Erika Nikolai, directrice générale d’Ami·es des parcs, a reçu le prix de l’Individu d’exception décerné par World Urban Parks — l’une des reconnaissances internationales les plus prestigieuses dans le secteur des parcs et de l’espace public.
Pourquoi les événements dans les parcs sont-ils importants ? Comment les subventions s'intègrent-elles dans les objectifs plus larges des Ami·es des parcs pour susciter des changements dans les parcs urbains ?
Le programme offre aux personnes vivant près des ravins de Toronto une formation et un accompagnement pour découvrir, explorer et célébrer ce réseau unique.
Une réflexion sur le rapport d'enquête BEING BLACK IN PUBLIC, qui explore comment les communautés noires vivent les parcs et les espaces publics, et ce qui nourrit la joie et le sentiment d’appartenance.
Explorez les principaux constats tirés de cinq années du Rapport sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière les tendances, les enjeux et les pratiques qui façonnent les espaces verts à travers le pays.
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Cette étude de cas fait partie du Rapport 2024 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.
Ces cinq dernières années, les programmes axés sur l’alimentation dans les parcs, comme les forêts nourricières, les jardins collectifs et les plantes comestibles, ont gagné en ampleur et en popularité dans les villes canadiennes. Il est clair que les municipalités et leur population perçoivent tout le potentiel de l’agriculture urbaine et souhaitent le développer. Ces trois dernières années, 50 % des citadin·es ont déclaré à plusieurs reprises vouloir voir davantage d’agriculture urbaine et de jardins collectifs dans leurs parcs.
Si les villes prévoient d’investir dans des programmes d’agriculture urbaine dans les parcs, comment peuvent-elles s’assurer qu’ils sont utilisés et, surtout, que les fruits de leurs récoltes atteignent avant tout les personnes qui en ont besoin ?
Lancé en 2020, le programme Get Growing Victoria* de la Ville de Victoria adopte une approche de justice alimentaire en fournissant des outils et du matériel de jardinage aux quartiers dont les communautés sont particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire, notamment les personnes sans logement, les communautés autochtones et racialisées, ainsi que les personnes âgées et les jeunes.
Au lieu de se focaliser uniquement sur l’accès du grand public à des aliments frais, la justice alimentaire donne la priorité aux tranches de la population qui sont confrontées à des obstacles structurels et systémiques pour assurer leur sécurité alimentaire. En prenant en compte les obstacles au jardinage, le programme Get Growing parvient à fournir des aliments durables et sains à celles et ceux qui sont souvent exclu·es des programmes de jardins collectifs.
Le Service des parcs a vite constaté que le meilleur moyen d’atteindre ces groupes à risque était de collaborer avec des associations locales qui connaissent mieux leurs besoins. Cette collaboration a également permis à la municipalité d’apporter une aide efficace en intervenant là où se trouvent ces populations plutôt que d’attendre qu’elles s’identifient elles-mêmes et qu’elles suivent le processus d’inscription mis en place par la Ville.
Ce programme compte désormais 67 partenaires locaux parmi des organismes de santé publique, des prestataires de services en santé mentale, des organisations d’aide aux personnes immigrées et réfugiées, des prestataires de services sociaux ainsi que des organismes œuvrant pour l’accès à des logements abordables. Les organisations partenaires fournissent à leurs bénéficiaires et à leur famille du matériel de jardinage ainsi que des plants de légumes cultivés dans les serres de la Ville. Ils peuvent ainsi les utiliser dans leur propre jardin ou dans un jardin collectif près de chez eux. Get Growing offre à ses partenaires l’autonomie nécessaire dans leur programme pour distribuer le matériel de jardinage de la manière qui répond le mieux aux besoins de leurs publics.
Julia Ford, coordonnatrice des systèmes alimentaires de la Ville de Victoria, nous explique que ce programme ne pourrait fonctionner sans ces associations partenaires. « Ceci nous permet d’augmenter considérablement notre impact et d’aider des groupes à risque au sein de la population qui, autrement, n’auraient pas forcément d’interaction avec la municipalité. »
Appuyant le propos de Julia, notre sondage public de cette année a révélé que plus de 30 % des citadin·es ne savent pas vers qui se tourner s’ils rencontrent des problèmes ou souhaitent faire des commentaires sur leur parc. En collaborant avec des organisations locales qui entretiennent des relations étroites avec les résident·es des quartiers, la Ville de Victoria peut venir en aide à des personnes qui se sentent déconnectées des services municipaux.
Après quatre années d’existence, on estime la production de produits frais à 400 000 livres, soit près de 181 000 kg. Par ailleurs, une évaluation des personnes participant à ce programme a révélé que la grande majorité d’entre elles estimaient qu’il avait amélioré leur bien-être mental, leur consommation d’aliments sains et leur niveau global d’activité physique. Cette initiative démontre ce que l’on peut faire dans les parcs lorsque l’on adopte une perspective de santé publique.
« Je pense que ce programme illustre comment les Services des parcs peuvent exploiter les ressources existantes de manière innovante pour promouvoir activement la santé publique et améliorer la prévention. Selon moi, le secteur des parcs reconnaît l’importance de l’utilisation passive des parcs et de l’accès aux espaces verts pour la santé mentale et le bien-être. Mais comment pouvons-nous soutenir activement les membres de la population qui veulent paver la voie vers des utilisations plus innovantes de l’espace public ? Comment pouvons-nous aider les gens à explorer de nouvelles activités récréatives qui ont du sens et qui sont accessibles et équitables ? »
Julia Ford, Coordonnatrice des systèmes alimentaires de la Ville de Victoria
Alors que les changements climatiques font augmenter la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, les villes voient leurs parcs et infrastructures subir des dégâts plus importants. En 2024, 97 % des services des parcs municipaux ont déclaré que répondre aux effets des changements climatiques et des conditions météorologiques extrêmes était devenu un véritable défi. Tandis que les inondations, les sécheresses et les incendies présentent des risques importants, le vent a lui aussi engendré des dégâts considérables ces dernières années.
Les gestionnaires des parcs à qui nous avons parlé en 2023 ont mentionné des tempêtes de plus en plus intenses, caractérisées non seulement par une augmentation de la vitesse des vents, mais aussi des vents qui durent plus longtemps et causent beaucoup plus de dégâts. Bien que les municipalités aient commencé à réaménager leurs parcs et à modifier leurs palettes végétales pour leur permettre de mieux résister aux inondations ou de s’adapter à la sécheresse, il est difficile de se préparer à la survenue de vents violents.
Frank Quinn, responsable des parcs et des loisirs à la Ville de Charlottetown sur l’Île-du-Prince-Édouard, maîtrise bien la préparation aux tempêtes. Pourtant en septembre 2022, lorsque l’ouragan Fiona s’est abattu sur l’île, l’une des tempêtes les plus violentes à avoir frappé les côtes canadiennes, il a été confronté à un phénomène d’une envergure totalement inédite.
La tempête a été la plus coûteuse de l’Atlantique canadien*, causant 220 millions de dollars de dégâts rien que sur l’Île-du-Prince-Édouard. L’ouragan Fiona a duré plusieurs heures, endommageant sur son passage des infrastructures municipales et dévastant la canopée. Dans l’aire naturelle de Royalty Oaks, de nombreux arbres anciens ont été arrachés, certains âgés de 300 ans.
Frank Quinn a indiqué l’équipe des mesures d’urgence* de la Ville, composée de cadres supérieurs travaillant dans différents services, s’est réunie fréquemment avant et après la tempête. Charlottetown étant une petite municipalité, les membres des différents services ont l’habitude de travailler ensemble et de s’entraider. Ces liens se sont en effet avérés utiles après le passage de cet ouragan.
