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Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité, 27 % des personnes âgées d’au moins 15 ans présentent au moins une incapacité qui les limite dans leurs activités quotidiennes.

Améliorer l’accessibilité et l’inclusivité de vos événements n’est pas seulement un plus, c’est la bonne chose à faire! Vous veillerez ainsi à ce que personne ne soit exclu de vos messages, de vos activités, de vos programmes ou de votre réseau. Cette approche inclusive, ouverte à des personnes et opinions diverses, est bénéfique pour nos organisations, nos parcs, nos villes et la société en général!

Que vous décidiez d’organiser une promenade dans la nature, un pique-nique dans un parc, une plantation d’arbres, un événement musical ou artistique, ou un webinaire, il est primordial de créer un environnement accueillant, sûr et respectueux pour tous les participants, quelle que soit leur capacité physique ou mentale, leur origine, leur âge ou leur identité de genre.

Voici quelques conseils utiles pour vous y aider.

Pourquoi est-il important de garantir l’accessibilité de vos événements?

Une question de justice pour les personnes en situation de handicap

« Nous avançons ensemble en tant que personnes aux capacités diverses, multiraciales, multigenres, de classes mixtes, et aux orientations sexuelles diverses, avec l’ambition de ne laisser personne (corps et esprit) de côté. »

Julie Nowak, éducatrice, consultante et auteure neuroqueer spécialisée dans les handicaps multiples; et Kristie Cabrera, consultante en accessibilité et en inclusion pour les personnes queer, neurodivergentes et originaires d’Amérique latine.

La justice pour les personnes en situation de handicap est à la fois un cadre et un mouvement visant à créer un monde plus équitable et moins basé sur les capacités physiques. Il s’agit d’un cadre allant au-delà d’une approche centrée sur la législation. Il couvre tous les types de handicaps, et pas seulement ceux liés aux problèmes de mobilité, afin d’encourager une inclusion globale. 

En savoir plus :

Guides agréées en thérapie par la nature et la forêt avec EcoWisdom, à Vancouver. Crédit photo: Britt Permien. Description: L’image montre deux femmes assises sur un banc dans un parc. L’une a les yeux fermés et l’autre porte des lunettes de soleil et sourit.

Une approche proactive et collaborative de l’accessibilité

L’organisation d’un événement demande de coordonner de nombreuses tâches, comme de trouver un lieu, planifier les repas ou collations et le matériel, recueillir les inscriptions et tenir tout le monde au courant. Parfois, les besoins en matière d’accessibilité ne sont pris en compte qu’après coup, voire pas du tout. 

Il est important de garder en tête les nombreux obstacles qui peuvent exister pour les personnes ayant des capacités et des antécédents différents, et de les aborder dès la phase de planification de l’événement. Avant de planifier quoi que ce soit, dressez une liste des besoins en matière d’accessibilité (consulter notre liste ci-dessous). Ensuite, classez-les par ordre de priorité en fonction de leur importance. 

N’oubliez pas que l’accessibilité est un travail d’équipe; chaque personne a un rôle à jouer! Cela demande une certaine coordination, que ce soit pour la budgétisation ou la communication. Il est important de garder en tête que l’organisation d’événements accessibles nécessite souvent un budget plus important. Pour répondre aux différents besoins, il faudra parfois louer une rampe d’accès, réserver un bus accessible ou mettre gratuitement à disposition du personnel d’accompagnement.

« Ensemble, grâce à un échange respectueux d’informations et à un engagement en faveur de l’accessibilité, nous pouvons transformer les programmes, présentations, événements et activités dans les parcs en espaces sociaux et physiques inclusifs où tout le monde peut en profiter et contribuer. »

Kari Krogh, cofondatrice en situation de handicap de l’association EcoWisdom*. Cette entreprise sociale propose des programmes de bien-être accessibles axés sur la nature et proposés en ligne et en personne. Elle forme aussi des guides en thérapie par la nature et la forêt, en mettant l’accent sur la justice environnementale pour les personnes en situation de handicap, l’accessibilité et l’inclusion intersectionnelle.

Des mesures d’accessibilité pour tout le monde, y compris les personnes valides 

L’accessibilité consiste à permettre à quiconque d’avoir accès à tout. Cela implique de supprimer les obstacles que rencontrent les personnes souffrant de troubles cognitifs et de déficiences auditives, visuelles ou liées à la mobilité. Il s’agit également de supprimer les obstacles auxquels sont confrontées les personnes souffrant de handicaps non visibles. C’est le cas de la neurodiversité ou des maladies chroniques entraînant des sensibilités sensorielles et une énergie limitée, des limitations temporaires de la mobilité (une jambe cassée, p. ex.). C’est aussi le cas des personnes âgées qui peuvent ressentir des douleurs sporadiques, et des personnes avec un corps, des antécédents, une religion ou une identité de genre différents.

Même les personnes qui ne sont pas confrontées à ce genre d’obstacles peuvent bénéficier de ces mesures d’accessibilité durant vos événements et activités. Par exemple, des études ont montré que le sous-titrage améliorait généralement la compréhension et la mémorisation.

Améliorer l’accessibilité et l’inclusivité de vos événements en personne

Vous trouverez ci-dessous une liste d’éléments pour vous aider à améliorer l’accessibilité et l’inclusivité de votre événement en présentiel. Cette liste n’est pas exhaustive. Vous devrez peut-être tenir compte d’autres considérations en fonction des besoins spécifiques de votre événement.

Emplacement et lieu de l’événement

Lorsque vous choisirez le lieu pour votre événement, il est essentiel de prendre en compte une série d’éléments favorisant l’accessibilité :

  • bancs ou chaises portatives
  • rampes
  • largeur des portes larges
  • ascenseurs
  • toilettes accessibles et inclusives (conçues pour accueillir les personnes en fauteuil roulant, et toilettes neutres)
  • stationnement à proximité et transports publics accessibles
  • espace suffisamment important autour des tables et des autres points de rassemblement
  • bonne acoustique, avec le moins de bruits de fond possible
  • bon éclairage/éclairage réglable
  • salles bien ventilées
  • espaces au calme pour se reposer/réduire les stimulations

Pour les événements en plein air, confirmez que les espaces sont conçus et entretenus de manière à permettre aux personnes à mobilité réduite de s’y déplacer confortablement et en toute sécurité. Évitez les lieux où le terrain est irrégulier ou fortement incliné. Optez pour des surfaces stables, fermes et antidérapantes comme la chaussée, la pierre concassée ou la terre compactée. Les sentiers doivent avoir une largeur d’au moins 91 cm pour permettre le passage des fauteuils roulants ou des déambulateurs.

De plus, vérifiez que les chiens d’assistance sont autorisés dans le site (à l’intérieur et à l’extérieur). Prenez des dispositions pour mettre en place une zone où ils peuvent faire leurs besoins.

Planifiez une visite pour évaluer les caractéristiques d’accessibilité du site avant de réserver cet espace. Si possible, pensez à inviter des personnes en situation de handicap à visiter les lieux que vous avez sélectionnés pour vous aider à évaluer le site et à vous assurer qu’ils répondent à leurs besoins.

Programme de bien-être accessible axé sur la nature d’EcoWisdom, à Vancouver. Crédit photo : Britt Permien. Description: L’image montre une personne en fauteuil roulant sur le sentier d’un parc, avec des fleurs sauvages en arrière-plan.

Organisation de l’événement et configuration

Pour que tout le monde puisse profiter de tous les aspects de votre événement, nous vous recommandons de :

  • Envisager d’embaucher ou de mettre à disposition une ou plusieurs personnes formées à l’accessibilité pour vous aider si nécessaire (pour la communication et l’aide à la personne, p. ex.).
  • Vérifier que chaque aspect de votre événement (disposition des tables, activités, nourriture et boissons) permet aux gens de circuler facilement et soit facilement accessible aux participants en fauteuil roulant ou utilisant d’autres aides à la mobilité,
  • Fournir des sièges (chaises portatives avec des accoudoirs) aux personnes rencontrant des difficultés à rester debout pendant une période prolongée,
  • Prévoir des zones au calme ou de repos pour les personnes ayant besoin de s’éloigner du bruit et d’autres formes de stimulation. Proposer aussi des alternatives pour une participation plus passive (des livres, des espaces pour effectuer des travaux manuels, p. ex.),
  • Pour les présentations ou les discours, veiller à ce que les personnes s’exprimant ou assurant l’animation pendant l’événement utilisent un microphone. Elles doivent parler clairement et fournir des supports de présentation accessibles (voir la partie sur le contenu accessible ci-dessous),
  • Proposer plusieurs choix alimentaires pour répondre aux différents besoins et préférences, comme des options végétariennes/végétaliennes, sans gluten, sans produits laitiers, sans noix, halal et casher. Indiquer clairement les ingrédients et les allergènes possibles,
  • Veiller à ce que du personnel ou des bénévoles soient disponibles pour vous aider à servir les boissons et la nourriture,
  • Prenez des mesures pour protéger les personnes immunodéprimées en leur offrant des masques, en assurant une bonne ventilation et en favorisant un environnement où le port du masque est encouragé,
  • Fournir des autocollants de couleurs permettant aux personnes d’indiquer leur degré de sociabilité : rouge (pas d’embrassades, pas de photos,  veuillez me laisser commencer la conversation), jaune et vert (très sociable),
  • Encourager les personnes à ajouter leurs pronoms sur leur badge,

Communication et signalisation

Avant l’événement :

Lors de la promotion de votre événement, veiller à indiquer les mesures d’accessibilité sur la plateforme que vous utilisez : page Web, FAQ, Eventbrite ou Facebook. Elles devraient porter sur l’accessibilité des lieux, des transports, des expériences sensorielles et des interactions auxquelles on peut s’attendre. Cela aidera les personnes intéressées à déterminer s’ils peuvent ou veulent y participer et à planifier en conséquence.

Si possible, prenez une vidéo ou des photos du terrain/bâtiment. Ajoutez un lien sur la page Web de votre événement afin que les gens puissent décider s’ils sont en mesure d’y participer. Si possible, donnez la possibilité aux potentiel·les participant·es de visiter le site au préalable.

Veiller à ce que les gens présentant un handicap puissent être accompagnés d’une personne de soutien sans frais supplémentaires. S’assurer de communiquer cela clairement lors du lancement de votre événement.

Penser à fournir une adresse électronique pour toute demande de renseignements sur l’accessibilité. Dans le formulaire d’inscription, ajouter une question spécifique afin que les personnes intéressées puissent décrire leurs besoins en matière d’accessibilité avant l’événement. Certaines personnes peuvent avoir des demandes spécifiques que vous n’aviez pas envisagées, comme l’utilisation d’un appareil respiratoire, p. ex.

