiques aujourd’hui est donc, selon lui, « un droit inhérent ».
Bien que l’accord de coopération ait été signé il y a seulement quatre ans, plusieurs projets d’envergure ont déjà été réalisés depuis, et d’autres sont en cours.
L’un des premiers a été le renommage officiel du parc en 2021, désormais connu sous le nom de təmtəmíxʷtən/Belcarra Regional Park. C’était la première fois que les parcs régionaux du Grand Vancouver effectuaient une telle démarche en partenariat avec les communautés des Premières Nations.
Pour Gabriel George, il ne s’agit pas simplement de « renommer » le parc.
« C’est bien plus que cela. C’est reconnaître le véritable nom de cet endroit. C’est important parce que nous avons besoin d’être représenté·es. Nous devons être vu·es et entendu·es sur notre propre territoire. »
Gabriel George, Membre de la Première Nation Tsleil-Waututh et directeur national du développement des terres et ressources issues des traités
Mike Redpath a également souligné que cette initiative créait un précédent en matière de dénomination des parcs du Grand Vancouver, ouvrant la voie à son application dans d’autres lieux. En effet, un autre parc régional a récemment été renommé, abandonnant le nom de Colony Farm Regional Park pour devenir ƛ̓éxətəm (tla-hut-um) Regional Park*, un nom attribué par la Première Nation kʷikʷəƛ̓əm (Kwikwetlem), qui signifie « nous vous accueillons ».
Parmi les autres projets communs, un mât de bienvenue a été érigé sur l’ancien site du village traditionnel de la Nation. D’autres projets incluent des efforts de restauration environnementale, la mise en place de programmes éducatifs, ainsi qu’une étude sur le patrimoine culturel pour approfondir la compréhension de l’histoire du parc.
Malgré le temps nécessaire pour la mise en place de cet accord, Mike Redpath, directeur des parcs régionaux du Grand Vancouver, souligne les bénéfices indéniables. Le personnel peut « décrocher le téléphone et parler à quelqu’un de la Nation qui leur est familier. Cela contribue à faire progresser les projets communs, et parfois même plus rapidement. »
La volonté d’essayer de faire les choses différemment est un facteur de réussite. « C’est un processus de changement », a déclaré Mike Redpath, ajoutant que c’est une manière différente de faire des affaires à bien des égards. Il a mis l’accent sur l’importance d’une communication initiale et soutenue pour bâtir la confiance nécessaire à une collaboration forte.
« L’accord n’est qu’un bout de papier, ce sont les relations humaines et la collaboration qui font la véritable différence. »
Mike Redpath, Directeur des parcs régionaux du Grand Vancouver
Gabriel George appuie ces propos. « Il peut être si facile de ne pas changer les choses », a-t-il déclaré, mais il est important de sortir des zones de confort et de faire les choses différemment. « Vous ne pouvez pas tout résoudre, mais vous pouvez réfléchir à l’héritage que vous souhaitez laisser. »
« Je pense que, pour les Nations Autochtones, les parcs peuvent être des lieux importants à occuper et à reprendre en main », a-t-il déclaré, ajoutant qu’ils ont connu de grands succès dans certaines de leurs initiatives liées aux parcs « C’est notre maison. C’est comme l’extension de notre communauté. »