« Nous avions déjà de bonnes relations de travail, et tout le monde se connaissait. Nous disposions d’un large éventail d’expériences et d’expertise. » Les membres du personnel municipal ont ainsi pu mettre à profit leurs connaissances mutuelles à l’interne, mais aussi celles de prestataires externes pouvant leur apporter leur soutien.
Assurer la sécurité publique et les activités de nettoyage était en haut de la liste des priorités. Toutefois, Frank Quinn reconnaît qu’ « après quelques jours passés à l’intérieur, on a envie de sortir. » Durant les premiers jours, son équipe a donc évalué chaque aire de jeux et inspecté les réseaux de sentiers en affichant des avis sur ceux qui étaient fermés ou accessibles au public.
La communication était compliquée en raison des pannes de courant, ajoute-t-il. Des messages concernant l’avancement du déblaiement des sentiers et la réouverture des aires de jeux ont été publiés sur le site Web de la Ville et communiqués aux médias. Toutefois, c’est en collaborant avec des organisations communautaires, comme les associations religieuses, que la municipalité a pu le mieux relayer ses messages auprès du public.
La Ville intègre actuellement des solutions de secours dans ses systèmes et services. Par ailleurs, Frank Quinn indique que le carburant a été l’un des principaux problèmes rencontrés suite à la tempête. Bien que le personnel municipal ait rempli les réservoirs et les véhicules avant l’arrivée de la tempête, refaire le plein a été plus difficile, car le principal dépôt de carburant ne disposait d’aucun générateur de secours sur place.
« Auparavant, nous avions affaire à des tempêtes de moindre ampleur, avec des coupures de courant pendant un jour ou deux seulement. Mais lorsqu’une partie de la ville est privée d’électricité pendant deux semaines suite à une tempête, cela engendre de nombreux problèmes et défis », comme par exemple les sources d’approvisionnement en carburant.
Frank Quinn, Responsable des parcs et des loisirs à la Ville de Charlottetown sur l’Île-du-Prince-Édouard
Frank Quinn explique que la municipalité a tiré des leçons de son expérience après le passage de l’ouragan Fiona et a déjà commencé à se préparer à la prochaine tempête. « Nous construisons de nouvelles infrastructures et faisons en sorte qu’elles résistent mieux à des vents plus forts », dit-il. La Ville a également acheté de nouveaux équipements permettant de déblayer les arbres, mais pouvant aussi être utilisés pour d’autres usages quotidiens comme le nivellement des sentiers.
L’un des principaux défis que rencontrent les villes en pleine croissance est d’acquérir de nouvelles parcelles pour l’implantation de parcs dans des quartiers en cours de densification, dans un contexte marqué par une pénurie de terrains encore non construits. En 2023, 69 % des municipalités ont déclaré que l’acquisition de nouveaux terrains destinés à l’implantation d’un parc constituait un défi majeur pour elles. Le plan à long terme de Mississauga montre qu’une approche cohérente et transparente pour l’acquisition de logements existants peut générer des bénéfices durables en matière d’espaces verts pour une population en pleine croissance.
Le quartier de Cooksville, une zone désignée comme centre de croissance urbaine, est déjà confronté à une pénurie de parcs, comme le montre le plan de développement des parcs de la Ville. Alors que la municipalité a pour objectif de dédier 12 % de sa superficie foncière aux parcs dans les centres de croissance urbaine, Cooksville se situe bien en deçà de cet objectif. Selon Sharon Chapman, gestionnaire de la planification des parcs et de la culture de la Ville de Mississauga, l’arrivée du futur système léger sur rail et la construction de tours d’habitation dans le quartier ne feront qu’accroître la démographie.
Pour répondre à la situation, la Ville doit donc prévoir l’acquisition de terrains dans le quartier de Cooksville afin d’accroître la superficie actuelle des parcs pour qu’ils puissent accueillir plus de monde et d’activités différentes. Le conseil municipal a approuvé cette mesure en 2017*. L’identification de 31 propriétés permettant d’acquérir 10 hectares de terrain au total vise à « créer de grandes superficies homogènes de parcs avec des réseaux de sentiers continus ».
Si l’extension des parcs est l’objectif premier, elle présente aussi un deuxième avantage : la résilience climatique. Certaines propriétés identifiées se trouvent actuellement sur des terrains inondables qui n’auraient pas pu être construits de nos jours. Cette situation pourrait donc inciter davantage de propriétaires à vendre leur bien à la Ville, sachant que les maisons ayant été inondées sont plus difficiles à vendre, indique Sharon Chapman.
Cependant, ce projet n’est pas sans controverse. Les projets de démolition de ces habitations ont provoqué le mécontentement de certain·es propriétaires dans le quartier qui affirment ne pas avoir l’intention de vendre leur bien à la Ville*. Sharon Chapman explique que la résistance initiale des propriétaires était liée à une mésinformation et à des inquiétudes concernant ces changements. La Ville s’est donc attachée à clarifier son intention en précisant que l’acquisition de ces propriétés suivait le principe d’un consentement mutuel entre acheteur et vendeur et que l’expropriation n’était donc pas à l’ordre du jour. Les négociations avec les propriétaires désireux de vendre se basent sur des rapports préparés par des agences d’évaluation indépendantes et accréditées estimant la juste valeur marchande du bien.
« Notre approche a été de coopérer réellement avec chaque propriétaire. Nous avons respecté les propriétaires qui ne souhaitaient plus en parler. »
Sharon Chapman, Gestionnaire de la planification des parcs et de la culture de la Ville de Mississauga
Comme c’est souvent le cas, la situation a mis en opposition les activistes en faveur des parcs et les activistes défendant le logement, comme s’il fallait choisir entre l’un ou l’autre. Reconnaissant cette situation, Sharon Chapman explique que la Ville était consciente que « le projet pourrait être perçu comme contribuant à réduire le nombre de logements ». Toutefois, elle précise qu’il ne s’agissait que de quelques maisons individuelles et que les 31 propriétés ne comportaient pas toutes des habitations. « Il est vrai que nous perdrons un petit nombre de maisons individuelles, mais la zone va connaître une croissance démographique considérable avec la construction de nouveaux logements. Nous devons donc garder une vue d’ensemble pour faire en sorte de créer suffisamment de parcs dans ce quartier. »
À ce jour, la Ville a acquis 19 propriétés. Cela représente déjà plus de 8 hectares de terrains sur les 10 hectares qu’elle s’est fixée comme objectif. La démolition des habitations se fait au fur et à mesure afin que celles-ci ne demeurent pas vacantes et que le terrain puisse être converti immédiatement en parc.
« Les propriétés que nous avons acquises sont presque suffisantes pour commencer à planifier l’aménagement d’un parc »
La municipalité s’apprête désormais à entamer le processus de concertation publique* pour décider des aménagements naturels et construits du parc.
Établir des liens essentiels entre les citadin·es et les parcs
Les Bourses TD Ami·es des parcs sont disponibles pour presque tout événement dans un espace vert accessible au public — que ce soit dans un parc urbain, sur un terrain de logement social ou dans une cour d’école — à condition qu’ils contribuent à la protection et à la conservation continues de ces espaces.
Des ateliers sur les plantes médicinales autochtones aux randonnées nature, nous aidons les citoyen·nes engagé·es à organiser des activités qui rassemblent les citadin·es autour des thématiques de la durabilité, de l’éducation et de l’intendance environnementale.
Chaque année, nous soutenons plus de 70 groupes citoyens dans 21 zones urbaines à travers le Canada dans l’organisation de deux événements, en personne ou virtuellement.