Ces initiatives peuvent permettre de réduire le stress des personnes ayant été confrontées à des obstacles dans le passé. Elles peuvent aussi les encourager à participer à votre événement alors qu’elles pensaient que ce n’était pas possible. En outre, cela aidera tout le monde à se préparer pour le grand jour. Le fait de ne pas tenir compte de ces besoins peut entraîner des conséquences négatives. Il est important de discuter ouvertement avec votre équipe – par courriel ou par téléphone – des aménagements possibles selon le budget disponible. 

Pendant l’événement :

Une communication efficace et une signalisation claire permettent à toutes les personnes présentes de s’orienter dans les différentes zones de votre événement : toilettes, places assises réservées, zone de repos avec une stimulation réduite, et zones d’activités. Utilisez des polices de caractères claires, de grandes tailles, des couleurs très contrastées, des termes simples et des symboles universels. Placez les panneaux à des endroits stratégiques. Si possible, utilisez une signalisation accessible, comme des cartes tactiles ou en braille.

Programmes et activités

Veillez à ce que toutes vos activités soient accessibles et garantissent la sécurité de tout le monde : 

  • Appliquez à chaque activité les mêmes principes que ceux mentionnés ci-dessus,
  • Préparez-vous à offrir une assistance et des aménagements selon les besoins,
  • Si une activité n’est pas entièrement accessible, comme une promenade sur un sentier escarpé, rendez-la facultative et indiquez-le clairement. Proposez une autre activité aux personnes qui ne peuvent pas participer.

Voyons maintenant des exemples concrets d’activités accessibles et inclusives organisées dans les parcs et espaces publics.

Activité ou installation artistique multisensorielle

L’art visuel est souvent privilégié par rapport à d’autres formes d’art. Toutefois, les installations multisensorielles offrent une expérience plus inclusive. Ces activités consistent à utiliser divers éléments interactifs pour solliciter plusieurs sens, comme l’ouïe et le toucher.Par exemple, le projet Interconnection Audio Stories: Knowledge, Myths & Legends* offre une expérience visuelle ET sonore immersive basée sur une peinture murale existante dans le parc Paul Martel à Toronto. Il invite les promeneurs à s’arrêter et à écouter, en faisant appel à d’autres sens en plus de la vue.

Parc Paul Martel à Toronto, 2021. Description: La photo montre le parc vide avec le panneau du parc, un grand arbre, des oiseaux et la peinture murale en arrière-plan.

Un autre exemple est celui d’une récente exposition au Musée des beaux-arts de l’Ontario*. Elle présentait les diverses contributions des femmes aux arts visuels en Europe, intégrant également des expériences multisensorielles avec des bornes olfactives et tactiles.

Plantation d’espèces végétales / intendance environnementale

Les jardins collectifs et les activités d’intendance environnementale sont très populaires parmi les amatrices et amateurs des parcs. Pour améliorer l’accessibilité de ce type d’événement, utilisez des plates-bandes et des jardinières surélevées pour les personnes en fauteuil roulant ou celles qui ne peuvent pas s’agenouiller ou se pencher. Placez-les à proximité de chemins accessibles (sol ferme, nivelé et sans gravier). Mettez à disposition une ou plusieurs personnes formées pour les accompagner.

Pour les personnes n’ayant pas les capacités physiques d’arracher les plantes envahissantes ou de planter, proposez-leur différents moyens de participer. Elles peuvent notamment contribuer à inventorier la faune ou la flore, et évaluer les sites et les plantes. Elles peuvent aussi participer aux activités de communication et de promotion, de sensibilisation auprès du public, que ce soit avant, pendant ou après votre événement. 

En savoir plus : 

Personnes participant au programme de bien-être accessible axé sur la nature d’EcoWisdom, sur l’Île de Vancouver. Crédit photo : Laurel Goodings. Description: La photo montre des personnes en fauteuil roulant assises près d’un foyer extérieur sous une structure en bois.

Améliorer l’accessibilité et l’inclusivité de vos événements en ligne

Plateforme et contenu numériques

Pour améliorer la navigation et la réceptivité des participant·es par rapport à votre contenu, choisissez des plateformes prenant en charge les fonctions d’accessibilité, comme les lecteurs d’écran, la navigation au clavier et les options de sous-titrage.

Activez le sous-titrage codé ou les transcriptions en temps réel de tous vos contenus audio et vidéo. Vérifiez que ces fonctions sont synchronisées pour offrir la meilleure expérience possible.

Lors de la création de supports de présentation, comme les diapositives, vidéos, documentset sites web, gardez les mesures d’accessibilité à l’esprit. Utilisez des polices de caractère claires, des couleurs contrastées, des sous-titres pour les contenus vidéo, la lecture audio des PDF et une description textuelle des images (texte sous l’image ou alt-text). 

En savoir plus sur l’accessibilité des contenus Web : 

Communication et soutien

Tout comme pour les événements externes, il est important d’inclure une option dans le formulaire d’inscription permettant aux participants de spécifier leurs besoins en matière d’accessibilité ou de leur offrir la possibilité de communiquer leurs besoins en matière d’accessibilité. Cela aide à identifier et à accommoder les besoins individuels à l’avance.

Pensez à fournir divers moyens d’obtenir un soutien et une assistance techniques. Ceci peut se faire par clavardage, par courriel ou par téléphone. Une autre bonne pratique est de commencer la présentation en expliquant comment utiliser la plateforme et les fonctions d’accessibilité, et comment obtenir une aide supplémentaire. Ceci permettra de veiller à ce que tout le monde soit informé des ressources disponibles et puisse les utiliser efficacement. Si une personne confrontée à un handicap est chargée de présenter l’événement, il pourrait être utile de faire des tests techniques au préalable.

Pour les événements en ligne qui durent plus d’une heure, nous vous recommandons de prévoir une pause pour permettre aux personnes ayant besoin de se reposer, de gérer leur niveau d’énergie ou de bouger pour gérer leurs douleurs chroniques de le faire.

Si vous présentez des diapositives, vous décrivez généralement le texte à l’écran et fournissez plus de contexte et de renseignements. Faites de même pour les images, vidéos ou illustrations présentées. Cela ne prendra que quelques secondes, mais améliorera l’expérience des personnes qui ne peuvent pas voir correctement les images et les vidéos.

En savoir plus :

« Ce que j’ai le plus apprécié, c’est de me retrouver, pour la première fois depuis que mon corps a commencé à changer, dans un espace avec tout le monde. J’ai eu le sentiment de pouvoir être totalement moi-même sans question ni explication. »

Une personne ayant participé au programme de bien-être accessible axé sur la nature d’EcoWisdom


Nous souhaitons mentionner que nous ne sommes pas une organisation dirigée par des personnes confrontées à un handicap. Les bonnes pratiques que nous communiquons ici découlent de notre intention de rendre nos événements accessibles. Elles ont été conçues après avoir consulté des organisations dirigées par des personnes confrontées à un handicap, comme EcoWisdom. Notre but est qu’elles constituent des ressources complémentaires et reflètent notre engagement en matière d’Équité, de Diversité et d’Inclusion (EDI).

Vous connaissez peut-être Ami·es des parcs en raison de l’un de nos programmes de microbourses, comme les Bourses TD Ami·es des parcs. Dans le cadre de ces programmes, nous octroyons une petite aide financière aux groupes citoyens et organisations sans but lucratif pour organiser des activités et des événements dans des parcs de leur quartier. 

Cela semble parfait, mais pourquoi faisons-nous cela ? Pourquoi les événements dans les parcs sont-ils si importants ? Comment ces bourses s’intègrent-elles dans les objectifs plus larges de notre organisation visant à faire changer les choses dans les parcs urbains ? Cet article explore ces questions et met en lumière certaines tensions et certains défis liés à l’octroi de microbourses.

Pourquoi nous offrons des bourses

Les parcs urbains possèdent un potentiel inexploité pour favoriser le bien-être des gens, la biodiversité et la résilience climatique. Trop de personnes vivant dans des villes du Canada peinent à avoir accès à des espaces verts de qualité qui offrent des équipements et des activités enrichissant leur vie. Les quartiers comme le mien (dans la circonscription de Davenport à Toronto) sont largement exposés aux vagues de chaleur grandissantes auxquelles nous sommes confrontés en raison du manque d’arbres et d’espaces verts. Les parcs que nous possédons à l’heure actuelle sont précieux, mais il ne s’agit pas d’espaces neutres. Pour de nombreuses raisons, certaines personnes ne s’y sentent pas en sécurité et n’ont pas l’impression d’y être les bienvenues. 

L’un des premiers principes sur lequel notre organisation a été fondée est qu’en augmentant la participation du public, on améliore les parcs. Nos villes et nos quartiers foisonnent de personnes débordant d’idées, d’énergie et de talents. Celles-ci sont conscientes des possibilités qui existent pour améliorer leurs parcs et des défis spécifiques que rencontre leur quartier. En bénéficiant des ressources adéquates, ces groupes peuvent mener des activités beaucoup plus pertinentes et durables que celles lancées par des organisations tierces comme Ami·es des parcs. Voici donc la question que nous utilisons pour guider nos initiatives : Comment pouvons-nous aider les communautés locales à réaliser le potentiel de leurs parcs ?

Organiser des événements dans les parcs, un début simple mais efficace

Les groupes citoyens faisant partie de notre réseau ont des objectifs variés, que ce soit le jardinage, l’amélioration de la biodiversité ou le soutien en matière de santé mentale*. Quel que soit leur domaine de prédilection, organiser des événements dans les parcs permet d’obtenir un soutien stratégique et de sensibiliser le public aux diverses initiatives de ces groupes. À la fois réjouissants et divertissants, ces événements constituent une porte d’entrée attractive pour mobiliser le personnel municipal, d’autres habitant•es du quartier ainsi que les pouvoirs publics locaux afin de proposer de nouvelles idées pour le parc ou les habitant·es en général.

Organiser des événements dans les parcs offre également bien d’autres avantages, même quand ils ne s’inscrivent pas dans un projet de plus grande ampleur. D’après nos études et l’évaluation de nos programmes, organiser des événements dans les parcs renforce le sentiment d’appartenance et les liens sociaux des habitant•es, et leur permet de se sentir plus heureux et moins isolés. En 2024, ces liens sociaux seront essentiels pour faire face aux répercussions de la pandémie sur la santé mentale et physique et nous préparer à nous soutenir mutuellement face aux défis de la crise climatique actuelle, comme les vagues de chaleur urbaine et les inondations. 

