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Ami•es des parcs publie le deuxième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, mettant en avant les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs.

Alors que nous ébauchions les histoires que nous voulions partager sur la biodiversité, l’aménagement créatif de parcs, l’engagement communautaire et l’itinérance, notre monde changeait. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que loin d’avoir perdu leur pertinence, les sujets traités avaient gagné en urgence.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 27 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.

Etudes de cas

Comment la biodiversité urbaine soutient notre bien‑être, avec une importance accrue pendant la crise de la COVID‑19.

Comment approfondir la conversation sur la biodiversité tout en l’élargissant pour y faire participer plus de gens.

Pourquoi les corridors d’habitats sont importants pour la biodiversité urbaine et ce que font les villes pour s’assurer que les parcs, petits et grands, soient connectés

Comment les villes font face à la forte demande de parcs à chiens et à la grande controverse qui les entoure.

Comment les groupes communautaires créatifs et le soutien des villes permettent de créer des liens grâce à la nourriture dans les parcs.

Alors que les populations et le développement explosent dans de nombreuses villes, trouver de l’espace pour de nouveaux parcs pose des défis et stimule l’innovation.

Webinaire de lancement : Visionnez l’enregistrement

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Ami•es des parcs publie le troisième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Favoriser l’équité et la résilience : Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.

Partout au Canada, la fréquentation des parcs a fortement augmenté pendant la pandémie, alors que la population se tournait massivement vers les espaces extérieurs pour pouvoir se rassembler en toute sécurité, se connecter à la nature et rester active. Les parcs ont ainsi pris une place encore plus importante dans le quotidien des Canadien·nes, mais les Villes ont dû composer avec de nouvelles pressions liées à la hausse de la fréquentation et aux exigences de santé publique.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 32 municipalités et de plus de 3 500 résident·es de villes canadiennes.

Indicateurs clés

Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :

  1. Les parcs ont vu bondir leur fréquentation et ont démontré leur forte valeur ajoutée
  2. Les nouveaux défis ont engendré des façons originales d’utiliser les parcs
  3. Les parcs ont été reconnus comme des infrastructures de santé publique essentielles
  4. La pandémie a souligné les inégalités existantes.
  5. Lutter contre les changements climatiques via les parcs est une priorité grandissante
  6. Un rapport de cette ampleur repose sur un travail d’équipe

Etudes de cas

Comment les changements climatiques affectent la planification, la conception et l’entretien des parcs.

Comment les villes cherchent à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets grâce à leurs parcs

Comment les considérations liées à la justice environnementale peuvent contribuer à favoriser la résilience aux changements climatiques et résoudre les inégalités dans les parcs.

Pourquoi les Villes choisissent de plus en plus d’attribuer une valeur monétaire aux services fournis par les parcs.

Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.

Comment les municipalités canadiennes peuvent-elles miser sur le soutien philanthropique pour leurs parcs et résoudre certaines des difficultés qui y sont liées?

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Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Ami•es des parcs publie le quatrième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé Entretenir les relations et la réciprocité : Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.

Le rapport de cette année s’éloigne peu à peu des répercussions de la pandémie pour explorer comment les apprentissages des deux dernières années peuvent ouvrir la voie à des approches plus équitables et plus créatives en matière de planification, d’aménagement et d’animation des parcs.

Dans ce rapport, nous regroupons les thèmes abordés lors de nos conversations avec le personnel municipal, et les données recueillies grâce à nos sondages menés auprès de 30 municipalités et de plus de 3 000 résident·es de villes canadiennes.

Indicateurs clés

Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :

  1. La popularité des parcs – Les Villes canadiennes ont encore vu augmenter le temps passé par leurs populations dans les parcs
  2. Redonner à la nature – Il n’est pas surprenant que les gens aient continué à être attirés par la nature en ville afin de se détendre pendant la pandémie
  3. Souligner le leadership Autochtone – La décolonisation, la représentation Autochtone et le leadership des peuples Autochtones dans les parcs urbains est une priorité de plus en plus importante pour les Villes du Canada, qui mènent certaines initiatives dans ce sens
  4. Rémunérer la participation – Même avant la pandémie, les budgets dédiés aux parcs étaient continuellement mis à rude épreuve. En effet, si vous avez lu les trois derniers Rapports sur les parcs urbains du Canada, vous aurez peut-être l’impression que nous commençons à nous répéter.
  5. Maximiser la mobilisation – La pandémie a transformé la manière de mobiliser le public à propos des parcs, bouleversant les traditionnelles méthodes de réunion en personne, comme les assemblées publiques, et mettant les Villes au défi de réimaginer la mobilisation publique
  6. Repenser les approches liées à l’itinérance – La question de l’itinérance, de plus en plus complexe et visible dans les parcs, se trouve au premier plan des préoccupations tant des municipalités que des citadines et citadins

Etudes de cas

Comment des chef·fes de file à travers le pays utilisent diverses méthodes pour encourager les gens à se rapprocher de la nature en allant à leur rencontre.

Comment dépasser les simples consultations ponctuelles en investissant dans l’établissement de relations de confiance à long terme peut permettre de renouer le dialogue, de redistribuer le pouvoir et de réimaginer les parcs

Comment renforcer notre sentiment de connexion avec la nature grâce à la prise de conscience, la réciprocité et la gratitude – et pourquoi est-ce important.

À la découverte des efforts menés par des Villes des Prairies pour décoloniser les parcs et honorer les histoires des peuples Autochtones des terres sur lesquelles ces villes sont construites.

Comment la concertation publique sur les parcs peut favoriser l’établissement de relations durables une fois le processus de consultation terminé.

Comment les approches de financement collaboratif et les investissements des différents niveaux de gouvernement permettent d’envisager de nouvelles façons de subventionner les parcs.

Les répercussions de la pandémie sur les budgets des parcs et l’importance des investissements fondés sur l’équité.

Une occasion unique pour les services des parcs de jouer un rôle positif dans la question de l’itinérance

Comment la solidarité peut contribuer à créer des modèles plus équitables pour rendre les parcs plus accueillants et plus sûrs.

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Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Le personnel des parcs municipaux gère des actifs publics parmi les plus essentiels et pourtant sous-estimés : les parcs urbains et espaces verts. Bien plus que de simples terrains gazonnés, ces lieux sont de véritables lieux de sociabilisation pour les citadin·es, qui offrent une infrastructure environnementale cruciale et des ressources essentielles en matière de santé publique.