Vous aussi, vous pourriez recevoir 2 000 $ pour concrétiser votre projet dans les parcs de votre quartier !
Chaque année, grâce au programme de Bourses TD Ami·es des parcs :
0
bourses octroyées
événements organisés
personnes connectées dans les parcs
Les candidatures pour les Bourses TD Ami·es des parcs 2026 sont désormais closes.
14 Janv 2026
Ouverture des candidatures
23 fev 2026
Clôture des candidatures
Avril 2026
Notification aux bénéficiaires des bourses
Mai 2026
Distribution des fonds
22 Avril – 31 Dec 2026
Période des événements dans les parcs
Oct 2026
Remise du rapport de projet
Les demandes des groupes méritant l’équité seront prioritaires. Au moins 50 % des bourses seront accordées à des groupes s’identifiant comme tels.
Avant de présenter votre demande, vérifiez l’admissibilité de votre groupe ci-dessous. Si votre groupe n’est pas admissible à la Bourse TD Ami·es des parcs, votre demande ne sera pas prise en compte.
Veuillez créer un compte et soumettre votre demande sur Blackbaud.
Le formulaire de candidature devrait prendre environ 2 heures à remplir, une fois que vous aurez une idée claire de vos événements. Voici un exemple de formulaire pour vous aider à préparer votre demande.
Vous pouvez aussi avoir un aperçu des questions du formulaire et plus d’informations sur la création d’un compte dans la section FAQ en bas de page.
Besoin d’aide pour remplir votre demande ?
Notre équipe est là pour vous accompagner ! Vous pouvez nous joindre :
Ami·es des parcs s’engage à soutenir les personnes en situation de handicap pendant le processus de candidature. Si vous rencontrez des obstacles lorsque vous remplissez le formulaire ou si vous souhaitez demander des aménagements particuliers, veuillez nous contacter.
Nous avons apporté quelques changements au programme cette année, résumés ci-dessous.
Les décisions seront prises par une équipe d’évaluateurs composée de membres de l’équipe d’Ami·es des parcs, en consultation avec TD.
Les demandes sont sélectionnées selon les critères suivants :
Veuillez noter que le fait de répondre à l’un ou l’autre de ces critères ne garantit pas l’obtention d’une bourse par votre groupe. Cependant, ces critères représentent les qualités que nous recherchons dans chaque demande.
Le formulaire de candidature devrait prendre environ deux heures à remplir une fois que vous aurez une idée claire de vos événements. Voici un aperçu des questions :
Votre groupe peut démontrer cette approche de plusieurs façons : éducation du public aux questions environnementales, engagement envers des pratiques écologiques, ou activités en lien avec la gestion environnementale.
Nous vous encourageons à faire preuve de créativité et à sortir des sentiers battus !
Quelques ressources utiles :
Il ne suffit pas d’organiser un événement gratuit et ouvert au public pour qu’il soit inclusif et accessible. Votre événement sera plus accessible si vous tenez compte des différents types de handicaps que vos participant·es pourraient avoir et si vous anticipez les difficultés qu’ils et elles pourraient rencontrer pendant l’événement.
Voici certaines mesures qu’ont adoptées de précédents bénéficiaires des bourses pour rendre leurs événements inclusifs :
Nous suggérons également d’ajouter sur la page de votre événement des renseignements sur l’accessibilité. Vous pourriez indiquer le lieu, les moyens de transport disponibles, des informations concernant la nourriture, le niveau de stimulation sensorielle et d’interaction anticipés. Cela aidera les personnes intéressées à déterminer s’ils peuvent ou veulent y participer et à planifier en conséquence.
Pour en savoir plus, consultez notre ressource Améliorez l’accessibilité et l’inclusivité de vos événements.
Si votre groupe est sélectionné, il recevra un total de 2 000 $ à répartir sur les deux événements. Une fois les fonds de votre bourse reçus, vous êtes libre de les utiliser comme vous le souhaitez pour vos événements. Cela peut inclure, par exemple, le transport des participant·es (tickets de bus). Vous pouvez également combiner cette subvention avec d’autres sources de financement.
Dans le cadre de ce programme, un groupe est considéré comme « méritant l’équité » si les personnes qui contribuent à son organisation font partie d’une communauté méritant l’équité et/ou si le groupe dessert ou engage des communautés méritant l’équité. Nous accordons la priorité à ces groupes dans l’attribution des bourses afin de corriger la répartition inéquitable des ressources dans le secteur des parcs.
Nous définissons les communautés méritant l’équité comme celles qui, en raison de discriminations systémiques, font face à des obstacles les empêchant d’accéder aux mêmes ressources et opportunités que les autres membres de la société. Il peut s’agir, entre autres, des personnes Autochtones, Noires et de couleur (PANDC), des personnes en situation de handicap, des personnes 2SLGBTQIA+, des personnes nouvellement arrivées au Canada, des femmes, ainsi que des personnes à faible revenu.
Ces communautés peuvent se situer dans certaines zones géographiques de certaines villes, comme les zones d’amélioration des quartiers de Toronto* ou les zones de revitalisation urbaine intégrée de Montréal, mais elles ne se limitent pas à ces zones.
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Découvrez les groupes citoyens à travers le Canada recevant une Bourse TD Ami·es des parcs.
Ami·es des parcs se réjouit d’annoncer l’arrivée de trois nouveaux partenaires dans son réseau national Parcs Cœur vital en pleine expansion : Edmonton River Valley Conservation Coalition* à Edmonton, le Jardin botanique de Toronto* et Ecology Action Centre* à Halifax.
Lancé en 2021, le réseau Parcs Cœur vital est le seul programme au Canada dont l’objectif est de maximiser l’impact et les avantages des grands parcs urbains du pays. Ces espaces essentiels offrent aux citadines et citadins la possibilité de créer des liens enrichissants avec la nature et avec les autres, et donnent aux villes une longueur d’avance pour atténuer les effets des changements climatiques.
Les grands parcs urbains requièrent souvent plus de ressources pour leur entretien, leur exploitation et leurs activités, ainsi que des solutions innovantes pour relever les défis qui leur sont propres. Le réseau Parcs Cœur vital regroupe autour d’une communauté de pratique des organisations œuvrant pour un grand parc aux quatre coins du Canada. Grâce à ce programme, elles peuvent bénéficier d’un financement direct pour financer des activités d’intendance et de restauration environnementales offertes au public, renforcer les capacités au sein des groupes citoyens œuvrant pour un parc et entre eux (en particulier dans les quartiers méritant l’équité), et mettre en œuvre des mesures d’évaluation et communiquer sur le travail collectif réalisé.
L’Edmonton River Valley Conservation Coalition, le Jardin botanique de Toronto et l’Ecology Action Centre viennent de rejoindre les trois partenaires fondateurs de notre réseau : Stanley Park Ecology Society* à Vancouver, High Park Nature Centre* à Toronto, et Les Amis de la montagne à Montréal. Ils s’ajoutent ainsi aux nouveaux membres que nous avons accueillis en 2023, comme Everett Crowley Park Committee* et Free the Fern Stewardship Society* à Vancouver, Meewasin Valley Authority* à Saskatoon, Rowntree Mills Park à Toronto et le Corridor écologique de Darlington à Montréal.