La diversité des événements organisés par ces groupes est impressionnante : que ce soient des programmes de soutien pour les familles ayant des enfants neurodivergents dans le parc Thorncliffe de Toronto, ou des ateliers pratiques pour la culture de champignons dans la ville de Deux-Montagnes, près de Montréal. Ces événements illustrent la grande richesse des activités menées dans les parcs urbains à travers le Canada et permettent d’appeler les gouvernements et les autres parties prenantes à accroître leurs ressources et le soutien qu’ils accordent aux parcs.

Credit : Funky Fungi, bénéficiaire de la bourse TD Ami·es des parcs 2023, Montréal

Un moyen efficace de partager le pouvoir avec les groupes citoyens locaux

Grâce à ces microbourses, nous pouvons soutenir financièrement des groupes trop petits ou trop récents pour pouvoir bénéficier du statut d’organisation sans but lucratif. Bien que les montants octroyés soient modestes, ils permettent de compenser les dépenses liées au travail bénévole*, en particulier dans les quartiers à faibles revenus. Grâce à la simplicité de nos procédures de candidature et à l’élimination des obstacles habituels en matière de recherche de fonds (comme la nécessité d’avoir le statut d’organisation sans but lucratif), les groupes citoyens peuvent consacrer leur temps limité à donner vie à leurs idées, à innover et à mobiliser d’autres formes de soutien, comme celui de leur conseiller·e municipal·e. De plus, pour répondre à des problèmes plus systémiques, nous contribuons à notre niveau à mieux partager les ressources et le pouvoir dans le secteur des parcs.

L’octroi de bourses encourage également les groupes citoyens à prendre contact avec nous. Une fois le lien établi, nous pouvons leur proposer d’autres types de soutien, comme des ateliers de formation, un encadrement et une mise en relation avec d’autres groupes citoyens. Les demandes de financement de ces groupes et les conversations que nous avons avec eux nous permettent d’en apprendre beaucoup sur leurs activités, leurs besoins et leurs rêves. En 2023, nous avons proposé un dépôt de demande de financement par téléphone pour des bourses ayant un montant plus faible. Nous avons été submergés par le nombre de candidatures déposées par de nouveaux groupes. 

Dans notre sondage annuel (add link), nous avons appris que le principal besoin des groupes citoyens œuvrant pour un parc était d’obtenir davantage de fonds. Offrir des microbourses nous permet ainsi de répondre à ce besoin. Celles-ci permettent aussi de renforcer leurs capacités ainsi que nos relations avec ces groupes afin d’aider les bénéficiaires à obtenir des financements plus conséquents à l’avenir.

Comment nous octroyons ces bourses

Ami·es des parcs fournit des microbourses ou de petites compensations financières depuis 2014. Nous avons beaucoup appris au fil des années et continuons à apprendre de nouvelles choses.

Nous nous inspirons des principes de la « philanthropie basée sur la confiance » , un terme défini par Jennifer Brennan et Shereen Munshi dans cet article sur la philanthropie Autochtone* et qui cherche à transformer les relations entre les organismes philanthropiques et les organisations à but non lucratif en identifiant les inégalités systémiques et en remédiant à la mauvaise répartition du pouvoir. Bien que nous fassions partie des bailleurs de fonds de très petite taille par rapport à d’autres, nous avons à cœur d’identifier ces inégalités systémiques et ces déséquilibres du pouvoir et d’adapter nos méthodes de travail en conséquence. Pour ce faire, nous réfléchissons et travaillons en permanence sur la manière de :

fournir aux groupes citoyens souhaitant recevoirune bourse un soutien supplémentaire, comme des appels d’encadrement à la demande et des rendez-vous en personne, menés par le personnel d’Ami·es des parcs et avec d’autres groupes. Nous espérons aussi que les groupes pourront utiliser les compétences qu’ils ont acquises en sollicitant une bourse auprès d’Ami·es des parcs en les appliquant à de nouvelles demandes de financement auprès d’autres organismes.

  • réduire ou éliminer les obstacles à l’obtention de fonds en offrant aux bénéficiaires autant de souplesse que possible.
  • simplifier nos procédures et éliminer autant de contraintes que possible, en simplifiant la soumission de demandes de financement et de rapports afin de réduire le temps requis pour les réaliser.
  • augmenter le montant des bourses ou réduire les exigences pour tenir compte des répercussions de l’inflation sur les dépenses liées aux activités menées dans les parcs et permettre aux groupes citoyens d’atteindre leurs objectifs.

Credit : Markbrook Residents’ Group et Steps Public Art, bénéficiaire de la bourse inTO the Ravines 2023, Toronto

Tensions et défis

  

Favoriser des liens de confiance et une ouverture d’esprit

L’octroi de fonds engendre un rapport de force inégal entre Ami·es des parcs et les groupes qui font partie de notre réseau. Ceci peut influencer la capacité de ces groupes à nous faire part de leur avis sincère sur nos programmes. Nous faisons de notre mieux pour atténuer ce problème en séparant notre processus d’octroi de bourses de nos activités d’évaluation, mais cela pose un autre problème. 

Les groupes participant à un grand nombre de nos programmes – que ce soient les réunions pour les membres du réseau, les ateliers de formation, les conférences et d’autres événements – peuvent être particulièrement déçus quand ils se voient refuser une microbourse de notre part. Se voir opposer un refus à sa demande de bourse après avoir passé beaucoup de temps à créer des liens avec notre organisation peut être déplaisant. 

Comment pouvons-nous faire en sorte que l’octroi de fonds s’inscrive dans une relation réciproque et non transactionnelle ? Nous nous réjouissons à l’idée d’étudier prochainement des approches plus participatives* pour l’octroi des bourses en invitant les membres du public à participer à la prise de décision, ce qui pourrait nous permettre de mieux gérer ces tensions.

Aider les groupes citoyens à se développer au-delà de l’octroi d’une microbourse

Ami·es des parcs apporte son soutien aux groupes citoyens et aux OBNL œuvrant pour un parc en utilisant un modèle à plusieurs échelons. Les microbourses visent à aider ces groupes à démarrer leurs activités ou à s’établir dans leur quartier. Toutefois, il arrive que quand certains de ces groupes atteignent un certain palier, obtenir une bourse de 1 500 $ ou 2 000 $ ne justifie pas les efforts investis dans le processus de candidature. Bien que cette situation suggère que ces groupes connaissent un certain succès, cela indique aussi que les microbourses proposées par notre organisation ne répondent pas à leurs besoins. 

Nous faisons de notre mieux pour informer ces groupes sur d’autres sources de financement plus conséquentes en leur offrant notamment des ateliers sur la recherche de fonds, des rendez-vous personnalisés pour les aider à solliciter des bourses, comme celles de la Fondation TD des amis de l’environnement, et notre page sur les possibilités de financement* qui comprend des liens vers des dizaines de bourses. Ces activités sont bien accueillies et appréciées par les participant·es et s’inscrivent dans notre objectif de renforcer les capacités de ces groupes plutôt que d’animer nous-mêmes les parcs urbains. Toutefois, ces activités sont plus complexes à mettre en œuvre que l’octroi d’une microbourse. Il devient plus difficile de déterminer le « succès » d’un projet et d’en parler.

Répondre à la demande avec des solutions systémiques

Avec l’expansion du réseau d’Ami·es des parcs et l’importance grandissante qu’ont prise les parcs dans la vie des gens pendant la pandémie, le nombre de personnes sollicitant une bourse a augmenté de manière significative. Par conséquent, nous sommes chaque année dans l’obligation de dire non à un plus grand nombre de personnes. Nous sommes constamment déchirés entre la volonté d’encourager un grand nombre de personnes à se mobiliser pour leurs parcs, et celle de ne pas leur faire perdre leur temps en sollicitant une bourse qu’elles ont peu de chance d’obtenir. 

Nous réfléchissons actuellement aux avantages et aux inconvénients liés à notre désir de faire bénéficier davantage de personnes de nos microbourses et à celui de proposer d’autres types de soutien aux groupes composant notre réseau. Il se peut qu’il n’y ait pas de solution parfaite. À court terme, nous allons utiliser des moyens innovants pour répondre à cette demande. Voici notamment certains changements récents et à venir concernant nos microbourses :

2021-2023 :

  • Simplification des formulaires de candidature 
  • Élimination des restrictions quant à l’utilisation des fonds 
  • Possibilité pour les groupes de bénéficier d’un appel d’encadrement
  • Possibilité pour les bénéficiaires de recevoir un dépôt direct des fonds
  • Possibilité de faire une demande de bourse par téléphone (au lieu de remplir un formulaire écrit) pour une bourse au montant plus faible dans le cadre du programme Susciter le changement à Toronto
  • Organisation de webinaires avec la Fondation TD des amis de l’environnement afin d’informer les bénéficiaires de bourse actuels et passés sur des sources de financement plus importantes.

2024 :

  • Mise en place d’un projet pilote visant à fournir des fonds supplémentaires aux groupes dirigés par des personnes en situation de handicap. Ces fonds leur permettront de collaborer avec d’autres bénéficiaires d’une bourse afin d’organiser des événements conjoints et ainsi renforcer leurs capacités mutuelles à organiser des événements inclusifs. Notre objectif est de déterminer comment aider les bénéficiaires d’une bourse à rendre leurs événements plus accessibles aux personnes en situation de handicap.
  • Augmentation des montants des Bourses TD Ami·es des parcs afin de tenir compte de l’inflation
  • Augmentation de la portée géographique du programme des Bourses TD Ami·es des parcs en ajoutant 15 nouvelles villes et 3 nouvelles provinces
  • Expérimentation d’un processus d’octroi des bourses plus participatif, dans le cadre du programme Susciter le changement à Toronto, en invitant des membres de groupes citoyens à examiner les candidatures présélectionnées et à prendre la décision finale en matière d’octroi des bourses.

Credit : IPSG et Thorncliffe Youth, bénéficiaires de la bourse Susciter le Changement Toronto 2023, Toronto

À plus long terme, notre objectif est de nous désengager de notre rôle de bailleur de fonds pour le financement des groupes œuvrant pour un parc. Nous pensons que les grandes institutions, telles que les municipalités, devraient revoir la manière dont la prise de décision et le partage du pouvoir s’opèrent dans leurs parcs et espaces publics. Elles disposent des ressources nécessaires pour apporter un soutien plus systématique et continu aux initiatives menées par les citoyen·nes. Notre but ultime est de voir les groupes composant notre réseau passer plus de temps à enrichir leur quartier et leurs parcs, et moins de temps à recueillir des fonds. Des changements systémiques doivent impérativement être mis en œuvre de manière permanente, comme la réforme des procédures d’obtention de permis pour les parcs ou l’affectation de personnel à la concertation citoyenne.