Le Rapport sur les parcs urbains du Canada (RPUC) fournit des données et des témoignages démontrant l’importance des parcs au personnel des parcs municipaux, aux groupes citoyens, aux associations à but non lucratif et au grand public. Publié annuellement entre 2019 et 2024, le rapport a mis en lumière les tendances, les défis et les occasions qui façonnent la planification, la gestion et l’expérience des espaces verts publics. Au cours de cette période, 46 municipalités y ont participé, représentant collectivement 48 % de la population canadienne.

Ce rapport synthèse rassemble les principaux constats des RPUC au cours de ces années charnières. Il propose un index thématique et soigneusement structuré des données et des récits recueillis au fil des années, accompagné d’analyses sur les tendances observées.

Indicateurs clés

1 – Enjeu de santé : Les parcs sont un investissement dans la santé publique

L’une des tendances les plus fréquentes issues des données de nos rapports concerne la fréquentation grandissante des parcs urbains et leur reconnaissance en tant que lieux publics essentiels. Cette évolution a été largement accélérée par la pandémie de COVID-19. Ce que l’on considérait précédemment comme de simples aménagements publics sont désormais perçus comme des lieux indispensables à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des citadin·es.

2 – Manque de financement : Ressources et capacités limitées

Malgré les données indiquant une fréquentation et une appréciation accrues du public pour les parcs, les municipalités déclarent faire face à des contraintes en termes de budget et de personnel. Ceci limite leur capacité à entretenir et à améliorer leur réseau de parcs.

3 – Fonction écologique : Adaptation climatique et biodiversité

Les parcs urbains assument des fonctions écologiques, notamment en matière d’adaptation climatique et de soutien à la biodiversité en milieu urbain. En raison de l’intensification des effets des changements climatiques, ces fonctions font l’objet d’une attention grandissante.

4 – Équité et accès : S’attaquer aux obstacles systémiques

À partir de 2021, les municipalités participantes ont fait état d’initiatives visant à promouvoir l’équité, l’inclusion et la réconciliation dans leurs activités de planification et de gestion des parcs. Ceci reflète une prise de conscience sociétale plus large des obstacles systémiques à l’accès aux parcs et à leurs bienfaits.

5 – Évolution des pratiques : Mobilisation du public et opérations plus complexes

La gestion des parcs comprend désormais des dimensions sociales complexes qui dépassent leur simple entretien traditionnel. Ceci implique de mettre en place des stratégies de mobilisation du public et de prendre en charge des problématiques urbaines liées à l’espace public.

Tous les rapports

Comment le secteur des parcs peut relever les défis complexes actuels grâce à la collaboration et aux partenariats.

Comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables. 

Comment la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.

Comment les parcs urbains peuvent-ils créer des villes plus résilientes et équitables, non seulement dans les efforts de relance suite à la pandémie, mais aussi à l’approche d’une autre crise imminente : celle des changements climatiques.

Explorez les tendances, les défis et les pratiques dominantes du secteur des parcs urbains.

Une excellente nouvelle nous parvient de la scène internationale ! Le 10 octobre 2025, lors du World Urban Parks Symposium* à Istanbul, en Turquie, Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception [Distinguished Individual Award] décerné par World Urban Parks*.

Il s’agit-là de l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public. Ce prix met en lumière non seulement le leadership d’Erika, mais aussi l’impact du mouvement national que notre organisation a contribué à établir au Canada.

Un mouvement national pour les parcs urbains

Fondée à Toronto en 2011, l’organisation s’est développée jusqu’à devenir une organisation nationale bilingue. Elle soutient aujourd’hui des milliers de leaders œuvrant pour les parcs : organisations sans but lucratif, personnel municipal et groupes citoyens. Notre vision est simple, mais ambitieuse : nous imaginons un avenir où chaque personne au Canada a accès à des parcs de qualité, et où les citadin·es et la nature s’épanouissent pleinement.

Pour y parvenir, nous offrons renforcement des capacités, financement, recherche et formations.Guidée par les principes de réciprocité, d’équité sociale et d’intégrité écologique, notre organisation participe à la création de parcs urbains vivants, inclusifs et résilients partout au Canada.

Comme l’a dit Erika lors de la remise de son prix :

« C’est un grand honneur de recevoir le prix de l’individu d’exception. Cette reconnaissance reflète non seulement mon travail, mais aussi l’engagement de notre équipe, la passion des leaders des parcs que nous soutenons, ainsi que l’implication de nos partenaires et bailleurs de fonds. Je suis fière d’accepter ce prix au nom de tous les membres d’Ami·es des parcs et de notre réseau, qui contribuent à rendre nos villes plus fortes, plus connectées et inclusives. »

Erika Nikolai, directrice générale, Ami·es des parcs

Célébrer les parcs de notre réseau

C’est également une immense fierté que deux parcs canadiens de notre réseau reçoivent la reconnaissance internationale de WUP@10.

  • Le parc régional de Meewasin Valley* (Saskatoon), lauréat du prix Grand parc urbain [Large Urban Park Award], est salué pour son leadership en matière de conservation et d’intendance environnementale, et pour ses initiatives favorisant le lien entre les personnes et la nature.
  • Le parc R.V. Burgess* (Toronto), lauréat du prix Parc de quartier [Neighborhood Park Award], est reconnu pour ses programmes communautaires et son approche accueillante et inclusive des espaces verts urbains.

Trois personnes marchant dans une plaine à l'arrière-plan, avec un panneau d'accueil de parc au premier plan
Parc régional de Meewasin Valley. Crédit : Meewasin Valley Authority

Ces distinctions illustrent la force et la diversité du réseau d’Ami·es des parcs. Des grands espaces régionaux aux petits parcs de quartier pleins de vie, tous jouent un rôle essentiel pour renforcer la cohésion sociale, la qualité de vie et la résilience de nos villes.

Nous aimerions aussi féliciter chaleureusement la Ville de Toronto qui a reçu le prix du nouveau projet de parc d’exception [Award of Outstanding New Park Project] pour le parc Biidaasige*. 

Plusieurs photos d'un parc avec une rivières et la skyline de Toronto en arrière plan
Événement d’inauguration du parc Biidaasige, Toronto.

Pourquoi est-ce important ?

Des prix comme ceux-ci nous montrent que le travail accompli dans les parcs – qu’il se fasse dans les quartiers ou à l’échelle des villes – est reconnu à travers le monde. Ils soulignent également l’importance de la collaboration : nous accomplissons davantage lorsque nous unissons nos forces.