L’Edmonton River Valley Conservation Coalition (ERVCC) se consacre à la protection, à la préservation et à la régénération du réseau de ravins et de la vallée de la rivière Saskatchewan Nord à Edmonton (Alberta). La vallée fluviale est un « ruban de verdure » de 7 284 hectares (18 000 acres) constituant le plus grand parc urbain au Canada. Dirigée par des bénévoles, la coalition collabore avec de nombreux groupes et initiatives de conservation, dont Swim Drink Fish*, Edmonton Native Plant Society*, Shrubscriber* l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et Root for Trees* afin d’encourager des activités de conservation et de restauration en partageant des connaissances, en collaborant en matière d’intendance environnementale, en informant le public et en menant des campagnes de plaidoyer.
Grâce au programme Parcs cœur vital, la coalition entend accélérer la plantation d’arbres et de plantes en collaboration avec Root for Trees, améliorer la surveillance de l’eau* conjointement avec Swim Drink Fish, soutenir les programmes Tree Equity* et Bird Friendly Edmonton*, et lancer un nouveau programme pilote pour la restauration des sentiers* avec la municipalité. Toutes ces initiatives contribuent également à la création d’emplois en misant sur le pouvoir populaire pour réduire les émissions de carbone de la ville. De plus, l’organisation envisage de demander à ce que cet espace reçoive l’appellation de parc urbain national.
Le Jardin botanique de Toronto (ou TBG pour Toronto Botanical Garden en anglais) se compose de divers types de jardins couvrant près de 1,6 hectare (4 acres) à Toronto, se trouvant à proximité de la ravine de la vallée du Don*, du ruisseau Wilket* et des jardins Edwards Gardens*. Couvrant prochainement un site de plus de 14 hectares (35 acres), le TBG fait actuellement l’objet d’un projet d’expansion* sans précédent, qui vise à répondre à des objectifs précis, à favoriser des liens profonds avec la nature, et à avoir un impact positif sur son écosystème unique et aux alentours.
Avec le soutien du programme Parcs cœur vital, le TBG lancera un projet pilote reposant sur une série d’activités comprenant des promenades accessibles dans les ravines, des initiatives de science participative et de conservation des semences ainsi qu’un festival d’automne coïncidant avec les Journées des ravins de la Ville de Toronto*. Ces activités visent à permettre au public de se familiariser davantage avec les réseaux de ravines de la ville et d’encourager les activités de restauration environnementale.
L’Ecology Action Centre est une organisation environnementale dirigée par ses membres en Nouvelle-Écosse depuis 1971. Dans l’objectif de créer une ceinture verte à Halifax* (un réseau de parcs et d’espaces verts protégés et en bonne santé), l’organisation a établi de solides partenariats avec des organisations écologiques locales représentant trois sites clés : Purcells Cove Backlands*, Blue Mountain-Birch Cove Lakes*, et Sandy Lake-Sackville River*.
En tant que partenaire du programme Parcs Cœur vital, l’Ecology Action Centre élargira ses programmes de randonnées existants afin de sensibiliser et mobiliser davantage le public dans ces parcs, mener des recherches sur les espèces envahissantes locales par le biais de programmes de science participative, et tester de nouvelles activités en sondant notamment les usagères et usagers de ces parcs. L’organisation apportera son soutien à la réserve naturelle de Blue Mountain-Birch Cove Lakes qui étudie également la possibilité de faire désigner cet espace naturel comme parc urbain national*.
Accueillir de nouveaux membres dans le réseau Parcs cœur vital nous permet de créer des liens différents (mais tout aussi importants) : entre les parcs d’une même municipalité et avec ceux de différentes municipalités; entre les organisations établies de longue date et celles nouvellement créées; et entre différents types de grands parcs urbains, tels qu’ils sont façonnés par l’évolution de nos villes.
En favorisant l’établissement de liens entre différents parcs situés dans les mêmes centres urbains (Vancouver, Edmonton et Saskatoon, Toronto, Montréal et Halifax), le réseau Parcs cœur vital permet aux membres de s’apporter un soutien mutuel pour relever des défis souvent similaires : gestion des espèces végétales envahissantes, interactions entre les animaux sauvages et conséquences des changements climatiques (et à œuvrer pour l’élaboration de politiques locales afin d’y remédier). En servant de passerelle de communication entre les villes, notre programme permet de sensibiliser les groupes citoyens œuvrant pour un parc aux nouveaux défis qu’ils rencontrent (et souvent également rencontrés par d’autres) et de présenter de nouveaux modèles de collaboration et de gouvernance conjointe offrant d’éventuelles solutions facilement transférables.
Depuis 2021, notre programme a évolué pour tenir compte de la grande diversité des grands parcs urbains. Ceux-ci comprennent les parcs d’origine de notre réseau, comme Stanley Park à Vancouver, High Park à Toronto et le Mont-Royal à Montréal – qui représentent des parcs de destination très prisés depuis longtemps. Notre réseau comprend aussi des projets de « réutilisation adaptative » comme le parc Everett Crowley et son réseau de sentiers Champlain Heights à Vancouver, ainsi que le corridor écologique de Darlington à Montréal – un ancien site d’enfouissement et un ancien corridor ferroviaire, respectivement – dont la revitalisation permet de créer de nouveaux espaces verts essentiels pour des quartiers méritant l’équité. Notre réseau se compose également de corridors écologiques, comme les ravins, les vallées fluviales et les ceintures vertes, qui continuent à résister au développement urbain tandis que les villes gagnent rapidement du terrain tout autour d’eux.
Les grands parcs urbains du Canada constituent des espaces naturels vitaux qui méritent notre soutien. Quels que soient leur emplacement et leur histoire, et quelle que soit la date à laquelle leurs programmes de conservation et de préservation ont été établis officiellement, chacun d’entre eux offre aux habitant·es des villes la possibilité de maintenir des liens essentiels avec la nature et avec leurs concitoyen·nes.
De plus, les parcs membres du réseau Parcs Cœur vital offrent souvent des avantages multiples et favorables aux résident·es des quartiers urbanisés et méritant l’équité qui les fréquentent. Pour ce faire, ces parcs proposent des programmes et activités accessibles qui favorisent de manière tangible la santé physique et mentale ainsi que la qualité de vie des usager·es de ces parcs et de leurs bénévoles. En améliorant ces parcs, nous améliorons la vie des habitant·es.
Grâce à notre programme Parcs Cœur vital, nous nous réjouissons de contribuer à fournir des ressources collectives, des occasions de réseautage, le renforcement des capacités, des mesures d’évaluation, des outils de communication ainsi que des activités de plaidoyer pour nos nouveaux partenaires (l’Edmonton River Valley Conservation Coalition*, le Jardin botanique de Toronto* et l’Ecology Action Centre*) afin de favoriser leur croissance continue, et aussi d’améliorer le travail en cours de tous nos membres existants.
À la fin du mois de juin 2024, 13 ans après avoir fondé l’organisation, je quitterai mon poste de codirigeant d’Ami·es des parcs.
À cette occasion, je repense aux nombreux changements positifs qui se sont produits dans les parcs urbains du Canada depuis 2011 et au rôle particulier qu’a joué Ami•es des parcs. Beaucoup de chemin a été parcouru, que ce soit mon parcours personnel, dans l’organisation, et au sein de l’incroyable écosystème des parcs urbains du Canada.
Depuis nos tout débuts, l’objectif d’Ami•es des parcs a toujours été de créer des liens : entre les gens et la nature, entre les personnes d’un même quartier lors de rencontres fortuites dans des lieux publics, et entre leaders et initiatives audacieuses susceptibles d’améliorer nos parcs.