Conclusion

Pour en revenir à la question guidant nos initiatives : comment pouvons-nous aider les groupes citoyens à maximiser le potentiel de leurs parcs pour favoriser le bien-être et la résilience des habitant·es? L’octroi de microbourses pour financer des événements et activités dans les parcs fait partie des outils dont nous disposons pour les soutenir. Comme vous l’avez lu dans cet article, ces microbourses ne constituent pas la solution miracle et ne répondent pas aux besoins de tous les groupes.

Mobilisez-vous et informez-vous :

Vous êtes une organisation sans but lucratif offrant des microbourses ou en ayant offert auparavant ? Quels sont les enseignements que vous en avez retirés ? Vous êtes un membre du public ayant obtenu ou sollicité une bourse auprès de notre organisation ? Dites-nous ce que vous pensez de ces microbourses : les bons et les mauvais côtés, et ce que nous pouvons faire pour les améliorer.

Il est facile de se sentir impuissant·e quand on pense à des sujets comme la santé et le bien-être, une planète saine, nos liens avec la nature, et l’accès équitable à tout cela. Pour relever ces défis multiples et uniques, nous avons besoin de solutions tout aussi multiples et uniques – un réel pari face à tous les enjeux actuels. 

Les nouveaux Rapports des Parcs Cœur vital sur l’intendance environnementale et l’utilisation des parcs nous proposent de changer notre façon de voir les choses. Et si les approches permettant d’avoir une planète plus saine favorisaient aussi la santé et le bonheur de celles et ceux qui l’habitent ? Et si ces activités pouvaient être réalisées à deux pas de chez soi, dans les parcs de notre ville ? De plus en plus d’éléments suggèrent que des solutions à ces multiples défis existent et sont à portée de la main.

Source : Ami·es des parcs – parc Stanley, Vancouver

Bonheur, santé et travail de la terre

Les nouveaux Rapports des Parcs Cœur vital sur l’intendance environnementale et l’utilisation des parcs rassemblent les résultats de 796 sondages individuels menés entre 2021 et 2022 en vue de démontrer le rôle que jouent les grands parcs urbains dans les liens qu’entretiennent les gens avec la nature et, par extension, le rôle de ces parcs dans leur santé et leur bonheur

Les sondages ont démontré que la plupart des personnes (67 %) fréquentant les trois grands parcs urbains du Canada participaient généralement à des activités sociales et récréatives plutôt qu’à des activités axées sur la nature (33 %). Pourtant, plus le niveau de connexion à la nature des usager·es est élevé, meilleur est leur niveau de santé physique, de santé mentale et de bien-être selon eux.

Les personnes participant à des activités manuelles dans la nature et d’intendance environnementale (plutôt qu’à d’autres activités) dans leur parc déclarent jouir de solides liens sociaux, d’un sentiment d’appartenance, d’un sentiment d’accomplissement dans leur vie, d’un meilleur état de santé physique et d’une meilleure satisfaction générale vis-à-vis de leur vie. En bref, le travail de la terre pourrait contribuer à une meilleure santé et à un plus grand épanouissement.

Source : Les Amis de la montagne – Mont-Royal, Montréal

Comment les Parcs Cœur vital favorisent-ils le bien-être des usager·es ?

Les grands parcs urbains tels que High Park* à Toronto, Stanley Park* à Vancouver et le parc du Mont Royal à Montréal sont des lieux essentiels d’accès et de connexion à la nature pour les citadin·es, notamment par le biais de l’intendance environnementale.

Le terme « intendance environnementale » fait référence aux programmes ou événements organisés dans les parcs qui permettent à des bénévoles de prendre soin de la terre dont nous dépendons toutes et tous. Les activités peuvent comprendre : éliminer les espèces envahissantes, planter des espèces végétales indigènes, recenser ou contrôler la faune et la flore, ou ramasser les déchets. 

Parmi les participant·es aux programmes d’intendance environnementale des Parcs Cœur vital, 98 % des personnes interrogées ont déclaré que leur travail bénévole leur permettait de se sentir plus proches des autres êtres vivants et de l’environnement. Les bénévoles interrogés ont également déclaré que participer à des activités d’intendance environnementale leur permettait de se sentir plus proches de la nature que les activités de loisirs (75 % contre 51 %, respectivement). 

Sachant que le fait d’être connecté à la nature a une incidence sur l’état de santé d’une personne, on peut penser que participer à des activités d’intendance dans un parc pourrait avoir des effets salutaires non négligeables sur la santé, plus que le simple fait de fréquenter un parc.

Source : High Park Nature Centre – High Park, Toronto

En chiffre

Selon les résultats de notre sondage :

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des bénévoles participant à des activités d’intendance ont déclaré que celles-ci contribuaient à leur bonheur et leur satisfaction

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ont déclaré qu’elles contribuaient à leur bien-être mental

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ont déclaré qu’elles contribuaient à leur santé physique

Plus en détail :

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des bénévoles ont reconnu que les activités d’intendance leur permettaient d’établir et de maintenir des liens sociaux (seuls 73 % des personnes interrogées participant à des activités récréatives dans les parcs partageaient cet avis)

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des bénévoles ont estimé que l’intendance environnementale contribuait à créer en eux un sentiment d’appartenance (seuls 69 % des personnes interrogées participant à des activités récréatives dans les parcs partageaient cet avis)

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des bénévoles ont reconnu que l’intendance environnementale contribuait à donner un sens et un but à leur vie (seuls 74 % des personnes interrogées participant à des activités récréatives dans les parcs partageaient cet avis)

Les personnes participant à des activités d’intendance environnementale sont plus susceptibles de faire part d’un meilleur état de santé physique et d’une meilleure satisfaction vis-à-vis de leur vie. Les personnes participant à des activités d’intendance environnementale au moins 20 fois par an disent être plus satisfaites de leur vie – plus que les personnes s’adonnant tous les jours à des activités de loisirs dans un parc.

Source : Stanley Park Ecology Society – Stanley Park, Vancouver

La santé et le bonheur accessibles à qui ?

Malheureusement, les résultats de nos sondages montrent aussi que certains groupes de population sont moins représentés dans les activités d’intendance environnementale de ces parcs. La majorité des personnes qui participent à ces activités s’identifient comme des femmes cisgenres (68 %), valides (86 %) et blanches (76 %). 

Étant donné la sous-représentation de certains groupes dans ces parcs et leurs programmes, les avantages sociaux et en matière de santé ne sont pas accessibles à tout le monde. 

Les sondages menés auprès des usager·es ont également révélé que certains groupes démographiques sont moins connectés à la nature :

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des usager·es des parcs appartenant à une minorité visible se sentaient fortement connecté·es à la nature (73 % des usager·es de race blanche partageaient cet avis)

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des usager·es né·es à l’étranger se sentaient fortement connecté·es à la nature (73 % des personnes nées au Canada partageaient cet avis)

Les personnes handicapées se sentaient également beaucoup moins connectées à la nature que les personnes valides. En 2021 et 2022, 0 % des personnes interrogées et participant à des activités d’intendance environnementale dans ces parcs ont indiqué avoir un handicap visible. 

Si certaines tranches de la population sont absentes des programmes d’intendance environnementale et se sentent généralement déconnectées de la nature, il est raisonnable de penser que cela pourrait avoir des répercussions importantes sur leur santé.

Gommer les disparités

Les grands parcs urbains présentent des possibilités non négligeables d’accueillir un public et des bénévoles plus diversifiés. En vue de pallier les disparités actuelles, les parcs fondateurs du programme Parcs Cœur vital (High Park, Stanley Park et le parc du Mont Royal) ont lancé des programmes innovants incitant les groupes en quête d’équité à participer à leurs activités d’intendance environnementale. La preuve en chiffres : Entre 2021 et 2022 :

Le nombre de personnes nouvellement établies au Canada et participant à des activités d’intendance environnementale dans les Parcs Cœur vital a augmenté de

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Le nombre de bénévoles s’identifiant comme des personnes Autochtones, Noires et de couleur (PANDC) a augmenté de

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Cette diversité accrue des différents publics résulte de programmes innovants comme :

  • Le programme Branching Out* du High Park Nature Centre, un programme de mentorat pour former des guides-naturalistes parlant couramment une autre langue afin de guider des promenades dans la nature auprès d’un public parlant cette langue. 
  • La collaboration de la Stanley Park Ecology Society avec Environmental Youth Alliance*, Red Fox Society*, PALS Autism Society (PASS)*, Canucks Autism Network*, des organisations locales de défense des intérêts LGBTQIA2S+ et PANDC, et des écoles de Vancouver proposant des programmes aux jeunes défavorisés.
  • Le partenariat de Les Amis de la montagne avec L’Hirondelle, une organisation à but non lucratif qui soutient les personnes immigrantes et réfugiées, et qui leur propose des programmes d’intendance environnementale.
Source : High Park Nature Centre – High Park, Toronto

Les prochaines étapes pour les Parcs Cœur vital

Le réseau des Parcs Cœur vital travaille sur la création de nouveaux partenariats qui maximiseront l’impact et l’influence des grands parcs urbains du Canada. Il s’agit notamment du Corridor écologique Darlington à Montréal; du Comité du parc Everett Crowley* et Free the Fern* à Vancouver; et de l’Autorité de la vallée Meewasin* à Saskatoon. 

Le réseau des Parcs Cœur vital se réjouit de pouvoir se développer à leurs côtés et de mesurer l’impact de leurs activités d’intendance environnementale dans la vie de leurs différents publics, tout en favorisant l’adaptation de leurs Villes face aux crises actuelles et futures, comme les changements climatiques.

Une voie à suivre

La santé environnementale, la santé humaine et l’équité sont des questions complexes. Toutefois, nous pouvons travailler mieux sans travailler plus, en adoptant des solutions qui servent à la fois les intérêts individuels et collectifs, ainsi que ceux de la planète. En nous basant sur les résultats démontrant que participer à des activités d’intendance environnementale contribue à améliorer la santé et le bonheur des gens – et en nous engageant à faire profiter de ces avantages les groupes défavorisés – nous avons un potentiel illimité de solutions pour faire changer les choses.

Travailler la terre permet de retrouver une forme de pouvoir, surtout en cette période de changement. Les grands parcs urbains du Canada nous montrent la voie à suivre. Avec leurs programmes innovants, ils nous permettent de créer des liens avec la nature et avec les autres. En développant des liens plus étroits avec un parc Cœur vital, nous possédons davantage de solutions tangibles : pour aujourd’hui et pour demain. 

Lisez en détail les conclusions présentées dans nos Rapports des Parcs Cœur vital sur l’intendance environnementale et l’utilisation des parcs, et suivez les progrès de notre réseau des Parcs Cœur vital.