Cette reconnaissance internationale nous remplit de fierté et nous encourage à poursuivre sur notre lancée. C’est pourquoi nous continuerons de soutenir les remarquables leaders et groupes citoyens à travers le Canada et transforment chaque jour nos parcs urbains.

Chaque été, les parcs de Toronto s’animent avec des expositions d’art, des concerts, du théâtre et de la danse grâce à Arts in the Parks*. Cette initiative organisée à travers la ville transforme les espaces verts publics en véritables scènes à ciel ouvert.

Présenté par Toronto Arts Foundation en partenariat avec Toronto Arts Council, la Ville de Toronto et Ami·es des parcs, ce programme unique anime des parcs dans tous les coins de la ville : que ce soient des places en béton ou des espaces verts à la végétation abondante, à Scarborough, Etobicoke ou North York.

Depuis le lancement du programme en 2016, plus de 700 000 personnes de toute la ville ont visité 78 parcs à l’occasion de plus de 2 400 événements artistiques gratuits. Ceux-ci comprennent – pour n’en citer que quelques-uns – des spectacles de tambours japonais Taiko, des fresques murales collaboratives et des performances de cirque africain!

L’ambition de notre organisation est de voir fleurir dans les villes canadiennes des parcs dynamiques favorisant la prospérité des gens et de la nature; des villes dans lesquelles toute personne – quels que soient ses revenus, son identité, ses capacités ou son âge – dispose d’un accès équitable aux avantages des espaces verts publics. 

Cependant, 33 % de la population torontoise* ne résident pas à proximité d’un centre artistique et culturel accessible à pied. Il s’agit en grande majorité de personnes autochtones, noires ou de couleur et de personnes nouvellement arrivées au Canada vivant dans les banlieues proches de la ville.

Pour combler cette lacune, Ami·es des parcs soutient le programme Arts in the Parks en sélectionnant des sites dans des zones où les programmes culturels gratuits ne sont généralement pas aussi disponibles. Ce sont aussi des endroits riches en opportunités pour animer les parcs de façon créative. 

Innovation dans la collaboration

Nous apportons aussi notre aide à Arts in the Park en nous appuyant sur notre plus grande compétence : créer du lien social entre les résident·es et avec leur parc de quartier. Afin de garantir l’adéquation de ces événements avec les besoins et les intérêts des publics concernés, nous mettons à profit, dès les premières étapes, nos liens avec les groupes citoyens œuvrant pour un parc et les leaders de quartier. Cela nous permet de concevoir des événements qui reflètent l’esprit du quartier et favorisent la participation

« Notre rôle est de créer des liens. Avant d’organiser des événements, nous essayons de réunir des artistes et des groupes citoyens, généralement dans le parc où se déroulera l’événement. Ces réunions initiales créent un espace où les idées peuvent germer ». 

Cindy Hashie, gestionnaire de projet principale à Ami·es des parcs.

Elles sont l’occasion pour toutes les personnes présentes de faire part de leurs expériences, de poser des questions et d’innover, ensemble. Les groupes citoyens apportent des connaissances précieuses, notamment sur les périodes de grande affluence dans le parc ou la langue dans laquelle les prospectus doivent être imprimés. Tandis que les artistes peuvent présenter leurs idées innovantes et apprendre ce qui importe le plus aux personnes qui fréquentent le parc tous les jours.

« Nous aidons les gens à établir des liens pour que tout le monde se sente à l’aise, écouté et respecté »

Ayesha Talreja, gestionnaire de projet à Ami·es des parcs.

Inspirer de nouveaux parcours artistiques

Pour Ayesha, l’un des aspects les plus passionnants d’Arts in the Parks est de voir comment cet événement incite les participant·es à explorer leur propre créativité.

Ana Cuciureanu en est un bon exemple : Ana s’est d’abord investie dans Arts in the Parks en tant que fondatrice de Friends of Parkway Forest Park, un groupe également soutenu par Ami·es des parcs via son programme Susciter le changement. Après avoir vu comment Arts in the Parks avait permis d’organiser des créations artistiques participatives dans son parc bien-aimé, Ana a décidé de créer son propre événement par l’intermédiaire de son collectif Splash on Earth. Pour ce faire, des artistes sensibles aux enjeux environnementaux, des conteurs et conteuses, ainsi que des résident·es du quartier ont créé des œuvres d’art publiques en utilisant de la peinture écologique fabriquée à partir de déchets alimentaires. Ana et son équipe organisent des événements dans le cadre d’Arts in the Parks depuis trois ans. Ils ont même créé une association à but non lucratif consacrée à l’action climatique innovante.

« Ana sait ce que collaborer veut dire. Elle a occupé les deux rôles : organisatrice communautaire et artiste. C’est grâce à cette perspective que nous pouvons créer des événements pertinents pour le public. »

Ayesha

D’autres, comme Christine Malec, ont emprunté un parcours semblable. Elle a d’abord participé à l’initiative InTO the Ravines organisée par les Ami·es des parcs avant de diriger aujourd’hui des programmes artistiques centrés sur l’accessibilité dans le cadre de Arts in the Parks. Son projet, Described Toronto, propose aux personnes malvoyantes des visites audio de la ville. Celles-ci sont souvent intégrées à un balado contenant des descriptions étayées de Toronto, de sa flore et de sa faune, de ses habitant·es et de sa culture.


Un groupe de personnes observant des plantes natives
Le balado Described Toronto propose une visite descriptive des jardins de Toronto.

Ces exemples nous rappellent qu’il existe une corrélation étroite entre l’espace public et l’art public. Lorsque les gens se sentent représentés dans les activités organisées dans leur parc, ils éprouvent souvent un plus grand sentiment de responsabilité vis-à-vis de leur quartier et, bien souvent, découvrent de nouvelles possibilités créatives. 

La créativité : un facteur d’attraction

Le programme de Arts in the Parks entend s’adresser à toutes et à tous. Qu’il s’agisse de tambours asiatiques ou de danse salsa, ces activités invitent les gens à bouger ensemble, sans oublier les événements plus tranquilles comme un conte raconté à l’ombre d’un arbre. Certains événements s’enracinent dans les traditions culturelles mêmes du quartier. D’autres introduisent des formes d’art nouvelles et inattendues, encore inédites dans ces quartiers. Quel que soit le support, la force de ce programme réside dans la manière de rassembler les gens et d’encourager des partenariats innovants à long terme entre les artistes et les résident·es.