L’origine des Ami•es des parcs reflète d’ailleurs bien ce thème. En 2010, j’ai publié un document pour la Metcalf Foundation intitulé « Fertile Ground for New Thinking* » présentant mes idées pour améliorer le système des parcs de Toronto. Dans mes recommandations finales, je suggérai la création d’une ONG dédiée aux parcs de la ville. À l’époque, je n’avais absolument pas l’intention de créer ou de diriger une telle organisation. Cependant, ma publication a inspiré un groupe de personnes enthousiastes qui m’ont incité à lancer cette ONG. En retour, j’ai réussi à les persuader de faire partie des membres fondateurs de notre Conseil d’administration et de nos bénévoles. Nous nous sommes alors lancés dans un plan audacieux visant à aider le plus grand nombre de personnes possibles à se considérer comme des leaders pour les parcs urbains et à les relier aux outils dont ils ont besoin pour créer de grands parcs pour tout le monde.
Le 12 avril 2011, Ami·es des parcs a officiellement vu le jour lors du Sommet des parcs de Toronto. Cette occasion nous a permis de nouer les premiers contacts avec des spécialistes des parcs et des activistes émergents dans la ville. À partir de ces conversations animées, nous avons commencé à établir une force collective pour soutenir et pérenniser des espaces verts dynamiques dont toutes et tous en ville puissent profiter pleinement.
Depuis lors, le groupe original, constitué de membres du Conseil d’administration et de bénévoles, s’est développé de manière exponentielle : Ami•es des parcs compte aujourd’hui plus de 25 employé•es travaillant dans nos bureaux à Vancouver, Toronto et Montréal. Notre Conseil d’administration national compte des spécialistes de l’aménagement urbain et du développement citoyen. Nous avons également rallié des milliers de personnes à notre cause : notre Réseau national rassemble désormais 1 400 groupes citoyens œuvrant pour des parcs dans 35 villes du pays. Nous octroyons des micro-subventions à des groupes citoyens de 21 zones urbaines du Canada pour animer leurs parcs.
En créant Ami•es des parcs, notre objectif était de susciter un mouvement en faveur des parcs urbains, susceptible de changer radicalement la façon dont notre société perçoit la valeur de ces espaces verts publics. Il s’agissait d’un projet ambitieux. Toutefois, grâce à notre collaboration avec des partenaires et responsables de groupes citoyens fantastiques, je pense que nous avons accompli notre mission.
Les parcs du Canada ont connu beaucoup de changements – principalement positifs – ces 13 dernières années. C’est avec beaucoup de fierté que nous avons modestement contribué à ces transformations. Pour ce faire, nous avons mené des recherches cruciales sur les tendances et les possibilités dans les parcs. Nous avons aussi travaillé avec les autorités et les responsables de parcs pour soutenir des politiques novatrices.
Les résultats :
La hausse importante de la fréquentation des parcs au plus fort de la pandémie n’était pas un phénomène isolé : je n’avais jamais vu autant de gens fréquenter les parcs et les utiliser de manière aussi innovante. Les parcs nous permettent de rester en contact avec notre cercle amical, de célébrer des événements, de gérer un deuil, de goûter de nouveaux plats, d’écouter de la musique et de découvrir des expositions d’art. Ils sont la clé de voute de la diversité, de la richesse et du dynamisme de la vie urbaine.
C’est en nous appuyant sur cette conviction que nous avons conçu nos programmes de bourse, nos formations et nos activités de réseautage. Ces programmes ont aidé des centaines de personnes à transformer leurs parcs en centres communautaires dynamiques. Nous avons constamment défendu la valeur unique des parcs : avec notre plateforme axée sur les parcs pour les élections municipales de 2014 à Toronto, avec nos articles sur I’importance des parcs urbains, avec nos conférences nationales et avec notre Rapport sur les parcs urbains du Canada.
Ils ne sont pas de simples fioritures, mais font partie intégrante de l’essence même de nos quartiers. Grâce à nos recherches, nous avons pu mesurer et démontrer l’impact qu’ils ont sur notre bien-être physique et mental. Nous avons aussi montré qu’ils peuvent servir d’antidotes au fléau actuel de l’isolement social et de la solitude.
Les personnes absentes des parcs sont tout aussi importantes que celles qui y sont présentes. Grâce à des programmes comme Susciter le changement, notre organisation invite les groupes confrontés au manque d’équité à participer à la planification et à la mise en œuvre de nos programmes. Cette collaboration nous permet de tirer parti de leurs connaissances et de leurs expériences pour rendre les parcs plus accessibles. Avec le lancement de nos activités et la diffusion des enseignements que nous en avons tirés, nous avons observé une plus grande intégration des mesures d’équité dans les stratégies de planification et d’acquisition des parcs dans les municipalités du pays.
Comme l’a dit Rena Soutar, de la Commission des parcs de Vancouver : « il n’existe pas d’espace culturellement neutre n’ayant pas été modifié par les êtres humains. » Pendant la Conférence des ami·es des parcs de 2022, trois des principaux spécialistes Autochtones des parcs du Canada, Rena Soutar, Lewis Cardinal et Spencer Lindsay, ont abordé la question du colonialisme dans les pratiques de gestion des parcs. Ils ont aussi expliqué la manière d’intégrer les principes de réconciliation et de décolonisation dans ce que nous appelons les parcs. À cet égard, la Commission des parcs de Vancouver a décidé de lancer des programmes de cogestion et d’intendance avec des groupes Autochtones. Dans le même temps, Edmonton a commencé à travailler étroitement avec des leaders Autochtones pour le projet kihcihkaw askî*, le premier parc culturel urbain Autochtone du pays.
Avec les changements climatiques, les parcs urbains deviennent de plus en plus essentiels pour atténuer les vagues de chaleur, absorber les eaux de ruissellement et protéger la faune et la flore, ainsi que la population. Notre organisation a joué un rôle de pionnier en montrant le potentiel des parcs pour atténuer les changements climatiques et nous permettre de nous y adapter.
La taille des parcs n’est pas la seule caractéristique importante d’un parc. Les petits espaces verts peuvent aussi avoir un impact important sur notre bien-être. Avec l’augmentation de la densification de nos villes et du coût des terrains, des sites autrefois négligés, comme les zones en dessous des autoroutes, la chaussée, les corridors électriques, les lignes de chemin de fer et même d’anciennes décharges, se transforment peu à peu en de magnifiques espaces naturels. Grâce à nos recherches* et à notre soutien financier*, des projets innovants comme le sentier Meadoway et le parc linéaire The Bentway à Toronto ont pu voir le jour, de même que le parc Flyover à Calgary.
Nous en demandons beaucoup aux services des parcs municipaux. Les parcs sont de plus en plus fréquentés. Cependant, le personnel municipal est désormais chargé de traiter les questions relatives aux personnes itinérantes, à l’équité, à la réconciliation avec les groupes Autochtones, à l’atténuation des changements climatiques et aux méthodes d’adaptation. Selon moi, leur travail est toutefois devenu plus intéressant et plus gratifiant, car il a la possibilité d’avoir un impact positif sur nos villes et nos quartiers. Mais ce travail est aussi devenu plus complexe qu’avant. C’est pourquoi l’une des principales priorités de notre organisation est désormais de soutenir les membres du personnel municipal et de les mettre en relation.
La démographie augmente rapidement dans les villes du Canada, mais les budgets alloués à leurs parcs ne suivent pas cette hausse. Si cette tendance se poursuit, je m’inquiète de ce à quoi ressembleront nos parcs dans 13 ans. Sans un financement adapté, il n’y aura pas assez de parcs pour répondre aux besoins de la population. Nous risquons de glisser vers un modèle à l’américaine, où le manque d’aides publiques a engendré une crise pour les parcs que les philanthropes et les conservatoires de parcs privés ont dû résoudre. Bien que les partenariats et la philanthropie représentent d’excellentes ressources, elles ne remplacent en rien la dotation financière adéquate des services des parcs municipaux.