Rapports des Parcs Cœur vital sur l’intendance environnementale et l’utilisation des parcs :

Ami•es des parcs publie le cinquième rapport annuel sur les parcs urbains du Canada, intitulé  : Faire émerger des solutions : comment la résolution de conflits et la transformation de défis en possibilités peut rendre les parcs plus équitables et plus durables. 

Au cours des cinq dernières années, notre objectif, pour notre Rapport sur les parcs urbains du Canada, a toujours été de raconter une histoire, afin de rendre compte de l’évolution des parcs urbains et de l’orientation qu’il convient de leur donner. 

Cette année, nous avons adopté une approche encore plus approfondie. Nous avons interrogé 44 responsables des parcs dans 30 municipalités qui nous ont fait part, avec beaucoup de générosité, des défis auxquels ils sont confrontés, les projets et les personnes qui les inspirent, ainsi que leurs ambitions pour les parcs urbains.

Ce rapport regroupe donc les thèmes abordés lors de ces conversations en se basant sur les données recueillies via nos sondages auprès de 35 municipalités et plus de 2 000 citadin·es au Canada. 

Indicateurs clés

Explorez dans le document PDF nos indicateurs clés sur les tendances et les défis des parcs urbains cette année :

  1. Anticiper une plus grander fréquentation des parcs  –  Comment faire face à la nouvelle réaliter d’une utilisation accrue des parcs 
  2. Remettre la qualité des parcs au centre des priorités  –  Comment s’assurer que nos parcs atteignent leur plein potentiel
  3. Explorer de nouvelles typologies de parcs et de nouvelles modalités de financement  –  Définir de nouveaux types de parcs pour les villes qui se développent et s’urbanisent
  4. Priorité à la sensibilisation du public et à la naturalisation des parcs  –  Renforcer l’engouement en faveur de la naturalisation grâce à l’éducation du public
  5. Des améliorations systématiques pour favoriser la résilience climatique des parcs  –  Intégrer la résilience climatique dans la conception des parcs pour préserver l’avenir
  6. Porter une plus grande attention à l’équité dans les parcs  –  Aller au-delà de la répartition des aménagements pour examiner l’aspect social de l’équité dans les parcs
  7. Adopter des stratégies axées sur les droits de la personne pourles campements  –  Travailler en partenariat avec les personnes en situation d’itinérance pour trouver des solutions dignes
  8. Tester des conceptions et des politiques plus souples pour répondre aux usages contradictoires des parcs  –  Résoudre les conflits liés à l’utilisation des parcs afin de les rendre plus inclusifs
  9. Accroître le financement et le soutien pour favoriser la participation citoyenne  –  Favoriser l’implication citoyenne au-delà des projets d’investissement à court terme
  10. Trouver le juste équilibre dans la collaboration interne  – Optimiser les collaborations interdépartementales pour atteindre des objectifs multiples et convergents

Etudes de cas

Alors que les Villes s’efforcent de trouver et de financer de nouveaux espaces verts pour répondre à la croissance démographique, certaines parties prenantes affirment que la solution réside en partie dans l’amélioration de leur qualité.

Le Corridor écologique Darlington à Montréal crée un lien entre les espaces urbains et naturels, tout en répondant aux enjeux de restauration écologique et aux besoins sociaux grâce à des partenariats clés.





Brampton ouvre la voie avec sa Stratégie Éco-Parc, une initiative à l’échelle de la ville axée sur des projets de naturalisation qui préservent et valorisent le patrimoine naturel et culturel.

Une incursion dans les rouages de la gouvernance collaborative dans un grand parc urbain avec Meewasin Valley Authority à Saskatoon.




En savoir plus sur l’approche collaborative de la municipalité de Saanich pour résoudre les conflits liés aux parcs à chiens sans laisse.



Une conversation avec Michelle Dobbie, responsable de la planification des parcs et du patrimoine naturel à la Ville de Richmond Hill.

En restaurant le cours naturel de la rivière Don, le projet de renaturalisation favorise la biodiversité, réduit les risques d’inondation et reconnecte la ville à ses voies d’eau.


Comment les villes équilibrent les risques et les avantages de ces espaces grâce à des politiques et des directives afin d’encadrer notamment la conception, la gestion ainsi que les programmes publics des POPS.



Alors que les Villes s’efforcent de trouver et de financer de nouveaux espaces verts pour répondre à la croissance démographique, certaines parties prenantes affirment que la solution réside en partie dans l’amélioration de leur qualité.

Les toilettes publiques sont une nécessité dans les parcs. Découvrez l’approche de la Ville d’Edmonton pour rendre les toilettes publiques sûres et inclusives.

Les solutions de la ville de North Vancouver pour combler l’écart en matière d’inclusion dans les programmes de gestion des parcs.

Webinaire de lancement : Visionnez l’enregistrement

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Nous n’avons jamais autant profité des parcs urbains qu’au cours des deux dernières années. Voici maintenant l’occasion de montrer un peu d’amour aux espaces verts qui nous ont tant apporté.

À l’occasion de la Journée de la Terre, ce webinaire dépoussiére  l’idée des corvées de nettoyage du printemps. Des expert·es vous proposent des idées pour rendre ces journées attractives, dynamiques et bénéfiques à long terme. Cette présentation incite à participer à une activité de nettoyage dans votre parc local, à lancer votre propre initiative, ou même à redonner vie à un événement existant dans votre quartier. Elle est destinée à toute personne souhaitant renouveler son approche pour mobiliser le public à contribuer aux parcs qui nous apportent tant.

Ce webinaire se déroule en anglais mais les sous-titres français sont disponibles.

Panel

L’hiver peut nous faire sentir isolé·es, mais il est essentiel de sortir et de se connecter avec nos voisin·es lorsque les températures chutent. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs initiatives à travers le Canada nous aident à trouver de la lumière dans l’obscurité, de la chaleur dans le froid, et à redécouvrir le plaisir de jouer dans la neige..

Est-ce que vous vous considérez comme une personne casanière pendant les mois d’hiver ? Le manque de lumière, le froid et la neige peuvent sembler décourageants, mais en abordant chaque défi un à un, vous pouvez trouver des moyens pratiques pour changer votre perception de l’hiver. 

Nous savons que sortir et se connecter avec d’autres personnes peut offrir de nombreux bienfaits lorsque l’on se sent isolé·e pendant cette saison. Voici quelques idées pour inspirer votre groupe à animer votre parc pendant l’hiver.

Illuminer la pénombre

Le jour de l’année avec le moins d’heures de lumière est aussi celui où l’obscurité est la plus présente. Au Canada, les célébrations du solstice embrassent cette obscurité plutôt que de combattre la diminution de la lumière.

Chaque année, Secret Lantern Society* réunit des milliers de personnes pour le Festival du Solstice d’Hiver de Vancouver, un événement qui célèbre la culture et le cycle de la nature.

Source : Artistes Yoko Tomita et bénévoles avec de superbes lanternes en hommage au soleil et à la nature, Festival des Lanternes du Solstice d’Hiver à Vancouver, BC, 2023. Crédit : Secret Lantern Society.

Le Festival se déroule en une soirée unique dans quatre lieux de Vancouver. Avant l’événement, des quartiers de la ville organisent des ateliers de fabrication de lanternes. Certains ateliers sont gratuits, tandis que d’autres demandent une petite contribution.

Au cœur du festival se trouve la procession de lanternes, qui se déroule par quartier. Les résident·es défilent dans la nuit hivernale avec leurs lanternes, en dansant, en jouant du tambour, et en profitant du feu, des performances artistiques et de la nourriture.

Un labyrinthe lumineux, composé de plus de 600 bougies en cire d’abeille, invite les participant·es à se promener pour un moment de détente.

Jouer dans la neige

Les activités hivernales les plus courantes—comme le ski, la raquette et la glissade—nécessitent de l’équipement et une planification, ce qui peut créer davantage d’obstacles à sortir en hiver Mais avez-vous entendu parler du Yukigassen?

Le Yukigassen* est la pratique sportive du combat de boules de neige. Au Japon, le Yukigassen ou “batailles de neige” existe depuis plusieurs décennies. Des organisations comme Play Sask* à Saskatoon organisent depuis des années des combats de boules de neige dans les parcs.

Pendant que les matchs de Yukigassen, les participant·es s’affrontent à coups de boules de neiges pour essayer de récupérer le drapeau de l’équipe adverse. Les joueuses et joueurs doivent avoir au moins 19 ans et porter un casque et des protections oculaires. Certaines villes proposent désormais des versions plus douces du jeu, utilisant des boules en mousse plutôt qu’en neige.

« Lancer des boules de neige est très satisfaisant et permet de revivre un peu de son enfance. »

Ashleigh Mattern, Co-propriétaire de Play Sask

Ce tournoi à Jasper vous donne un aperçu de l’intensité du jeu:

Une forêt éphémère en ville

Imaginez un parc urbain transformé en une forêt hivernale enchantée. Au Parc Jarry à Montréal, la Coalition des ami·es du Parc Jarry (CAP Jarry) a lancé une initiative de recyclage créatif en transformant des sapins de Noël usagés en une forêt temporaire qui reflétait les espoirs et les rêves des visiteur·euses du parc. Les résident·es de Montréal ont été invité·es à apporter leurs anciens sapins au Parc Jarry et à les placer dans des supports en bois préfabriqués, créant ainsi une magnifique petite forêt urbaine où les gens pouvaient se promener. Après une exposition de deux semaines dans le parc, une entreprise spécialisée dans la valorisation du bois a collecté les sapins et leur a donné une nouvelle vie.

Source : La Forêt Éphémère au Parc Jarry, Montréal, 2021.

« Il y a eu beaucoup de curiosité, une sorte d’entraide, surtout une telle synergie… Le projet a eu un impact extrêmement positif. »

Mme. Fumagalli, mairesse de de l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension

Se réchauffer dans le froid

Partie abri, partie installation artistique, les huttes chauffantes sont conçues pour inciter les gens à braver le froid.

Les huttes chauffantes de Winnipeg* sont situées le long du River Mutual Trail, qui se transforme chaque hiver en l’une des plus longues pistes de patinage au Canada. Ces huttes ont acquis une renommée internationale dans le cadre d’un concours architectural mondialement célèbre.

Source : Sounds Crazy Caboose, chambres résonantes des huttes chauffantes. Credit : Warming huts

En 2024, plus de 200 propositions de design en provenance du monde entier ont été soumises. Chaque année, les visiteurs peuvent s’attendre à découvrir des créations uniques aux côtés de favoris appréciés.