Une femme asiatique jouant sur des tambours
Lancement de Arts in the Parks le 20 juin 2025. Crédit : Kat Rizza, Arts in the Parks Toronto

« Les artistes qui reviennent dans le programme d’une année à l’autre réfléchissent souvent à des façons de faire participer le public. Leur travail s’appuie sur des moyens innovants de recueillir l’opinion des résident·es et d’intégrer ces contributions dans leurs œuvres. »

Ayesha

Évidemment, il arrive que des défis se présentent : le programme change, les autorisations pour organiser l’événement prennent du temps, et toutes les collaborations ne se déroulent pas exactement comme prévu. Mais une grande attention accompagne chaque étape du processus. En cas de déplacement d’un événement, on s’assure que le parc d’origine puisse toujours recevoir une activité dédiée. L’intention reste d’honorer les relations avec les résident·es du quartier et de favoriser la participation.

À l’horizon

À l’approche du dixième anniversaire du programme, Arts in the Parks continue de croître en termes de portée et d’impact.

Nous soutenons avec fierté cette initiative qui favorise la joie, le lien social et les opportunités dans différents quartiers de Toronto. Elle accompagne aussi bien les artistes dans la création de liens forts avec le public que les groupes citoyens mobilisés autour d’un parc dans l’exploration de leur créativité.

Pour en savoir plus sur Arts in the Parks et trouver d’autres événements près de chez vous cet été, visitez artsintheparksto.org

Deux femmes se tenant devant une table Park People
Cindy et Ayesha au lancement d’Arts in the Parks 2023.


Notez-les dans votre calendrier! Voici quelques recommandations de Cindy et Ayesha pour la saison 2025 de Arts in the Parks:

From Weeds We Grow 

12 et 13 juillet, 9 août, 6 septembre 2025, 13 h 00 – 16 h 00 | parc Rowntree Mills

Explorant la corrélation entre nature, arts participatifs et bien-être, ce programme d’art public proposera des ateliers d’artisanat et d’exploration corporelle. Ils seront dirigés par STEPS Public Art et des intervenant·es locaux et autochtones, pour se reconnecter à la terre et à la rivière Humber. En savoir plus*.

Modal Music in the Park 

16 et 23 août 2025, 12 h 30 – 13 h 30 | parc R.V. Burgess 

Appréciez la musique du Moyen-Orient, de la Méditerranée, de l’Asie du Sud, et bien plus encore! Quatre groupes musicaux interpréteront de la musique modale, un système musical vieux de plusieurs siècles pratiqué par de nombreuses cultures, avec des interprétations contemporaines et de nouvelles compositions. En savoir plus*.

The Description-Rich Story Hour

27 septembre 2025, 14 h 00 – 15 h 30 | parc Lee Lifeson Art

Les artistes raconteront des histoires originales inspirées par le territoire et les œuvres d’art publiques du parc Lee Lifeson Art, en utilisant un langage descriptif et inclusif, accessible à un auditoire aveugle et malvoyant. Le public fera également l’expérience d’une visite tactile des œuvres d’art et des modèles tactiles en 3D du parc. Cet événement sera enregistré en direct et diffusé dans le balado Described Toronto. En savoir plus*.

Chaque année, lors de ses Sommets sur les parcs*, notre organisation réunit les membres engagé·es de son réseau. Il s’agit-là de citoyen·nes engagé·es, de bénévoles, d’employé·es des municipalités, d’organisations sans but lucratif, de leaders œuvrant pour les parcs et militant·es. 

Organisés à Toronto, Vancouver et Montréal, ces sommets sont bien plus que de simples événements de réseautage au niveau local. Ce sont des moments importants qui nous permettent de marquer une pause dans notre travail, de faire connaissance avec d’autres personnes et d’élargir notre perception de ce qui est possible dans nos villes.

Les Sommets d’Ami·es des parcs offrent à toute personne qui se passionne pour les parcs urbains l’occasion de rejoindre un mouvement en faveur de parcs dynamiques, inclusifs et portés par l’engagement des citadin·es.

Des personnes assises devant un panel de 4 personnes
Forum Ami·es des parcs de Vancouver, 2025. Crédit : Smiely Khurana.

Mais pourquoi organisons-nous ce genre de sommets ?

La manière dont le public utilise les parcs et s’y investit évolue profondément. Pour favoriser l’établissement de parcs urbains plus solides et adaptés à la croissance de nos villes, il est important que tout le monde puisse prendre part aux discussions que ce soit sur l’isolement social grandissant ou sur les conditions climatiques instables.

Notre organisation est précisément née de cet esprit. En 2011, un groupe de bénévoles vivant à Toronto s’est réuni autour d’une question simple, mais radicale : « Quel rôle pouvons-nous jouer pour que les parcs répondent mieux aux besoins de la population et des différents quartiers ? » Cette idée a trouvé un écho dans toute la ville, donnant naissance à un solide réseau de groupes citoyens, de programmes et de partenariats autour des parcs.

Toutefois, notre travail ne s’est pas arrêté là. En 2017, nous avons organisé notre première conférence nationale à Calgary. L’objectif était de réunir des leaders œuvrant pour les parcs venant de tout le Canada afin d’imaginer de nouvelles possibilités à l’échelle nationale basées sur la collaboration. Ce rassemblement a permis de lancer notre Réseau national, qui comprend aujourd’hui plus de 1 400 groupes citoyens dans 46 villes à travers le pays. Ce premier sommet a démontré que le potentiel des activités locales que nous avions observé à Toronto existait partout, et que ces idées pouvaient avoir un impact à l’échelle nationale.Si nous organisons des sommets, c’est parce que les parcs urbains ne sont pas seulement des espaces verts, ce sont des espaces profondément humains. En milieux urbains, ils constituent des lieux de rencontre, de culture, de protestation, de repos et de joie. Et derrière chaque parc apprécié des résident·es du quartier se cachent d’innombrables histoires d’implications civiques. Il peut s’agir de bénévoles organisant un ramassage de déchets, ou bien d’artistes animant leur parc en offrant de la musique, du mouvement et du sens.

Deux personnes parlant au niveau d'un stand de présentation
Forum des ami·es des parcs de Montréal, 2024. Crédit : Bakr ElfekkakBakr

Voilà pourquoi nous organisons des sommets : nous avons constaté par nous-mêmes que, lorsque nous nous rassemblons et partageons ces histoires, nous pouvons créer un mouvement autour des parcs qui soit vraiment porteur de changement.