Pour les parcs urbains, faire preuve d’imagination en collaborant avec des partenaires communautaires n’est plus l’exception; c’est presque devenu la règle. Qu’il s’agisse de travailler avec des bénévoles locaux ou de créer des conservatoires de parcs officiels, les services des parcs commencent à collaborer avec des partenaires surprenants afin d’enrichir les ressources des parcs et non de les remplacer. Depuis ses débuts, notre organisation plaide en faveur de ce genre de partenariats*. Nous avons ainsi contribué à établir et à cultiver certains modèles de partenariat pour les parcs* parmi les plus importants au Canada. En parallèle, le gouvernement fédéral a commencé à jouer un rôle de plus en plus actif dans le secteur des parcs urbains. Jusqu’à présent, le Canada faisait partie des rares pays dont le gouvernement fédéral ne régissait pas directement les parcs urbains. Après la création du parc urbain national de la Rouge à Toronto, celui-ci a toutefois entrepris un processus visant à créer six nouveaux parcs urbains nationaux à travers le Canada au cours des prochaines années. Des provinces comme l’Ontario, qui ont historiquement évité de créer des parcs provinciaux dans les villes, se sont également engagées dans ce sens. Ami•es des parcs se réjouit de travailler avec les gouvernements et de soutenir ces initiatives qui changent la donne.
Ami·es des parcs n’a pas inventé la mobilisation citoyenne dans les parcs : certaines personnes le faisaient déjà bien avant 2011 partout au Canada. Cependant, nous avons joué un rôle essentiel en les réunissant, en amplifiant leur voix, en communiquant leurs réussites, et en inspirant les autres. Nous leur avons surtout permis d’avoir plus facilement accès à des ressources et à supprimer les obstacles pour les aider à dynamiser les parcs et améliorer leur quartier.
Ces 13 dernières années, le système des parcs urbains du Canada a connu des changements incroyablement positifs. Je suis fier de dire qu’Ami·es des parcs a joué un rôle important pour parvenir à ces avancées.
En passant le flambeau, je suis convaincu que l’équipe d’Ami·es des parcs – en collaboration étroite avec le gouvernement, le public et les bailleurs de fonds – continuera à susciter des changements positifs dans les décennies à venir. Je sais qu’elle fera tout son possible pour que chaque personne bénéficie de manière égale des avantages des espaces verts publics.
Parcs et bien-être : peu importe le parc, les bénéfices pour la santé sont indéniables. Qu’ils soient grands ou petits, riches en histoire ou conçus de manière unique, les parcs peuvent-ils rivaliser avec les emblématiques « parcs de destination » du Canada ? D’après les dernières recherches du réseau Parcs Cœur vital, la réponse est claire : oui, et la clé est de faire de la place aux activités d’intendance environnementale.
Depuis sa fondation en 2021, le programme Parcs Cœur Vital s’est imposé comme le seul réseau national dédié à maximiser les effets positifs et l’influence des grands parcs urbains canadiens, rassemblant des organismes à but non lucratif œuvrant dans ces parcs à travers le pays. En 2023, le réseau Parcs Coeur Vital a analysé deux années de données issues de sondages menés auprès des bénévoles et personnes visitant les trois parcs fondateurs — Stanley Park*, High Park* et le parc du Mont-Royal — afin d’évaluer leurs bienfaits sur la santé et le bien-être.
Nos premiers rapports des Parcs Coeur vital démontrent que l’usage des parcs améliore la santé et le bien-être, à condition que les personnes les utilisant se sentent connectées avec la nature. Les participant·es à des activités d’intendance (programmes axés sur la nature qui invitent les bénévoles à prendre soin de la terre) rapportent de forts liens sociaux et avec la nature qui les rendent plus heureux·ses et en meilleure santé par rapport à d’autres activités liées aux parcs. Malheureusement, les résultats démontrent qu’il existe des disparités d’engagement dans l’intendance des parcs entre différentes communautés. La bonne nouvelle est que l’intendance environementale et les bienfaits pour la santé qui en découlent peuvent souvent être accessibles dans des endroits inattendus.
Compte tenu du fait que la plupart des résident·es des villes ne vivent pas à proximité de parcs historiques de destination tels que Stanley Park, High Park et le parc du Mont-Royal, nous nous sommes demandé si différents types de grands parcs urbains, allant de nouveaux projets de réutilisation adaptative à des artères non aménagées comme des vallées fluviales, contribuent également à la santé des citoyens.
Pour le vérifier, nous avons mené des sondages en ligne et en personne auprès de 86 bénévoles qui s’impliquent dans les programmes des quatre nouveaux partenaires du programme Parcs Coeur vital : Free the Fern Stewardship Society* et Everett Crowley Park Committee* au sud de Vancouver, Meewasin Valley Authority* à Saskatoon, et Corridor écologique Darlington à Montréal. Au cours de la période allant d’août à novembre 2023, les personnes interrogées ont expliqué en quoi les activités d’intendance environnementale jouent sur leur bien-être et les incite à adopter des comportements respectueux de l’environnement.
Nos rapports 2023 sur les Parcs Cœur vital réitèrent les tendances observées dans nos rapports de 2022. À partir de sondages menés auprès de bénévoles dans les nouveaux Parcs Coeur vital, nous avons constaté que :
Grâce à ces connexions avec la nature, nous avons constaté que :
Ces résultats sont similaires à ceux recueillis auprès des personnes faisant de l’intendance environnementale dans des parcs de destination en 2022.
En outre, nous avons examiné quels éléments des parcs favorisent la connexion avec la nature et, par conséquent, ont une influence positive plus marquée sur la santé. Les bénévoles de 2023 déclarent que les endroits qui favorisent le mieux la connexion avec la nature et le bien-être sont les sentiers (25 %) ; les zones naturelles qui comprennent la faune, les forêts et les plantes indigènes (30 %) et autour de l’eau (15 %).
Les bénévoles affirment également que les endroits suivants inhibent le sentiment de connexion avec la nature : les espaces gris/pavés (33 %) ; les espaces trés fréquentés (16 %) ; les installations de loisirs, y compris les installations sportives, les terrains de jeux et d’autres structures (21 %) ; les pelouses entretenues ainsi que les plantes non indigènes (17 %) et les zones avec déchets (12 %).
Les résultats indiquent que les espaces naturalisés jouent un rôle essentiel dans l’établissement de liens solides avec notre environnement. Toutefois, aménager des espaces naturalisés au cœur des zones urbaines est un défi de taille. Les nouveaux Parcs Cœur Vital ont élaboré leurs propres approches novatrices pour offrir aux quartiers urbains diversifiés les bienfaits de la nature à proximité.
Plus de la moitié des bénévoles (55 %) déclarent ressentir un sentiment de calme, de tranquillité ou de bonheur lorsqu’ils sont à Everett Crowley Park.
« Notre plus grand accomplissement est que ces améliorations écologiques ont un effet bénéfique sur la santé mentale et physique des personnes, en particulier celles qui vivent dans la communauté de Champlain Heights. »
Damian Assadi, Président de Everett Crowley Park Committee et directeur chez Free the Fern
Le réseau de parcs et de sentiers répond aux besoins du quartier en s’intégrant à des infrastructures essentielles, comme le très fréquenté centre communautaire de Champlain Heights* et les installations sportives, tout en offrant des éléments qui favorisent la connexion avec la nature. Free the Fern mène de nombreux projets, dont une forêt de guérison, reconnue par la Fondation David Suzuki* pour son soutien aux peuples Autochtones et à leurs descendants. Ils ont également mis en place une forêt nourricière Autochtone* dont les fruits, baies et autres aliments bénéficient tant pour les personnes en situation d’insécurité alimentaire que pour la faune, les oiseaux et les insectes.