« Au cours des dix dernières années, le concours des huttes chauffantes a encouragé des millions de personnes à patiner sur le River Trail et à interagir avec l’art. »

Peter Hargraves, Producteur des Huttes chauffantes

Les Stations d’hiver de Toronto se sont inspirées de l’initiative de Winnipeg. Les structures sont construites autour de stations de sauvetage préexistantes sur une plage du lac Ontario, avec des designs chaque année centrés autour d’un thème sélectionné qui inspire des créations fantastiques.

Source : Toronto Winter Station, 2023. Credit: Winter Stations

À l’instar du programme de Winnipeg, les Stations d’hiver de Toronto métamorphosent un paysage hivernal habituellement désert en un espace dynamique et engageant.

Quelques conseils pour votre groupe

Les huttes chauffantes et festivals du solstice sont des projets trop importants pour votre groupe? Voici quelques enseignements clés tirés de ces initiatives pour vous aider à imaginer des animations hivernales pour votre parc.

Divisez l’hiver en plusieurs périodes: Rendez la saison hivernale plus festive en organisant des événements autour du solstice, du réveillon du Nouvel An, du Nouvel An chinois et de la Saint-Valentin. Ne percevez pas  l’hiver simplement comme « la saison de la neige ». Par exemple, le début de l’hiver est propice aux activités ne dépendant pas de la neige ou de la glace : profitez des longues soirées avec des feux de camp, des bougies, des soirées d’observation des étoiles et des promenades en nature illuminées par des lanternes.

Utilisez la nostalgie de l’enfance: Les souvenirs d’enfance contribuent à rendre des activités comme le Yukigassen plus amusantes. Bien que tout le monde n’ait pas d’expérience avec la neige, il est encore possible de rendre l’expérience joyeuse. De nombreuses cultures ont des traditions hivernales uniques ; en intégrant des perspectives interculturelles, vous pouvez créer de nouvelles opportunités pour que chacun·e construise ses propres souvenirs hivernaux.

Le froid, la neige et la glace se marient à la perfection avec l’art: Collaborez avec des artistes, architectes, urbanistes et designers locaux pour rendre l’hiver plus vibrant. Examinez votre infrastructure existante—un pavillon, un terrain de tennis ou tout espace sous-utilisé—et réfléchissez à comment la transformer en une destination hivernale. Considérez ces escapades hivernales et installations temporaires comme des forts de neige dont la maintenance est limitée.

Comment la Ville de Victoria mise sur les parcs pour favoriser la justice alimentaire 

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2024 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • La municipalité de Victoria cultive des plants de légumes qu’elle distribue ensuite à des associations locales dans toute la ville pour les planter dans des jardins publics ou les offrir à des particuliers et leur famille. 
  • Les programmes alimentaires mis en place dans les parcs peuvent avoir des répercussions considérables sur la santé des habitantes et habitants. Ceux-ci reposent sur des partenariats avec des organisations axées sur la santé publique et la santé mentale ainsi que des organisations œuvrant auprès des personnes potentiellement exposées à l’insécurité alimentaire.
  • En tirant parti de leurs ressources existantes de manière innovante, les services des parcs ont le pouvoir de favoriser activement la santé collective.

Ces cinq dernières années, les programmes axés sur l’alimentation dans les parcs, comme les forêts nourricières, les jardins collectifs et les plantes comestibles, ont gagné en ampleur et en popularité dans les villes canadiennes. Il est clair que les municipalités et leur population perçoivent tout le potentiel de l’agriculture urbaine et souhaitent le développer. Ces trois dernières années, 50 % des citadin·es ont déclaré à plusieurs reprises vouloir voir davantage d’agriculture urbaine et de jardins collectifs dans leurs parcs. 

Si les villes prévoient d’investir dans des programmes d’agriculture urbaine dans les parcs, comment peuvent-elles s’assurer qu’ils sont utilisés et, surtout, que les fruits de leurs récoltes atteignent avant tout les personnes qui en ont besoin ?

Lancé en 2020, le programme Get Growing Victoria* de la Ville de Victoria adopte une approche de justice alimentaire en fournissant des outils et du matériel de jardinage aux quartiers dont les communautés sont particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire, notamment les personnes sans logement, les communautés autochtones et racialisées, ainsi que les personnes âgées et les jeunes.

Au lieu de se focaliser uniquement sur l’accès du grand public à des aliments frais, la justice alimentaire donne la priorité aux tranches de la population qui sont confrontées à des obstacles structurels et systémiques pour assurer leur sécurité alimentaire. En prenant en compte les obstacles au jardinage, le programme Get Growing parvient à fournir des aliments durables et sains à celles et ceux qui sont souvent exclu·es des programmes de jardins collectifs.

Participants au programme Get Growing Victoria à Fernwood. Crédit : Ville de Victoria, Kingtide Films.

Le Service des parcs a vite constaté que le meilleur moyen d’atteindre ces groupes à risque était de collaborer avec des associations locales qui connaissent mieux leurs besoins. Cette collaboration a également permis à la municipalité d’apporter une aide efficace en intervenant là où se trouvent ces populations plutôt que d’attendre qu’elles s’identifient elles-mêmes et qu’elles suivent le processus d’inscription mis en place par la Ville. 

Ce programme compte désormais 67 partenaires locaux parmi des organismes de santé publique, des prestataires de services en santé mentale, des organisations d’aide aux personnes immigrées et réfugiées, des prestataires de services sociaux ainsi que des organismes œuvrant pour l’accès à des logements abordables. Les organisations partenaires fournissent à leurs bénéficiaires et à leur famille du matériel de jardinage ainsi que des plants de légumes cultivés dans les serres de la Ville. Ils peuvent ainsi les utiliser dans leur propre jardin ou dans un jardin collectif près de chez eux. Get Growing offre à ses partenaires l’autonomie nécessaire dans leur programme pour distribuer le matériel de jardinage de la manière qui répond le mieux aux besoins de leurs publics.

Julia Ford, coordonnatrice des systèmes alimentaires de la Ville de Victoria, nous explique que ce programme ne pourrait fonctionner sans ces associations partenaires. « Ceci nous permet d’augmenter considérablement notre impact et d’aider des groupes à risque au sein de la population qui, autrement, n’auraient pas forcément d’interaction avec la municipalité. » 

Appuyant le propos de Julia, notre sondage public de cette année a révélé que plus de 30 % des citadin·es ne savent pas vers qui se tourner s’ils rencontrent des problèmes ou souhaitent faire des commentaires sur leur parc. En collaborant avec des organisations locales qui entretiennent des relations étroites avec les résident·es des quartiers, la Ville de Victoria peut venir en aide à des personnes qui se sentent déconnectées des services municipaux. 

Après quatre années d’existence, on estime la production de produits frais à 400 000 livres, soit près de 181 000 kg. Par ailleurs, une évaluation des personnes participant à ce programme a révélé que la grande majorité d’entre elles estimaient qu’il avait amélioré leur bien-être mental, leur consommation d’aliments sains et leur niveau global d’activité physique. Cette initiative démontre ce que l’on peut faire dans les parcs lorsque l’on adopte une perspective de santé publique. 

City-grown seedlings. Credit: City of Victoria, Kingtide Films.

« Je pense que ce programme illustre comment les Services des parcs peuvent exploiter les ressources existantes de manière innovante pour promouvoir activement la santé publique et améliorer la prévention. Selon moi, le secteur des parcs reconnaît l’importance de l’utilisation passive des parcs et de l’accès aux espaces verts pour la santé mentale et le bien-être. Mais comment pouvons-nous soutenir activement les membres de la population qui veulent paver la voie vers des utilisations plus innovantes de l’espace public ? Comment pouvons-nous aider les gens à explorer de nouvelles activités récréatives qui ont du sens et qui sont accessibles et équitables ? »

Julia Ford, Coordonnatrice des systèmes alimentaires de la Ville de Victoria

Recommandations 

  • S’ouvrir à l’idée d’établir des programmes d’agriculture urbaine dans les parcs. Reconnaître qu’il ne s’agit pas uniquement d’une occasion de cultiver des fruits et légumes, mais aussi d’un levier puissant pour renforcer la cohésion sociale, les partenariats et la santé mentale des citadin·es.
  • Collaborer avec les associations locales qui œuvrent auprès des personnes confrontées à l’insécurité alimentaire pour veiller à ce que celles-ci aient accès aux programmes d’agriculture urbaine dans les parcs. 
  • Donner aux associations partenaires l’autonomie nécessaire pour utiliser les ressources de manière innovante afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques de leurs publics. 

Comment une collaboration entre services à Toronto redonne vie à des lieux vacants

Cette étude de cas fait partie du Rapport 2024 sur les parcs urbains du Canada, mettant en lumière des projets, des personnes et des politiques inspirant·es à travers le Canada, qui offrent des solutions concrètes aux défis les plus urgents auxquels font face les parcs urbains.

Résumé

  • Des problèmes de financement, de propriété, d’accords historiques et de contamination environnementale peuvent laisser des espaces que la municipalité prévoit de convertir en parcs vacants pendant des années.
  • Entre-temps, la Ville de Toronto fait équipe avec des organismes externes de développement culturel et économique pour animer ces espaces. Ces utilisations provisoires permettent au public d’en profiter avant même qu’ils ne soient entièrement aménagés.
  • Grâce à ces utilisations provisoires, la Ville est en mesure de comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Elles permettent de mieux éclairer ses futures décisions en matière de conception, de programmes et gestion de ces espaces.

Les municipalités ont un besoin urgent de trouver des terrains pour créer de nouveaux parcs. Malgré cette nécessité, il arrive que des problèmes de financement, de contamination environnementale et de propriété repoussent de plusieurs années la conception et les travaux définitifs dans ces sites destinés à devenir des parcs. 

Pour relever ce défi, le service des Parcs, forêts et loisirs de la Ville de Toronto collabore avec le service du Développement économique et de la culture de la Ville ainsi qu’avec des organisations externes de développement culturel et économique afin de mettre en place et d’animer des espaces publics faisant cruellement défaut à l’heure actuelle. 

Paul Farish, directeur de la planification des parcs à Toronto, explique qu’au lieu d’attendre parfois des années pour achever le processus officiel, qui comprend la conception et l’acquisition de terrain, – et de laisser le site vacant pendant ce temps – la Ville « le rend accessible au public afin qu’il puisse en profiter et même le façonner à leur image dès le départ. » 

Selon lui, le service du Développement économique et de la culture de la Ville de Toronto représente un « partenaire très utile ». Il permet d’introduire « des idées et des personnes tierces capables de mettre en œuvre des programmes et d’organiser des événements », jusqu’à ce que le service des Parcs, forêts et loisirs de la Ville soit prêt à en faire un parc pleinement opérationnel. 