Cette année, nous invitons toutes les personnes passionnées par les parcs urbains à participer à notre Sommet des parcs à Toronto qui aura lieu le samedi 14 juin, de 12 h à 18 h, au centre culturel Daniels Spectrum. Venez écouter des témoignages de collaborations innovantes et rencontrer les personnes qui façonnent l’avenir de nos parcs urbains. Entre chaque intervention, vous aurez le temps de vous restaurer, de visiter les stands interactifs des différents groupes et de partager vos propres expériences en tant que membre de ce réseau en pleine expansion.

Ange Loft, une artiste interdisciplinaire, est notre conférencière principale. Elle nous parlera de la présence autochtone et de l’établissement de partenariats dans les parcs. Sa présentation sera suivie d’une table ronde sur des initiatives locales, réunissant Ana Cuciureanu (Splash on Earth* et la Ville de Toronto*), Julia Hitchcock (Apothecary’s Garden* et Teaching Gardens at Churchill Park*), et Shakhlo Sharipova (Thorncliffe Park Autism Support Network*) et animée par Eunice Wong (Monumental*).

Que vous soyez engagé·e de longue date ou que vous commenciez tout juste votre parcours en faveur des parcs, le Sommet des parcs de Toronto est l’occasion idéale pour mieux comprendre les enjeux actuels qui touchent nos espaces verts. Le véritable changement dans nos parcs ne vient pas d’en haut : il prend racine au cœur même de nos quartiers.

Voilà pourquoi nous organisons ces sommets.

Forum Ami·es des parcs de Vancouver, 2025. Crédit : Smiely Khurana.

Vous joindrez-vous à nous ?

Participez au prochain Forum des ami·es des parcs de Montréal, le 17 septembre 2025 à la Cité des Hospitalières.

Forum de Montréal

Venez participer à la conversation sur l’avenir des parcs urbains à Montréal.

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Ami·es des parcs a le plaisir d’annoncer qu’Erika Nikolai, passera du statut de co-directrice exécutive à celui de seule directrice exécutive, à compter du 1er juillet. Dave Harvey, qui dirige avec elle l’organisation en tant que co-directeur exécutif, prendra sa retraite à cette date.

A blond woman with glasses

Erika compte des dizaines d’années d’expérience de travail au sein d’organisations à but non lucratif dans les domaines du développement communautaire et de l’aménagement urbain. Depuis 2022, Dave et Erika se partageaient la direction de l’organisation.

Erika a rejoint Ami·es des parcs en 2014, lorsque les activités de l’organisation portaient exclusivement sur la ville de Toronto. En accédant au poste de directrice générale, Erika a ensuite largement contribué à faire rayonner l’organisation dans d’autres villes et parcs du Canada. Avant de rejoindre l’organisation, Erika a joué un rôle de premier plan chez Evergreen, où elle a travaillé auprès de groupes méritant l’équité dans des domaines comme l’agriculture urbaine, les transports actifs et l’employabilité des jeunes dans le secteur de l’environnement. 

“C’est avec énormément d’enthousiasme que je reprends le flambeau de cette formidable équipe afin de continuer à accroître notre impact dans les villes de tout le pays. Dave laisse derrière lui un formidable patrimoine. Partant du désir en 2011 de renforcer la mobilisation des habitant·es dans les parcs, Ami·es des parcs a réussi, malgré sa petite taille, à changer la façon dont nous pensons les parcs.”

Erika Nikolai, Directrice exécutive, Ami·es des parcs

Erika dirigera le personnel de l’organisation qui compte plus de 30 membres, dont les bureaux sont situés à Toronto, Vancouver et Montréal. Au cours de ses 13 années d’existence, l’organisation a contribué à un changement de paradigme radical pour les parcs urbains : autrefois considérés comme « un plus », ceux-ci sont désormais considérés comme des infrastructures urbaines essentielles.

“La nomination d’Erika au poste de directrice exécutive unique démontre l’importance de son immense contribution au succès de l’organisation ces 10 dernières années. Il s’agit d’une transition naturelle et positive pour l’organisation, et j’ai hâte de voir quel nouveau chapitre elle écrira pour Ami·es des parcs.”

Zahra Ebrahim, Présidente du conseil d’administration, Ami·es des parcs

Dave Harvey, codirecteur exécutif sortant et fondateur de l’organisation en 2011, partage cet enthousiasme : “Je suis ravi de passer la barre à Erika. Je laisse l’organisation entre ses mains expertes et avec le soutien d’une excellente équipe.”

Dave entend continuer à apporter son soutien à l’organisation et à participer à d’autres activités liées aux espaces verts urbains à titre de consultant et conseiller. 

L’année 2024 s’annonce être une année passionnante pour l’organisation et les parcs urbains du Canada. À cet égard, Ami·es des parcs travaille déjà sur de nombreuses initiatives emballantes pour cette année, comme le Rapport sur les parcs urbains du Canada, le Forum de Montréal, le programme des Bourses TD Ami·es des parcs, le programme InTO the Ravines, ainsi que l’incroyable programme Parcs Cœur vital destiné aux grands parcs urbains du Canada.

Les grands parcs urbains constituent des espaces essentiels qui permettent aux citadin·es de créer des liens bénéfiques avec la nature et avec les autres. Nous savons déjà que les personnes participant à des activités manuelles axées sur la nature dans les parcs jouissent de solides liens sociaux, d’un sentiment d’appartenance, d’un sentiment d’accomplissement dans leur vie, d’un meilleur état de santé physique et d’une meilleure satisfaction générale vis-à-vis de leur vie. 

Nous avons besoin d’un plus grand nombre de parcs canadiens qui peuvent montrer l’exemple sur la manière de faire profiter de ces effets positifs aux quartiers méritant l’équité.

Dans le cadre du programme Parcs Cœur vital, les Ami·es des parcs ont le plaisir d’accueillir cet été de tout nouveaux partenaires. Le parc Everett Crowley, le corridor écologique Darlington et l’autorité de la vallée Meewasin* viennent ainsi s’ajouter aux parcs fondateurs de High Park*, Mont-Royal et Stanley Park*. Tous ménagent une place de choix à la nature dans les villes et montrent aux résident·es ce qu’il est possible de faire dans les grands parcs urbains.

Répartir les avantages

Les Rapports sur l’intendance environnementale et l’utilisation des parcs dans les Parcs Cœur vital montrent les bienfaits sur la santé physique et mentale des personnes participant à des activités d’intendance environnementale dans les parcs. Voici un résumé des conclusions :

  • 99 % des bénévoles participant à des activités d’intendance déclarent que celles-ci contribuent à leur bonheur et leur satisfaction
  • 97 % déclarent que ces activités contribuent à leur bien-être mental.
  • 90 % déclarent que ces activités contribuent à leur santé physique.  