Le Corridor écologique Darlington à Montréal est également un projet de réaménagement adaptatif. Il intègre une ancienne voie ferrée qui se connecte à la biodiversité du Mont-Royal à travers une série d’interventions menées dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Ce quartier densément peuplé et à faible revenu comprend de nombreux éléments qui entravent la connexion avec la nature, tels que des espaces pavés, des foules provenant des universités voisines, de nombreuses installations sportives et des déchets générés par de nombreux commerces et restaurants locaux.
« En dépit des perturbations, la ville est un écosystème où nous pouvons favoriser la prospérité des espèces en créant des habitats adaptés. Mais l’écosystème regorge aussi de personnes qui entretiennent des liens avec les endroits où elles vivent. En harmonisant l’attachement des individu·es à leur environnement avec les besoins des écosystèmes, une approche socio-écologique parvient à créer des connexions bénéfiques pour les deux parties. »
Alexandre Beaudoin, Initiateur du projet du Corridor écologique Darlington
Darlington parvient à équilibrer biodiversité, sécurité alimentaire et résilience climatique en réinstaurant des interactions avec la nature au cœur de l’environnement urbain. Ils le font à travers des pots géants de jardinage placés tout au long du corridor où les résident·es peuvent réserver un pot, suivre des cours de jardinage gratuits et cultiver leurs propres produits comestibles et fleurs. Darlington entretient une forêt nourricière et des jardins communautaires le long du parcours, permettant aux résident·es d’accéder aux fruits, aux baies et aux plantes médicinales. Selon un tiers (33 %) des bénévoles de Darlington, ces forêts nourricières sont les lieux où ils se sentent le plus connecté·es avec la nature. Sensible aux bienfaits de l’eau sur le bien-être, Darlington rénove également un étang thérapeutique pour les patient·es d’un institut local de réhabilitation, dont les capacités sensorielles, langagières, auditives et motrices sont altérées.
Sous la direction de la Meewasin Valley Authority*, la vallée de Meewasin couvre 6 700 hectares et s’étend sur 75 kilomètres le long de la rivière Saskatchewan Sud, traversant et dépassant Saskatoon. Situé au cœur de Saskatoon, Meewasin offre à plus de 2 millions de visiteur·ses par an la possibilité d’explorer ses écosystèmes uniques grâce à un réseau de sentiers étendu. Les retours sur Meewasin ont été incroyablement positifs, avec près de la moitié des bénévoles ayant fourni des commentaires supplémentaires sur les programmes et souhaitant plus d’opportunités d’intendance environnementale !
Andrea Lafond, directrice générale de Meewasin, explique qu’il existe plusieurs façons de s’engager :
« Meewasin aspire à offrir des expériences enrichissantes aux visiteurs : enseigner la durabilité, comment être un bon gardien de notre environnement naturel au quotidien, et comment rester impliqué grâce au bénévolat, aux dons ou au partage d’informations. »
Andrea Lafond, Directrice générale de Meewasin
La vallée de Meewasin, préservée de tout développement urbain, permet à diverses communautés de profiter de la nature en toute quiétude. Les améliorations apportées au sentier Meewasin rendent le parc et ses programmes plus accessibles aux résident·es de toutes les régions de Saskatoon, y compris les quartiers nord, sud et centraux. L’accès aux activités de Meewasin ne se limite pas aux personnes mobiles ; l’organisation propose également des activités en ligne. L’application Meewasin* met en valeur les usages traditionnels des terres, des rivières et des plantes médicinales de la région pour illustrer la synergie entre les savoirs Autochtones et les connaissances écologiques.
Les grands parcs urbains ne peuvent être caractérisés par une seule définition. Que ce soit des parcs centenaires comme Stanley Park, High Park et le parc du Mont-Royal, ou d’autres formes novatrices, ces espaces offrent des bienfaits avérés pour la santé et le bien-être des habitant·es. Les rapports 2022 et 2023 des Parcs Coeur vital démontrent que le facteur le plus important pour prédire la santé et le bien-être est la connexion avec la nature. Avec la densification croissante des villes canadiennes, il reste beaucoup à faire pour récupérer les espaces « intermédiaires » et créer des liens significatifs avec les diverses communautés qui les entourent.
Les initiatives de Free the Fern, Everett Crowley Park Committee, Meewasin Valley Authority et Corridor écologique Darlington s’étendent le long des sentiers de quartier, des vallées fluviales et des corridors ferroviaires, des endroits qui résistent au développement urbain, pour nourrir et enrichir les communautés locales. Ils offrent des programmes de bien-être et des opportunités d’intendance environnementale, ainsi que l’accès à de la nourriture, des soins de santé, des partages de connaissances et d’autres formes de connexion. Cela leur permet de soutenir et d’enrichir à la fois les capacités de leurs propres organisations et la vie des résident·es qui les entourent.
Ce qui importe le plus pour un parc, ce n’est pas leur nom mais la connexion qu’il crée avec les individu·es. C’est grâce aux nombreuses caractéristiques, programmes et activités d’intendance offerts à plusieurs reprises par les Parcs Coeur vital que les communautés ressentent cette connexion. Répondez à l’appel de la nature et découvrez ce que l’intendance environnementale peut vous offrir !
Téléchargez nos rapports 2023 sur l’intendance environnementale :
Téléchargez nos rapports 2021-2022 sur l’intendance environnementale :
Selon Rena Soutar, décoloniser les pratiques de gestion des parcs doit commencer par reconnaître qu’« aucun lieu touché par la main de l’Homme n’est culturellement neutre ».
Le premier jour de la Conférence 2022 d’Ami·es des parcs, trois des principaux professionnels Autochtones des parcs du Canada, Lewis Cardinal, Rena Soutar et Spencer Lindsay, ont abordé la question du colonialisme dans les pratiques de gestion des parcs et la manière d’intégrer les principes de réconciliation et de décolonisation dans ce que nous appelons les parcs.
Lewis Cardinal a reçu son nom cérémoniel sîpihko geesik, qui veut dire « ciel bleu », afin de refléter sa mission sur Terre qui est de « rapprocher deux mondes qui ne se comprennent pas ».
Et en se consacrant à améliorer les relations entre colons et Autochtones à Edmonton, Lewis Cardinal honore véritablement le nom qui lui a été donné. Et ce travail d’une vie vient d’aboutir dernièrement avec l’ouverture du site kihciy askiy, qui signifie « Terre sacrée » en cri et constitue le premier centre cérémoniel Autochtone urbain du Canada situé dans vallée fluviale d’Edmonton.
Dans sa présentation lors de la Conférence d’Ami·es des parcs, il a expliqué que l’inauguration en 2022 de kihciy askiy* couronnait 18 ans de collaboration entre les groupes Autochtones et la municipalité d’Edmonton, et la création conjointe en 2004 de l’entente de relations Edmonton Urban Aboriginal Accord*. Les principes directeurs énoncés dans cette entente ont établi une nouvelle relation entre les deux parties prenantes, repris dans cette déclaration :
“Nous sommes convaincus que l’ensemble des résident·es d’Edmonton tireront profit de relations positives entre la municipalité et les groupes Autochtones.”
Selon Lewis Cardinal, les méthodes Autochtones, comme la création de relations positives reposant sur des échanges mutuels et le partenariat, l’écoute et le récit, les cérémonies et les célébrations, ont fait partie intégrante du processus de création de kihciy askiy. Entre la conception et la concrétisation du projet, des conflits et des difficultés sont bien entendu survenus durant le long processus. Toutefois, Lewis Cardinal est d’avis que cette entente et les méthodes de travail qu’elle énonce permettent d’« atténuer les forces obscures de l’humanité » qui peuvent miner un projet aussi visionnaire que celui de kihciy askiy à Edmonton.