Citons l’exemple d’un futur parc situé à l’angle des rues Front et Bathurst. Des problèmes de contamination environnementale signifient qu’il faudra plusieurs années avant que la Ville puisse transformer le terrain en parc public. En attendant, la Ville collabore avec Stackt Market* qui a mis en place depuis 2019 un marché abrité dans des conteneurs d’expédition – le plus grand d’Amérique du Nord – ainsi qu’un espace événementiel en plein air sur le site. Grâce à ce partenariat, le lieu accueille des milliers de personnes pour des événements gratuits ou payants*. Il permet aussi à des entreprises locales de vendre leurs produits dans des boutiques éphémères, offre un espace pour se restaurer et donne la priorité aux programmes destinés au grand public. 

« Il s’agit d’un lieu quasi public », déclare Paul Farish, en ajoutant qu’il  « il est important de faire preuve de flexibilité et de reconnaître les différentes manières de concrétiser la vocation d’un site, comme celle d’être un lieu public. »

Les stationnements représentent eux aussi une opportunité. Selon Paul Farish, la Ville prévoit au cours des prochaines années de convertir un certain nombre de zones de stationnement en parcs. Toutefois, en raison d’un manque de financement ou d’autres facteurs, « leur conversion en parc ne sera pas pour demain.

« En attendant, nous devons faire preuve d’un peu de créativité et faire appel à des partenaires pour les animer et les rendre aussi attrayants que possible. »

Paul Farish, Directeur de la planification des parcs à Toronto

Mais l’une des difficultés est que les usager·ère·s risquent de s’attacher à l’utilisation actuelle du site et de se montrer réticent·e·s lorsque viendra le moment de la phase de conception du parc lui-même. « Nous en avons conscience », explique Paul Farish. Dans certains endroits, la Ville émet l’idée d’installer un terrain de pickleball ou de basketball sur une zone de stationnement, une utilisation qui pourrait s’ancrer dans les esprits, même si elle est censée être provisoire. « Mais il faut s’en accommoder », dit-il. « C’est moins préoccupant parce que la finalité de ce lieu public reste la même, en offrant des avantages récréatifs ou environnementaux à la population. »

Phase 1 du nouveau parc dans le quartier Yonge-Eglinton. Crédit : Ville de Toronto.

Dans le quartier de Yonge et Eglinton à Toronto, une zone de stationnement municipal est sur le point de devenir le plus grand parc dans cette partie de la ville depuis des décennies. Il comblerait une forte demande en espaces publics dans ce quartier qui se densifie rapidement. Dans le cadre de la « phase 1 », la Ville y installe des terrains de pickleball et de basketball ainsi que des tables, des bancs et d’autres équipements avant la conception et les travaux définitifs du parc.

Dans le centre-ville de Toronto, qui est lui aussi confronté à un manque criant de parcs, la Ville a fait l’acquisition d’une des dernières zones de stationnement encore non aménagées. Pendant que les travaux environnementaux et les processus de conception du parc sont en cours, le site a été temporairement converti en terrasse de restaurant, devenue très populaire. Reconnu comme un lieu emblématique dans la ville, le site a fait l’objet d’un concours d’architecture* a abouti à un projet innovant doté d’un budget de 10 millions de dollars.

Sur un autre site, au bord du lac Ontario, une zone de stationnement récemment fermée sur la jetée Spadina devrait être réaménagée à court terme pour accueillir des événements culturels et divers, en vue de mettre en valeur son potentiel en tant que futur parc permanent. Paul Farish mentionne un certain nombre d’organisations locales pouvant servir de partenaires pour la mise en œuvre de ces programmes. 

La première est l’organisme de conservation du site The Bentway, qui a créé un espace public sous une partie de la voie express surélevée de la Gardiner, afin d’animer le site pendant l’événement Nuit Blanche de 2023 à Toronto. L’installation de The Bentway (réalisée en partenariat avec la Ville) a permis de tester et de faire connaître ce projet à proximité du lac Ontario, en organisant notamment des projections artistiques sur les silos centenaires récemment restaurés de Canada Malting.

« Cette approche progressive aide le personnel municipal, le public et les partenaires à réfléchir à l’objectif à long terme de ce parc en créant des animations temporaires, des programmes innovants et des expérimentations sur le terrain. »

Paul Farish, Directeur de la planification des parcs à Toronto

Ce processus permet aussi de tirer des enseignements sur ce qui fonctionne sur un site spécifique afin d’orienter la future conception et les besoins opérationnels du parc. 

Cette approche offre également « une certaine souplesse en termes de partenariats et de modèles de gestion », déclare-t-il. « Elle favorise aussi la créativité et l’expérimentation tout en soulignant les avantages de ce lieu public et des terrains municipaux. »

Recommandations 

  • Établir des partenariats entre différents services, ainsi qu’avec les associations des zones d’amélioration commerciale, les organisations de résidentes et résidents, les groupes culturels et les entreprises sociales afin d’animer provisoirement ces sites.
  • Collaborer avec les partenaires locaux ainsi que les habitantes et habitants pour faire en sorte que les utilisations provisoires soient pertinentes et reflètent les points forts du quartier concerné.
  • Communiquer clairement au public la ou les manières dont le site sera utilisé provisoirement. Présenter aussi le potentiel en matière d’expérimentation et comment cette initiative pourrait contribuer à la conception du futur site permanent.

Bien-être, création de liens sociaux, attachement aux parcs et à la nature

Ce rapport de recherche documente certains impacts sociaux d’initiatives mises en œuvre par des groupes citoyens ou des organisations à but non lucratif et qui visent l’appropriation citoyenne de parcs à Montréal – qu’ils soient reconnus ou non par les autorités municipales. Pour ce faire, les activités de trois groupes ou organisations ont été étudiées : Biquette-Écopâturage (parc Maisonneuve), Mobilisation 6600 Parc-nature MHM (Parc-nature MHM) et UrbaNature Éducation (falaise Saint-Jacques).

Les résultats reposent sur trois principaux outils de collecte : des grilles d’observation, un questionnaire et des guides d’entretien. Au total, l’équipe a réalisé quinze périodes d’observation de juillet à octobre 2023. Près de 200 personnes ont répondu au questionnaire, en ligne et sur place, et l’équipe a réalisé 9 entretiens avec des personnes impliquées dans la réalisation des initiatives.

Pour chaque cas étudié, le rapport explique l’origine et l’évolution de l’initiative, décrit les activités réalisées et l’environnement dans lequel ces activités ont lieu, brosse un portrait du profil sociodémographique et d’engagement des personnes qui réalisent ou participent à ces initiatives et documente l’impact de ces initiatives sur le bien-être, l’attachement au parc et à la nature, et la création de liens sociaux du point de vue de ces personnes.

L’étude établit quatre constats pertinents pour le réseau des Ami∙es des parcs de Montréal :

  • Les initiatives d’appropriation citoyenne de parcs urbains étudiées ont un impact social au-delà de leurs missions énoncées. Si leurs missions peuvent être singulières, les motivations pour lesquelles des personnes participent ou s’impliquent sont plurielles et ces dernières sont généralement comblées.
  • Ces initiatives permettent de créer un capital social citoyen pertinent pour la transition socioécologique en créant des liens sociaux avec des personnes partageant des valeurs environnementales similaires, que ces personnes proviennent du voisinage ou non. Ces liens sociaux peuvent contribuer également à la santé et au bien-être de ces personnes.
  • Par la mise en oeuvre d’activités d’éducation ou de sensibilisation relative à l’environnement et par l’encrage de cet apprentissage dans un parc urbain, ces initiatives contribuent à renforcer le sentiment d’attachement à la nature.
  • Le profil des participant∙es aux initiatives étudiées ne semble pas être aussi diversifié que celui de la population montréalaise. Cet écart suggère un besoin de mieux appuyer les groupes citoyens et les organisations dans leurs volontés et leurs efforts de participation et d’inclusion afin que les impacts sociaux aient une plus grande portée.

Ce travail de recherche a été rédigé par David Smith, Ph. D., chercheur et conseiller en transfert au CÉRSÉ (Centre d’étude en responsabilité sociale et écocitoyenneté), Émilie Guay-Charpentier technicienne de recherche au CÉRSÉ, et France Lavoie, professeure en Techniques de recherche et de gestion des données au Collège de Rosemont. L’étude est la troisième et dernière phase d’un projet de recherche s’intitulant « Initiatives d’appropriation citoyenne des parcs urbains à Montréal : modèles, enjeux, stratégies et résultats sociaux », réalisé de 2020 à 2024. Ce projet est financé par le Fonds d’innovation sociale destiné aux collèges et aux communautés (FISCC) du Conseil fédéral de recherches en sciences humaines (CRSH), en partenariat avec Ami∙es des parcs et le Centre d’écologie urbaine.

À la fin du mois de juin 2024, 13 ans après avoir fondé l’organisation, je quitterai mon poste de codirigeant d’Ami·es des parcs.

À cette occasion, je repense aux nombreux changements positifs qui se sont produits dans les parcs urbains du Canada depuis 2011 et au rôle particulier qu’a joué Ami•es des parcs. Beaucoup de chemin a été parcouru, que ce soit mon parcours personnel, dans l’organisation, et au sein de l’incroyable écosystème des parcs urbains du Canada.

Depuis nos tout débuts, l’objectif d’Ami•es des parcs a toujours été de créer des liens : entre les gens et la nature, entre les personnes d’un même quartier lors de rencontres fortuites dans des lieux publics, et entre leaders et initiatives audacieuses susceptibles d’améliorer nos parcs.

L’origine des Ami•es des parcs reflète d’ailleurs bien ce thème. En 2010, j’ai publié un document pour la Metcalf Foundation intitulé « Fertile Ground for New Thinking* » présentant mes idées pour améliorer le système des parcs de Toronto. Dans mes recommandations finales, je suggérai la création d’une ONG dédiée aux parcs de la ville. À l’époque, je n’avais absolument pas l’intention de créer ou de diriger une telle organisation. Cependant, ma publication a inspiré un groupe de personnes enthousiastes qui m’ont incité à lancer cette ONG. En retour, j’ai réussi à les persuader de faire partie des membres fondateurs de notre Conseil d’administration et de nos bénévoles. Nous nous sommes alors lancés dans un plan audacieux visant à aider le plus grand nombre de personnes possibles à se considérer comme des leaders pour les parcs urbains et à les relier aux outils dont ils ont besoin pour créer de grands parcs pour tout le monde.

Le 12 avril 2011, Ami·es des parcs a officiellement vu le jour lors du Sommet des parcs de Toronto. Cette occasion nous a permis de nouer les premiers contacts avec des spécialistes des parcs et des activistes émergents dans la ville. À partir de ces conversations animées, nous avons commencé à établir une force collective pour soutenir et pérenniser des espaces verts dynamiques dont toutes et tous en ville puissent profiter pleinement.