Malheureusement, l’ensemble de la population ne jouit pas de ces avantages de manière égale:

  • 68 % des usager·es des grands parcs urbains interrogé·es s’identifient comme des femmes cisgenres.
  • 86 % s’identifient comme valides
  • 76 % s’identifient comme des personnes blanches 

Le Rapport sur les parcs urbains du Canada a également révélé que les personnes Autochtones, Noires et de couleur (PANDC) (70 %) interrogées après la pandémie souhaitaient s’investir davantage dans des activités d’intendance environnementale que les personnes blanches (54 %). 

Quels sont les obstacles que rencontrent actuellement les groupes multiculturels pour participer à l’intendance environnementale des parcs? Et qui tente de les surmonter afin de favoriser le bien-être de ces groupes de population?

3 personnes ayant rammassée des plantes envahissantes
Sourc e: Everett Crowley Park Committee

Dans les quartiers méritant l’équité, comme celui de Champlain Heights dans le sud de Vancouver, les groupes citoyens œuvrant dans un parc jouent un rôle crucial pour améliorer la santé et le bien-être des résident·es. Construit sur une ancienne décharge municipale, Champlain Heights possède aujourd’hui le cinquième plus grand parc de Vancouver : le parc Everett Crowley. S’étalant sur 40 hectares, ce parc abrite l’étang d’Avalon et le ruisseau Kinross qui constituent des habitats essentiels pour les oiseaux, les amphibiens, les poissons et d’autres espèces sauvages. Le parc et le réseau de sentiers qui traverse le quartier font partie des 4 % de forêts indigènes qui subsistent dans la ville. Champlain Heights compte des centaines de logements sociaux, coopératives d’habitation, copropriétés et logements pour personnes âgées, bordés par des arbres comptant parmi les plus vieux de la ville. 

À la suite de pressions exercées par les résident·es du quartier, la Ville de Vancouver a inauguré le parc Everett Crowley en 1987. Ces résidents ont alors créé le Everett Crowley Park Committee* (ECPC), un sous-comité de l’association communautaire de Champlain Heights*. Le comité s’est donné pour mission d’encourager les activités d’intendance dans cette forêt urbaine résiliente en organisant auprès du public des événements d’intendance, des activités éducatives en plein air et un festival annuel de la Journée de la Terre. En 2022, 306 bénévoles ont réalisé collectivement près de 1 000 heures de travail pour entretenir le parc, en éliminant environ 80 mètres cubes de plantes envahissantes. Juste à l’est du parc Everett Crowley, un autre groupe d’intendance environnementale travaille d’arrache-pied sur les sentiers qui serpentent à travers le quartier de Champlain Heights. En 2021, les résident·es ont remarqué que les plantes envahissantes proliféraient sur ces sentiers. Ensemble, ils ont formé l’association Free the Fern*. Tout comme l’ECPC, Free the Fern rassemble les résident•es grâce à des activités d’intendance environnementale, comme l’arrachage de plantes envahissantes et la plantation de plantes indigènes. Depuis 2021, leurs 277 bénévoles ont éliminé 50,33 tonnes de plantes envahissantes. Ils ont également planté plus de 1 300 plantes indigènes.

Catalyser un changement social dans les parcs 

“Les parcs ne sont pas seulement des lieux de détente avec de l’herbe et des arbres. Ils jouent aussi un rôle essentiel dans l’infrastructure sociale de nos villes. Selon nous, ils ont le potentiel de créer des lieux plus inclusifs et équitables, modelés par et pour les personnes qui les utilisent.”

Rapport Susciter le changement.

Notre rapport Susciter le changement propose cinq façons de catalyser un changement social dans les parcs, en particulier dans les quartiers mal desservis :

  1. Susciter un changement et un sentiment de responsabilité collective
  2. Renforcer la confiance personnelle et inspirer les leaders locaux
  3. Réduire l’isolement social et favoriser l’engagement civique
  4. Offrir un lieu de rassemblement aux groupes multiculturels 
  5. Soutenir le développement économique local

Nous nous sommes entretenus avec Grace Nombrado, la directrice générale de Free the Fern, pour voir comment ces cinq facteurs se manifestent à Champlain Heights. 

Femme blonde souriant devant un stand d'information
Source: Free the Fern, avec Grace Nombrado

1. Responsabilité collective

S’impliquer dans un parc près de chez soi peut ouvrir de nouveaux horizons et donner l’impulsion pour faire changer les choses et ainsi motiver les autres.

 L’une des stratégies pour créer un sentiment de responsabilité collective repose sur une approche associant la nécessité d’améliorer un parc et des discussions sur la manière de mobiliser continuellement les résident·es. 

Le centre communautaire de Champlain Heights est géré conjointement par la Commission des parcs de Vancouver et la Champlain Heights Community Association (CHCA). La CHCA s’occupe également de l’intendance du parc Everett Crowley. Le centre communautaire sert de plateforme dans le quartier en offrant aux résident·es des activités de loisirs et représente aussi une porte d’entrée pour s’investir dans le parc et l’entretien des sentiers. L’organisation d’événements, la présence de panneaux d’affichage et la possibilité de stocker des outils permettent au centre de connecter les résident·es avec ces ressources tout en les aidant à utiliser leur potentiel pour améliorer le parc, les sentiers et bien d’autres choses encore. 

2. Des bénévoles remarquables  

Acquérir des compétences et une plus grande confiance en soi en travaillant comme bénévole dans un parc peut avoir des retombées extérieures, notamment en développant un plus grand engagement civique. Et le fait de recruter une personne au sein du quartier pour organiser ces activités peut servir de pilier pour ces bénévoles. Ceci permet aussi de renforcer leurs capacités et de veiller à ce que les résident·es demeurent à la tête de ces groupes.

En tant qu’ancienne fondatrice de Free the Fern et actuellement directrice générale, Grace est aussi une bénévole passionnée qui se charge de recruter, superviser et soutenir ses collègues bénévoles. « Nos 9 membres du Conseil d’administration habitent tous dans le quartier Champlain Heights », explique-t-elle.

“La plupart des bénévoles qui participent chaque mois à l’élimination des espèces envahissantes et à nos activités de plantation à l’automne vivent à une courte distance de marche du sentier. Cette année, dans le cadre de notre projet Native Food Forest, nous avons introduit des événements de sensibilisation de manière à informer le grand public et pour les inviter à partager leurs idées. Nous distribuons des prospectus aux habitations proches du sentier et les diffusons dans les groupes de quartier sur Facebook. Par ailleurs, nous avons placé des panneaux sur le sentier avec notre site web pour que les gens puissent en savoir plus sur nos activités et y participer s’ils le souhaitent. Pour nous, il est important que les personnes qui vivent dans le quartier de Champlain Heights participent à l’entretien du réseau de sentiers.” 