Il souligne également l’importance de formaliser les principes régissant les relations entre les parties prenantes dans des ententes comme celle-ci. Une fois mis par écrit, ces principes établissent l’intention de ces relations et auxquels il est possible de référer encore et encore. À cet égard, l’un des principes fondamentaux de l’entente de relation de l’Edmonton Urban Aboriginal Accord* repose sur l’idée de renouvellement : « l’entente représente un document évolutif qui peut être réétudié périodiquement afin de garantir la reddition des comptes, la transparence, l’inclusivité et la réactivité des parties prenantes ».
Tout comme Lewis Cardinal, Rena Soutar, responsable de la décolonisation, des arts et de la culture, et Spencer Lindsay, planificateur des activités de réconciliation, travaillant tous les deux pour la Commission des parcs et des loisirs de Vancouver* considèrent que le dialogue, notamment sur des dossiers épineux, représente le meilleur moyen de décoloniser les pratiques de gestion des parcs.
Et c’est l’outil principal sur lequel est axé l’Audit colonial de la Commission qui sera publié en décembre. Pour réaliser cet audit, Rena Soutar et Spencer Lindsay ont d’ailleurs mené 21 entrevues dans sept services de la Commission pendant cinq mois. Selon eux, seules des discussions approfondies à l’interne peuvent faire émerger les idées reçues et croyances bien ancrées ainsi que les approches issus du colonialisme et qui sous-tendent les pratiques coloniales de gestion des parcs. Au cours de cet audit, ils ont mis en évidence 27 cas illustrant les effets actuels du colonialisme.
L’un de ces cas que les deux auteurs de l’audit ont relaté pendant la conférence concerne le plan d’aménagement de Northeast False Creek* à Vancouver. Northeast False Creek est un quartier de premier choix au bord du bras de mer de False Creek que la municipalité souhaitait réaménager. Après plusieurs consultations avec les Nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh ainsi qu’avec des groupes Autochtones de la ville, il a été décidé que la priorité numéro un pour le réaménagement du parc de ce quartier serait de permettre un accès à l’eau. Pourtant, lorsque la Ville a publié ses plans préliminaires pour le site, il est apparu clairement que cet élément crucial découlant des consultations avec les Premières Nations s’était perdu en chemin.
La Commission des parcs a donc décidé de mettre le projet sur pause et de prendre le temps de comprendre comment, après tant de consultations avec les Premières Nations, les ébauches du parc avaient pu passer à côté de cet aspect primordial. Le dialogue qui s’est tenu par la suite a permis de souligner l’importance d’intégrer l’interprétation culturelle dans la conception des parcs.
Comme l’ont indiqué Rena Soutar et Spencer Lindsay, incorporer l’« accès à l’eau » dans le projet d’aménagement du parc voulait dire pour les peuples Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh que le grand public aurait un accès direct au rivage, et ce, d’une manière intime et immersive. Or, l’équipe de conception, influencée par un mode de pensée colonialiste, a interprété « avoir accès à l’eau » par profiter, à distance, d’un beau panorama sur l’eau. En d’autres termes, avoir accès à l’eau selon une mentalité colonialiste voulait dire avoir accès à un beau point de vue sur la nature à partir d’un point culminant, comme si on était Dieu. Pour les Premières Nations, avoir accès à l’eau voulait dire pêcher, organiser des cérémonies et pouvoir tremper leurs mains et leurs pieds dans l’eau.
Comme l’ont fait remarquer les deux auteurs de l’audit, le plan d’aménagement de Northeast False Creek a fait émerger les conséquences d’un manque de remise en question des perspectives coloniales. Établir un dialogue centré sur les perspectives Autochtones et non sur le point de vue colonial permet de « renverser les idées reçues pour mettre au jour les perspectives coloniales solidement ancrées », explique Rena Soutar. Ces discussions ont permis de mettre en lumière la perception du monde des colons généralement invisible et de commencer ainsi à « désapprendre » ces pratiques.
Lewis Cardinal, Rena Soutar et Spencer Lindsay insistent sur la nécessité pressante de décoloniser notre rapport à la nature. Comme le dit Lewis Cardinal, « nous vivons dans une ère sacrée ».
Selon lui, décoloniser notre rapport à la nature veut dire « comprendre les liens que nous entretenons avec nos semblables et avec le monde naturel et spirituel qui nous entoure ». Selon lui, pour établir un lien de réciprocité avec la nature, les colons doivent d’abord reconnaître que les êtres humains ne sont pas « au sommet de la chaîne alimentaire » ou « au centre de l’univers », mais qu’ils font plutôt « partie du grand cercle de la vie ». Et d’ajouter : « dans une relation, l’attention n’est plus centrée sur l’individu » et chaque personne peut ainsi voir qu’elle s’inscrit dans les contextes plus larges de la famille, de la société et de la nature ».
Comme l’ont répété nos trois intervenants, décoloniser les mentalités sera l’unique manière de protéger la diversité écologique, essentielle à la survie de l’espèce humaine. Comme leurs présentations l’ont expliqué clairement, l’avenir des êtres humains est intrinsèquement lié aux rapports qu’ils entretiennent avec les autres et le reste du vivant. Et Rena Soutar d’ajouter que « la plénitude et l’abondance existaient déjà » bien avant que les colons n’arrivent et déclarent les « parcs » non cédés de Vancouver comme étant « accessibles à tous ».
Dans leurs présentations sur la décolonisation des parcs et des relations sociales, ces trois intervenants ont indiqué que, pour avancer ensemble dans la bonne direction, nous devons oublier tout ce que nous avons appris sur nos liens avec les autres et le reste du vivant ». Mais avant d’oublier ou de désapprendre, nous devons avant tout mettre en lumière les pratiques colonialistes trop souvent invisibles. C’est grâce à ce nouvel apprentissage – qui est au cœur de l’audit – que nous pourrons avancer dans la bonne direction, en sachant que « la décolonisation n’est qu’une façon d’atteindre notre objectif et non l’objectif lui-même », a rappelé Rena Soutar à l’auditoire de la conférence.
Ami·es des parcs publie le Rapport 2022 sur les parcs urbains du Canada, notre quatrième rapport annuel qui dégage les tendances, les défis et les meilleures pratiques dans 30 Villes du Canada.
Rencontrez les auteur·es du Rapport —Adri Stark, Emily Riddle et Jake Tobin Garrett— ainsi que la présidente de notre conseil d’administration, Zahra Ebrahim, pour un webinaire célébrant la publication de notre rapport annuel.
Le Rapport de cette année met en lumière de nouvelles perspectives sur la façon dont la collaboration, la pleine conscience et la répartition du pouvoir dans les parcs peuvent contribuer à cultiver et rétablir un lien entre nous, la société et le monde naturel dans son ensemble.
Ce webinaire aborde :
Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.
Adri Stark se spécialise dans la recherche et les politiques pour Ami·es des parcs, et corédige le Rapport annuel sur…
Emily Riddle est néehiyaw et membre de la Première Nation d’Alexander dans le Traité no 6. Elle vit à amiskwaciwâskahikan.…
Jake Tobin Garrett (il) est écrivain, illustrateur et consultant en politiques et recherches sur l’espace public. Auparavant, il était gestionnaire…
Zahra est conceptrice et stratège d’intérêt public dont l’objectif est que les personnes généralement sous-représentées aient leur mot à dire…