Source : Forum des parcs de Toronto, Toronto, 2012

Depuis lors, le groupe original, constitué de membres du Conseil d’administration et de bénévoles, s’est développé de manière exponentielle : Ami•es des parcs compte aujourd’hui plus de 25 employé•es travaillant dans nos bureaux à Vancouver, Toronto et Montréal. Notre Conseil d’administration national compte des spécialistes de l’aménagement urbain et du développement citoyen. Nous avons également rallié des milliers de personnes à notre cause : notre Réseau national rassemble désormais 1 400 groupes citoyens œuvrant pour des parcs dans 35 villes du pays. Nous octroyons des micro-subventions à des groupes citoyens de 21 zones urbaines du Canada pour animer leurs parcs.

Source : Première retraite corporative d’Ami·es des parcs, Ontario, 2022

C’est vrai, Ami·es des parcs a connu une forte croissance et une belle réussite, mais quel impact avons-nous eu sur les parcs du Canada ?

En créant Ami•es des parcs, notre objectif était de susciter un mouvement en faveur des parcs urbains, susceptible de changer radicalement la façon dont notre société perçoit la valeur de ces espaces verts publics. Il s’agissait d’un projet ambitieux. Toutefois, grâce à notre collaboration avec des partenaires et responsables de groupes citoyens fantastiques, je pense que nous avons accompli notre mission. 

Les parcs du Canada ont connu beaucoup de changements – principalement positifs – ces 13 dernières années. C’est avec beaucoup de fierté que nous avons modestement contribué à ces transformations. Pour ce faire, nous avons mené des recherches cruciales sur les tendances et les possibilités dans les parcs. Nous avons aussi travaillé avec les autorités et les responsables de parcs pour soutenir des politiques novatrices.

Les résultats :

Les parcs urbains sont devenus nos jardins communs

La hausse importante de la fréquentation des parcs au plus fort de la pandémie n’était pas un phénomène isolé : je n’avais jamais vu autant de gens fréquenter les parcs et les utiliser de manière aussi innovante. Les parcs nous permettent de rester en contact avec notre cercle amical, de célébrer des événements, de gérer un deuil, de goûter de nouveaux plats, d’écouter de la musique et de découvrir des expositions d’art. Ils sont la clé de voute de la diversité, de la richesse et du dynamisme de la vie urbaine.

Source : Clean Toronto Together et Trees Across Toronto, Toronto, 2013

C’est en nous appuyant sur cette conviction que nous avons conçu nos programmes de bourse, nos formations et nos activités de réseautage. Ces programmes ont aidé des centaines de personnes à transformer leurs parcs en centres communautaires dynamiques. Nous avons constamment défendu la valeur unique des parcs : avec notre plateforme axée sur les parcs pour les élections municipales de 2014 à Toronto, avec nos articles sur I’importance des parcs urbains, avec nos conférences nationales et avec notre Rapport sur les parcs urbains du Canada.

Les parcs urbains autrefois considérés comme « un plus » sont désormais considérés comme des infrastructures urbaines essentielles

Ils ne sont pas de simples fioritures, mais font partie intégrante de l’essence même de nos quartiers. Grâce à nos recherches, nous avons pu mesurer et démontrer l’impact qu’ils ont sur notre bien-être physique et mental. Nous avons aussi montré qu’ils peuvent servir d’antidotes au fléau actuel de l’isolement social et de la solitude.

Source : Forum des parcs de Toronto, Toronto, 2015

Le processus de planification des parcs tient désormais compte de l’accès équitable

Les personnes absentes des parcs sont tout aussi importantes que celles qui y sont présentes. Grâce à des programmes comme Susciter le changement, notre organisation invite les groupes confrontés au manque d’équité à participer à la planification et à la mise en œuvre de nos programmes. Cette collaboration nous permet de tirer parti de leurs connaissances et de leurs expériences pour rendre les parcs plus accessibles. Avec le lancement de nos activités et la diffusion des enseignements que nous en avons tirés, nous avons observé une plus grande intégration des mesures d’équité dans les stratégies de planification et d’acquisition des parcs dans les municipalités du pays.

Source : Défi des parcs de la famille Weston, Toronto, 2014

Les parcs urbains peuvent contribuer à la réconciliation

Comme l’a dit Rena Soutar, de la Commission des parcs de Vancouver : « il n’existe pas d’espace culturellement neutre n’ayant pas été modifié par les êtres humains. » Pendant la Conférence des ami·es des parcs de 2022, trois des principaux spécialistes Autochtones des parcs du Canada, Rena Soutar, Lewis Cardinal et Spencer Lindsay, ont abordé la question du colonialisme dans les pratiques de gestion des parcs. Ils ont aussi expliqué la manière d’intégrer les principes de réconciliation et de décolonisation dans ce que nous appelons les parcs. À cet égard, la Commission des parcs de Vancouver a décidé de lancer des programmes de cogestion et d’intendance avec des groupes Autochtones. Dans le même temps, Edmonton a commencé à travailler étroitement avec des leaders Autochtones pour le projet kihcihkaw askî*, le premier parc culturel urbain Autochtone du pays.


Les parcs sont reconnus comme favorisant grandement la résilience urbaine face aux changements climatiques

Avec les changements climatiques, les parcs urbains deviennent de plus en plus essentiels pour atténuer les vagues de chaleur, absorber les eaux de ruissellement et protéger la faune et la flore, ainsi que la population. Notre organisation a joué un rôle de pionnier en montrant le potentiel des parcs pour atténuer les changements climatiques et nous permettre de nous y adapter.

Source : Personnel d’Ami·es des parcs à une grève pour le climat, Toronto, 2019

Des endroits autrefois sous-utilisés se transforment en de magnifiques parcs

La taille des parcs n’est pas la seule caractéristique importante d’un parc. Les petits espaces verts peuvent aussi avoir un impact important sur notre bien-être. Avec l’augmentation de la densification de nos villes et du coût des terrains, des sites autrefois négligés, comme les zones en dessous des autoroutes, la chaussée, les corridors électriques, les lignes de chemin de fer et même d’anciennes décharges, se transforment peu à peu en de magnifiques espaces naturels. Grâce à nos recherches* et à notre soutien financier*, des projets innovants comme le sentier Meadoway et le parc linéaire The Bentway à Toronto ont pu voir le jour, de même que le parc Flyover à Calgary.

Source : Personnel d’Ami·es des parcs lors de la visite de la piste multi-usages de The Meadoway, Toronto, 2024

Travailler pour le service des parcs d’une ville est devenu plus difficile, mais aussi plus gratifiant

Nous en demandons beaucoup aux services des parcs municipaux. Les parcs sont de plus en plus fréquentés. Cependant, le personnel municipal est désormais chargé de traiter les questions relatives aux personnes itinérantes, à l’équité, à la réconciliation avec les groupes Autochtones, à l’atténuation des changements climatiques et aux méthodes d’adaptation. Selon moi, leur travail est toutefois devenu plus intéressant et plus gratifiant, car il a la possibilité d’avoir un impact positif sur nos villes et nos quartiers. Mais ce travail est aussi devenu plus complexe qu’avant. C’est pourquoi l’une des principales priorités de notre organisation est désormais de soutenir les membres du personnel municipal et de les mettre en relation.

Source : Seconde conférence nationales d’Ami·es des parcs, Montréal, 2019

Les budgets des services des parcs sont à la traîne

La démographie augmente rapidement dans les villes du Canada, mais les budgets alloués à leurs parcs ne suivent pas cette hausse. Si cette tendance se poursuit, je m’inquiète de ce à quoi ressembleront nos parcs dans 13 ans. Sans un financement adapté, il n’y aura pas assez de parcs pour répondre aux besoins de la population. Nous risquons de glisser vers un modèle à l’américaine, où le manque d’aides publiques a engendré une crise pour les parcs que les philanthropes et les conservatoires de parcs privés ont dû résoudre. Bien que les partenariats et la philanthropie représentent d’excellentes ressources, elles ne remplacent en rien la dotation financière adéquate des services des parcs municipaux.


La collaboration permet de trouver des solutions

Pour les parcs urbains, faire preuve d’imagination en collaborant avec des partenaires communautaires n’est plus l’exception; c’est presque devenu la règle. Qu’il s’agisse de travailler avec des bénévoles locaux ou de créer des conservatoires de parcs officiels, les services des parcs commencent à collaborer avec des partenaires surprenants afin d’enrichir les ressources des parcs et non de les remplacer. Depuis ses débuts, notre organisation plaide en faveur de ce genre de partenariats*. Nous avons ainsi contribué à établir et à cultiver certains modèles de partenariat pour les parcs* parmi les plus importants au Canada. En parallèle, le gouvernement fédéral a commencé à jouer un rôle de plus en plus actif dans le secteur des parcs urbains. Jusqu’à présent, le Canada faisait partie des rares pays dont le gouvernement fédéral ne régissait pas directement les parcs urbains. Après la création du parc urbain national de la Rouge à Toronto, celui-ci a toutefois entrepris un processus visant à créer six nouveaux parcs urbains nationaux à travers le Canada au cours des prochaines années. Des provinces comme l’Ontario, qui ont historiquement évité de créer des parcs provinciaux dans les villes, se sont également engagées dans ce sens. Ami•es des parcs se réjouit de travailler avec les gouvernements et de soutenir ces initiatives qui changent la donne. 

Ami·es des parcs n’a pas inventé la mobilisation citoyenne dans les parcs : certaines personnes le faisaient déjà bien avant 2011 partout au Canada. Cependant, nous avons joué un rôle essentiel en les réunissant, en amplifiant leur voix, en communiquant leurs réussites, et en inspirant les autres. Nous leur avons surtout permis d’avoir plus facilement accès à des ressources et à supprimer les obstacles pour les aider à dynamiser les parcs et améliorer leur quartier.

Ces 13 dernières années, le système des parcs urbains du Canada a connu des changements incroyablement positifs. Je suis fier de dire qu’Ami·es des parcs a joué un rôle important pour parvenir à ces avancées.

Co-directeurs exécutifs d’Ami·es des parcs, Dave Harvey et Erika Nikolai, 4e Conférence nationale d’Ami·es des parcs, Toronto, 2023

En passant le flambeau, je suis convaincu que l’équipe d’Ami·es des parcs – en collaboration étroite avec le gouvernement, le public et les bailleurs de fonds – continuera à susciter des changements positifs dans les décennies à venir. Je sais qu’elle fera tout son possible pour que chaque personne bénéficie de manière égale des avantages des espaces verts publics.