Grace Nombrado, Directrice générale de Free the Fern

Un groupe de personnes lors d'une visite guidée dans un parc
Source : Everett Crowley Park Committee

3. Créer des quartiers inclusifs

Bien que les améliorations apportées à l’infrastructure physique d’un parc contribuent à y faire venir davantage de personnes, en réalité, ce sont les activités et les événements qui permettent de créer des liens bénéfiques entre les gens et qui donnent vie au parc. Pour ce faire, les programmes mis en œuvre dans les parcs doivent être inclusifs et représenter la population locale.

« L’inclusivité est un processus continuel qui cherche à comprendre à qui s’adressent ces services et comment répondre aux besoins des gens », dit Grace. « J’ai beaucoup appris sur la manière d’améliorer l’inclusivité en écoutant les bénévoles. » Elle se rappelle de témoignages des résidents ayant directement orienté leurs pratiques d’inclusion, comme l’achat d’outils de jardin extensibles pour les personnes en fauteuil roulant ou d’outils ergonomiques pour celles souffrant d’arthrite, la mise à disposition de collations et de boissons gratuites pour les bénévoles, et la gratuité de tous les événements. D’autres postes budgétaires à l’étude comprennent d’offrir des services de gardiennage d’enfants pendant les événements, ainsi que des coupons de transport prépayés.

“ Tout le monde doit avoir accès à l’éducation à l’environnement, quels que soient ses moyens financiers.” 

Grace Nombrado

4. Offrir un espace de rassemblement aux groupes multiculturels

Dans l’histoire, les parcs ont souvent servi d’espaces de démocratie en favorisant les échanges entre personnes de différents horizons. C’est pourquoi il est essentiel de reconnaître les obstacles existants et de les supprimer afin que les gens puissent travailler ensemble. Une stratégie intéressante pourrait être pour les municipalités de revoir la surveillance des parcs en adoptant une approche centrée sur l’équité afin de supprimer d’éventuels obstacles, tel un manque de clarté dans la gestion des parcs et dans ce qui est permis.

« Lorsque les gens me demandent si le terrain appartient à la Ville, je leur réponds : “Oui, et NOUS faisons partie de la Ville”. » En tant que citoyen·nes, nous devrions considérer les parcs comme des lieux dédiés à nous tous. Des lieux où nous pouvons nous rassembler, prendre soin de la terre et nous reconnecter avec celle-ci. » 

Grace Nombrado

Grace parle aussi de trouver un équilibre entre la peur initiale d’enfreindre les règles de la municipalité et la volonté de faire preuve de transparence. Free the Fern est née du désir des citoyen·nes issus de diverses communautés ethniques de prendre soin de la terre collectivement. La municipalité ne savait pas comment soutenir ce groupe. Fallait-il instaurer des consignes de sécurité? Quel membre du personnel municipal allait superviser le groupe? Lorsque le projet a commencé à s’enliser dans la paperasse, Free the Fern a décidé d’inviter des employés municipaux à venir parcourir le sentier. Découvrant des centaines de fougères, de mahonias à feuilles de houx, de gaylussacia et de sapins Douglas, le personnel de la Ville a été impressionné par l’ampleur du travail accompli de leur propre chef par les résident·es du quartier. La municipalité a alors décidé d’apporter tout son soutien aux activités d’intendance de Free the Fern.

5. Soutenir le développement économique local

Les répercussions économiques des parcs se mesurent souvent en fonction de l’augmentation de la valeur foncière des propriétés adjacentes. Cette conséquence provoque souvent des inquiétudes concernant l’embourgeoisement de ces quartiers. Toutefois, les parcs peuvent aussi offrir de nombreux avantages aux habitant·es du quartier et servir notamment de levier de pression.

« Champlain Heights est un quartier expérimental à revenu mixte construit dans les années 1970 », explique Grace. « Plutôt que de construire des maisons individuelles, la municipalité a choisi de construire des lotissements avec des maisons en rangée composées de logements sociaux, de coopératives d’habitation, de copropriétés et de logements pour personnes âgées… Et le bail des locataires d’un grand nombre de ces coopératives d’habitation arrive à échéance. Beaucoup s’inquiètent et se demandent si la Ville va renouveler les contrats de location ou décider de réaménager le quartier avec éventuellement des tours d’habitation pour densifier le quartier. »

“Le réseau de sentiers de Champlain Heights, qui ne représente plus qu’une simple bande de la forêt de sapins Douglas d’origine, est aussi un terrain à bail et ne bénéficie d’aucune protection face aux promoteurs immobiliers. L’une des meilleures manières pour les citoyen·nes de protéger le sentier de la prospection immobilière est de l’entretenir. En arrachant les herbes envahissantes et en replantant des espèces indigènes, nous montrons que ce réseau de sentiers possède un écosystème sain et divers au lieu d’être perçu comme une zone dangereuse. En créant des liens entre les résident·es et en donnant de notre temps comme bénévoles, nous augmenterons aussi nos chances pour faire pression sur la municipalité lorsque les baux arriveront à échéance dans le quartier. En créant une communauté épanouie et diversifiée, nous avons démontré que le quartier “expérimental” de Champlain Heights a trouvé son équilibre.” 

Des personnes en train d'enlever des plantes envahissantes
Source : Free the Fern

Les activités d’intendance dans les parcs ont le potentiel d’enrichir la vie et d’améliorer la santé de la population. Cependant, pour faire en sorte que les quartiers méritant l’équité, comme celui de Champlain Heights, puissent profiter de ces avantages, nous devons éliminer les obstacles sur leur chemin. Free the Fern et the Everett Crowley Park Committee apporteront ainsi une contribution essentielle au Réseau des Parcs Cœur vital en démontrant ce qu’il est possible de faire dans leur quartier. 

Les Parcs Cœur vital montrent l’exemple. À travers des activités d’intendance environnementale, ils contribuent à améliorer la santé et la qualité de vie des personnes de tous les horizons*, de tous les âges*, parlant différentes langues* et ayant différentes capacités physiques. Lisez les Rapports des Parcs Cœur vital pour découvrir comment ces activités contribuent à améliorer la santé et la qualité de vie des gens. Et suivez les avancées de nos nouveaux partenaires Free the Fern et ECPC qui démontrent comment mieux soutenir les quartiers méritant l’équité.

Les amis de la montagne, Stanley Park Ecology Society* et High Park Nature Centre*, trois des organisations à but non lucratif œuvrant pour les parcs les plus réputées et les plus anciennes du Canada, faisaient partie des 100 délégués présents lors du lancement du Réseau national des Amis des parcs pendant la conférence « Cœur de la ville » à Calgary en 2017.

Au cours de l’expansion des programmes nationaux des Amis des parcs et du lancement de son premier Rapport sur les parcs urbains du Canada, nous avons constaté les énormes retombées qu’avaient ces groupes. Par exemple, si quatre millions de personnes visitent chaque année le parc national de Banff, plus de huit millions visitent le Mont Royal, soit 30 000 fois plus de visiteurs par acre de parc. Combinés, ces trois grands parcs urbains accueillent plus de 17 millions de visiteurs chaque année.

Pendant la pandémie, Ami·es des parcs a commencé à organiser une série de rencontres virtuelles du type « cinq à sept » avec de grandes organisations de parcs urbains afin de déterminer la meilleure manière de les soutenir. Le but était de les aider à trouver les meilleures solutions pour rendre nos villes plus vertes et plus résilientes face aux changements climatiques. Nous avons ainsi appris que ces grands parcs urbains devaient être reconnus pour leur immense contribution face aux changements climatiques et en termes de résilience communautaire et recevoir les financements adéquats.

Pendant la pandémie, le Mont Royal, Stanley Park et High Park ont vu affluer un nombre de visiteurs sans précédent. L’enquête des Amis des parcs a montré que près des trois quarts (70 %) de la population estimait que leur appréciation des parcs et des espaces verts s’était accrue pendant la pandémie. Même si les vaccins permettent d’envisager la fin de la pandémie, ces parcs avec leurs écosystèmes uniques continueront de subir une pression considérable.

Des enfants qui courent et jouent dans un parc
Les amis de la montagne, Camp de jour, Freddy Arciniegas, 2019

Aujourd’hui, Ami·es des parcs a le plaisir de lancer le programme « Parcs Cœur vital », une collaboration nationale inédite visant à revitaliser l’infrastructure verte des plus grands parcs urbains du pays, tout en démontrant leur valeur incomparable pour le bien-être de la population. Le nom « Parcs Cœur vital » illustre leur importance cruciale dans nos villes. 

Un « Parc Cœur vital » est un large espace vert urbain qui contribue à la biodiversité, aux services écosystémiques et qui permet à la population d’en faire de multiples usages. Dans ces parcs, le personnel municipal, les ONG locales et celles œuvrant dans les parcs, ainsi que les responsables communautaires coordonnent les activités axées sur l’éducation et la gestion environnementales, afin d’inciter des personnes d’origines diverses à établir des liens avec la nature et les autres. Les « Parcs Cœur vital » procurent des avantages environnementaux et sociaux inestimables aux villes en les rendant plus vertes et plus résilientes face aux changements climatiques. 

Durant la première année, Ami·es des parcs collaborera avec ces trois groupes en soutenant leurs activités de revitalisation des écosystèmes. À High Park à Toronto, notre programme de financement permettra d’améliorer l’état des zones humides et de restaurer la savane de chênes noirs, un habitat rare dans le monde, en éliminant les espèces envahissantes. Les activités réalisées au Mont-Royal seront également bénéfiques pour les forêts et les zones humides du parc. Grâce aux travaux de plantation et à la gestion environnementale, le marais restauré sera en mesure de mieux absorber les eaux de pluie, ce qui améliorera la qualité des eaux souterraines et l’habitat des diverses espèces. Cela permettra aussi de réduire l’érosion et le ruissellement des eaux de surface qui dégradent la forêt. À Stanley Park, la plantation de 500 arbres et arbustes indigènes et l’élimination de 10 000 mètres carrés d’espèces envahissantes permettront d’améliorer l’état de cette forêt pluviale tempérée côtière, qui constitue un puits de carbone efficace et un habitat faunique dans le centre-ville de Vancouver. 

« Aujourd’hui, nous comprenons le rôle régénérant que joue la nature dans notre sentiment de bien-être. Nous devons approfondir cette notion et envisager plus largement la manière dont la restauration de la nature contribue à rendre nos villes plus résilientes face aux effets des changements climatiques »

Sara Street, Directrice générale du High Park Nature Centre.

En plus de soutenir les travaux de restauration essentiels, le programme servira de pilier pour ces grandes organisations de parcs urbains qui pourront ainsi échanger leurs connaissances et partager leurs pratiques exemplaires. Le programme « Parcs Cœur vital » s’appuiera sur une évaluation d’impact rigoureuse afin de mesurer et d’amplifier les conclusions liées à l’importance des grands parcs urbains pour le bien-être de la population et celui des écosystèmes.

Deux personnes près d'un lac qui font des activités de conservation de l'environnement
Stanley Park Ecology Society

« En travaillant en groupe, nous pouvons multiplier notre impact, intensifier notre travail et devenir de véritables porte-voix, d’une manière qu’aucun de nous ne peut le faire seul »

Dylan Rawlyk, Directeur général de la Stanley Park Ecology Society.

« Le programme Parcs Cœur vital s’appuie sur le fait que nous avons beaucoup de choses à partager avec les autres ONG œuvrant pour un parc dans le pays, et tant à apprendre d’elles. Ami·es des parcs fait prendre conscience de l’importance de ces espaces verts et nous fournit le cadre nécessaire pour revitaliser les écosystèmes. »

Hélène Panaïoti, Directrice générale des amis de la montagne

L’objectif à long terme du programme est de faire en sorte que chaque citadin au Canada ait facilement accès à un Parc Cœur vital qui présente à la fois des avantages écologiques et sociaux.

“Les grands parcs urbains revêtent une grande importance pour les villes. Ami·es des parcs sert de pilier pour renforcer leur travail et pour obtenir davantage de soutien en leur faveur. Il est clair que nous disposons d’importants milieux naturels à la fois précieux et capables de répondre aux effets des changements climatiques et aux objectifs de nos villes. C’est pourquoi, nous nous réjouissons grandement à l’idée de contribuer à cette réalisation.”

Natalie Brown, Directrice des programmes chez Ami·es des parcs

Grâce à son Réseau national, Ami·es des parcs sélectionnera d’autres grands parcs à travers le Canada afin qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’investissements et du réseau de l’organisation pour offrir à leur tour un maximum d’avantages écologiques et sociaux.